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Ana Maria Rudge  : 

La pulsion invoquante et l’amour

Résumé

Que doit l’amour à la constitution pulsionnelle ? En particulier, que doit l’amour à la voix en tant qu’objet cause du désir ? La liaison des objets pulsionnels à l’amour est nette. Quelle est la place de la voix, en tant qu’objet de la pulsion invoquante, dans l’amour ? Si les rapports intimes de l’amour aux pulsions sont irréfutables, ils n’en sont pas moins complexes, comme l’avertit Freud en montrant que l’amour ne / ne trouve pas sa place dans le champ des pulsions, puisqu’il ne partage pas avec celles-ci la partialité, exprimant, au contraire, l’« aspiration sexuelle totale ». Présente depuis le début de la vie, la voix est un objet central dans l’amour et, en tant que cause du désir, elle y imprime sa qualité compulsive.

Abstract

What does love owe to the constitution of the drives? Especially, what does love owe to voice as an object cause of desire? The connection of the drive objects to love is clear. The expression “love at first sight”, for instance, already insinuates the bond of love with the glance. What is the place of voice, as object of the invocation drive, in love? If the intimate relationship between love and the drives is undeniable, they are complex. Freud showed that love does not find its place in the field of the drives, because it doesn't share the characteristic of being partial, but, on the contrary, expresses the “sexual aspiration as a whole”. The voice as an early object is central in love, but as an object cause of desire, it is also responsible for its quality of compulsion.

Resumen

Lo que debe el amor es la constitución pulsional? En particular, lo que debe el amor a la voz como objeto causa del deseo? La articulación entre el amor y los objetos pulsionales es clara. La expresión "amor a primera vista", por ejemplo, implica ya el lazo del amor con la mirada. ¿ ¿Cuál es el papel de la voz, como objeto de la pulsión invocante, en el amor? Si las relaciones íntimas de amor con las pulsiones son innegables, sin embargo son complejas. Freud advirtió que el amor no es en el campo de las pulsiones, ya que no comparte con ellas el sesgo de la parcialidad, sino, más bien, expresa la "aspiración sexual como un todo". La voz como un objeto que se presenta desde el comienzo de la vida, es central en el amor, y, como la causa del deseo, imprime a él su calidad compulsiva.

Index

Mots-clés : Amour ; Pulsion invoquante ; Voix.

Keywords : Love; Invocation drive; Voice.

Palabras claves : Amor; Pulsión invocante; Voz.

Texte intégral

1Que doit l’amour à la constitution pulsionnelle ? On sait que Lacan a mis en valeur deux nouveaux objets pulsionnels, le regard et la voix. D’une part, la liaison de ces objets cause du désir à l’amour est nette. L’expression si répandue « amour à première vue » [« coup de foudre »], par exemple, insinue déjà le lien de l’amour au regard. La voix en tant qu’objet pulsionnel est une invention de Lacan, quoiqu’il ne l’ait pas été assez élaborée. Les tentatives de Miller (2001) dans ce sens s’appuient sur un parallèle avec ce que le maître français a formulé, de façon beaucoup plus détaillée, sur l’autre objet pulsionnel qu’il avait mis en relief : le regard. Malgré cela, la voix est nettement quelque chose de central pour ceux qui pensent la psychanalyse en tant que fondamentalement articulée au langage, et l’homme en tant qu’être de langage. En tant qu’une pratique entièrement fondée sur la parole, elle a la voix pour moyen ; la psychanalyse ne se fait pas par correspondance, comme l’analyse paradigmatique de Freud.

2La centralité de la voix concernant une telle perspective à propos de la psychanalyse est nette, puisque l’énonciation et l’instance du discours ne sont identifiables en tant que telles qu’à travers la voix qui les prononce. Mais les interrogations sur le rôle de la voix finissent par nous pousser vers des chemins d’une grande complexité.

3Beaucoup de philosophes se sont consacrés à penser à la question de la voix, en particulier dans l’Antiquité, mais non seulement. Un philosophe aussi contemporain qu’Agamben se plonge lui-aussi dans des réflexions sur la voix humaine. Voici les interrogations qui, selon lui, devraient faire partie d’un livre qu’il n’a jamais pu écrire, mais dont il dit, en 1978, qu’elles sont derrière tout ce qu’il écrit :

Existe-t-il une voix humaine, une voix qui soit la voix de l’homme, comme la stridulation est la voix de la cigale, ou le braiment la voix de l’âne ? Et si elle existe, le langage est-il cette voix ? Quel est le rapport entre voix et langage, entre phoné et logos ? Et si quelque chose comme une voix humaine n’existe pas, en quel sens l’homme peut-il encore être défini comme l’être vivant doué de langage ? Les questions ainsi formulées délimitent une interrogation philosophique. (Agamben, 2002, p.95)

4Il y a une certaine antinomie entre voix et langage, car quand ce sont la chaîne signifiante et son sens qui nous attirent l’attention, la voix perd sa force, elle ne mérite pas notre attention, et c’est ainsi que elle ne se constitue que comme résidu de ce qui est dit. Agamben s’intéresse à la voix précisément lorsqu’il se met à s’interroger sur l’enfance de l’homme, un projet qui oblige à penser au-delà des limites du langage. Cette expérience a porté, dans sa réflexion sur la voix, sur la différence entre la voix et le langage, ou entre phoné et logos, à partir de leur définition aristotélicienne dans la Politique, où cette différence est prise précisément comme ce qui délimite un espace pour l’éthique :

Comme nous le disons, en effet, la nature ne fait rien en vain ; or seul d'entre les animaux l'homme a la parole. Sans doute les sons de la voix (phoné) expriment-ils la douleur et le plaisir ; aussi la trouve-t-on chez les animaux en général : leur nature leur permet seulement de ressentir la douleur et le plaisir et de se les manifester entre eux. Mais la parole (logos), elle, est faite pour exprimer l'utile et le nuisible et par suite aussi le juste et l'injuste. Tel est, en effet, le caractère distinctif de l'homme en face de tous les autres animaux : seul il perçoit le bien et le mal, le juste et l'injuste, et les autres valeurs ; or c'est la possession commune de ces valeurs qui fait la famille et la cité. (Aristote, 1993, livre I, II, 9-12.)

5 Si la distinction entre la voix et le langage a mérité cette formulation d’Aristote, Freud aussi y a réfléchi en passant. Il dit que chez l’humain il n’y a tout d’abord aucune perception/ conscience de ses propres processus psychiques, il n’y a que des sensations de plaisir et de douleur. Même celles-ci, d’ailleurs, semblent ne pas pouvoir être directement connues, puisque, pour Freud, c’est le cri, le cri de l’enfant lui-même, qui va qualifier un objet comme hostile et l’expérience comme douloureuse. Cri qui est pure voix, comme dans le tableau de Munch, mais qui est aussi puissance de communication. Pour qu’il y ait une quelconque appréhension consciente du processus psychique de la pensée, il faut que le langage soit déjà présent. Ce n’est pas dans le contexte d’une délimitation de la différence entre l’humain, en tant qu’être de langage, et l’animal que Freud aborde ce thème, mais à partir de la discussion d’un temps où tout ce qui se passe a lieu à l’intérieur du langage, par opposition à un énigmatique avant le langage. Cette préhistoire de l’homme est, bien entendu, quelque chose qu’on ne peut approcher que par l’intermédiaire d’une construction ou d’une fiction.

6Une fois à l’intérieur du symbolique et du langage, on ne peut plus saisir l’« avant », puisque c’est avec le langage qu’on s’interroge et que nos pensées se produisent. Il y a une structure symbolique qui est là, qui est considérée d’un point de vue synchronique, mais il y a aussi, logiquement, un pas nécessaire et inévitable, lequel exige d’être pensé comme ayant lieu sur le plan diachronique : l’entrée de chaque humain dans ce réseau symbolique, et les opérations par lesquelles cette entrée a lieu.

7Les constructions sur l’originaire essayées par la psychanalyse placent invariablement la voix maternelle dans un lieu fondamental. La voix maternelle aurait constitué une vraie enveloppe sonore, ou un bain de sons (Anzieu, 1976 ; Rosolato, 1974), dans lequel l’enfant aurait été accueilli dans ses premières années. Celui-ci reconnaît la voix maternelle avant même que l’image de la mère et l’espace visuel ne s’organisent pour lui.

8Outre le fait que l’oreille ne se ferme pas, observation de Lacan dans le séminaire sur Joyce visant à souligner l’impact de la voix de l’Autre primordial, on pourrait non sans raison argumenter que, dans cette première apparition, la voix maternelle ne se localise pas, puisque l’espace visuel doit être organisé pour que la voix provienne d’un point particulier. On peut en déduire que la voix reste toujours non localisée à la période initiale de la vie, cette étape fondamentale où la formation de la subjectivité a lieu (Silverman, 1988).

9La façon dont la voix, dans le cinéma, apparaît souvent détachée de l’image de sa source a d’ailleurs éveillé l’attention du compositeur de musique concrète, metteur en scène et théoricien du cinéma Michel Chion. Il a donc développé une analyse de ce qu’il appelle voix acousmatique, une voix qui n’est énoncée par personne qui soit visible, mais qui erre sur un espace indéfini. La musique acousmatique, comme le définit le Petit Robert, est « composée de sons (naturels ou électroniques) dont on ne voit pas la source physique, pour privilégier l'écoute ». Il s’agit donc de sons « invisibles ».

10Ces sons renvoient en quelque sorte aux premiers sons écoutés par le bébé, puisque l’ouïe est le plus archaïque des sens. L’infans ne peut pas voir, en naissant, mais il peut tout de suite reconnaître la voix de sa mère, qu’il distingue, peut-être depuis la vie intra-utérine, de tous les autres sons.

11Le sens auquel, en tant qu’adultes, nous sommes d’habitude plus attentifs, c’est la vision, et même si ce qu’on écoute est la cause de beaucoup d’impressions, celles-ci restent souvent non nommées. En fait, la vision est directionnelle et partielle tandis que l’écoute est omnidirectionnelle. « Nous ne pouvons pas voir ce qui est derrière nous, mais nous pouvons écouter de tous les points autour de nous » (Chion, p.17), ce qui donne à l’écoute de la voix une qualité toute particulière.

12C’est à partir du phénomène de l’hallucination auditive ou akousma, du grec, cette voix qui invoque et insulte, invasive et effrayante, que Freud s’est rendu compte de la puissante scission du moi, la plus primitive de toutes, qui caractérise le surmoi. Par ailleurs, c’est la version idéale de la voix maternelle dont parlent Rosolato et Anzieu qui se trouve au cœur de l’intense plaisir que nous donne la musique, surtout lorsqu’elle n’est pas localisable, et lorsqu’elle nous enveloppe de partout, créant ainsi une vraie ambiance sonore, effet que l’évolution des dispositifs de son offre avec une qualité grandissante.

13La voix de l’Autre primordial, de même qu’elle est à l’origine du surmoi, résidu de choses écoutées, elle est aussi présente comme l’un des traits dont la marque se fera toujours présente dans le choix des objets d‘amour.

14Ici pourtant apparaissent les paradoxes de l’amour. Freud avait signalé la complexité des rapports entre l’amour et la sexualité, montrant que l’amour ne trouve pas sa place dans le champ des pulsions polymorphes, vu qu’il ne partage pas leur vocation pour la partialité :

Le cas de l’amour et de la haine suscite un intérêt particulier du fait qu’il ne se laisse pas intégrer dans le cadre de notre description de de la pulsion Il n’est pas possible de nier l’étroitesse des liens qui rattachent ces sentiments contrastés à la vie sexuelle, mais il faut évidemment se garder de considérer le fait d’aimer comme une pulsion partielle de la sexualité, semblable aux autres. On préférerait plutôt le regarder comme l’expression de l’aspiration sexuelle totale […]. (Freud, 1915)

15Dans cette affirmation se trouve implicite l’idée selon laquelle l’amour relève de la constitution narcissique, d’une certaine intégration des objets et du moi permettant aux pulsions partielles de s’arranger, quoique précairement, autour de l’objet d’amour.

16Pour y réfléchir, il faut reprendre l’apport de Lacan à propos de la pulsion invoquante. La voix en tant qu’objet a, objet de la pulsion invoquante selon Lacan, n’a pas sa place à côté du sujet, elle est dans le champ de l’Autre. Voix et objet à la fois, elle n’assure en rien l’assise du moi sur ses bases, bien au contraire, elle n’a pas de place dans la gestalt narcissique, et finit par la déstabiliser.

17La voix est sans aucun doute son, en tant que quelque chose qui excède aussi bien le sens que l’intonation. Mais pour devenir voix en tant qu’objet cause de désir, la voix doit devenir a-phonique.

18C’était à propos de la psychose et des hallucinations auditives que Lacan s’était mis à étudier la voix, en la prenant pour une partie de la chaîne signifiante. Dans le Séminaire XI, il élit la voix comme objet a, objet de la pulsion invoquante. Elle est parmi les objets a, ceux qui, pour Lacan, ont perdu leur substantialité parce qu’ils ont été aspirés par le vide de la castration (Miller) symbolique, dans le mouvement qui a constitué l’inconscient comme réel. Objet perdu, comme le sein ou les fèces, la voix est finalement quelque chose qui se détache du sujet mais qui lui appartient toujours en quelque sorte à travers des traces irrécupérables mais inoubliables.

19Même si les hallucinations auditives ont constitué le premier paradigme de la voix, dans la psychose celle-ci ne se présente pas en tant qu’objet a, en tant que cause du désir. La voix se sonorise, se fait entendre, en général pour insulter, et interpelle sans cesse le sujet. La voix en tant qu’objet a, qui s’articule à l’amour et au transfert, c’est la voix qui a été mise en silence par la castration symbolique, catégorie lacanienne équivalant à ce que Freud a appelé le refoulement originaire, fondateur de l’inconscient.

20La voix qui cause le désir, l’invocation qui nous offre la place de cause du désir de quelqu’un, suit les traces d’une voix déjà tue. Tue pour le mieux, car une fois audible, comme le chant des sirènes, elle devient mortelle.

21Quoique le sexuel et l’amour soient étroitement liés, il y a un décalage et une différence entre les deux. La pulsion est partielle, elle mutile son objet, tandis que l’amour est unificateur car toujours narcissique. L’amour surgit après, c’est l’effet d’un « nouvel acte psychique » constituant un moi qui s’ajoute à la partialité pulsionnelle, et il dépend intimement du fantasme en tant que matrice imaginaire et symbolique (Jorge, 2006). Il garde un rapport avec l’objet a, tout en impliquant, cependant, un leurre , le fait que l’objet a est voilé. La formule du voile qui le recouvre, selon Lacan, i (a), image de l’autre, « accorde toute la splendeur de l’imaginaire, de la beauté à ce qui, en soi-même, n’a rien de beau… » (Miller, 2010, p. 6).

22Voilà l’image qui soutient l’amour comme « aspiration sexuelle totale ». Le mystère dans l’amour correspond au fait que l’on ne sait rien de l’objet a qui le cause. Les impasses du rapport amoureux, dont on entend tellement parler dans la clinique, et que Freud a si bien décrites dans ses textes sur la psychologie de l’amour, n’en sont pas moins liées au fait que les pulsions sont à jamais partielles, et qu’elles se manifestent par la compulsion relevant de certains attachements et de certaines satisfactions. Voilà précisément pourquoi le choix de l’objet d’amour ne répond pas toujours aux considérations liées au confort et au bien-être. Cet effet de l’objet a en tant que cause du désir peut être illustré par l’affirmation de Socrate, déjà âgé, que l’on retrouve dans La République : « J'ai quitté l'amour avec joie comme on quitte un maître furieux et intraitable. » (Platon, La République)

Bibliographie

Agamben, G. (1978/2007) Infancy and History: on the destruction of experience. London, New York: Verso.

Agamben, G. (1985/2006) A Linguagem e a Morte - Um seminário sobre o lugar da negatividade. Belo Horizonte: Editora UFMG.

Agamben, G. Enfance et histoire. Destruction de l’expérience et origine de l’histoire. Trad. Yves Hersant. Paris : Payot & Rivages, 2002.

Anzieu, D. (1976) L´envelope sonore du soi. Nouvelle Revue de Psychanalyse, nº 13.

Aristoteles (1962) The Politics. Harmondsworth: Penguin, Book 1, ch 2.

Aristote. Politique, livre I, II, 9-12. Édition et trad. du grec ancien par Jean Aubonnet. Préface de Jean-Louis Labarrière. Paris : Gallimard, 1993.

Chion, M. (1999) The Voice in Cinema. New York: Columbia University Press.

Freud, S. (1915/1975) Instincts and their vicissitudes. The Standard Edition of the Complete Psychological Works of Sigmund Freud, vol XIV, P.109-140.

Freud, S. « Les pulsions et leur destin ». Traduit par Marie Bonaparte et Anne Berman. Cf. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5443794g/texteBrut.

Jorge, M.A.C. (2006) A travessia da fantasia na neurose e na perversão. Estudos de Psicanálise nº 29. Rio de Janeiro, p. 29-38.

Lacan, J. (1973) Le Séminaire, livre XI, Les quatre concepts fondamentaux de le psychanalyse, 1964, Paris, Seuil.

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Miller, J. A. (2001) On the voice. Psychoanalytical Notebooks Issue 6, London.

Miller, J.A. (2010) Uma conversa sobre o amor. Opção Lacaniana online ano 1, nº2, julho.

Platão (1997) A República, São Paulo, Nova Cultural.

Platon. La République. (raduction de Victor Cousin. Cf. http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/platon/cousin/rep1.htm.

Rosolato, G. (1974) La voix: entre corps et langage. Revue Francaise de Psychanalyse 37, nº 1

Silverman, K.(1988) The Acoustic Mirror, Bloomington and Indianapolis: Indiana University Press.

Pour citer cet article

Ana Maria Rudge, « La pulsion invoquante et l’amour », paru dans Oxymoron, 5, La pulsion invoquante et l’amour, mis en ligne le 06 décembre 2015, URL : http://revel.unice.fr/oxymoron/index.html?id=3705.


Auteurs

Ana Maria Rudge

Professeur de l’École Doctorale en Psychanalyse, Santé et Scociété de l’Université Veiga de Almeida, à Rio de Janeiro. Psychanalyste de la Société Psychanalytique Iracy Doyle ; Chercheuse du CNPq (Centre National de Recherche Scientifique) ; Chercheuse de l’Association Universitaire de Psychopathologie Fondamentale. Adresse de contact : Rua Major Rubens Vaz, 514/902 Gávea, 22470-070, Rio de Janeiro, RJ – Brésil. E-mail: ana.rudge@uol.com.br. Tél. (005521) 25514268