J. TERCINET


Professeur émérite, Université de Grenoble 2 Pierre Mendès-France, membre du CESICE

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PSEI | Numéro 2 | Etudes de paix et de sécurité européenne et internationale

Les opérations de paix

Le système de sécurité collective établi par la Charte des Nations unies en 1945 pour enrayer les conflits interétatiques combine prévention, règlement pacifique et répression à travers les chapitres VI et VII (celui de l’action coercitive). Il dote le Conseil de sécurité d’un droit de tirage sur des forces armées étatiques mises à sa disposition sur la base d’accords. La guerre froide empêchera mise en place et fonctionnement du système. A sa place apparaissent pragmatiquement (« chapitre 6 ½ ») les opérations de maintien de la paix basées sur le consensualisme, l’impartialité et le recours à la force en légitime défense. L’après-guerre froide avec le surgissement de crises et conflits intra-étatiques, ainsi que le moindre recours au veto, conduit à une profonde évolution du maintien de la paix, à tel point qu’il vaut mieux parler d’opérations de paix. Les casques bleus sont désormais accompagnés de policiers et de nombreux civils pour des opérations qui vont du maintien de la paix classique à l’opération coercitive (maintien de la paix robuste, voire au-delà, imposition de la paix), s’efforcent de consolider la paix et reçoivent parfois un mandat préventif. Les effectifs déployés dépassent largement les 100 000 personnes, dans des situations souvent dangereuses et en l’absence de réel cessez-le-feu préalable. Les actions les plus lourdes échappent aux casques bleus pour être conduites par des Etats et/ou organisations internationales qui sont souvent déployés sur le terrain en même temps que des opérations onusiennes et des missions d’ONG. Prolifération des opérations et des acteurs, complexité des situations et des mandats entraînent une recherche constate de l’adaptation des moyens et de leur mise en œuvre. Les objectifs sont aussi difficiles à définir qu’à atteindre dans des contextes constamment mouvants. The Security Collective system established by the United Nations Charter in 1945 in order to stop interstate conflicts puts together prevention, peaceful settlement and coercion trough the Chapters VI and VII (coercive action). It has endowed the Security Council with a drawing right on State armed forces provided by agreements. The Cold War prevented the implementation of these provisions. Instead of this system took place the peacekeeping operations founded on consensualism, impartiality and use of force in self-defence. After the Cold War, the increase of inner State conflicts and the smaller use of the veto instigate deep changes into the peacekeeping so that it would be better to speak of peace operations. The Blue Helmets are now followed up with policemen and a lot of civilians for various operations going from classical peacekeeping operations to robust peacekeeping and peace enforcement, including peace building and sometimes preventive action. The deployment of personnel exceeds widely 100 000, in very dangerous situations without a true cease-fire. The stronger operations are not conducted by Blue Helmets but by States or international organizations, often deployed as the same time as United Nations and NGO’s missions. The proliferation of operations and actors, the complexity of the situations and mandates lead to a continual research of the accommodation of the resources and of their implementation. The objectives are as difficult to achieve as defining, in constantly changing contexts.

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