Timothy Burns


Professeur de science politique, Skidmore College
tburns@skidmore.edu

Articles de l'auteur


Rhétorique démocratique en temps de crise | Actes du colloque, NICE 20-21 janvier 2011 | Première partie - Généalogie de la rhétorique démocratique : origines antiques et chrétiennes

Hobbes et Denys d’Halicarnasse : la politique et la rhétorique chez Thucydide

Thomas Hobbes’ dispute with Dionysius of Halicarnassus over the study of Thucydides’ history allows us to understand both the ancient case for an ennobled public rhetoric and Hobbes’ case against it. Dionysius, concerned with cultivating healthy civic oratory, faced a situation in which Roman rhetoricians were emulating shocking attacks on divine justice like those found in Thucydides’ Melian dialogue; he attempted to steer orators away from such arguments even as he acknowledged their truth. Hobbes, however, recommends the study of Thucydides’ work for a new kind of political education, one that will benefit from Thucydides’ private, even “secret,” instruction, which permits the reader to admit to himself those things that he would otherwise, on account of his vanity, hide from himself. La différence entre Thomas Hobbes et Denys d’Halicarnasse s’agissant de l’histoire de Thucydide nous permet de comprendre à la fois les arguments mis en avant par les penseurs de l’antiquité en faveur d’une rhétorique ennoblie publique et les arguments de Hobbes contre elle. En voulant cultiver l’art oratoire salutaire et civique, face à une situation dans laquelle les rhéteurs romains ont émulé les attaques choquantes sur la justice divine, comme celles que l’on trouve dans le dialogue des Méliens de Thucydide, Denys a tenté d’orienter les orateurs loin de ces arguments, même s’il a reconnu leur vérité. Hobbes, au contraire, recommande l’étude de l’œuvre de Thucydide pour un nouveau type d’éducation politique, celui qui va bénéficier de l’instruction privée, voire « secrète », de Thucydide, ce qui permet au lecteur de s’avouer des choses qu’il se cacherait autrement à lui-même, à cause de son amour-propre.

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