David Alves da Silva


Docteur en sociologie, chercheur associé au Sophiapol (université Paris Ouest Nanterre La Défense)

Articles de l'auteur


Actes éducatifs et de soins, entre éthique et gouvernance | Actes du colloque international (Felix C., Tardif J., éd.), Nice 4-5 juin 2009 | Les ateliers | Le travail social comme geste éducatif et éthique : accompagner, former, restaurer

La régulation collective des conduites de l’intervenant social dans un centre social associatif

L’objectif de cet article est de montrer comment, dans un centre social associatif, la relation entre les intervenants (salariés et bénévoles) et leurs usagers est régulée de façon à éviter la domination des seconds par les premiers. Le centre social, comme d’autres organisations intervenant dans le secteur social, est de fait confronté au risque de dominer ses usagers. D’une part, ses intervenants sont placés en position de supériorité, puisqu’ils peuvent conditionner l’attribution des prestations qu’ils délivrent à l’obtention de contreparties de leurs usagers, auxquelles ces derniers peuvent d’autant moins se soustraire qu’ils ont impérativement besoin d’être aidés. D’autre part, les difficultés du rôle d’intervenant, supposant d’arbitrer sans cesse entre les interdits contradictoires de la proximité et de la distanciation excessives à l’usager, peuvent conduire les intervenants à abuser de leur position de supériorité. Dans l’ensemble, pourtant, les interactions avec les usagers s’agencent plutôt sur le mode du respect mutuel, voire même de la convivialité. Ce résultat, analysable à partir d’une sociologie de la morale, est obtenu grâce à un processus collectif de contrôle et de sanction des conduites de chaque intervenant par les autres intervenants et les usagers. Ce processus est lui-même rendu possible par le statut associatif du centre social, incitant chacun à se tenir pour comptable des conduites d’autrui.

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