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Figures du discours et contextualisation | Actes du colloque

Anaphore, épiphore & Co. La répétition réticulaire

Au sein du champ figural, la répétition a souffert du primat des tropes, d’une définition de la figure comme écart, comme substitution. Une approche contextualisée des figures permet de redéfinir la répétition, et de l’appréhender comme un phénomène réticulaire, en mettant à jour ses capacités de structuration textuelle, qui étaient restées sous-estimées dans une approche décontextualisée. Après avoir relevé les présupposés qui ont influé de manière négative sur le développement d’une problématique spécifique de la répétition, cet article propose de distinguer strictement entre « répétition-substitution » et « répétition », cette dernière seule impliquant la reprise des signifiants. Dans un second temps il critique les taxinomies traditionnelles des figures de répétition, pour leur préférer une conception qui privilégie leur déploiement en réseau, l’émergence d’une « macro-figure » composée de répétitions figurales, elles-mêmes portées par des répétitions non figurales. Cette approche de la répétition est illustrée par l’étude d’un passage du célèbre discours de Martin Luther King (1963) qui contient la formule « I have a dream ». Le jeu complexe des répétitions joue un rôle décisif dans l’accès de ce texte au statut de « discours-monument », en lui permettant de transcender son contexte historique original. Among figures of speech, repetition has suffered from the pre-eminence of tropes and the definition of the figure as a substitution, furthermore its function in lending structure to text has been largely under-estimated. Contextualization allows an evolution of the definition of repetition as a reticulated phenomenon that is tightly bound to its capacity to structure text. Here we elucidate the concept of repetition and distinguish ‘substitutive repetition’ from ‘repetition’ in which signifiers are reiterated. The traditional taxonomy of repetitive figures is criticized and an alternative is proposed to allow the understanding of repetition as a network, leading to the emergence of a ‘macro-figure’ comprising figural repetitions which are in turn supported by non-figural repetitions. This approach is illustrated by the analysis of repetition in a passage of the famous ‘I have a dream’ speech of Martin Luther King (1963). The complex play of repetitions has a decisive role in allowing this text to become a ‘monumental speech’ that transcends its original historical context.

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