Actes éducatifs et de soins, entre éthique et gouvernance |  Actes du colloque international (Felix C., Tardif J., éd.), Nice 4-5 juin 2009 |  Les ateliers |  Le travail social comme geste éducatif et éthique : accompagner, former, restaurer 

Éric Pilote  : 

Les enjeux éthiques et psychosociaux de la réception de l’aide dans le mouvement associatif des Alcooliques anonymes

Résumé

Éclairée par une anthropologie situant les échanges humains dans le cycle donner-recevoir-rendre, l’article met en lumière les enjeux éthiques et psychosociaux de la réception de l’aide dans le mouvement associatif des Alcooliques anonymes (AA). Dans un premier temps, l’emphase est mise sur le moment central du recevoir, les risques inhérents à cette étape du don de même que les principaux enjeux éthiques qui y sont rattachés. Après avoir présenté ce cadre théorique, la méthodologie de la recherche ainsi que les données sur les difficultés des membres AA à recevoir de l’aide. Enfin, cet écrit propose des points de repère pour l’intervention. Ceux-ci peuvent en effet aider les intervenants à mieux saisir les enjeux et les drames pouvant se jouer à cette étape cruciale du cycle du don.

Index

Mots-clés : Alcooliques anonymes , don, éthique, gratitude, recevoir, reconnaissance

Plan

Texte intégral

« Veux-tu vivre heureux ?
Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir. »
Goethe

Introduction

1La pratique du travail social confronte les intervenants à la dure réalité d’une société laissant dans ses marges un nombre impressionnant d’individus qui, confrontés à des problématiques sociales diverses, vivent des situations désespérées et souffrent souvent d’isolement. Brisés par la vie, ils hésitent souvent à recevoir de l’aide. Cette problématique est à l’origine d’une recherche que nous avons menée auprès des membres du mouvement associatif des Alcooliques anonymes (AA).

2Cet article présente brièvement une recension des écrits sur le phénomène de la réception ainsi que les risques et les enjeux éthiques liés à cette étape centrale du cycle du don. Une fois la méthodologie annoncée, nous présentons une partie des résultats de l’étude menée auprès des AA sur leur expérience de la réception de l’aide, particulièrement leurs difficultés à accepter l’aide proposée. Prenant appui sur ces données, nous invitons, finalement, les intervenants à une éthique du recevoir.

1. État des connaissances

3Cela dit, un point de vue existentiel et anthropologique ouvre la réflexion au sujet du phénomène de la réception. Ensuite, un regard plus pragmatique aborde les risques de la réception permettant d’envisager les enjeux éthiques de ce phénomène en terminant.

1.1 Le phénomène de la réception

4Nous réfléchissons sur le phénomène de la réception en le présentant comme un axe fondamental de l’existence, un moment clé dans le cycle du don et un temps d’interprétation.

Un axe fondamental de l’existence

5L’être humain reçoit la vie à la naissance, mais bien d’autres choses encore qui viennent par la suite telles la langue, l’histoire, la culture, l’éducation. Une bonne part de notre identité personnelle est due à notre environnement. Fleinert-Jensen souligne : « Ce que nous recevons est, littéralement, plus fondamental que ce que nous faisons »1. Sans adulte qui lui donne des soins physiques et affectifs, l’enfant dépérit et risque la mort. Ce besoin de recevoir s’atténue avec le temps, mais ne disparaît jamais chez la personne adulte. La personnalité de celui-ci reste marquée par son incomplétude fondamentale. De la naissance à la mort, recevoir est une condition essentielle pour le développement de la personne humaine. Cependant, cette aventure n’est pas sans risque. Elle peut s’avérer parfois périlleuse et même dommageable. Recevoir, écrit Sagne, est « l’acte le plus exigeant qui soit, en tant qu’ouverture de nous-mêmes à la présence de l’autre »2.

Un moment clé dans le cycle du don

6Explorant les théories concernant le phénomène de la réception, nous avons constaté qu’il y a très peu d’écrits spécifiques sur le sujet. La littérature anthropologique sur le don3 a été notre porte d’entrée pour situer et saisir le phénomène de la réception. En voulant comprendre les échanges entre les différents clans, Mauss4 a mis en lumière la dynamique dans laquelle s’inscrivait leur structure : « donner – recevoir – rendre ». L’auteur est le premier à mentionner que l’étape de la réception est située au cœur des échanges entre les humains. Cependant, ses travaux ont été surtout concentrés sur l’étape du rendre comme si « le deuxième moment allait de soi. Or, recevoir ne va pas de soi »5. Même que recevoir est le problème central du don6. Ce moment est caractérisé par l’incertitude et son influence déterminante sur l’ensemble du cycle. La personne qui donne ne sait jamais quelle sera la réponse du receveur. Le principal danger pour le donneur, affirme Godbout, c’est que son don soit mal reçu7.

Un temps d’interprétation

7Loin d’être un moment de passivité, la réception se révèle plutôt une période riche et intense dans le cycle don. Le don oblige le receveur à une pratique « herméneutique de la relation à l’autre »8. Celui qui reçoit est convié à une activité où il devient le catalyseur du désir de celui qui donne. Ainsi, il conserve la possibilité de se retirer de la logique calculatrice et possessive du donneur. Il peut aussi voir dans le geste du don « l’inescompté » et la part « d’imprévisible » (Fixot, 1992). Cette pratique qui se joue au moment de la réception permet de faire le tri entre, d’une part, le calcul et, d’autre part, la gratuité qui peuvent être présents dans le don. C’est à cette étape que le receveur fait une relecture du don et détermine par la suite la nature du lien social, et conséquemment sa manière de rendre la pareille. Cette étape ne s’épuise pas dans l’instant. Il faut consentir au temps pour que se cristallise dans l’esprit du receveur ce qui est de l’intérêt et du gratuit. Ce moment est important pour celui-ci afin de déterminer s’il s’est senti méprisé, respecté ou reconnu dans l’aide reçue.

1.2 Les risques de la réception

8Recevoir n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser de prime abord. Des risques concernant l’identité, l’obligation de rendre et la dette sont même associés à cette étape du cycle du don.

La mise en péril de l’identité

9La recherche de Godbout apporte un éclairage fort intéressant concernant l’impact du don sur l’identité. L’auteur montre que recevoir un don affecte l’identité des receveurs. Dans le don, souligne-t-il, « on joue constamment son identité »9. En s’appuyant sur des recherches faites auprès des personnes qui ont reçu des greffes, il mentionne qu’une des difficultés des receveurs est la peur de perdre leur identité au détriment de celle du donneur. Le sociologue mentionne que ceux-ci « craignent d’être réduits au rôle de simple contenant du cœur (ou du foie, etc.) du donneur et d’être ainsi transformés en moyen pour une fin, en un instrument pour la famille »10. Puis, recevoir c’est aussi faire l’expérience d’une certaine insuffisance par rapport à la construction de son identité. Celui qui reçoit un don ne peut plus prétendre à une identité sans altérité. Notre société privilégie l’effort fait par l’individu pour devenir lui-même et pour être « authentique »11. Recevoir est souvent perçu comme allant à l’encontre de cet idéal contemporain.

L’obligation de rendre

10Recevoir influence non seulement l’identité, mais engendre une obligation de rendre. Revenons à l’exemple d’une personne ayant vécu une transplantation d’organe. Parce qu’elle a eu une seconde chance, elle ressent l’obligation de faire quelque chose en retour. Dans les collectes de fonds pour des œuvres de charité, il y a une plus grande récolte lorsque la demande est accompagnée d’un petit présent. Cette force qui pousse le receveur à la réciprocité vient du fait que la vie est reçue gratuitement12. Cette obligation de retour s’explique aussi par la notion de reconnaissance13. S’il y a retour, c’est qu’à travers le don, les partenaires cherchent à répondre au besoin fondamental d’être reconnu. Le don est cet appel à entrer en reconnaissance réciproque. Si le don peut contraindre le receveur à rendre, il peut aussi générer une dette positive ou négative chez celui-ci.

La dette

11En effet, il y a dette mutuelle positive lorsque la personne « reconnaît avoir reçu beaucoup sans pour autant ressentir une obligation, mais plutôt un désir de donner »14. Elle éprouve de la joie ou du contentement et ne ressent pas alors d’obligation de rendre comme dans un rapport marchand. Dans la dette positive, le receveur ne sent pas, dans l’intention du donneur, la volonté de l’endetter par son action, d’où le plaisir qu’il éprouve à recevoir. Et ce plaisir du receveur fait souvent la joie du donneur. La dette est négative lorsque le receveur perçoit dans le don, mépris, calcul ou condescendance. Selon qu’il est positif ou négatif, le sentiment de dette est déterminant pour le receveur dans la façon de rendre et de poursuivre le lien social. Quoi qu’il en soit, les principaux risques de la réception étant précisés, nous examinons les enjeux éthiques liés à cette étape centrale du cycle du don.

1.3 Les enjeux éthiques de la réception

12Les êtres humains, par l’intermédiaire de procédures de don, arrivent à se lier entre eux et à établir des réseaux de solidarité. Atteindre ce but relève d’une grande complexité. Il n’y a pas de déterminisme dans le processus du don. Ses acteurs, autant les donneurs que les receveurs, sont des êtres libres. Si le don peut répondre aux plus grandes aspirations de la personne, il peut aussi déraper et briser des gens parmi les plus vulnérables. Il importe donc de réfléchir à la dimension éthique de la réception. Nous le ferons en abordant la reconnaissance et la gratitude qui sont deux valeurs phares de cette éthique.

La reconnaissance

13Dans notre société moderne, il y a une reconnaissance qui est « formellement » garantie et accordée par l’état à travers les lois notamment par les droits de l’homme. Ceux-ci avec le droit international essaient de donner une réponse institutionnelle à cette reconnaissance formelle. Par exemple, le fait de reconnaître une personne comme citoyen d’un pays avec des droits spécifiques permet d’assurer une reconnaissance publique. Cependant, cette reconnaissance publique ne saurait remplacer la reconnaissance interpersonnelle si essentielle pour l’être humain. Ni l’État avec ses lois, ni le marché avec ses biens ne peuvent prétendre à cette reconnaissance interpersonnelle15.

14Celle-ci ne peut advenir que dans un processus de don. Un peu comme dans les sociétés dites primitives où le don était un défi lancé à l’autre d’entrer en alliance, il revient à chacun, à travers des gestes généreux, d’inviter l’autre à la reconnaissance interpersonnelle. Chacun est interpellé à reconnaître autrui dans sa différence et sa dignité. Cette pointe éthique du don « concerne l’exigence de respect que nous devons à tout être humain et que nous attendons également de lui »16. Si l’auteur insiste sur l’importance d’établir une « relation éthique » dans le cycle du don, c’est que la reconnaissance de l’autre n’est pas une donnée naturelle. Notre intentionnalité est questionnée afin de déterminer si, dans notre agir, l’autre occupe une place de faire-valoir ou s’il est valorisé comme personne à travers cette action posée envers lui.

15Essentiellement, l’interpellation éthique du don est un appel à la reconnaissance mutuelle. Cette aspiration interpelle le donneur à ne pas « réduire l’autre à la condition unique de recevoir où il n’y a pas possibilité d’échange et de réciprocité »17. Pour la personne qui reçoit, ce geste peut être méprisant, car elle n’a pas la possibilité de rendre la pareille. Confinée « à un objet de soin ou à une main tendue »18, il y a une forme de violence qui s’exerce alors sur celle-ci. En la privant de cette possibilité de redonner, sa dignité se trouve réduite à néant. Un don qui humilie ou dévalorise le receveur a des conséquences graves sur le développement de son identité. « Privé d’approbation, l’être humain est comme inexistant », mentionne Ricœur19. Dans les relations de don, chacun doit être capable de dire à l’autre : « J’approuve que vous existiez »20. Lorsque deux êtres humains arrivent à ce niveau de reconnaissance mutuelle, l’interpellation éthique du don se trouve réalisée. Au reste, la gratitude, une autre valeur phare du don, accompagne la réalisation de cette invitation. Regardons de plus près cette question.

La gratitude

16La gratitude, vécue au moment de la réception, confirme le receveur dans son désir d’être reconnu et l’amène à reconnaître, à son tour, la personne qui est à l’origine du geste généreux. La gratitude permet de séparer le couple donner-recevoir et le couple recevoir-rendre avant de le recomposer. Celle-ci crée un « rapport d’inexactitude »21 entre ces deux couples. Lorsqu’il y a expérimentation de la gratitude au moment du recevoir, le don devient pour celui qui reçoit quelque chose qui n’a pas de prix. La gratitude allège l’obligation de rendre, elle rend la dette plus légère22. Habité par ce sentiment, le receveur ne cherchera pas, avec son contre-don, à rendre de façon équivalente. Ce qu’il a reçu a tellement de valeur pour lui qu’il a l’impression qu’il ne pourra jamais rendre pareillement. Nous retrouvons ici le premier rapport d’inexactitude que crée la gratitude et cela concerne la valeur des choses. Un autre rapport d’inexactitude engendré par la gratitude concerne le temps. Lorsque la personne reçoit un don et qu’elle vit de la gratitude, le moment du retour devient secondaire. Le temps s’estompe pour laisser place au moment opportun. C’est l’autre rapport d’inexactitude créé par la gratitude et il est marqué par une indifférence quant au retour. Cette recension des écrits nous a motivé à interroger des membres du mouvement des Alcooliques anonymes qui avaient expérimenté cette réalité : recevoir de l’aide.

2. Méthodologie et résultats de la recherche

17La question principale de la recherche était la suivante : « Qu’est-ce qui fait que des personnes avec un problème d’alcool acceptent de recevoir de l’aide du mouvement des Alcooliques anonymes ? ». Pour y répondre, nous avons choisi de rencontrer douze membres du mouvement des Alcooliques anonymes, sobres depuis au moins deux ans. Avec chacun des membres sélectionnés, nous avons réalisé une entrevue semi-structurée. Préalablement, nous avions élaboré un questionnaire comprenant quatre thèmes principaux : a) l’acceptation de recevoir de l’aide ; b) la réception de l’aide ; c) le lien avec les « donneurs » et d) le retour. Nous avons scruté ces entrevues en nous appuyant sur les étapes proposées par L’Écuyer23. Nous choisissons de présenter principalement les résultats de notre étude sur les difficultés à recevoir qu’ont rencontrées les membres AA.

2.1 Les difficultés de recevoir

18Plusieurs années de consommation ont conduit les membres à vivre une vulnérabilité extrême et à expérimenter un profond désespoir. L’expérience de ce bas-fond a créé chez ceux-ci une ouverture à recevoir. Ils ont saisi qu’ils ne pourraient s’en sortir sans recourir à l’aide d’autrui. Un membre souligne : « J’ai essayé régulièrement d’arrêter par moi-même. Et en entrant dans les salles, j’ai compris que seule, je ne pourrais pas y arriver, j’étais trop proche de la mort » (Participant 11). Cependant, entre le moment où se crée une ouverture à recevoir de l’aide et où celle-ci sera acceptée véritablement, il y a un pas que souvent les membres hésitent à franchir. Nous les avons interrogés sur leurs appréhensions et les risques inhérents à cette traversée de l’ouverture à l’acceptation concrète. Il ressort des entrevues que les membres éprouvent diverses craintes à recevoir de l’aide : la peur d’être jugés, la peur de se faire avoir, la peur de ne pas être capables de surmonter leur gêne, la peur de perdre leur autonomie et la peur de ne pas être respectés dans leur cheminement.

La peur d’être jugé

19Les membres hésitent avant d’accepter de recevoir de l’aide, car ils craignent le jugement des autres. L’un d’eux s’interroge : « Est-ce qu’ils savent que moi j’ai autant souffert qu’eux ont souffert ? » (Participant 1). L’expérience du bas-fond a souvent été précédée de multiples échecs. Ils ont échoué dans leurs tentatives de résoudre leur problème de consommation, ils ont fait de multiples rechutes, ils ont parfois vécu des échecs amoureux ou parentaux. Ils n’ont pu terminer leurs études ou accéder à un travail. Après tous ces échecs, ils appréhendent ce que les gens penseront d’eux s’ils demandent de l’aide : « Mais qu’est-ce qu’ils vont dire ? Qu’est-ce que les gens vont penser ? » (Participant 5).

20Plusieurs membres attribuent cette peur d’être jugés par autrui à leur manque de confiance et à leur orgueil. Lors des entrevues, certains mentionnent qu’ils ont été parfois jugés, parfois méprisés. Un membre raconte : « Mon père était un homme violent physiquement et verbalement. Alors, j’ai toujours essayé de prendre le moins de place possible » (Participant 9). Ces expériences passées ont sans doute contribué à augmenter leurs craintes face au jugement d’autrui à leur égard. Lorsqu’une personne a vécu du mépris en s’ouvrant à une autre personne, elle développe en effet des mécanismes de défense pour se protéger afin que de telles situations ne puissent se reproduire. Les entrevues font ressortir la peur d’être jugé comme l’un des principaux freins à demander et à recevoir de l’aide.

La difficulté d’entrer en relation

21Les membres hésitent aussi à demander de l’aide, car ils sont souvent mal à l’aise dans le fait d’entrer en relation avec une nouvelle personne : « Quand tu es débâti, tu as le goût de t’isoler » (Participant 2). Ils manquent d’habiletés sociales : « Au début, je n’étais pas capable de demander de l’aide. J’arrivais et mes paroles ne se rendaient pas, elles tombaient à terre » (Participant 11). La gêne a arrêté plus d’un membre à joindre le mouvement. L’un d’entre eux mentionne qu’il lui fallait beaucoup de temps et d’énergie avant d’oser poser une question tellement sa timidité le bloquait. Et ce n’est pas tout. La difficulté à demander de l’aide est augmentée lorsque les ressources personnelles et sociales des membres sont considérablement amoindries après plusieurs années de consommation.

L’endettement envers autrui

22Une autre hésitation que les membres font ressortir face à la possibilité de recevoir de l’aide d’autrui a été la peur d’être redevables envers le mouvement, craignant de contracter une dette à leur égard. Ils se demandaient ce qu’on pourrait exiger d’eux s’ils recevaient de l’aide. Les questions explicites d’un membre face à une aide éventuelle étaient les suivantes : « Est-ce que je vais devoir quelque chose ? Est-ce que je vais être obligée de lui conter ma vie ? » (Participant 1). Les membres ont dit qu’ils résistaient à recevoir ne sachant ce qui serait exigé en retour. Dans l’expérience du bas-fond, alors qu’ils ont le sentiment de n’être rien, il est impensable pour eux d’imaginer qu’un jour ils pourraient redonner à leur tour.

L’exploitation

23Les membres révèlent un passé relationnel qui a laissé des traces et des cicatrices profondes chez plusieurs d’entre eux. Or, recevoir c’est prendre le risque d’être blessé à nouveau, car entrer en relation comporte toujours un risque. Il n’y a pas de certitude dans ce domaine et les membres le savent. Plusieurs membres indiquent qu’ils ont beaucoup hésité à recevoir de l’aide d’une tierce personne en raison de vécu relationnel difficile dans le passé. Ils craignaient d’être blessés à nouveau, d’où leur réserve : « Dans mon passé, on a trahi ma confiance. J’avais peur de m’ouvrir, peur de me faire encore avoir » (Participant 9). Les femmes interrogées ont particulièrement exprimé cette crainte d’être utilisées si elles recevaient de l’aide de membres masculins. « Peut-être qu’en fin de compte ce n’est pas juste de l’aide qu’il veut me donner » raconte un membre (Participant 1).

La perte d’autonomie

24Dans les entrevues, il ressort clairement qu’accepter de recevoir de l’aide d’autrui était pour les membres une façon de s’avouer vaincus. Plusieurs se percevaient comme des êtres faibles parce qu’ils n’avaient pas pu arrêter leur consommation. Pour eux, c’est faute de ressources personnelles qu’ils avaient échoué dans leurs multiples tentatives. Demander de l’aide d’autrui, c’était faire preuve d’impuissance et reconnaître cela n’était pas facile : « Je me disais : “Non, moi je suis capable de m’en sortir toute seule. Je n’ai pas besoin d’eux pour m’en sortir” » (Participant 12). Les membres mentionnent qu’ils avaient l’impression qu’ils perdraient leur autonomie ou qu’ils deviendraient dépendants s’ils acceptaient de recevoir l’aide d’autrui pour s’en sortir. Plusieurs relient cette crainte au fait d’être orgueilleux : « Quelqu’un qui demande de l’aide, c’est faible » (Participant 6). Recevoir de l’aide, c’est donc rompre avec l’idée qu’on peut s’en sortir par ses propres moyens.

Le non-respect des croyances

25Enfin, quelques participants à notre étude ont été freinés dans leur ouverture à recevoir de l’aide parce qu’ils craignaient de se voir imposer des croyances religieuses contre leur gré. Ils ont mentionné surtout qu’ils n’étaient pas prêts à entendre parler de spiritualité, alors qu’ils vivaient, parfois, de la révolte contre Dieu. La peur de ne pas être respectés dans leurs convictions en a donc ralenti plusieurs à accueillir l’aide proposée. Il est aussi arrivé que des membres se sentent bousculés dans leurs croyances personnelles. Un membre rapporte les propos de son parrain : « Seule une puissance supérieure peut te rendre la raison. Alors, j’ai dit : « Je ne suis pas rendu là, Dieu, parle-moi pas de ça » (Participant 8). Même dans une situation de grande fragilité, les entrevues font ressortir que les membres tiennent à être respectés dans leur cheminement spirituel.

26Les données recueillies montrent qu’il n’y a pas de simultanéité entre l’expérience du bas-fond telle que vécue par les membres et la décision d’accepter de recevoir de l’aide. Entre ces deux événements existe un espace où les membres développent leurs propres critères de discernement. À partir de leurs expériences humaines antérieures, ils élaborent certains repères afin d’éviter « de se faire avoir » dans une relation de don. Les membres ne veulent pas être jugés, ni comme personnes, ni pour leurs actes. Ils ne souhaitent pas non plus être redevables envers l’aide reçue. Aussi, ils refusent de devenir dépendants face à cette aide, tenant à préserver une certaine autonomie. Enfin, ils souhaitent ne pas se faire imposer des croyances et de nouvelles relations contre leur gré. Même si les membres sont dans une vulnérabilité extrême au moment d’accepter de recevoir, on retrouve une expérience révélant la non-abdication de leur liberté, malgré leur souffrance, à chercher une voie d’humanisation. Les données de l’observation nous invitent à pousser plus loin la réflexion.

2.2 Une éthique du recevoir

27Ces résultats de la recherche mis en lien avec les lumières théoriques sur le phénomène de la réception, nous amène à proposer une éthique du recevoir. Adoptant le point de vue des receveurs, nous espérons pouvoir traduire les interpellations qu’ils adressent à ceux et celles qui adoptent la posture du donneur. Ainsi, les intervenants sont interpellés au respect de la liberté des receveurs, à leur valorisation, à prendre le risque de la relation sociale et à vivre l’alternance des positions de donneur et de receveur. Nous présentons chacune de ses sollicitations dans la partie suivante.

Le respect de la liberté

28Les receveurs ont besoin d’être respectés dans leur liberté, car le don est la relation humaine la plus risquée. Ce n’est pas pour rien que les membres interrogés hésitent tant, parfois, avant de recevoir. En effet, ils ont l’intuition que leur identité risque d’être modifiée en recevant de l’aide. Le don « peut renforcer ou détruire l’identité du receveur »24. La possibilité de refuser ou d’accepter l’aide proposée est un privilège important à conserver. La relation sociale amorcée par une pratique de don peut ne pas satisfaire le receveur. L’aide de certains parrains a été refusée par des membres des AA alors que celle d’autres parrains a été acceptée. Le don est comme un jeu. Le donneur tente une approche envers l’autre en ne sachant jamais tout à fait quelle sera la réponse. À cet effet, Gilbert25 mentionne : « Qui reçoit pourrait refuser ou ignorer le don. […] La fragilité du don, sa beauté et sa gratuité viennent de ces initiatives sans imposition ». Le cycle du don peut s’interrompre à tout moment, perdurer un certain temps et parfois même la vie durant. La durée de ce processus est imprévisible. Parce qu’il est question de relations humaines, de liberté, de gratuité, d’interprétation, il ne peut y avoir de prédiction pour les intervenants.

29L’acceptation à recevoir de l’aide présuppose que seul on n’a pas pu trouver une solution à ses difficultés. En ce sens, recevoir est lié au deuil d’une certaine idée de l’autonomie. Dorénavant, celle-ci ne pourra plus prétendre se réaliser sans intégrer l’altérité. Cela suppose le passage de l’indépendance à l’interdépendance. L’offre des donneurs doit être soignée afin de s’assurer l’assentiment des receveurs. De même, les receveurs ont besoin d’avoir les coudées franches pour décider comment ils rendront la pareille. Ils n’aiment pas se sentir obligés envers le donateur. Si la liberté est une valeur essentielle à mettre de l’avant en raison des risques inhérents au don, elle est aussi appel à respecter les identités des différents acteurs.

La valorisation du receveur

30Les intervenants sont invités à la vigilance afin que leur don véhicule un message positif et constructif à l’endroit des receveurs. Ceux-ci ont fondamentalement besoin d’être reconnus par les donneurs. D’autant plus qu’ils sont souvent dans une situation de vulnérabilité. L’étude montre que des attitudes comme l’écoute, l’empathie, la compassion ainsi que des comportements comme un regard attentionné et une poignée de main permettent au receveur de sentir qu’il est reconnu dans sa dignité et respecté dans son humanité. Aussi, les receveurs ont besoin de sentir que ces gestes et ces manières d’être sont vécus dans un esprit de gratuité et qu’on s’intéresse à eux comme des sujets à part entière. Les gestes et les attitudes adressés à leur endroit témoignent de cette reconnaissance.

31Une autre façon manifeste d’être reconnue est la possibilité accordée aux receveurs de prendre la position de donneurs. Les intervenants sont conviés à encourager les receveurs à s’approprier la part unique de leur identité et à mettre leurs talents au service de leur communauté. Une attention doit être portée afin de ne pas réduire les gens à leur rôle de receveurs, car il y a risque d’aliénation. En favorisant le retour, le don renonce à s’exercer comme faire-valoir du donneur et devient un moyen privilégié pour préserver la dignité du receveur. Celui-ci peut prendre l’initiative du cycle du don et se risquer au jeu des relations sociales avec l’espoir d’être à nouveau intégré à un réseau. Dans le mouvement des AA, nous avons observé que les donneurs laissent continuellement une porte ouverte aux receveurs afin qu’ils puissent donner à leur tour : « Il est des situations, mentionne Poché, où consentir à recevoir de l’autre, de celui qui se trouve en position de fragilité, est plus éthique que de lui donner sans compter »26. Ainsi, des membres ont découvert qu’ils avaient des talents pour l’animation, l’organisation, la relation d’aide, etc. Le mouvement a permis aux receveurs de faire éclore des capacités jusque-là enfouies et méconnues d’eux-mêmes et des autres. Prenant conscience de ses forces, le receveur peut donner et espérer une reconnaissance réciproque. Cette fluidité des positions de donneur et de receveur incite à la création et au maintien de liens sociaux, si importants dans un processus de rétablissement.

La richesse de la relation sociale

32En acceptant l’aide proposée, le receveur prend le risque de la relation sociale. Il avoue son impuissance à s’en sortir par ses propres moyens. Son espoir de régler sa situation est lié à la relation à autrui. Il rompt avec l’isolement où l’enfermait son problème. Ce lien à l’autre devient vital : son accomplissement personnel en dépend. Dans la mesure où le receveur trouve réponse à son besoin d’être reconnu en établissant une relation, il veut conserver ce lien ou en créer d’autres, évitant ainsi de retomber dans le repli sur soi.

33Le donneur ne doit pas penser que les liens à maintenir seront nécessairement avec lui. Ce ne sera pas toujours convenable, particulièrement dans la pratique professionnelle. Bien que celle-ci comporte une part de don, elle ne procède pas uniquement d’une logique de don27. La pratique professionnelle s’insère dans une logique d’État où l’aide accordée est d’abord une question d’équité et de justice sociale. En s’engageant dans une pratique d’entraide, l’intervenant doit être sensible à la dimension sociale du don. L’horizon de son action envers la personne aidée est de l’amener à maintenir ou à créer de nouveaux liens sociaux. Les efforts déployés à reconnaître la dignité d’une personne brisée par la violence ou le mépris ont pour objectif de la remettre debout afin que celle-ci puisse s’adresser à un autre et établir, éventuellement, une relation de respect réciproque. L’intervenant sait que lorsque la personne a réintroduit une communauté où il y a possibilité de faire des alliances, la fin de son intervention approche à grands pas. L’insertion dans des réseaux d’entraide rend possible une reconnaissance réciproque entre les personnes leur permettant d’affronter leurs difficultés dans la solidarité. Examinons à présent ce point de vue.

L’alternance des positions de donneur et de receveur

34Recevoir des autres une reconnaissance et la réinsertion dans des réseaux humains sont à la source du rétablissement des membres consultés. Graduellement, ceux-ci ont pris conscience que seuls, ils seraient demeurés dans leur misère. Ils éprouvent de la gratitude en prenant conscience de tout ce qu’ils doivent au « Mouvement ». Ce sentiment les pousse à vouloir agir de même envers d’autres membres et ainsi poursuivre la dynamique de don. Nous pouvons alors parler d’une éthique du recevoir au sens où c’est à cette étape du cycle du don que prend racine le sentiment de gratitude. Celui-ci est une force qui pousse les membres à rendre, l’autre versant du processus du don.

35Rendre devient ainsi le continu d’un recevoir. Il en de même pour les intervenants. Avant d’agir, ceux-ci sont invités à se souvenir des personnes qui leur ont permis de retrouver pied lorsque, un jour, ils se sont retrouvés dans la position du receveur. Ainsi, ils risquent moins de céder à la tentation du bienfaiteur narcissique où la valorisation du donneur est visée au détriment de celle du receveur. Ils n’oublient pas qu’ils partagent la même condition humaine des receveurs. Leur rôle d’aidant est un privilège fragile. À l’instant même, par un contrecoup de la vie, ils se retrouvent dans la position du receveur. L’alternance des positions de donneur et de receveur devient alors une donnée anthropologique incontournable pour eux. Sans cette fluidité des positions, ils ont désormais la certitude que l’être humain n’existe pas. Donner et recevoir sont à la base de la reconnaissance réciproque et du lien social.

Conclusion

36Recevoir est à la fois une réalité fondamentale et à la fois une réalité complexe. Loin d’être un moment passif dans le cycle du don, cette étape convie le receveur à la vigilance et à l’interprétation afin de préserver sa dignité humaine. Car, nous l’avons vu, le don peut détruire l’identité s’il est accompagné de mépris. L’étude que nous avons menée auprès de membres AA est venue confirmer que recevoir de l’aide ne va pas sans risque : perdre le peu de soi-même quand on ne s’appartient plus. Afin de contrecarrer ce danger relié au don, nous avons proposé une éthique du recevoir aux intervenants.

37Le respect de la liberté des receveurs a été avancé justement pour préserver la possibilité de refuser le don lorsque l’identité peut être remise en question négativement. Nous avons insisté sur la reconnaissance réciproque qui est, à notre avis, un enjeu éthique fondamental pour les receveurs. La valorisation de ceux-ci est à mettre de l’avant, essentiellement en leur permettant de prendre la position de donneur. Il appert que celui qui a traversé les risques de la réception est bien placé pour donner à son tour. Ils peuvent ainsi prendre le risque du don et espérer s’insérer dans des réseaux d’entraide. L’importance de ces liens sociaux créés à travers un processus de don et de reconnaissance a aussi été mise en lumière. Enfin, nous avons interpellé les intervenants eux-mêmes à vivre l’alternance des positions de donneur et de receveur afin qu’ils n’oublient pas qu’ils partagent la même condition humaine de ceux qu’ils aident et qu’ils demeurent vigilants à se ressourcer en se recevant des autres.

38Cette éthique du recevoir a été interprétée à partir d’une recherche réalisée auprès de personnes qui ont vécu l’expérience de recevoir de l’aide. C’est en partie sa richesse et en partie sa limite. Ultérieurement, il sera intéressant d’entreprendre une autre étude sur ce sujet, mais cette fois-ci à partir des intervenants eux-mêmes. Voilà, il nous semble, où nous conduit cet écrit.

Notes de bas de page numériques

1  Fleinert-Jensen, F., Entre l’effort et la grâce, Paris, Cerf, 2005, p. 111.

2 Sagne, J.-C., La loi du don, Les figures de l’alliance, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 1997, p. 171.

3  Il existe plusieurs définitions sur le don. Nous choisissons celle de Godbout pour éclairer les propos de cet article : « Toute prestation de bien ou de service, effectuée sans garantie de retour, en vue de créer, nourrir ou recréer le lien social entre les personnes » (1992, 32).

4  Mauss, M., Essai sur le don, forme et raison de l’échange dans les sociétés archaïques, Paris, PUF, 1950.

5  Godbout, J.-T., Le don, la dette et l’identité, Montréal, Boréal, 2000, p. 130.

6  Godbout, J.-T., « Don, dette, identité », in Comprendre la famille (2001), Actes du symposium québécois de recherche sur la famille, pp. 379-392, Québec, Les Presses de l’Université du Québec, 2002.

7  Godbout, J.-T., Ce qui circule entre nous, Donner, recevoir, rendre, Paris, Seuil, 2007.

8  Fixot, A.-M., « Donner c’est bien, recevoir c’est mieux », La Revue du MAUSS, n° 15/16, 1992, p. 238.

9  Godbout, J.-T., « Don, dette, identité », in Comprendre la famille (2001), Actes du symposium québécois de recherche sur la famille, pp. 379-392, Québec, Les Presses de l’Université du Québec, 2002, p. 389.

10  Godbout, J.-T., Le don, la dette et l’identité, Montréal, Boréal, 2000, p. 134.

11  Taylor, C. Grandeur et misère de la modernité, Québec, Bellarmin, 1992.

12  Godbout, J.-T., « La logique du don », L’Agora, vol. 10, n° 3, 2004, p. 26-29.

13  Hénaff, M., Le prix de la vérité : le don, l’argent, la philosophie, Paris, Seuil, 2002.

14  Godbout, J.-T., Le don, la dette et l’identité, Montréal, Boréal, 2000, p. 45.

15  Hénaff, M., Le prix de la vérité : le don, l’argent, la philosophie, Paris, Seuil, 2002.

16  Hénaff, M., « Repères, controverses, Comment interpréter le don ? », Esprit, n° 292, 2003, p. 167.

17  Causse, J.-D., L’instant d’un geste : Le sujet, l’éthique et le don, Genève, Labor et Fides, 2004, p. 27.

18  Causse, J.-D., L’instant d’un geste : Le sujet, l’éthique et le don, Genève, Labor et Fides, 2004.

19  Ricœur, P., Parcours de la reconnaissance, Paris, Stock, 2004, p. 280.

20  Garapon, A., « Justice et reconnaissance », Esprit, n° 323, 2006, p. 237.

21  Ricœur, P., Parcours de la reconnaissance, Paris, Stock, 2004.

22  Dewitte, J., « Il ne fallait pas, Notes sur le don, la dette et la gratitude », La Revue du MAUSS, n° 8, 1996, pp. 102-113.

23  L’écuyer, R., Méthode de l’analyse développementale de contenu : Méthode GPS et concept de soi, Québec, PUQ, 1990.

24  Godbout, J.-T., « L’actualité de l’Essai sur le don », Sociologie et sociétés, vol. 36, n° 2, 2004, p. 186.

25  Gilbert, P., « Gratuité », Nouvelle revue théologique, n° 127, 2005, p. 263.

26  Poché, F. (2006), « Don et relation, Essai de problématisation », in P. Huot-Pleuroux (dir.), Le don, une dynamique d'échange?, Paris, Cerf, 2006, p. 37.

27  Fustier, P., « Du travail social : la part du don », La Revue du Mauss, n° 8, pp. 301-311, 1996.

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Taylor, C. (1992), Grandeur et misère de la modernité, Québec, Bellarmin.

Pour citer cet article

Éric Pilote, « Les enjeux éthiques et psychosociaux de la réception de l’aide dans le mouvement associatif des Alcooliques anonymes », paru dans Actes éducatifs et de soins, entre éthique et gouvernance, Actes du colloque international (Felix C., Tardif J., éd.), Nice 4-5 juin 2009, Les ateliers, Le travail social comme geste éducatif et éthique : accompagner, former, restaurer, Les enjeux éthiques et psychosociaux de la réception de l’aide dans le mouvement associatif des Alcooliques anonymes, mis en ligne le 01 octobre 2010, URL : http://revel.unice.fr/symposia/actedusoin/index.html?id=627.


Auteurs

Éric Pilote

Professeur en travail social, Université du Québec à Chicoutimi