Jean-Michel Vives


Professeur de Psychopathologie Clinique Université de Nice Sophia-Antipolis ; Psychanalyste, Toulon

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Revue Française de Musicothérapie | Volume XXVIII/1

Approche psychanalytique d’une voix inouïe : une histoire des castrats

Issu du chœur religieux, le castrat, après un détour remarqué durant les XVIIe, XVIIIe et début du XIXe siècles sur la scène de l’opéra, y retourne. Au début de XXe siècle, aussi extraordinaire que cela puisse paraître, le chanteur castré existe encore. Mais alors qu’il fut la pièce maîtresse de l’opéra séria lorsqu’il donnait corps et voix aux héros, il se maintient certes, mais au prix de se voir confiné à l’église. Alors qu’il fut celui par qui le Bel Canto se trouva mis en place dès le début du XVIIe siècle, il devint au cours du XVIIIe siècle et plus encore au XIXe celui qui allait incarner le mal’Aria. La question qui se pose à nous est alors la suivante : qu’est-ce qui rend le castrat, alors qu’il a régné sans partage sur toutes les scènes durant tant d’années, obscène ; au point de le faire disparaître du dispositif opératique et de le restituer au dispositif d’où il était issu : celui de la transmission de la parole divine. Psychoanalytical approach of a voice unprecedented: a history of castratiBorn of the religious chorus, the castrato, after a detour attracted a lot of attention on the stage of the opera, goes back to it. While the castrato voice was the centerpiece of the opera seria there are still at the beginning of 20 century, but at the price of confining himself at the choir of the Cappella Papale. The question which arises to us is then this one: why the castrato voice adulated, during the eighteenth century on ordering the neineteenth century, is ti perceived at obscene ?

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