Claire Gillie


Docteur en Anthropologie Psychanalytique, Agrégée de Musicologie, Psychanalyste

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Revue Française de Musicothérapie | Volume XXVIII/1

La voix à fleur de mots

A fleur de peau, la voix se risque hors des méandres du corps pour consommer ses épousailles avec la parole.A fleur de mots, la voix se risque vers la rencontre avec l’autre, choisissant parfois de rester en retrait derrières les écluses de l’appareil phonatoire, ou bien, sortant de son étiage pour envahir l’espace de l’autre.A fleur de maux, la voix peut choisir de se taire, et de mettre en échec le lien social.Redessinant le contour de la parole derrière le serti des lèvres, il lui arrive de parer le discours de ses plus beaux atours. Mais parfois, comme une rature sur un écrit, la voix vient rajouter quelque chose d’indésirable : des bruits (les dysphonies), ou du silence (l’aphonie). Cette dernière occulte la chair vocalique, réduisant le discours à un squelette consonantique : elle tarit alors la voix de celui qui voudrait s’inscrire dans la polyphonie sociale. Violentée par le symptôme et retenue en otage par le corps, la voix peut ainsi manquer au rendez-vous avec la parole, rendant stérile le geste vocal, et creusant un trou dans le discours adressé à l’autre. Si la psychanalyse nous a appris à écouter la langue qui peut fourcher, nous lui demanderons en quoi la voix peut, de son côté, faucher et fausser le discours, là où il demande à advenir.

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