Espagne dans Loxias


Articles


Loxias | 52. | I.

La robinsonnade dans les « romans de la crise » de la Péninsule Ibérique : scènes de l’inhabitable et faillite de l’« homme économique »

Il s’agira ici d’analyser l’actuel procès de remotivation dont fait l’objet la robinsonnade dans les dystopies socio-environnementales de l’Espagne et du Portugal contemporains. Avatars particuliers de la fiction politique actuelle, lesdits « romans de la crise » – une catégorie critique, éditoriale et commerciale dont on s’attachera à examiner les contours narratologiques – prennent fréquemment des allures dystopiques qui contribuent à renouveler de l’intérieur les formes et les langages du réalisme critique. Si ces textes convoquent à l’envi les thèmes, les motifs et les structures de la robinsonnade, on verra que celle-ci est, plutôt que le schème d’une fiction de la table rase, tout à la fois le préalable et le prétexte au déploiement d’un imaginaire écologique spécifique dont on s’attachera à dégager les caractéristiques.

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Loxias | 55 (déc. 2016). | I.

Politique de Lorca. Autour du Romancero gitano

L’indignation contre l’injustice sociale et la violence armée est une constante de Lorca depuis ses premiers textes jusqu’à ses déclarations publiques des années 1935-1936. En 1928, le Romancero gitano relève d’une protestation sourde contre la domination et le conservatisme social. En particulier, les gendarmes du « Romance de la Guardia civil española », incarnation abusive de l’autorité espagnole, sont les représentants du roman national contre lequel Lorca entend faire œuvre patriotique. Censeurs et destructeurs, ils apportent néanmoins une beauté sombre et sans égal, un contrepoint aux images délectables (sucrées, brillantes) du romance. De ce point de vue, la lutte des gitans et des gardes civils reprend l’opposition du créateur avec son duende. Et ce n’est pas la moindre des provocations de ce poème que de faire de la garde civile une image du démon gitan, et de gitaniser les gardiens de l’ordre bourgeois andalou.

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Loxias | 69. | I.

L’héritage de Simone de Beauvoir chez Esther Tusquets

L’article suivant porte sur l’hypothèse de l’influence beauvoirienne dans l’œuvre fictionnelle d’Esther Tusquets, autrice catalane (1936-2012). Nous nous focalisons ici sur l’essai du Deuxième sexe afin d’observer comment une pensée théorique et idéologique peut s’illustrer dans une écriture romanesque. Nous analysons la réception de l’essai de Beauvoir en Espagne au moment de la dictature franquiste pour étudier ensuite les textes de Tusquets sous le prisme de l’écriture du corps, point névralgique de l’engagement des deux autrices. The following article questions De Beauvoir’s hypothetical influence on the work of fiction of the Catalan writer Esther Tusquets (1936-2012). It focuses on The Second Sex essay and tries to establish how a theoretical and ideological thinking can be interwoven in fictional writing. The reception of the essay in Spain during the Francoist dictatorship will be analysed before an in-depth study of Tusquets’ writings in the light of body writing, at the core of the two writers’ commitment.

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Loxias | 70. | I.

La folie féminine dans La fuente enterrada de Carmen de Icaza : folie sociale ou folie psychique ?

L’article porte sur la construction de l’état de folie chez un personnage féminin du roman La fuente enterrada de Carmen de Icaza publié en 1947, en pleine apogée du franquisme. Le mari d’Irene décide de la faire interner en hôpital psychiatrique et ce séjour en institution soulève d’importantes interrogations : la définition de la folie chez les femmes, les conditions d’enfermement dans les années 50 en Espagne, le rôle des hommes au sein d’une société patriarcale et enfin l’enfermement physique prometteur de soin ou générateur d’une démence sociale. The paper questions the construction of madness in a female character in the novel La fuente enterrada by Carmen de Icaza, published in 1947, in the climax of the Francoist dictatorship. Irene’s husband decides to commit her in a psychiatric hospital and this stay in an institution raises a lot of interrogations: the definition of madness among women, the detention conditions in the 50’s in Spain, the role of men in a patriarchal society and at last the physical detention promising care or being a factor of social insanity.

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Loxias | 74. | I.

Réminiscences de Lorca dans les romans d’après-guerre de Kosmas Politis

Dans cet article, nous étudierons la nature des liens unissant les deux derniers romans de Kosmas Politis, À Hatzifrango et Terminus (roman inachevé paru à titre posthume) et l’univers poétique de Federico García Lorca depuis quelques textes de son Livre de poèmes (Libro de poemas, 1921) jusqu’au Divan du Tamarit (Diván del Tamarit, 1936) traduits par le romancier grec. En effet, leurs démarches artistiques les rapprochent. Mais il faut tenir compte de la manière dont Politis a « rencontré » Lorca, probablement par la traduction française de ses textes. Dès lors, à travers l’analyse de quelques traductions de l’auteur, nous nous demanderons à quels aspects de l’œuvre lorquienne l’écrivain grec a pu être sensible. De fait, quelques motifs des poèmes espagnols hantent, dans un jeu intertextuel, les derniers romans du romancier grec. La voix de Lorca se joint alors à celle de Politis dans les deux romans pour faire entendre un chant de jeunesse et de deuil. In this paper, we will analyse how Politis’ two last novels, In Hatzifrango and Terminus (an unfinished novel, published posthumously) are linked with Federico García Lorca’s poetic universe, from some pieces of his Book of Poems (Libro de poemas, 1921) to The Tamarit Divan (Diván del Tamarit, 1936), translated by the Greek novelist. Indeed, the artistic approach of the two men is similar. Yet we must take into account the way that Politis « met » Lorca, that is to say through the French translation of his texts. By studying Politis’ some translations, we will try to determine which aspects of Lorca’s work the Greek novelist could have been sensitive to. A few motifs of the Spanish poems haunt in fact Politis’ last novels through an intertextual play. Lorca’s voice then joins Politis’ one in the two novels: they sing together a song of youth and mourning.

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