Lionel Souquet


Lionel Souquet est Professeur à l’Université de Bretagne Occidentale (Brest). Auteur d’une thèse de doctorat sur Manuel Puig, il a aussi publié plusieurs articles sur Reinaldo Arenas. Il aborde les textes selon une perspective deleuzienne. Il est titulaire d’une HDR (dirigée par Milagros Ezquerro et soutenue, en 2009, à Paris IV) dont l’Inédit s’intitule : La « folle » révolution autofictionnelle : Arenas, Copi, Lemebel, Puig, Vallejo.
Il a publié les articles suivants :
- « Viaje a la Habana de Reinaldo Arenas : « l'essence du temps localisée » et le « corps sans organes » comme mémoire de la ville. » Colloque Mémoire(s) de la Ville dans les mondes hispaniques et luso-brésiliens (Université de Caen, novembre 2003), Teresa Orecchia Havas (éd.), LEIA, vol. 4, Peter Lang, Bern, 2005, pp. 111-119.
- « Homosexualité et révolution : Puig, Lemebel, Arenas et les « aléas » de la figure de l’homosexuel dans Fresa y chocolate », Les Langues Néo-Latines, 101ème année, n° 343, 4ème trimestre 2007, pp. 165-182.
- « Ligne de fuite néo-picaresque dans l’autofiction hispano-américaine : Arenas, Copi, Lemebel, Vallejo », in Hommage à Milagros Ezquerro, Théorie et fiction, México / París, RILMA 2 / ADEHL, 2009, pp. 601-622.
- « Reinaldo Arenas : Simulacros e imagen « alucinante » contra la falsedad del realismo socialista », (« Reinaldo Arenas: imágenes auráticas y realismo alucinante »), Colloque international Imágenes y Realismos en América Latina, Université de Leiden, Pays-Bas, 29 septembre - 1er octobre 2011. En ligne : http://imagenesyrealismosleiden.wordpress.com/2012/01/24/actas/
- « Arenas et Puig entre Ariel et Caliban : le passage des frontières entre idéologies et imaginaire… », in Teresa Orecchia Havas et Norah Giraldi Dei Cas (éditrices), Sujets migrants : rencontres avec l’autre dans les imaginaires hispano-américains / Migrantes: encuentros con el otro en el imaginario hispanoamericano, LEIA, Université de Caen, vol. 22, Peter Lang, Bern, 2012, pp. 235-274.

Articles de l'auteur


Littératures d'Amérique Latine | Abilio Estévez, l’écriture et la vie

D’Arenas à Estévez : filiation politique, philosophique et littéraire

On ne peut qu’être frappé – au-delà des différences apparentes – par la proximité quasi animique entre l’univers d’Abilio Estévez et celui de Reinaldo Arenas, l’enfant terrible des lettres cubaines. Héritiers de Gombrowicz et de Piñera, Arenas et Estévez opposent leur idéal d’immaturité et de nomadisme et leurs rêves de châteaux en Espagne au paramétrage et à la grisaille révolutionnaires. Les deux auteurs virtuoses se rejoignent tout particulièrement dans la perception d’une identité cubaine surdéterminée par l’Histoire nationale et par une mise en scène grandiloquente et falsifiée de la Révolution. Face au caractère factice du discours officiel et aux interdits du réalisme socialiste, Arenas et Estévez revendiquent la contemplation des œuvres « auratiques » et la puissance du simulacre comme définition de la modernité. From Arenas to Estévez : Political, philosophical and literary kinshipBeyond their obvious differences, an almost spiritual kinship links the worlds of Abilio Estévez and Reinaldo Arenas, the « bad boy » of Cuban literature. Heirs to Gombrowicz and Piñera, Arenas and Estévez oppose their ideal of immaturity and nomadism and their dreams of building castles in the air to the revolutionary dullness and constraints. Those virtuoso authors share a common perception of the Cuban identity as being over-determined by national History and by a grandiloquent and fake dramatization of the Revolution. In the context of a phony official discourse, Arenas and Estévez claim the right to contemplate « auratic » works and the power of simulacrum as a definition of modernity.

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