Hélène Hamant


Maître de Conférences à l’Université de Lyon III

Articles de l'auteur


PSEI | Numéro 4 | Questions de paix et de sécurité européenne et internationale

Les accords de Minsk et la crise ukrainienne

Les accords de Minsk adoptés en septembre 2014 et février 2015 sont censés régler le conflit dans l’est de l’Ukraine, opposant les forces armées ukrainiennes aux milices armées soutenues par la Russie qui ont pris le contrôle de territoires dans le Donbass. Ce conflit s’inscrit dans la crise qui touche l’État ukrainien depuis l’automne 2013 et dont le cœur est constitué par les relations russo-ukrainiennes. La Russie ne veut pas que l’Ukraine quitte sa zone d’influence et se tourne vers l’Ouest. Non seulement ces accords n’apportent pas de solution à ce problème de fond, mais ils l’aggravent. En effet, dans ce conflit du Donbass, ces deux États s’opposent et, dans les accords de Minsk, l’Ukraine a dû faire des concessions à la Russie. Les deux pays ne semblent pas prêts à appliquer ces documents. Le problème du règlement du conflit du Donbass et, au-delà, de l’ensemble de la crise ukrainienne, est actuellement dans l’impasse. The Minsk agreements which had been adopted in september 2014 and february 2015 were supposed to resolve the conflict in East-Ukraina between ukrainian armed forces and armed miltia sponsored by Russia who had taken control over the Donbass territory. This conflict is embedded in the crisis Ukraina is confronted with since autumn 2013 and whose core-problem lies within the russian-ukrainian relationships. Russia does not wish Ukraina to leave its zone of influence and its orientation towards the western world. Not only do these agreements not bring forth a positive solution to the problem, but rather aggravate the situation. Indeed, in the Donbass conflict these two states are opposed and in the Minsk agreements Ukraina had to make some considerable concessions towards Russia. Neither of the two countries seems willing to apply the documents in question. The solving of the Donbass conflict - and beyond that, the solution to the entire ukrainian crisis - is at present at a complete standstill.

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PSEI | Numéro 8 Paix et Sécurité Européenne et Internationale | Etudes de Paix et Sécurité Européenne et Internationale

Les orientations de la doctrine de sécurité de la Russie à la lecture des quatre documents-cadres adoptés depuis la fin de l’URSS

Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la Russie a adopté quatre documents-cadres fixant les orientations de sa doctrine de sécurité. Ils datent de 1997, 2000, 2009 et 2015. Il en ressort à la fois une continuité et plusieurs changements significatifs. Dans ces quatre textes, la Russie se perçoit comme une grande puissance et veut se faire reconnaître en tant que l’un des centres d’influence du monde multipolaire dont elle affirme l’existence. C’est pourquoi elle considère comme une menace pour sa sécurité tout obstacle à l’influence à laquelle elle aspire au-delà de ses frontières nationales. De cette conception sécuritaire et de ses ambitions géopolitiques découlent des constantes dans sa politique étrangère. En outre, si la Russie affiche une satisfaction concernant sa position sur la scène internationale, elle est bien consciente des fragilités de la situation interne du pays. En même temps, ces quatre textes font une évaluation de plus en plus pessimiste de l’environnement de la Russie en soulignant notamment le rôle négatif joué par les pays occidentaux. Il en découle des changements dans la désignation des menaces, dans la définition des priorités pour la sécurité nationale du pays et dans certains positionnements en politique étrangère. Since the collapse of the Soviet Union, Russia has adopted four framework-documents fixing the orientations of its security doctrine. They were consecutively established in 1997, 2000, 2009 and in 2015. One can discover in these documents a certain continuity and simultaneously significant changes. In these four texts Russia considers itself as a great power and desires to be recognized as one of the influential centers of the multipolar world, multipolar world of which Russia asserts the very existence. That is why Russia considers as a threat to its security every obstacle towards the influence it aspires to gain to beyond its national borders. As a consequence of this security-conception and of its geo-political ambitions one can observe its constancies in matters of foreign policy. In addition to these facts – even if Russia shows self-satisfaction concerning its positon on the international scene – it is well-conscious of its fragilities within the country. At the same time these four texts furnish a more and more pessimistic evaluation of Russia’s environment; underlining therein especially the negative role played by the western countries. As a consequence, one finds changes in the designation of the threats, in the definition of priorities for the national inner security and in some of the Russian positionings in matters of foreign policy.

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