PSEI | Numéro 4 Paix et Sécurité Européenne et Internationale |  Chronique sécurité et insécurité internationale en 2016 

Jean-françois Guilhaudis  : 

Présentation de la chronique : Objet et concept, méthode, organisation.

Plan

Texte intégral

I Objet et concept.

1La chronique « Sécurité et insécurité européenne et internationale » entend présenter l’année écoulée, à partir d’un concept moderne, c’est à dire large, pluridisciplinaire, de la sécurité européenne et internationale et en considérant que, particulièrement à l’heure actuelle, sécurité et insécurité sont très étroitement mêlées. La seconde découle très souvent d’activités visant à assurer la première. Qu’il s’agisse de la longue suite des guerres d’Irak ou des opérations de paix, les exemples ne manquent pas à cet égard.

Le champ d’étude « sécurité et insécurité européenne et internationale », également conçu de manière large, a été décomposé en sept rubriques :

2Puissances et impuissances, acteurs de la sécurité et de l’insécurité internationale ;

3Alliances, coalitions, organismes de sécurité collective, bases, installations, facilités militaires ;

4Dépenses de défense et de sécurité ;

5Armements et transferts ;

6Conflits, épidémies, catastrophes, victimes ;

7Désarmement ;

8Etat du système et de l’ordre international.

9La délimitation de ces rubriques peut naturellement être discutée et adaptée si nécessaire, à mesure que cette chronique se développera au cours des années. On a rassemblé dans cette seconde édition de la chronique, les alliances, coalitions et les bases, facilités. L’important est que les rubriques et sous rubriques ne laissent pas de côté une question de sécurité ou insécurité internationale.

10Certaines de ces rubriques, celles qui intéressent les dépenses militaires, les transferts, les conflits ou le désarmement, sont très classiques. Elles peuvent néanmoins faire l’objet d’approches au moins en partie originales. D’autres sont moins habituelles. C’est le cas des deux premières, pour lesquelles l’information est à la fois foisonnante et peu disponible de manière organisée et satisfaisante. La dernière, sur l’état du système et de l’ordre international, est certainement la plus nouvelle. Elle procède de la volonté d’essayer, une fois rassemblés, sur tous les points considérés comme pertinents, les événements significatifs de l’année, d’avoir une vue d’ensemble.

11Rapporter les événements recensés dans les différentes rubriques en les rapprochant les uns des autres et essayer de dégager une vue d’ensemble est une composante importante de cette chronique. Toutefois l’aspect majeur de son concept est relatif à la manière de concevoir ce dont il faut rendre compte. La chronique Sécurité et insécurité internationale, ne se limite pas à signaler, comme cela se fait à l’ordinaire, ce que les medias, les spécialistes et le(s) chroniqueur(s) ont trouvé digne d’intérêt, significatif. Elle entend donner chaque année une image de la situation existant pour chacune des rubriques, ce qui est beaucoup plus exigeant, puisqu’il s’agit de signaler à côté de ce qui change et se manifeste, ce qui demeure et ne se signale habituellement pas.

II Méthode

12De ce concept découle une méthode. Si on veut, par exemple, pouvoir donner chaque année une image des alliances collectives, de ce qui s’est passé les concernant et de leur état, il faut savoir précisément ce dont il faut rendre compte, c'est-à-dire les avoir identifiées, et bien les connaître.

13Elémentaire, dira-t-on, chacun sait qu’existe l’OTAN…. et il suffit d’aller sur Internet ou dans les annuaires et revues spécialisées pour avoir le reste. Qui tente de le faire s’aperçoit très vite que l’on n’aboutit qu’à de piètres résultats. Il est assez ordinaire de confondre défense et sécurité collective, en d’autres termes de ne pas avoir de notion précise des alliances et des organismes de sécurité collective, de présenter comme des bases militaires de simples facilités, d’exagérer ou de sous estimer certaines puissances, de voir le désarmement là où il n’est pas… Le lecteur pourra constater que les déficiences en ces matières sont nombreuses et graves et qu’il en découle souvent une présentation très déformée de la réalité.

14Pour éviter ces inconvénients, il faut accompagner le suivi de l’actualité de Repères et l’adosser à des informations organisées et à jour.

15Les Repères sont en quelque sorte les clefs de la bonne compréhension des rubriques et des événements qui font l’actualité. La possession de l’arme nucléaire est, par exemple, actuellement, s’agissant de la puissance militaire dont il est question dans la première rubrique, le repère principal. Elle est aussi un repère majeur au titre des rubriques armements et transferts et désarmement. En matière de groupements politico- militaires, le repère principal est une distinction- entre les alliances, les coalitions et les organismes de sécurité collective. Il est essentiel, pour la qualité du suivi de l’actualité et les évaluations que l’on peut en faire, que les repères, nombreux et situés à des niveaux différents d’analyse, n’aillent pas de soi, « sans dire ». Ils doivent être formulés, explicités. Il faut que soient données à leur propos les informations pertinentes. Les repères correspondent au cadre intellectuel, ils cernent les rubriques et sous rubriques. Ce sont des jalons, que l’on doit poser quand cela est nécessaire. Ils fixent les notions, soulignent les distinctions nécessaires, signalent les vrais et faux problèmes, marquent les principales idées et les données les plus importantes. Or les repères sont souvent absents, non dits, ou très approximatifs et flous, y compris dans les publications spécialisées. Ils constituent donc dans la chronique « Sécurité et insécurité internationale », une priorité.

16Le suivi de l’actualité, dans le type de chronique que nous proposons, est exigeant. Il ne s’agit pas simplement de souligner ce dont les medias on fait leur « une » ou ce qu’ils ont signalé, mais de procéder au suivi systématique des sources que les repères ont permis d’identifier, institutions de recherche et surtout acteurs de la sécurité et de l’insécurité.

17Les informations utiles et nécessaires, pour mettre l’actualité en perspective, ne sont que très rarement toutes disponibles. On dispose généralement des informations proches des événements. Si un Etat décide de passer d’un statut de non alignement à un statut de neutralité ou l’inverse, on parviendra normalement à cerner le contexte de cette décision et aura assez vite un échantillon de commentaires. Mais, sauf extraordinaire, on ne trouvera pas d’analyse s’appuyant sur une bonne connaissance de la neutralité et du non alignement, qui ne font plus partie du paysage actuel de la sécurité internationale. Si un différend met en cause l’interprétation d’un traité, on trouvera peut- être les arguments des deux camps mais, à moins qu’il ne soit récent, on aura beaucoup de peine à avoir une présentation satisfaisante du dit traité. Celles qui existent sont, à l’habitude, extrêmement sommaires. Il y a naturellement des études plus fouillées mais elles restent à synthétiser et elles sont souvent anciennes. Le travail reste donc le plus souvent à faire. A l’heure de l’omniprésence d’Internet, les informations sont surabondantes, mais l’information de qualité, nécessaire à des évaluations fines et bien étayées, fait généralement défaut. Cette observation est valable pour toutes les rubriques de la chronique sécurité et insécurité internationale.

18Il faut donc, pour l’essentiel, rassembler, organiser, créer cette information. C’est l’objet des Notes d’information. Elles sont destinées à énoncer de manière synthétique et organisée ce qu’il est nécessaire de connaître. Celles qui ont un objet de même nature- un traité, une institution, un conflit… - respectent un « modèle » de note. Relativement brèves les Notes doivent satisfaire une exigence de qualité élevée et elles doivent être, c’est un point majeur, tenues à jour par leur auteur.

19Notre objectif est d’avoir, aussi vite que possible, les notes d’information correspondant aux principaux repères de chaque rubrique. Au repère distinguant les alliances, les coalitions et les organismes de sécurité collective devront ainsi correspondre des Notes sur les alliances collectives, les alliances bilatérales des principales puissances, les coalitions, les principaux organismes de sécurité collective ; au repère traités et accords de désarmement une Note en fournissant une liste et sur chacun des indications synthétiques. Ce type de note, le plus directement en relation avec la partie Repères et Actualité, est d’un niveau de généralité élevé. Devront lui être adjointes, dans la mesure du possible, des notes, plus spécialisées sur, s’agissant des alliances, l’OTAN, l’OTSC etc…, sur le TNP ou tel ou tel autre traité de désarmement. Si l’OTAN procède à une réforme de son organisation ou de sa doctrine nucléaire, d’autres notes plus précises encore seront utiles voire nécessaires. Les notes se répartiront ainsi en niveaux différents de spécialisation, qui ne sont pas des niveaux de qualité.

III Organisation

20La chronique est organisée en deux parties : Repères et actualités et Notes d’information. Elle comporte in fine un Index, pour l’ensemble.

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22La partie Repères et actualité comporte un article par rubrique de la chronique, soit 7 articles. Les indications Repères et Actualité s’insèrent dans un plan par ailleurs classique. Les repères ne sont pas rassemblés au début de chaque rubrique mais énoncés à mesure des développements, en relation directe avec l’actualité voire, parfois, en cours de texte, après un fait d’actualité. Ils sont identifiés par le mot « Repères » et figurent en Italiques tandis que les faits d’actualité désignés par « Actualité » sont en caractère romain.

23Malgré l’attention qui leur a été accordée, les repères signalés cette année restent évidemment à parfaire. Une fois qu’ils auront été tout à fait bien identifiés, énoncés et situés les uns par rapport aux autres dans chaque rubrique et dans l’ensemble des rubriques, ils deviendront un élément essentiellement stable dans « Sécurité et insécurité internationale ». L’on ne doit toutefois pas écarter la possibilité d’évolutions en ce qui les concerne. Et il faut se poser chaque année la question de savoir si les événements intervenus concernent voire affectent les repères, si ces derniers sont susceptibles de changement et s’ils bougent. Cela fait partie de l’évaluation de l’année.

24La partie Notes d’information

25Après avoir un temps envisagé d’associer les Notes d’information aux rubriques, les rapprochant ainsi des Repères, en les plaçant en annexe, on les a réunies, également sous formes d’articles, plus brefs, mais dont le nombre est indéfini, dans une partie spécifique. Cela correspond au fait que beaucoup de Notes présente(ro)nt en réalité un intérêt pour plusieurs et non pour une seule rubrique. On évite aussi, de la sorte- ce que pouvait suggérer le terme annexe- de considérer que ces Notes ont une importance moindre que Repères et Actualité. Cela facilite également leur bon développement et leur utilisation efficace.

26Les notes d’information sont précédées d’un cartouche destiné à permettre de mieux les repérer quand elles seront nombreuses

Numéro de la Note

Rubrique de rattachement

Niveau de la Note

Notes liées

27Le numéro de la Note (Inf. 1, Inf. 2...) est donné une fois pour toutes lors de sa première édition ; il ne change pas avec les mises à jour, les révisions et les changements éventuels d’auteurs. L’histoire de chaque note est retracée.

28La rubrique de rattachement (A, B, C, D etc…) indique le rattachement principal, figuré en gras, qui peut renvoyer à plusieurs rubriques, et le ou les rattachements secondaires.

29Le niveau de la Note indique son caractère plus ou moins général ou spécialisé (N 1, N 2, N 3, N4 du général au spécialisé)

30Les Notes liées sont celles du niveau plus général, en caractère gras, et du niveau plus précis.

31L’Index

32Il s’agit d’un index général, nous ne séparons pas Index analytique et index Etats, organisations etc. Cet index couvre les deux parties de la chronique (Repères et Actualité et Notes d’information). Le signalement dans la partie Repères et Actualité se fait par une lettre accordée à chaque rubrique (A, B, C., D, E, F, G) et un chiffre. Lettres et chiffres sont aisément repérables en considérant le sommaire. Le signalement dans la partie Notes d’information ajoute un chiffre au numéro de la Note, la Note 1 va, par ex, de 1 à 10. Là aussi le sommaire permet de trouver rapidement le numéro repéré dans l’index.

Les Repères et actualités seront pour cette seconde chronique publiés sur deux numéros successifs de PSEI (PSEI 4 et PSEI 5).

33On trouvera dans PSEI n° 4 :

  • Puissances et impuissances …2015 (A 1- 73))

  • Alliances, coalitions, organisme de sécurité collective, bases… 2015 (B 74- 119)

  • Dépenses de défense et de sécurité 2015 (C 120- 141)

  • Conflits, épidémies, catastrophes, victimes … 2015 (D 142).

34Les trois autres rubriques- armements et transferts, désarmement, état du système et de l’ordre international- de la chronique paraîtront dans PSEI n° 5

Pour citer cet article

Jean-françois Guilhaudis, « Présentation de la chronique : Objet et concept, méthode, organisation. », paru dans PSEI, Numéro 4, Chronique sécurité et insécurité internationale en 2016, Présentation de la chronique : Objet et concept, méthode, organisation., mis en ligne le 26 juillet 2016, URL : http://revel.unice.fr/psei/index.html?id=1135.


Auteurs

Jean-françois Guilhaudis

Professeur émérite, Université de Grenoble-Alpes