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Loxias | Loxias 22 | Doctoriales V

Une création continue : expérience de la poésie dans l’œuvre de Jacques Garelli

Dans l'œuvre poétique et critique de Jacques Garelli, la poésie excède son statut de genre littéraire pour constituer une véritable expérience dont les contours demeurent toutefois difficiles à cerner. Ils débordent en effet les deux moments fondamentaux de cette expérience que sont l'écriture et la lecture. Les mouvements de déploiement temporel et spatial engendrés – à travers l'image poétique – pendant l’acte d'écriture sont reconstitués ensuite pendant l’acte de lecture. D'ailleurs, l'écriture est elle-même nourrie par une quantité de lectures précédentes formant désormais l'horizon d'expérience de l'écrivain, au même titre que le monde et ses perceptions. Extrêmement liée à son intérêt pour la phénoménologie, l’œuvre de ce poète-philosophe révèle le chiasme existant entre l'écriture et la lecture, deux moments qui fondent  la chair de la poésie. In the poetic and critic work of Jacques Garelli, poetry exceeds its state of genre, since it has got the characteristics of a real experience, whose contours are however difficult to draw. Indeed, they step over the two main moments of this experience, which are writing and reading. The movements of temporalization and spatialization engendered – through the poetic image – by the act of writing are reconstructed afterwards by the act of reading. Moreover, writing is already generated by different, previous readings, as they compose the writer’s horizon together with perceptions and memories. Garelli’s theory of poetry is strictly linked to his interest in phenomenology (as a philosopher), and his work shows the chiasm existing between writing and reading, two moments which found the flesh (fr. “chair”) of poetry.

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Loxias | Loxias 38. | Doctoriales IX

Verne lecteur de Zola : entre dégoût, rivalité et admiration

Malgré un certain nombre de points communs, Verne et Zola ne se sont jamais fréquentés. Verne n’ayant jamais vraiment appartenu à la sphère littéraire, Zola n’avait aucune raison de le rencontrer ou, plus simplement, de le considérer. Si les jugements de Zola sur Verne dévoilent beaucoup de dédain, ceux de Verne sont beaucoup plus nuancés. Confessant être un lecteur régulier des Rougon-Macquart, Verne attaque Zola dans les Voyages extraordinaires pour sa vulgarité. Pourtant, il montre dans sa correspondance une admiration pour Zola et, plus particulièrement, pour ses qualités de romancier réaliste. L’opinion de Verne oscille entre une rivalité naturelle à l’encontre d’un auteur qui le concurrence dans les librairies voire pour l’Académie, un dégoût tout bourgeois pour cet auteur qui traite de sujets bas et une admiration littéraire pour les « photographies défendues » que révèlent les Rougon-Macquart.

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Loxias | Loxias 42 | Doctoriales X

L’éducation du lecteur à travers la figure de la métalepse chez Claude Ponti

Certains auteurs de littérature de jeunesse reconfigurent, pour de jeunes lecteurs, des thématiques présentes dans le champ de la littérature générale. C’est le cas de Claude Ponti, chez qui les représentations de livres, de lecteurs, de scènes de lecture et d’expériences de lecture sont omniprésentes. Cet aspect de son œuvre a déjà été étudié en partie, mais nous analysons ici plus spécifiquement son utilisation de la métalepse. Dès ses premiers albums, Ponti prend « au pied de la lettre » la figure de la métalepse, avec les personnages d’Adèle et des poussins qui franchissent des frontières entre plusieurs niveaux diégétiques. La nature iconotextuelle de l’album favorise le passage de la métalepse comme figure de discours à une figure de fiction, et des dispositifs sophistiqués invitent le jeune lecteur ou pré-lecteur à interpréter les transgressions métaleptiques comme une métaphore de l’activité de lecture de fiction. L’œuvre de Ponti peut alors se lire comme une initiation à la lecture de fiction car, sans jamais tomber dans le didactisme qui entache parfois la littérature de jeunesse, il rend sensibles et accessibles pour de jeunes lecteurs des processus cognitifs et psychologiques complexes. The education of the reader through Claude Ponti’s use of the figure of speech of metalepsis. A certain number of authors of child literature reconfigurate for their young readers some themes already present in more general literature. This is particularly true of Claude Ponti in whose work various representations of books, readers, reading scenes and experiences of reading are all pervading. This aspect of his work has already been partially studied. What we more specifically analyze here is his use of metalepsis. In his first albums, Ponti chooses to employ metalepsis literally through his characters, Adela and the chicks, who cross the boundaries separating several diegetic levels. The iconic-textual nature of the album makes for this passage from metalepsis as a figure of speech to a figure of fiction while various sophisticated devices invite the young reader, or pre-reader, to interpret metaleptic transgressions as a metaphor of the fiction-reading act. Ponti’s work may then be read as an initiation to the reading of fiction that never falls into the didacticism that sometimes spoils child literature. It thus makes cognitive and psychological processes sensible and accessible to young readers.

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