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Ci-Dit | Communications du IVe Ci-dit

Ce que dit la peinture : formes et enjeux du discours rapporté dans les Conférences de Félibien (1668)

Cet article étudie les formes du discours rapporté dans les Conférences sur la peinture et la sculpture de Félibien, et spécialement une forme particulière de discours indirect, le discours indirect d’enregistrement, qui scénographie le rapport entre écrit et oral dans ce texte. L’auteur montre qu’en faisant passer lesconférences – genre inédit au sein de l’Académie Royale – de l’oral à l’écrit, Félibien substitue au geste de citer les académiciens celui de signer une œuvre, ce qui ordonne un partage des voix en contradiction avec l’éthos de greffier qu’il tente de se construire grâce au DI d’enregistrement. Il apparaît clairement, à l’étude des exemples, que ce DI se prête à des stratégies citationnelles a priori aussi distinctes que l’inscription et le plagiat, ce dernier apparaissant au final comme un des possibles contextuels de la citation. In this paper, we consider the forms of reported speech in Felibien’s Conférences sur la peinture et la sculpture. We focus on what we call « discours indirect d’enregistrement » (recording indirect speech), which scenarizes the relations between written and oral in this text. We show that the act of signing an opera subsitutes for the act of quoting the academicians and that Felibien can no longer stand the clerk ethos he was looking for in using the indirect speech. This indirect speech leads indeed to a new share of voices and offers strategies of quotation as different as inscription and plagiarism.

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L’innommable peinture de Monsieur Magritte

À la façon dont Merleau-Ponty définit l’invisible non comme le contraire du visible, mais comme son revers, Magritte développe des expériences sémiotiques articulées sur l’impact des mots et des images. Ces tableaux font se répondre, sans faire se correspondre, le texte et l’image. Ainsi par ce visuel qui ne renvoie pas à un identique visible et lisible, s’ouvre tout un espace d’interprétation propre à la mise en lumière des correspondances entre le titre, la chose peinte, et la citation de l’œuvre à laquelle renvoie précisément son titre. Jouant des limites du langage verbal et pictural, le peintre de la Trahison des images offre au regard du spectateur une richesse polysémique insoupçonnée. Contrairement à l’adage selon lequel « Ce qui ne se dit pas n’existe pas », Magritte démontre que ce qui ne se dit pas existe… autrement. La peinture au final n’illustrant pas plus le titre que le titre ne la commente. In the way Merleau-Ponty defines the invisible not as the opposite of the visible, but as its backhand, Magritte develops semiotic experiments articulated on the impact of the words and the images. These paintings make the text  and the image answer themselves, without being corresponded itself. So by this picture who does not send back an identical visible and legible, opens a whole space of interpretation. Magritte cheek of the correspondences between the title, the picture and the quotation of the work to which its title dismisses exactly. He so articulates the limits of the verbal language and the pictorial language.

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