Ci-Dit | Communications du IVe Ci-dit Colloque international, Nice 11-13 juin 2009 

Marion Sandré  : 

Dialogisme, comportement et débat politique télévisé : Ségolène Royal lors du débat de l’entre-deux tours

Résumé

Cet article propose l’analyse du discours de Ségolène Royal dans le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle 2007. Il s’intéresse particulièrement aux phénomènes dialogiques : lorsque la candidate fait référence à son propre discours (autodialogisme), au discours des locuteurs présents (dialogisme interlocutif) ou encore au discours tenus par des locuteurs extérieurs à l’interaction (dialogisme interdiscursif). L’analyse portera sur le comportement de Ségolène Royal quand elle entre ainsi en interaction avec un autre discours. L’article démontre qu’il existe des récurrences comportementales, selon le type de dialogisme et la visée à laquelle il obéit, et qu’elles participent à la construction d’une image valorisante de la candidate.

Abstract

This article deals with Ségolène Royal’s discourse in the second-round debate of the 2007 French presidential election between Ségolène Royal and Nicolas Sarkozy. More specifically, it focuses on 3 kinds of dialogism, namely when the speaker quotes his own speech, when he quotes his interlocutor’s speech and when he quotes the discourse of speakers who are out of the interaction. Our aim in this study is to analyse Ségolène Royal’s behavior when she interacts with these others discourses. It demonstrates that her different attitudes contribute to build her discursive ethos; in this way, she tries to give value to her own candidacy and attempts to criticize Nicolas Sarkozy’s.

Index

Mots-clés : comportement , débat, dialogisme, ethos, politique

Keywords : behavior , debate, dialogism, ethos, politic

Plan

Texte intégral

Introduction

1Les phénomènes dialogiques dans les débats politiques télévisés sont fréquents, et sont utilisés à des fins diverses. Les participants évoquent souvent la parole ‘autre’, pour la rencontrer, la renforcer, la contredire, la déprécier, ou simplement pour la rappeler (montrer le discours). « Le discours rapporté est ainsi révélateur de la tension que doivent gérer les politiciens au cours d’un débat » (Vincent et Turbide, 2005 : 317). A chaque fois qu’un des « débattants1 » entre en interaction avec ce discours ‘autre’, il adopte en même temps un comportement, que ce dernier soit neutre, ou très particulier, avec une intonation, un geste, une mimique, une grimace peut-être, qui accompagnent le discours ainsi cité. L’objectif de ce travail est d’analyser les différents comportements qui accompagnent les phénomènes dialogiques. Il existe ainsi des constantes, selon le type de dialogisme et la visée à laquelle il obéit ; mais aussi des spécificités comportementales, qui renseignent sur la position du locuteur par rapport au discours qu’il cite.

2Le corpus choisi est le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle française de 2007, qui oppose Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. A première vue, la conjugaison de l’objet d’étude et du corpus peut sembler maladroite, puisqu’en quelque sorte l’ensemble du débat de l’entre-deux tours est dialogique : il est construit autour des deux programmes électoraux des deux candidats, ressassés depuis plusieurs mois. Chaque point du programme a déjà été présenté, expliqué, souvent répété, et, en amont, débattu et travaillé avec les partenaires politiques ; et en même temps, chacun des candidats a repris, commenté et critiqué le programme de l’autre. En ce sens, il n’y a rien de moins nouveau que le discours du débat de l’entre-deux tours. Pour autant, il s’agit là du seul face à face entre les deux challengers, considérés comme favoris depuis le début de la campagne. Et si Royal et Sarkozy ont beaucoup parlé l’un de l’autre pendant cette campagne, ils n’ont pas eu l’occasion (ils ont même refusé explicitement) de se rencontrer. Ce corpus est donc un mélange entre des discours éculés et une situation nouvelle, il représente la rencontre du dialogisme et du dialogal : les discours véhiculés par les deux candidats entrent en confrontation dans le dialogue que constitue le débat. C’est bien cette dimension-là qui donne à l’étude des discours dialogiques tout son intérêt.

3L’analyse porte ici uniquement sur le discours et le comportement de Ségolène Royal2 (désormais SR). Je tenterai de montrer qu’ils participent à la construction d’une image valorisante de la candidate. L’objectif des deux candidats dans ce débat est en effet de réussir à avoir un ethos de bon président, afin de convaincre les téléspectateurs-électeurs de voter pour eux au second tour de l’élection présidentielle.

4A la suite de nombreux chercheurs3 j’englobe sous l’étiquette « dialogisme » tous les cas où il y a référence à un discours autre, que celui-ci soit explicite ou non. Cela revient à considérer les faits dialogiques comme un continuum depuis les formes canoniques de discours rapporté jusqu’aux formes beaucoup plus implicites, où il faut reconstruire le discours ‘autre’, à partir de marqueurs verbaux, mais aussi paraverbaux et non verbaux4.

5Cette étude s’inscrit dans le cadre de la praxématique. J. Bres (in Détrie, Siblot et Verine, 2001 : 84) distingue trois types de dialogisme, que je reprends pour ici, en les définissant de manière très simple. Je parlerai :

  • d’autodialogisme, quand le locuteur entre en interaction avec le discours du « je » ;

  • de dialogisme interlocutif, quand il entre en interaction avec le discours du « tu » ;

  • et de dialogisme interdiscursif, quand il entre en interaction avec le discours du « il, elle, on ».

6Mon plan est organisé autour des trois types de dialogisme.

1. L’autodialogisme

7On parle d’autodialogisme lorsque « l’énonciateur dialogue avec son propre discours » (Bres, in Détrie, Siblot et Verine, 2001 : 84). Dans ce cas, le locuteur fait référence à son propre discours, tenu soit précédemment à l’interaction en cours, soit à l’intérieur de celle-ci.

8Il arrive ainsi à SR de faire référence à son pacte présidentiel, ou à des discours énoncés depuis longtemps, de façon à montrer qu’elle garde une ligne politique personnelle constante et qu’elle est fidèle au programme construit par les socialistes.

9Mais le plus souvent elle fait référence à son discours tenu à l’intérieur même du débat. Dans ce cas, il s’agit surtout de mettre en valeur la cohérence et la logique de sa prestation :

(1) exemple

Temps

Prise de parole5

Locuteur6

Transcription du verbal et du paraverbal7

Non verbal8

1:21’57

621

sr

[…] voilà quelle sera ma priorité dans le domaine de la réforme fiscale↓ je l’ai *dit tout à l’heure aussi* pour les pme qui réinvestiront leurs bénéfices dans l’entreprise ++ l’impôt sur les sociétés sera divisé par deux + parce que je crois qu’c’est là que se trouve <le ressort de la croissance économique>↓ […]

*haussement de sourcils*

10Dans ce premier exemple, le discours cité concerne les avantages fiscaux accordés aux PME et il est introduit explicitement par l’énoncé « je l’ai dit tout à l’heure », où la locution temporelle tout à l’heure situe le discours déjà dit à l’intérieur du débat. SR vient de clôturer, avec le voilà conclusif et l’intonation descendante, la question de la réforme fiscale, à laquelle elle raccroche la question des PME au moyen de l’adverbe aussi. Il s’agit d’articuler son discours, dans un souci de logique et d’insistance : c’est un point phare de son programme, elle l’a donc déjà présenté en introduction, et elle le reprend ici. Cette répétition est pleinement assumée, montrée par la proposition introductive et accompagnée d’un haussement de sourcil. Cette mimique contribue à la mise en relief du discours, elle insiste sur son propos en ouvrant les yeux. Pour Morel, « le haussement de sourcil est souvent lié à une intensité qualitative ou quantitative » (2005 : 112), on pourrait dire ici qu’il marque les deux : à la fois l’importance de l’idée et sa répétition. Le comportement adopté ici par SR sert à montrer la cohérence de son discours : elle rappelle un élément qu’elle a déjà dit, le met en valeur par sa mimique, parce qu’il est important et qu’il vaut la peine d’être répété, et il vaut surtout la peine pour elle que les patrons de PME l’entendent, surtout s’ils ont raté le début du débat lorsqu’elle a développé ce point.

11Le pendant de la répétition, c’est qu’elle peut être connotée négativement : le locuteur n’a plus rien à dire, n’a pas d’autres idées et finit par radoter. L’autodialogisme peut alors se retourner contre le locuteur qui en voulant prouver sa force montre en fait ses limites. La frontière entre les deux est importante, surtout dans le cadre d’un débat – a fortiori du débat de l’entre-deux tours, où il faut toujours se valoriser aux yeux des téléspectateurs –, et particulièrement pour SR, qui dépasse souvent Nicolas Sarkozy (désormais NS) au niveau du temps de parole. Dans ce cas, il faut accompagner le procédé autodialogique d’un comportement qui va légitimer la répétition et adoucir la perturbation causée. Il arrive ainsi à SR de sourire, ou d’accélérer sensiblement son débit pour minimiser la gêne que la redite pourrait occasionner, et pour montrer qu’elle est consciente de sa répétition. C’est encore plus clair dans l’exemple (2) :

(2) exemple

Temps

Prise de parole

Locuteur

Transcription du verbal et du paraverbal

33’02

127

sr

[…] vous avez fait une loi de de de la décentralisation TELlement confuse qu’il y a + (voix plus grave) « je l’ai dit tout à l’heure donc je ne vais pas m’y étendre » + qui a entraîné une SUPERposition des compétences entre les différentes collectivités territoriales ce qui fait↑ que tout le monde s’occupe de TOUT + et qu’il y a donc beaucoup trop de gaspillage↓ […]

12Au cours de son énoncé pour critiquer la loi de la décentralisation, elle insère, entre deux courtes pauses, un commentaire sur sa propre parole avec une voix plus grave. Ce décrochement intonatif accompagne donc un décrochement énonciatif : avec l’énoncé « je l’ai dit tout à l’heure », SR classe le discours tenu dans du déjà dit (à l’intérieur du débat), et se met sur un autre plan, d’où elle analyse elle-même son discours. Le procédé autodialogique est très semblable à l’exemple 1, elle utilise d’ailleurs la même formule, mais il est ici suivi d’un énoncé particulier : « donc je ne vais pas m’y étendre ». On peut analyser ce commentaire comme relevant du dialogisme interlocutif : ce discours est en effet, « déterminé […] par la réplique non encore dite, mais sollicitée et déjà prévue » (Bakhtine, 1975/1978 : 103). Elle anticipe ici un reproche que NS ou que les animateurs pourraient lui faire, de type « comme vous l’avez dit tout à l’heure, abrégez ». Elle semble ici prévenir ce reproche éventuel, en précisant qu’effectivement elle ne s’y étend pas, mais elle en profite quand même pour répéter la critique de la décentralisation. Cela lui permet en effet d’attaquer une nouvelle fois NS sur cette réforme, et donc de construire une image négative de son adversaire (il « gaspille » l’argent, ce qui ne correspond pas du tout à l’image d’un président rigoureux). En s’attaquant à cette réforme, SR vise le gouvernement – auquel NS appartient –, mais déplace toute la responsabilité sur la personne de NS, en employant la personne 5. C’est une stratégie qu’elle emploie à plusieurs reprises – et dont NS se défend : « je n’ai jamais été premier ministre » – pour imputer au seul candidat la politique menée par les derniers gouvernements, auxquels elle s’oppose tout au long du débat.

13En rappelant des propos qu’elle vient de tenir, SR veut montrer « la cohérence de son programme, de ses politiques et de son personnage » (Vincent et Turbide, 2005 : 313). Cette répétition des éléments importants de son discours est utilisée pour marquer l’esprit des téléspectateurs. Mais elle sait que cette répétition peut être mal perçue, c’est pourquoi elle peut l’accompagner de discours métadiscursifs montrant que la redite est voulue, et obéit à une stratégie. Elle peut aussi prévenir les reproches qui pourraient lui être faits et qui terniraient son image. Au contraire, elle essaie de développer l’image d’un locuteur qui maîtrise son discours, et d’une candidate fidèle à son programme.

2. Le dialogisme interlocutif

14C’est le type de dialogisme le plus représenté. Il renvoie aux phénomènes par lesquels un locuteur fait référence au discours de son adversaire présent, qu’il s’agisse de citer des propos antérieurs au débat, des propos tenus à l’intérieur même de ce débat, voire d’anticiper sur la réponse qu’il pourrait tenir (comme je l’ai montré dans l’exemple (2)). Ce procédé obéit à deux visées très différentes, l’une convergente, l’autre divergente9.

2.1. Visée convergente

15SR utilise le dialogisme interlocutif à visée convergente pour montrer sa capacité à reconnaître les bonnes idées de son adversaire, elle sait abonder dans le sens de NS lorsqu’il le faut. Il faut noter que la visée convergente ne concerne que des discours produits à l’intérieur même du débat : si SR veut bien être d’accord avec NS sur certains sujets, cela entre dans sa stratégie argumentative propre au débat. Il ne s’agit donc pas de crédibiliser les idées de NS, mais de montrer qu’elle sait être conciliante, toujours dans l’optique de se construire une image positive. Rencontrer la parole de l’autre, c’est faire un signe d’ouverture vers lui, et SR utilise souvent le même geste pour illustrer cette ouverture, ce que signale l’exemple (3).

(3) exemple

Temps

Prise de parole

Locuteur

Transcription du verbal et du paraverbal

Non verbal

52’58

270

NS

[…] des DROIts madame Royal mais aussi des Devoirs↓ parce que SANS devoir il ne peut pas y avoir de droit↓

53’43

271

PPDA

on va faire just’ un : une petit’ pause et je vais vous poser à tous les deux la la même question >puisque vous êtes à peu près sur les mêmes temps de parole< SUR les sécurités que vous pouvez apporter en matière de : SANté en matière de log’ment en matière de reTRAIte +++ vous pouvez commencer madame

53’58

272

SR

+ d’abord sur la question des droits *et des devoirs* + je : *voyez un point* sur lequel nous sommes d’accord↓ + h et dans le *programme d’ailleurs que* je propose il n’y a auCUN droit nouveau sans une contrepartie + c’est-à-dire on est dans le donnant donnant + dans le gagnant gagnant↓ h et sur cette question *là je pense* que la première des sécurités c’est la sécurité du salaire↓ […]

*regarde PPDA* 
*main droite levée vers NS* *haussement de sourcil* 
 
 
*main gauche vers PPDA*

16Cet exemple présente 3 occurrences de discours dialogique. La première, qui concerne « la question des droits et des devoirs », renvoie à la fin de l’intervention 270 de NS. L’accord que concède SR à NS est ici clairement explicité : « voyez un point sur lequel nous sommes d’accord », et est accompagné d’un geste d’ouverture, la main tendue en direction de NS. Ce geste fait penser à la main que l’on tend lors d’une rencontre physique pour se dire bonjour, et il illustre ici cette rencontre d’idées10. Ce mouvement de la main, que ce soit la main droite ou gauche, est récurrent chez SR pour accompagner un discours dialogique interlocutif à visée convergente. On retrouve ce même geste juste après en direction de Patrick Poivre d’Arvor. La candidate fait alors référence à la question qu’il vient de lui poser sur les sécurités. SR construit sa réponse en deux temps : elle répond d’abord à NS et ensuite à Patrick Poivre d’Arvor, et le geste est utilisé ici pour montrer l’interlocuteur auquel elle s’adresse. Bien entendu, dans le second cas, le geste n’illustre pas un accord avec les propos de Patrick Poivre d’Arvor, mais montre « cette question-là », à laquelle elle s’apprête à répondre. Par ce mouvement de la main, SR montre qu’elle répond bien à la question de l’animateur et qu’elle n’essaie pas de l’esquiver, même si elle a commencé par s’adresser à NS. Ce commentaire et le geste qui l’accompagne contribuent donc aussi à construire une image rigoureuse et appliquée de la candidate.

17Dans ce passage, il faut noter aussi les phénomènes autodialogiques : SR parle de son pacte présidentiel « dans le programme d’ailleurs que je propose », en haussant les sourcils (cf. exemple (1)), et rappelle les expressions, désormais fameuses, de sa campagne politique « donnant donnant » et « gagnant gagnant ». Ces deux formules symétriques sont ici répétées pour marquer l’esprit des téléspectateurs.

18Un autre geste, tout aussi explicite, accompagne les cas de dialogisme interlocutif à visée convergente : c’est le hochement de tête. Il s’agit d’un geste quasi-linguistique11 marquant l’approbation, et qui, en accompagnant la parole prend un statut d’« illustratif », selon la terminologie de Cosnier et Vaysse (1997 : 10-11). SR l’utilise à plusieurs reprises pour montrer son accord avec le discours de NS.

19Être d’accord avec son adversaire politique permet à SR de se construire une image positive d’elle-même : ce n’est pas tant pour flatter NS que pour flatter sa propre grandeur d’âme. Si elle sait être bon prince, elle sera une bonne présidente. Mais un président doit aussi savoir être fort et défendre ses propres opinions, c’est l’image développée par les phénomènes dialogiques à visée divergente.

2.2. Visée divergente

20Dans le cas d’un face à face, le candidat peut se construire un ethos de président de deux façons : soit en donnant une bonne image de lui, comme je l’ai montré précédemment, soit en donnant une mauvaise image de l’autre. Quand il ne reste que deux candidats à l’issue du premier tour, ternir l’image de l’autre permet de valoriser la sienne. Cette autre stratégie peut être très efficace, elle est donc abondamment utilisée. En effet, les cas de dialogisme interlocutif à visée divergente sont les plus caractéristiques du débat politique : il s’agit de reprendre le discours de l’autre pour montrer ses failles et ses contradictions. Si le dialogisme interlocutif à visée convergente ne concerne que des discours dits à l’intérieur du débat (je suis d’accord avec vous ici et maintenant), le dialogisme interlocutif à visée divergente concerne, lui, aussi bien des discours tenus auparavant (je ne suis pas d’accord avec vous depuis longtemps). La convergence est possible par l’interaction, la divergence, elle, est plus profonde et plus durable : c’est bien elle qui est au centre du débat et, plus largement, de l’opposition politique. Les exemples (4) et (5) illustrent ce cas de figure.

21L’exemple (4) est une attaque directe des propos de NS :

(4) exemple

Temps

Prise de parole

Locuteur

Transcription du verbal et du paraverbal

Non verbal

52

ns

[…] d’abord je propose qu’il n’y ait plus un SEUL délinquant sexuel et vous savez parfaitement madame royal \\

17’10

53a

sr

c’est zéro délinquant sexuel↓ &

54

ns

que s’agissant \

53b

sr

& vous l’aviez *dit en deux mille deux ça déjà*

*se replace, se positionne vers l’avant*

54

ns

s’agissant mais non madame h s’agissant (en bafouillant) « ouais ne ne » ne vous abaissez pas à ça ça n’am– ça n’amène rien \\

55a

sr

si tolérance tolérance zéro↓ vous avez &↓

56

ns

alors c’est euh: \

55b

sr

& dit j’ai là vos déclarations↓*

*soulève ses fiches

57a

ns

madame est-ce que vous est-ce que vous souf- &

58

sr

en deux* mille deux↓*

*se positionne vers l’arrière *deux index levés

57b

ns

& est-ce que vous souffrez que je puisse faire une phrase↓

59

sr

mais je vous en [prie↓]

22Ce passage présente du discours direct : « zéro délinquant », « tolérance zéro », imputé à NS (« vous l’aviez dit », « j’ai là vos déclarations »), et contextualisé (SR rappelle un discours tenu par le candidat lorsqu’il est arrivé au ministère de l’intérieur, « en deux mille deux »). La visée est clairement ici de discréditer la proposition de NS « je propose qu’il n’y ait plus un seul délinquant sexuel » (en 52). SR veut prouver aux téléspectateurs que les propos du candidat sont démagogiques : en rappelant ce discours antérieur, elle montre que NS ne tient pas ses promesses (il a déjà promis cette mesure, et ne l’a pas réalisée, il ne la réalisera donc pas). Les mouvements de buste de SR illustrent parfaitement son attaque. Elle part du fond de son siège et s’avance en 53b, dans une position offensive, et à la fin, en 58, elle se repositionne vers l’arrière, pour laisser la parole à NS. Sa posture illustre bien ce mouvement d’attaque et de repli final. Par ailleurs, il s’agit là d’une attaque en règle, qu’elle avait préparée, puisqu’elle a « là [ses] déclarations » (55b), énoncé qu’elle accompagne d’un soulèvement de fiches devant elle. C’est là un geste référentiel, et plus précisément déictique12, sur lequel elle s’appuie pour renforcer son argument : elle peut prouver ce qu’elle dit. En 58, elle a un autre geste plus particulier : les deux index levés. Ils indiquent la précision13, et donc la détermination : elle est sûre de ce qu’elle avance, surtout après la preuve par les fiches. Ce dernier geste souligne ici un phénomène dialogique : SR a déjà précisé l’année des déclarations de NS en 53b. Elle répète ses propres propos, mais ne répète pas le même geste. En 53b, elle est en train de se replacer en avant, les coudes en appui, donc sans possibilité de gestes des bras et des mains. En 58, lorsqu’elle reprend son discours, elle fait le geste (les deux index levés) dans un mouvement de recul, ce qui explique sans doute que les mains restent collées à la table. Mais les gestes auraient peut-être été différents, ou plus développés, si SR avait été dans une position plus stable.

23Si cette attaque-là était prévue par SR, on voit que NS ne s’y était pas préparé, et qu’il est déstabilisé, comme le montre son bafouillage en 54. Mais il réagit immédiatement en contre-attaquant : il lui reproche ses multiples interruptions, et donne ainsi une image très agressive de son interlocutrice, et la discrédite aux yeux du public (Sandré, 2009). La tentative de SR dévaloriser son adversaire (sur un point du programme) se retourne ensuite contre elle (sur sa manière de faire dans le débat).

24La visée divergente n’est pas toujours aussi explicite :

(5) exemple

Temps

Prise de parole

Locuteur

Transcription du verbal
et du paraverbal

Non verbal

1:05’37

388

sr

[moi au mo]ins j’ai une recette↓*

*mouvement de tête menton en avant

25Dans l’exemple 5, SR parle de la taxe sur les revenus boursiers pour financer les petites retraites, idée que NS vient d’attaquer parce qu’elle ne pouvait pas la chiffrer. Il s’agit donc ici de défendre sa proposition, et de contre-attaquer NS en lui imputant le discours « je n’ai pas de recette ». Le marqueur de dialogisme « moi au moins » sous-entend très clairement « contrairement à vous, qui n’avez pas de recette ». Ce discours est accompagné d’un mouvement de la tête avec le menton en avant, qui marque un certain dédain vis-à-vis de ce discours qu’elle impute à l’autre14, et qui rappelle le geste quasi-linguistique de taquinerie enfantin « na na nère et pas toi »15. Ce comportement sert ici à donner de l’assurance à SR : elle vient d’être déstabilisée par l’attaque de NS et l’argument qu’elle avance ne semble pas très solide, elle a donc besoin de l’intensifier avec ce mouvement. Elle veut montrer qu’elle est au dessus des critiques de son adversaire. SR reproduit ce même mouvement de tête pour accompagner d’autres discours dialogiques interlocutifs à visée divergente introduits par le marqueur « moi », c’est donc un geste récurrent.

26Les discours dialogiques à visée divergente sont accompagnés d’autres comportements qui illustrent la position de SR. Elle peut dénoncer les propos de NS au moyen de son index16, geste menaçant, accusateur, et moralisateur – il fait penser à l’adulte qui sermonne un enfant ; elle fait parfois des moues grimaçantes, pour montrer son rejet de la proposition citée ; ou encore le non de la tête17, qui marque explicitement le refus du discours de son adversaire.

27Le dialogisme interlocutif entre donc à la fois dans une stratégie de concession sur certains points, mais aussi d’affrontement des discours de l’autre. Les deux participent à la construction d’un ethos à la fois fair-play et courtois, et en même temps vindicatif et fort, et peuvent aussi servir à discréditer l’adversaire. Les différents cas peuvent ainsi être accompagnés d’un comportement visant à appuyer les propos et intensifier le caractère convergent ou divergent du discours.

3. Le dialogisme interdiscursif

28Ce type de dialogisme est assez peu représenté dans le discours de SR. Il renvoie aux phénomènes par lesquels elle fait référence à des discours extérieurs, tenus par d’autres locuteurs que ceux en présence. Ce dernier type de dialogisme est utilisé à des fins diverses, selon le locuteur convoqué, et la position de SR vis-à-vis du discours de ce locuteur. On a ainsi, de même que pour l’interlocutif, des cas où la visée est convergente, et d’autres où la visée est divergente.

3.1. Visée convergente

29Le dialogisme interdiscursif à visée convergente est utilisé pour appuyer son propos : le locuteur donne du poids à ses arguments en évoquant un discours extérieur. L’auteur de ce discours n’est pas forcément un allié politique, mais tout locuteur avec lequel la candidate est d’accord. « Les “figures d’autorité”, dans ce contexte, ne sont pas nécessairement des spécialistes dans une matière, mais quiconque ayant dit quelque chose qu’il est bon (rentable) de répéter » (Vincent et Turbide, 2005 : 308). SR évoque ainsi des auteurs très différents, parfois des locuteurs clairement identifiés, parfois des instances personnifiées (association Emmaüs, MEDEF), pour appuyer sa parole. Cela permet à SR de donner du poids à la critique de son adversaire et en même temps de valoriser son programme. Pour montrer qu’elle est une interlocutrice privilégiée au niveau européen, elle évoque des échanges avec Romano Prodi et José Luis Zapatero. Elle cite aussi Jacques Chirac « le chef d’État a dit que les Français seraient pour tout élargissement supplémentaire consultés par référendum donc les Français seront consultés par référendum ». Elle s’appuie sur les propos du Président de la République (appartenant à la formation politique opposée) pour légitimer sa position sur la Turquie. Plus étonnant encore, elle rapporte un échange avec Laurence Parisot : « j’ai rencontré la présidente du MEDEF la première chose qu’elle m’a dit c’est revenez sur les 35 heures je dis […] vous voulez qu’on revienne et qu’on annule les 35 heures elle m’a dit non ». Dans ce passage (où se mêlent dialogisme interdiscursif et autodialogisme), il s’agit davantage de montrer l’accord sur lequel les deux femmes se sont arrêtées (on garde les 35 heures) que les divergences qui les opposent. SR s’appuie donc sur un discours du MEDEF (auquel elle s’oppose par ailleurs, cf. exemple 6) pour défendre son programme.

30Ces différents discours extérieurs concourent à construire l’image d’une personnalité politique au fait des événements, bien préparée, soutenue et incontournable sur la scène internationale.

3.2. Visée divergente

31Les cas de dialogisme interdiscursif à visée divergente sont encore moins nombreux. SR s’attaque essentiellement au discours de NS (et au gouvernement auquel il appartient, à travers lui), mais fait très peu référence à des discours d’opposition. Dans l’exemple (6), d’ailleurs, ce n’est pas elle qui initie le phénomène dialogique :

(6) exemple

Temps

Prise de parole

Locuteur

Transcription du verbal et du paraverbal

37’54

132

ns

[…] (prononciation très articulée) « l’institut rexecode + organisme PARfaitement indépendant » + a noté nos projets économiques qu’est-ce qu’il a dit↑ \\

38’50

133

sr

oui on connaît la musique c’est l’org– (rire) (en riant) « c’est l’organisme du medef »

[…]

138b

ns

[…] qu’est-ce qu’il a dit l’institut rexecode + h que VOTre projet \\  

140a

sr

entraînait un point &

141

ns

de trente-cinq heures \

39’26

140b

sr

& et d’mi de croissance en moins c’est ça↑ + voi[là↓]

142

ns

oui + [oui c’e–] (rire de SR) c’e– c’est ça c’est \\

14[3]

sr

c’est bien l’organis[me du medef (en riant) « monsieur juppé nous a servi cet argument régulièrement » (rire) h]

32Cet exemple présente plusieurs occurrences dialogiques : celle qui m’intéresse en premier lieu, c’est le discours rapporté indirect énoncé par SR en 140a et 140b. C’est pourtant NS qui l’introduit, en 132 d’abord, mais il est interrompu par SR qui ironise sur l’indépendance affichée « c’est l’organisme du MEDEF ». NS reprend son discours en 138b, (c’est donc de l’autodialogisme qui sert à articuler et à poursuivre son propre discours) et commence à citer l’institut Rexecode : « votre projet [de trente-cinq heures] », mais il est de nouveau interrompu par SR. Celle-ci poursuit l’énoncé de NS « entraînait un point et demi de croissance en moins » pour lui montrer qu’elle sait de quoi il parle, et lui demande ensuite de valider sa proposition « c’est ça ». Il y a donc ici coénonciation d’un discours extérieur, que SR s’approprie pour justifier sa remarque en 133, répétée en 14318. Elle catégorise ensuite ce discours comme un « argument », l’attribue à « monsieur Juppé », et le présente comme un reproche récurrent : il est « servi régulièrement »19. L’élément intéressant de ce passage est le rire de SR (en 142, de façon ponctuelle, et en 143, tout en parlant), utilisé pour mettre à distance et ridiculiser le discours de NS. Ce dernier introduisait le discours de l’institut Rexecode pour critiquer le projet de SR, mais cette dernière le prend au vol, en lui coupant la parole, et se moque explicitement de la valeur de cet argument en riant. Elle décrédibilise donc à la fois l’argument de Juppé, du MEDEF, et l’utilisation que NS voulait en faire. On a donc là une sorte de bataille de discours dialogique interdiscursif, chacun le convoquant pour contrer l’autre, et SR parvient à critiquer à la fois le discours convoqué et le discours convoquant, de NS.

33Cet exemple à visée divergente est particulièrement clair pour montrer à la fois comment SR attaque son adversaire et tente de démonter son argumentation, tout en montrant qu’elle maîtrise les sujets et en défendant son propre personnage, ce qui revient à « séduire l’électorat à la fois par l’agression de l’adversaire et par l’auto-promotion »(Vincent et Turbide, 2005 : 308). Elle essaie donc à la fois d’écorcher l’image de NS et d’améliorer la sienne.

Conclusion

34Les phénomènes dialogiques dans ce corpus sont multiples et complexes, souvent enchevêtrés, les discours étant sans cesse en circulation dans le dialogue.

35S’il n’existe pas de comportement spécifique à la production de discours dialogique, j’ai montré qu’il existait certaines récurrences comportementales qui visent à mette en relief le discours dialogique. En accompagnant le discours, le comportement concourt à la stratégie globale du candidat. Il a donc un rôle essentiel, parfois de simple accompagnateur, parfois de révélateur de point de vue.

36Les discours dialogiques et les comportements qui les accompagnent servent à légitimer la position de président potentiel, et à contester cette légitimité à l’autre20. Pour autant, si ces comportements visent à construire une bonne image du locuteur, il y a souvent un côté obscur : pour l’autodialogisme, j’ai montré que la répétition pouvait être mal vue, et pour ce qui est du dialogisme à visée divergente, il peut aussi subir des revers (on peut être perçu non comme quelqu’un de fort mais d’agressif, non comme quelqu’un de vindicatif mais de coléreux). L’utilisation des phénomènes dialogiques doit ainsi être minutieusement dosée, et le locuteur doit savoir composer avec son interlocuteur, notamment dans le corpus qui nous intéresse, car les deux candidats ont les mêmes objectifs. Et en même temps que SR tentait de ternir l’image de NS, ce dernier faisait de même de son côté, et on le sait maintenant, avec plus de réussite.

Notes de bas de page numériques

1  Trognon et Larrue, 1994.

2  Cf. de Chanay, cet ouvrage, pour l’analyse de Nicolas Sarkozy.

3  Cf. notamment Bres et Verine, 2002 et Rosier et al., 2002.

4  Sur ce point, il faut noter que le débat de l’entre-deux tours est une émission réalisée pour la télévision : le téléspectateur, comme l’analyste, a donc accès uniquement à ce que le réalisateur de l’émission veut bien montrer, il est ainsi dépendant du cadrage proposé par le réalisateur (il y a ainsi beaucoup de gestes et de mimiques qui échappent ainsi à l’analyse).

5  Numérotation des prises de parole (même les régulateurs), parfois précisé par une lettre dans le cas de chevauchement.

6  Les locuteurs sont notés par leurs initiales.

7  Conventions de transcription, ici mises en évidence par les guillemets français : « \ » auto-interruption ; « \\ » hétéro-interruption ; « & » continuation d’une même prise de parole (fin 1ère partie + début de la 2ème, espace avant/après quand coupure entre les mots, sans espace quand coupure dans le mot) ; « soulignement » chevauchement de paroles ; « : » allongement d’un son ; « h » aspiration audible ; « c’est fa– » troncation d’un mot ; « +, ++, +++ » pause très brève, brève, moyenne ; «↑,↓ » intonation montante, descendante ; « >…<,<…> » débit rapide, lent ; « FAcile QUOI » accentuation d’une syllabe ou d’un mot monosyllabique ; « (rire) » description d’aspects du comportement verbal lorsque le phénomène est ponctuel ; « (voix rauque) “…” » description d’aspects du comportement verbal circonscrit entre les guillemets ; « […] » coupe effectuée par le transcripteur ; « [moi au mo] » passage modifié dans les exemples pour une meilleure lisibilité. Le gras est ajouté pour montrer le discours dialogique.

8  « …*… » description du comportement non verbal lorsque le phénomène est ponctuel ; « …*……*…. » description du comportement non verbal circonscrit entre les deux astérisques (signe dans le corps du texte, commentaire dans la 5ème colonne).

9  Ces deux visées ne concernent bien entendu que le discours de NS. En ce qui concerne les deux animateurs, la citation obéit à d’autres objectifs (cf. exemple 3).

10  Calbris, 1979 : 91.

11  Cosnier, 1987 et Cosnier et Vaysse, 1997 ; « geste emblématique », dans la terminologie d’Ekman et Friesen, 1969.

12  Cosnier et Vaysse, 1997.

13  Calbris et Montredon, 1986 : 99.

14  Calbris, 1985 : 81.

15  Calbris et Montredon, 1986 : 134.

16  Calbris, 1985 : 72 et 1979 : 104.

17  Calbris et Montredon, 1986 : 91.

18 En 143, l’énoncé « c’est bien l’organisme du medef » est donc de l’autodialogisme immédiat, marqué linguistiquement par l’adverbe « bien », par lequel SR valide sa position.

19 On retrouve ici la connotation négative de la répétition, utilisée par SR pour discréditer le discours de NS (Cf. aussi en 133 : « on connaît la musique »).

20  Le Bart, 1998 : 82

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Pour citer cet article

Marion Sandré, « Dialogisme, comportement et débat politique télévisé : Ségolène Royal lors du débat de l’entre-deux tours », paru dans Ci-Dit, Communications du IVe Ci-dit, Dialogisme, comportement et débat politique télévisé : Ségolène Royal lors du débat de l’entre-deux tours, mis en ligne le 02 février 2010, URL : http://revel.unice.fr/symposia/cidit/index.html?id=614.


Auteurs

Marion Sandré

marion.sandre@univ-montp3.frATER Université Paul Valéry, Montpellier 3
Praxiling UMR 5267 CNRS - Montpellier 3

ATER Université Paul Valéry, Montpellier 3Praxiling UMR 5267 CNRS - Montpellier 3

marion.sandre@univ-montp3.fr