PSEI | Numéro 2 Paix et Sécurité Européenne et Internationale |  Chronique "Désarmement 2015" 

J-F. Guilhaudis  : 

Présentation de la chronique : objet et concept, organisation et méthode, auteurs, contenu.

Plan

Texte intégral

I Objet et concept.

La présente chronique s’appuie sur le même concept large du désarmement retenu pour la rubrique désarmement dans la chronique générale « Sécurité et insécurité internationale 2015 » publiée dans le n° 1 de PSEI. Dans cette acception, il couvre non seulement le désarmement et la réduction mais aussi la maitrise, la limitation, la réglementation des armements, les mesures de confiance et de sécurité, la non- prolifération, en bref tout qui touche aux armements, aux forces et aux dispositifs militaires, avec un objectif, une tonalité, de limitation. Par ailleurs le désarmement ne se limite pas aux activités opérationnelles et aux accords et autres mesures, unilatérales, concertées ou en cours de négociation, il s’étend également au « débat » du désarmement, au delà de la diplomatie, à l’exercice de communication. Le désarmement est donc un objet d’étude complexe, qui intéresse les politistes, les juristes et bien d’autres disciplines encore.

Il est important de bien situer la présente chronique par rapport à la rubrique désarmement figurant dans la chronique générale « Sécurité et insécurité internationale » après laquelle elle est publiée. Cette dernière fait le point, en passant en revue les indicateurs ou repères les plus significatifs- poursuite des crises du désarmement, situation des accords et du mécanisme, qualité et aspects dominants du « débat »- sur ce qu’il est advenu au cours de l’année écoulée, de la crise dans laquelle est plongé le désarmement depuis la fin des années 1990. Cette crise est le fait majeur ou le repère dominant actuel en matière de désarmement. Subsiste- t- elle, s’aggrave-t-elle ; y a-t-il amélioration, sur quel point ? On a aussi rapporté le désarmement au contexte de sécurité, insécurité internationale c’est à dire aux autres rubriques, notamment celles qui sont relatives aux dépenses militaires et de sécurité, aux armements et aux transferts.

Cet exercice a abouti, pour l’année 2014 à deux conclusions nettes.

La première, s’agissant de la crise du désarmement, est qu’aucun repère n’est « passé au vert ». La tendance est, au contraire, à l’aggravation.

« Le verdict des indicateurs paraît assez clair pour 2014. Aucun des signaux n’est « passé au vert ». Les repères restent stables, en l’état. C’est aussi le cas de la course aux armements et des dépenses militaires. La montée de l’obsession anti- nucléaire et la persistance de l’obstacle s’opposant à leur élimination s’ajoutant à la poursuite et à l’aggravation des crises du désarmement, à l’improductivité maintenue du « mécanisme », à la stagnation des négociations, signifie que la situation du désarmement ne s’améliore pas. La longue crise du désarmement se poursuit et menace même sérieusement de s’aggraver avec la dégradation des relations entre la Russie et les Occidentaux, particulièrement les Etats- Unis » (extrait du n° 213).

La seconde conclusion est que le désarmement n’est pas en phase avec les principaux éléments du contexte de sécurité et d’insécurité internationale, rivalités entre puissances, dynamique des armements et conflits. Il existe entre eux un décalage net.

« L’obsession du désarmement nucléaire s’accompagne d’une vaste indifférence à l’égard de la plupart des grands enjeux actuels de la sécurité internationale. Que les grandes puissances, notamment les Etats-Unis et la Chine s‘accommodent de cette situation qui leur laisse une appréciable liberté ne saurait surprendre. Il est plus étonnant de voir que la société civile, les ONG, les Etats « conscience » et même les institutions de recherche accompagnent cette politique de l’indifférence. Le désarmement est actuellement beaucoup trop centré sur le nucléaire et sur les aspects humanitaires. Il doit, sans délaisser ces aspects, revenir à des préoccupations plus classiques d’équilibre et surtout aborder enfin les questions qui commandent la dynamique des armements (industrie et recherche et développement, dépenses militaires et de sécurité, transferts d’armements) et l’usage de la violence (alliances, déploiement militaires, moyens offensifs et défensifs) » (extrait du n° 214).

La présente chronique, plus spécialisée, a un double but. Elle entend d’abord donner davantage d’informations sur ce qui a scandé et marqué la diplomatie et le « débat » du désarmement- qu’il s’agisse d’une négociation, de l’adoption d’un traité, de la tenue d’une ou plusieurs conférences d’examen, d’un différend, d’une crise…

Elle vise aussi à présenter l’année précédente1, du point de vue de la diplomatie et du « débat »2, de l’exercice de communication auquel donne lieu le désarmement. Satisfaire ce deuxième objectif implique de s’aventurer en terrain mal défriché. A l’ordinaire, on ne s’intéresse guère qu’aux accords que l’on vient de conclure, aux négociations, aux conférences ou, versant négatif, aux crises. Cela est très réducteur, spécialement pour le désarmement. La diplomatie et le « débat » sont également remarquables par leurs silences. L’objet de la diplomatie peut aussi bien être d’éviter de négocier ou de sortit d’une négociation que de travailler à son aboutissement positif. Il peut être de déclencher ou de gérer une crise et d’en sortir, de chercher à se placer en position avantageuse, de nuire à un adversaire… La montée de l’opinion et de la société civile, après la guerre froide, a aussi affecté la communication du désarmement, élargi la diplomatie au « débat ». L’approche du désarmement sous l’angle de la diplomatie et du « débat », de l’exercice de communication, permet d’en enrichir sensiblement l’analyse.

II Organisation et méthode.

II.1.Organisation.

Ce qui a marqué l’année fait évidemment partie de la diplomatie et du « débat » du désarmement. On peut être tenté de considérer qu’un compte rendu de qualité en donnera par conséquent une bonne idée. Cela pourtant ne suffit pas. En rendre compte en accumulant les informations utiles ne permet pas forcément d’exprimer la signification d’un événement- la conclusion d’un traité, la réussite ou l’échec d’une conférence d’examen, un différend, une crise…- du point de vue de la diplomatie et du « débat » du désarmement. Evaluer à ce titre, l’année, dire s’il s’agit par exemple d’une année de diplomatie coopérative ou non coopérative, préciser quels en ont été les grands acteurs, indiquer ce qu’a été le débat, ne peut se faire que grâce à l’utilisation de paramètres spécifiques, de repères propres.

Aspects de la diplomatie et du « débat » du désarmement et Faits marquants correspondant à ses deux objectifs, constitueront donc les deux principales parties de la chronique. Une troisième partie sera réservée aux Notes d’information.

La partie Annexes permettra de donner une chronologie et les documents de l’année. Un Index général, permettra de faciliter l’utilisation de l’ensemble de la chronique.

II.2.Méthode.

Rapporter l’Actualité à des Repères, reste tout à fait pertinent dans cette chronique, particulièrement dans l’exposé des Aspects…. Il importe aussi toujours d’adosser les analyses à des Informations organisées et à jour, d’où les Notes d’information.

III Auteurs.

La présente chronique constitue un développement des travaux menés dans la revue Arès sur le désarmement. Elle est davantage centrée sur la diplomatie et le « débat » du désarmement et plus organisée. Il est naturel que plusieurs des auteurs publiant dans Arès aient accepté d’y contribuer. Outre l’auteur de ces lignes, qui a pris l’initiative de cette chronique et en a défini le concept, ont accepté d’y contribuer Anne Sophie Millet- Devalle et Abdelwahab Biad, auteurs depuis longtemps de contributions appréciées sur des questions de désarmement. S’ajoute à cette équipe de base venue d’Arès, Sabine Lavorel qui a repris au CESICE et dans le Master Sécurité internationale et défense, les travaux et enseignements sur le désarmement. Il n’est pas sans intérêt de rappeler que sur les aspects d’armements, de transferts et de dépenses de défense et sécurité, la chronique bénéficie également de la participation de Mourad Chabbi et de Julien Malizard et que nous pourrons à l’occasion avoir aussi le renfort d’autres spécialistes, comme Jacques Fontanel, dont les travaux sur les problèmes de la sécurité et du désarmement sont bien connus.

IV Contenu de la chronique Désarmement 2015.

IV.1.Aspects de la diplomatie et du « débat » du désarmement.

La mise au point d’un suivi annuel abouti de tous les points importants de la diplomatie et du « débat » du désarmement ne se fera qu’avec le temps. Pour cette première chronique, notre propos est surtout de faire comprendre ce que sont la diplomatie et le « débat » du désarmement, de poser les repères les plus importants et de développer quelques uns de leurs aspects principaux, notamment la question des acteurs, celle des forums et des modalités.

IV.2.Faits marquants

Cette partie de la chronique développe, par des textes relativement courts, les points qui ont marqué l’année 2014 et les premiers mois de 2015. Peuvent être considérés comme un fait marquant une conférence d’examen, une crise du désarmement et tout autre événement considéré comme tel dans les medias et/ou parmi les analystes ou qui nous paraîtra avoir cette qualité, dans notre approche du désarmement. Il pourra à l’occasion, s’agir d’une réunion d’Etats parties ou d’experts ou d’un autre événement (résolution importante, plan de désarmement, initiative par ex). On tient compte également dans le choix des sujets traités dans les faits marquants de ce que la rubrique désarmement de la chronique « Sécurité et insécurité internationale » et cette chronique sont complémentaires. C’est la raison pour laquelle on ne traitera pas cette année, dans les faits marquants, les crises iranienne, syrienne et coréenne du nord, pour lesquelles 2014 est une année de transition. En ce qui les concerne des informations suffisantes ont été données au n° 210 de la rubrique précitée. Les index de cette chronique et de la chronique « Sécurité et insécurité internationale », permettent de rassembler facilement les informations

Ont été retenus pour cette chronique au titre des faits marquants :

- La crise du désarmement liée au conflit en Ukraine ;

- Le sommet sur la sécurité nucléaire de La Haye ;

- La 9e Conférence d’examen du TNP ;

IV.3.Notes d’information

Les Notes d’information sont au nombre de trois qui intéressent :

- Le traité sur le commerce des armes ;

- Les sommets sur la sécurité nucléaire ;

IV.4.Index

Unique, l’index couvre les aspects de la diplomatie du désarmement, les faits marquants et les notes d’information.

IV.5.Annexes

On trouvera enfin dans les annexes

- La Chronologie désarmement pour 2014

- Les documents de l’année 2014 (textes et références).

Notes de bas de page numériques

1 Traiter de l’année 2014 en novembre 2015 représente un décalage chronologique important, mais inévitable si on tient compte de la nécessité de disposer de l’ensemble de la documentation et du temps nécessaire pour l’exploiter. Toutefois cette contrainte concerne surtout l’article « Diplomatie et « débat » du désarmement ». S’ils sont pour l’essentiel de la même année 2014, les faits marquants sont développés également en 2015 et les Notes d’information s’efforcent d’être aussi « à jour » que possible.

2 Nous employons débat entre guillemets, pour marquer que l’exercice de communication intéressant le désarmement est plus large que la diplomatie, habituellement reliée aux Etats et aux négociations, et qu’il échappe en partie aux Etats. Le terme débat évoque l’échange d’arguments, la discussion, l’explication mais aussi la négociation et la polémique et son emploi renvoie à des contextes variés (Assemblées parlementaires, justice, débat en place publique, débat intérieur…).

Pour citer cet article

J-F. Guilhaudis, « Présentation de la chronique : objet et concept, organisation et méthode, auteurs, contenu. », paru dans PSEI, Numéro 2, Chronique "Désarmement 2015", Présentation de la chronique : objet et concept, organisation et méthode, auteurs, contenu., mis en ligne le 25 novembre 2015, URL : http://revel.unice.fr/psei/index.html?id=739.

Auteurs

J-F. Guilhaudis

Professeur honoraire, Université Grenoble 2, Pierre Mendès-France