Oxymoron | 5 Actualités Psychanalytiques Brésiliennes 

Paulo Sérgio de Souza Jr.  : 

Pour une Psychanalyse Irrévérente

Résumé

La constitution d’un objet impensé passe par sa non-subsomption à n’importe quel domaine, ce qui semble se doubler de la fondation de quelque chose qui ne se reconnaît pas, dans ce qui existe déjà, une place lui appartenant de droit. C’est le cas de la psychanalyse et de son engagement d’écoute du dissonant. L’irrévérence envers les maîtres, en ce sens, fait partie de l’esprit de l’invention de Freud, ne serait-ce que parce que, bien entendu, ce qui commande sa théorie est justement l’inconscient. Pourtant, il est parfois pénible de reprendre la tâche freudienne, de retrouver ce qu’il y a de taquin par rapport au psychique, notamment d’une façon qui soit, elle aussi, taquine. Il se peut que le Brésil soit le témoin, aujourd’hui, d’une vague dont le ressort est bien cette insoumission à quelques centralités constituées au long de l’histoire de la psychanalyse.

Abstract

The establishment of an unthought object goes through its non-subsumption to any domain, and this seems to go along with the foundation of something that does not recognize, in what already exists, a place that belongs to it by right. This is the case with the dissonance between psychoanalysis and its engagement in listening what is dissonant. In this sense, the irreverence toward the masters is part of the spirit of the Freudian invention — as long as it has absolutely to do with the irreverence of the unconscious that commands the theory. However, sometimes it is difficult to follow Freud’s task of unveiling provocative things about the psychic, especially in a way that is in itself provocative. At present what can be seen in Brazil is a wave whose driver is precisely that insubordination toward some centralities formed throughout the history of psychoanalysis.

Resumen

A constituição de um objeto impensado passa pela sua não subsunção a todo e qualquer domínio, o que parece se dar em conjunto com a fundação de algo que não reconhece para si, naquilo que já existe, um lugar que lhe seja de direito. É o caso da psicanálise e do seu compromisso com a escuta do dissonante. A irreverência para com os mestres, nesse sentido, faz parte do espírito da invenção de Freud, na medida em que, na melhor das hipóteses, o que comanda a sua teoria é justamente o inconsciente. No entanto, às vezes é custoso retomar a tarefa freudiana de encontrar o que há de provocador com relação ao psíquico, especialmente de uma forma que seja, ela própria, provocante. Talvez o Brasil esteja sendo testemunha, hoje, de uma onda cujo mote seja bem essa insubmissão a algumas centralidades constituídas ao longo da história da psicanálise.

Index

Mots-clés : Irrévérence ; Psychanalyse ; Brésil.

Keywords : Irreverence ; Psychoanalysis ; Brazil.

Plan

Texte intégral

Pour une Psychanalyse Irrévérente

« Notre pratique est une escroquerie :

bluffer, faire ciller les gens,

les éblouir avec des mots qui sont du chiqué, c’est quand même ce qu’on appelle

d’habitude du chiqué — à savoir ce que Joyce désignait par ces mots plus ou moins

gonflés — d’où nous vient tout le mal. »

Jacques Lacan1

1. Un savoir qui ne se courbe pas

« Revenons au corps de Laocoon [...] un corps qui ne se courbe pas ou qui ne sursaute pas sous l’effet d’une morsure. »
Gunter Gebauer2

1Le surgissement de quelque chose de nouveau dans les domaines de la réflexion ne se présente pas forcément comme le résultat d’un caprice rebelle ; après tout, il serait difficile de nier qu’il existe des continuités en tant que telles et qu’il se peut toujours qu’advienne une nouveauté apaisant l’esprit et rangeant doucement la pièce qui vient d’accéder à l’échiquier déjà connu. Néanmoins, la constitution d’un objet radicalement impensé semble passer inévitablement par sa non-subsomption à quelque domaine que ce soit ; autrement dit, elle semble se doubler de la fondation de quelque chose qui ne se reconnaît pas, dans ce qui déjà existe, une place lui appartenant de droit. Ainsi quitte-t-on sa zone de confort et d’accueil au fur et à mesure que l’on peut envisager le besoin de réévaluer le tableau de jeu en question, dont il faut désormais retracer les cases.

2Dans ce geste de théorisation, on aura pu prendre en compte ceci : celui qui se soumet à cet impensé — à ce savoir qui ne se sait pas — laisse derrière soi les traces d’une destitution, puisqu’il subit l’épreuve de ce que le roi est nu ; soit que l’échiquier n’appartient à personne et que ses cases ne sont pas figées à jamais. Autrement dit : qu’il y a désormais quelqu’un qui n’est plus maître [Herr] chez soi.3

3Ceci dit, il semble que l’irrévérence envers les maîtres fait partie de l’histoire même du mouvement psychanalytique, ne serait-ce que parce que, bien entendu, ce qui commande sa théorie est justement l’inconscient. D’ailleurs, Freud lui-même — héraut de ce qui, en soi, était déjà rupture avec (à savoir, l’inconscient lui-même) — a dénoncé le malaise que la psychanalyse apporte au regard de sa propre position face au champ qui, d’abord, le légitimait en tant que clinicien et chercheur. Et ce de plusieurs façons : autant quand il reconnaissait que ses récits de cas se rapprochaient du terrain de la littérature

[...] je m’étonne moi-même de constater que mes observations de malades se lisent comme des romans […] Je me console en me disant que cet état de choses est évidemment attribuable à la nature même du sujet traité et non à mon choix personnel4.

4que quand il affirmait que ses interprétations s’éloignaient bien du cadre des sciences médicales pour glisser vers les domaines abscons de la spiritualité :

Les hommes de science, et, avec eux, la majorité des lettrés, sourient lorsqu’on leur propose d’interpréter un rêve ; seule la superstition populaire, qui renoue la tradition de l’antiquité, ne veut pas cesser de croire les rêves interprétables, et l’auteur de la Science des Rêves a osé prendre le parti de l’antiquité et de la superstition populaire contre l’ostracisme de la science positive.5

5On constate alors que la psychanalyse surgit déjà en décalage avec son temps, ou plutôt qu’elle est née d’un certain engagement d’écoute avec le contemporain au sens que Giorgio Agamben donne à ce mot.6 Cependant, il n’est pas aisé de prendre cette écoute à sa charge, de prendre en charge ce qui est en dissonance avec le temps actuel — celui des individus et de leurs ensembles —, à savoir : le temps du sujet, ce temps qui est hors cadre et fait défaut dans la représentation que nous nous faisons de nous mêmes et de notre ère du fait qu’il est ob-scène. Il est donc parfois pénible, y compris dans le domaine de la psychanalyse, de reprendre la tâche freudienne là où il l’a laissée : celle de retrouver ce qu’il y a d’éclatant, de récalcitrant, de taquin par rapport au langage, aux liens sociaux, aux liens de parenté... bref, au psychique.

2. Une psychanalyse, pas(-)toute

« La psychanalyse [...] n’est pas une science. Elle n’a pas son statut de science et elle ne peut que l’attendre, l’espérer. Mais, c’est un délire, c’est un délire dont on attend qu’il porte une science. »
Jacques Lacan
7

6Marquée d’un intérêt de systématisation saboté à plusieurs reprises par son propre objet, la psychanalyse paie, dans sa théorie, le prix d’une ambiguïté. D’une part, il y a un certain intérêt à penser le régulier et les limites qui en assurent les totalités — présentes, pour n’en citer que quelques-unes, dans l’idée même de méthode, dans les conditions nécessaires à la formation de l’analyste, dans la tentative de borner des catégories cliniques. De l’autre, il y a aussi une déconstruction constamment déclenchée, puisque les singularités ne se prêtent pas à être réunies pour composer un tout. Il nous suffit de penser, pour nous en convaincre, au fait que les interventions analytiques ne sont ni cumulatives ni toujours comparables en ce qui concerne leurs effets ; aux diverses voies (institutionnelles et non-institutionnelles) que peut suivre qui se voue à l’étude de la psychanalyse et devient éventuellement psychanalyste ; aux questions soulevées par nombre de cas cliniques face aux tentatives de délimitation de catégories, faisant obstacle à une circonscription que l’on pourrait, en effet, qualifier de « catégorique » .

7En sachant reconnaître cette dynamique, Lacan, dans son retour à l’œuvre de Freud, n’a cessé de s’inquiéter de certaines stabilités qui se constituaient à l’intérieur du mouvement psychanalytique, notamment aux États Unis (on connaît bien ses critiques de l’ego psychology8), mais aussi en France, qui ont abouti à ce que l’on appelle son « excommunication » de la Société française de Psychanalyse — fait consistant à devoir rester en dehors de toute formation, sans recevoir plus de cas d’analyse didactique ou de contrôle. Autrement dit, Lacan a été empêché de transmettre sa visée subversive, qu’il adopterait, en plus, dans ses appropriations d’autres champs du savoir et de travaux développés dans le champ de la psychanalyse elle-même — ce qui n’est guère différent, d’ailleurs, de ce qu’approuvait déjà Freud :

Dans le travail que nous avons entrepris, nous avons dû emprunter à notre matériel de traditions ce qui nous a semblé utile, rejeter ce qui ne nous sert pas et grouper, d’après les probabilités psychologiques, tous les divers éléments recueillis. En constatant que notre technique ne fournit pas à coup sûr la vérité, chacun est en droit de se demander pourquoi pareil travail a été entrepris. Pour répondre à cette question, nous citerons les résultats obtenus.9

8À ce propos, quant à l’idée de complétude, bien que Lacan ait eu recours aux élaborations venant du structuralisme linguistique (notamment à Ferdinand de Saussure et Roman Jakobson), il était prudent à l’endroit des délimitations apportées par l’idée de structure. Après tout, comme l’affirmait Jean-Claude Milner,

On connaît la solution des structuralistes : la notion générale se définit comme structure. Lacan n’a jamais admis cette solution, qui a le défaut de mettre l’accent sur les totalités (en ce sens, Lacan est certainement un antistructuraliste convaincu) ; le nom qu’il a proposé pour désigner le mode d’existence spécifique de ce qui a les propriétés d’un langage (sans relever nécessairement du langage) met l’accent non sur la totalité, mais sur l’élément : c’est le signifiant.10.

9Dans son retour à Freud, Lacan veillait à remettre souvent en question les fixités auxquelles recourt notre pensée qui, très économique, essaie toujours de se dérober aux réélaborations et à l’incomplétude. Ainsi, à l’aide de certains expédients — comme la topologie, les réflexions sur le poétique et les élaborations concernant les langues —, Lacan puisait en sa faveur certaines contributions pour préserver l’instabilité bienfaisante de la psychanalyse. C’est ce que l’on constate, par exemple, dans sa tentative d’échapper au schématisme kantien dont pâtit Freud11 et dans son intérêt pour la spécificité de la poésie, en termes langagiers12 — dont il se sert pour penser l’acte analytique, par exemple.

10Cependant, bien que ce souci soit évident, Lacan n’a pas non plus réussi à se soustraire à certains glissements malheureux. De fait, dans ses élaborations sur le champ du langage, certaines de ses déclarations sont assez suspectes, qui dénoncent que, en termes d’étrangeté, il est toujours facile d’aboutir à une réduction de l’autre (lui, cet autranger), à la fascination, ou inversement, au mépris pour ce qui est périphérique par rapport à nous-mêmes13. Par exemple, quand il dit que les Japonais n’ont pas besoin d’être psychanalysés,14 propose que l’inconscient chinois est structuré comme une écriture (et non pas comme un langage15), ou affirme que lalangue anglaise oppose une résistance à la transmission de la psychanalyse,16 il nous laisse subodorer que, pour autant que sa préoccupation ait été le décentrement, quand l’autre est en jeu, toute bona fides peut tomber sous le coup de la sentence : l’enfer est pavé de bonnes intentions.

11Il faut alors remarquer que cette séparation centre-périphérie (/décentre ?) va réapparaître dans des réflexions qui, à la suite de Lacan, voient l’Amérique latine comme une sorte de nouveau souffle pour les miasmes de l’Ancien Monde. C’est bien ce que semblent dire les propos d’Élisabeth Roudinesco dans Pourquoi la psychanalyse ?, quand elle avance qu’« il est certain que les pays latino-américains (Brésil et Argentine notamment) sont aujourd’hui à l’avant-garde de la renaissance du freudisme. »17 C’est pourquoi l’on peut pour le moins se demander où se trouve cette caractéristique notable de notre Amérique, si, de fait, elle existe, qui la rendrait singulièrement importante dans la (re)construction de ce délire qu’est la psychanalyse. Il nous semble devoir dire « notre » parce que l’autre, plus au Nord, Freud l’a expressément discréditée — bien avant que Lacan ne le fasse —, en posant curieusement le suivant :

Ces primitifs ont peu d’intérêt pour une science qui n’est pas directement convertible en une pratique. Ce qu’il y a de pire dans la manière de faire américaine, c’est leur soi-disant largeur d’esprit grâce à laquelle ils vont jusqu’à se sentir magnanimes et supérieurs à nous, Européens aux vues étroites […]. Assurément, l’Américain et la psychanalyse, cela s’accorde souvent si peu ensemble que cela rappelle la comparaison de Grabbe : c’est comme si un corbeau mettait une chemise blanche.18

3. La marge et la marginalité

« Vainement on a voulu au Piémont lier la Savoie. Sans cesse les Alpes repoussent celle-ci dans le domaine de la France ; et l’ordre de la nature serait contrarié si leur gouvernement n’était pas identique. »
Henri Grégoire
19

12Il est tentant de pointer les spécificités supposées de l’Amérique latine par rapport à l’Europe, en ce qui concerne aussi bien les formations culturelles, que l’économie, les traditions savantes (ou leur manque), les langues. Ce serait une façon reçue, en général, de mettre fin à la discussion avant même que de l’engager — en utilisant ces différences pour tarir tout possible échange de savoirs. À ce sujet, Eleni Varikas, dans son ouvrage intitulé Penser le sexe et le genre, propose une réflexion très intéressante dans le domaine des différences des sexes, laquelle est traversée par un constat éclatant quant à l’irruption du national au sein des théories :

Irruption du national qui, procédant par « une homogénéisation interne et une différentiation externe » de la pensée, occulte des deux côtés de l’océan les conflits internes dans lesquels évoluent les choix théoriques, leur portée critique, la visibilité des uns, l’invisibilité des autres à l’intérieur et à l’extérieur de chaque pays, enfin, leurs appropriations et métamorphoses indigènes et internationales. Gommant cette conflictualité, et la pluralité des points de vue qui en découlent, les arguments de la « langue » ou de la « culture » dispensent d’un examen de la pertinence et du potentiel heuristique des concepts.20

13On peut alors se poser la question suivante : y a-t-il quand même une spécificité du Brésil convenant au mouvement psychanalytique international en tant que tel ? En outre : y a-t-il une psychanalyse qui peut être dite latine... voire brésilienne ?21 Bref : y a-t-il une psychanalyse « hors-centre » ? — le centre étant, au moins depuis 1945, l’univers francophone, comme l’avance Jean-Claude Milner à propos de la translation de l’allemand au français dans l’histoire de la pensée en général et de la pensée psychanalytique en particulier.22

14Or, le fait est que « pour qui se déplace d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, d’une langue à l’autre, l’unité du monde apparaît moins dans son homogénéité, que dans la diversité des points de vue sur lui. »23 Ceci dit, il nous faut tout d’abord prendre en compte que les singularités existent, et qu’il y a maintes psychanalyses au Brésil, plus ou moins marginales par rapport à l’Europe et plus au moins marginales dans le contexte même du pays : différentes orientations théoriques, diverses écoles, beaucoup de regroupements indépendants plus ou moins organisés, etc.

15En outre, le milieu universitaire brésilien étant marqué d’une certaine autonomie, il est remarquable que les étudiants trouvent très tôt (durant leur licence) une chance de choisir les sujets qu’ils veulent développer, grâce, par exemple, à des programmes d’initiation à la recherche scientifique.24 La psychanalyse, pour sa part, est fort présente dans les universités brésiliennes : il existe plusieurs laboratoires, programmes d’études, projets de recherche, et bon nombre d’accords (nationaux et internationaux) de coopération interuniversitaire sont en cours.25 Comme l’a argumenté Roudinesco, d’ailleurs, les pays latino-américains seraient à l’avant-garde de la renaissance du freudisme précisément « du fait d’abord de la puissance particulière des départements de psychologie installés dans les universités, lieux où l’on privilégie l’enseignement de la psychanalyse au détriment des autres disciplines. »26

16Cette présence massive appelle, bien sûr, à un débat sur le rôle de la psychanalyse à l’université et des traits singuliers de la recherche psychanalytique dans le cadre universitaire.27 Qui plus est, elle convoque une discussion concernant le rôle des écoles de psychanalyse, sa diffusion et la formation des analystes ; après tout, la clinique « précoce » est aussi une réalité au Brésil, notamment pour les titulaires d’un diplôme en psychologie, qui, pendant leur licence, ont souvent eu des expériences cliniques en psychanalyse vraiment considérables (en tant que cliniciens et de contrôle).

17Dans ce contexte, les écoles de psychanalyse sont aussi fort diverses. Néanmoins, elles n’absorbent pas tous ceux qui, au terme de leurs études universitaires, ont déjà une expérience clinique et envisagent beaucoup de questions qui n’ont pas eu besoin d’une école pour venir au jour et être discutées de façon perspicace. De plus, ces institutions ont parfois du mal à maintenir une relation un peu plus nuancée avec d’autres champs du savoir sans les subsumer à leur logique d’école ; elles peuvent donc souvent répandre un savoir qui « tend à devenir une discipline de notables, une psychanalyse pour psychanalystes »28 — pour ces honnêtes gens de l’inconscient.

18En tout cas, il va de soi que, bien qu’il y ait beaucoup de marges au Brésil,29 la psychanalyse au Brésil n’est pas en marge. Malgré tout, elle risque parfois de rester marginale par rapport à l’idée d’un centre qui l’enfermerait en soi-même. Or, n’est-ce pas un risque à courir ? À cet effet, si l’on veut faire autre chose que suivre la mouvance — ou son contraire, ce qui revient au même —, il faut ne pas s’arrêter entre subordination et insubordination. On pourrait avancer que seule l’irrévérence donne une chance d’évacuer le centre sans faire de la marge une zone de conservation.

4. Les tout-derniers

« Nous nous disions même que le Brésil n’était pas l’Amérique latine, mais l’Amérique badine. »
Betty Milan
30

19On a souvent l’impression, dans le meilleur des cas, que Jacques Lacan avait raison de soutenir que « c’est bien ennuyeux que chaque analyste soit forcé — puisqu’il faut bien qu’il soit forcé — de réinventer la psychanalyse. »31 Or, inventer la psychanalyse a déjà constitué une tâche tellement épineuse que nul ne devrait sentir le besoin de la réinventer. Ceci dit, on peut fort bien négliger cette affirmation et prendre Freud pour ce qui correspond à nos désintérêts : l’agnus dei de l’inconscient, il serait celui qui aurait déjà payé pour tous nos péchés d’invention (dont acte et fin de discussion).

20Toutefois, il se peut qu’on souhaite autre chose, pour diverses raisons. Par exemple, il se peut que réinventer la psychanalyse soit la seule possibilité envisageable pour frayer son chemin d’une certaine manière. C’est le cas du Brésil, où certains ont « eu à réinventer la pratique des analystes [...] afin d’échapper à la marginalisation. »32 À la fin des années soixante, soit au début de la diffusion des réflexions lacaniennes au Brésil, les différences entre Amérique latine et Europe ont été soulignées par quelques psychanalystes soucieux de ladite marginalité :

Par delà notre travail de traduction et d’enseignement de la théorie, nous nous sommes prévalus de nos connaissances psychanalytiques et de notre écoute pour apprécier les spécificités de la culture brésilienne. Ou, si vous voulez, ce qui différenciait les cultures latino-américaines et plus précisément, la brésilienne, des cultures européennes.33

21La mention à l’anthropophagie avancée par Oswald de Andrade34 étant emblématique, on y entend aussi l’écho de ce qu’a proposé Freud, quand le style lacanien est comparé à l’allure culturelle du pays :

Pour ce faire [élaborer sa théorie], il [Lacan] utilisait tous les savoirs de son temps et les remodelait selon les nécessités de son travail. Justement cette manière d’opérer est caractéristique de notre culture, dite anthropophagique, puisqu’elle dévore tout ce qui est produit par les autres cultures, et transforme ce qu’elle assimile en fonction de ses propres nécessités.35

22On ne dit pas pour autant qu’ils ont, par là, « réinventé la théorie, mais plutôt que [ils ont] eu à réinventer la pratique des analystes. »36 Tout de même, si nous partons du fait que, en psychanalyse, modifier la pratique entraîne forcément des modifications dans la théorie, nous reconnaissons les limites de cette visée « cannibanalytique », si je puis dire. À l’instar des modernistes brésiliens, comme ils s’intéressaient tant à avaler l’autre, ils oubliaient parfois de bien le mâcher pour incarner ses différences radicales jusqu’au sang, en les transsubstantiant.37

23Dans les deux cas, le modernisme brésilien et la psychanalyse importée, ce qui était en jeu en tant qu’obstacle était précisément « ce qu’on appelle d’habitude du chiqué [...] d’où nous vient tout le mal. » On peut avancer que ces « mots plus ou moins gonflés » — qui, d’une part, tendent à disparaître dans le cadre d’une pratique prétendant « se mêler avec les indigènes » —, ne cessent de hanter l’institution théorique, ses réflexions, ses ordonnances :

Les Portugais reconnaissent qu’ils n’ont pas tendance à la philosophie et il nous faut aussi le reconnaître à propos du Brésil. Mais le doute, ça étourdit... C’est notre langue qui ne me semble pas encore suffisamment cultivée pour servir d’expression à des idées abstraites.38

24Si « la psychanalyse a perdu de sa force de subversion »,39 c’est tout d’abord dans le contexte même d’une pratique qui oublie parfois d’estimer ses propres inconsistances — avec toute l’ambiguïté que ce mot comporte. D’où une forme de refus d’être ridiculisée, de refus de se laisser subvertir, de se faire subvertir. Bref, de se laisser montrer que, aussi bien que le roi, la reine est nue (qu’il s’agisse de l’Université, de l’École, ou de la Psychanalyse elle-même).

25Si l’escroquerie psychanalytique consiste à éblouir l’analysant avec des mots qui sont du chiqué, comme le disait Lacan, une analyse est alors quelque chose de vraiment dangereux. Ce danger consiste, à la fois, à savoir que la psychanalyse est une pratique effective et que les mots gonflés doivent être abandonnés, qu’il faut les estimer pour pouvoir les offrir en sacrifice. Ceci dit, l’on doit réfléchir et théoriser à partir de l’écoute d’une langue qui n’est pas un jargon ; d’une langue vivante, parlée par le patient. Si l’inconscient a du jargon — puisqu’on entend souvent des « ça » et des « moi », des « choses », des « sens » et des « signifiés » sortir de la bouche de l’analysant —, c’est à partir de l’écoute même, d’une écoute de ce qu’il y a de singulier dans ces mots que Freud, dans toute sa « clinicité » 40, a reconduits au niveau de la théorie, pas autrement.

26Cette perspective semble attrayante sur la scène psychanalytique brésilienne actuelle. C’est au moins ce que l’on peut penser si l’on tient compte de la visibilité acquise par l’Ultimíssimo Lacan [Le tout dernier Lacan].41 Il ne s’agit que d’un profil sur un réseau social, mais qui bouleverse la manière dont on parle habituellement de la psychanalyse. Au moyen de bons mots et d’images satiriques, il parvient à nous détourner de manière perspicace de la voie trop sérieuse qui dit qu’il ne faut pas rigoler des maîtres. Il est quand même drôle de remarquer qu’il a beaucoup plus « d’amis » sur Facebook que Roudinesco — laquelle, d’ailleurs, est très active dans l’univers virtuel des publications associées à ce domaine.

27En s’amusant des éléments composant le folklore psychanalytique — les écoles, la durée de la séance, l’argent, la formalisation de la théorie, le rôle de l’intellectualisation, le lacan-a-dit, etc. —, l’Ultimíssimo fait de Monsieur [Herr] Lacan un auteur un peu plus risible et, de ce fait même, heureusement, plus subversif. Irrévérent à son propre endroit, un effet de suspens peut surgir de ses propres affirmations bizarres, de la bizarrerie même de ce qu’est l’escroquerie psychanalytique — qui, à son tour, ne cesse d’avoir ses effets.

28Il s’agirait, donc, d’un « Comment psychanalyser à coups de marteau ? » Oui mais... non. Il y a là quelque chose de plus ; il y a un intérêt pour ce qui est l’effet de la cassure. Les brisures, chacune d’entre elles singulière, y occupent une place fondamentale, tout comme dans la méthode Kintsugi (金継ぎ, « la jointure d’or »).42 Cette technique japonaise de réparation des céramiques brisées relève d’une philosophie prenant en compte le passé de l’objet, y compris les accidents qu’il a pu subir. Au moyen de laque saupoudrée de poudre d’or, les Japonais ne dissimulent pas ces accidents ; bien au contraire, ils donnent nettement à voir les fissures — rendues plus visibles que jamais, comme les veines saillantes du corps du Laocoon, « montré comme une source de force, capable de protéger par les muscles, les ligaments, la chair ferme et les os durs, son savoir. »43

29Si nous pouvons à présent apprécier quelque chose comme ça au Brésil, ce n’est pas parce qu’untel aurait dit « que quelque part, au Brésil, je crois, il y a un homme heureux [...] »44 — comme l’a affirmé Vladimir Maïakovski. C’est, tout d’abord, parce que l’on peut faire l’hypothèse très difficile à formuler dans le tiers-monde, qu’en Europe ni les gens ni les idées ne sont forcément plus heureux qu’ici, quoiqu’on soit encore deux étages plus bas, dans le « quinto dos infernos » [littéralement dans « le cinquième des enfers »].45

Notes de bas de page numériques

1 LACAN J. Conférence à Bruxelles, 26 février 1977. Publiée dans Quarto (Supplément belge à La lettre mensuelle de l’École de la cause freudienne), n. 2, 1981. Extraits publiés dans Le Nouvel Observateur, n. 880, 1981; p. 88.

2 GEBAUER G. « Le corps du Laocoon », Revue germanique internationale, n. 19, 2003.

3 FREUD S. (1917) « Une difficulté de la psychanalyse », in Œuvres complètes, t. XV. Paris, PUF, p. 50.

4 BREUER J. ; FREUD S. (1895) Études sur l’hystérie. Paris, PUF, 2002, p. 127.

5 FREUD S. (1907) Délires et rêves dans la Gradiva de Jensen. Paris, Gallimard, coll. « Idées », 1949, pp. 125-126.

6 AGAMBEN G. Qu’est-ce que le contemporain ? Trad. M. Rovere. Paris, Payot-Rivages, coll. « Petite Bibliothèque », 2008. À ce propos, voir : LEITE N. V. A., SOUZA Jr. P. S. « Sexual, o contemporâneo da psicanálise » [Sexuel : Le contemporain de la psychanalyse], Alea : Estudos neolatinos, v. 16, n. 2, 2014, pp. 338-345.

7 LACAN J. (1976-77) Le séminaire, livre XXIV : L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre, séance du 11 janvier 1977. [inédit]

8 Voir, entre autres : LACAN J. (1956-1957) Le séminaire, livre IV : La relation d’objet. Paris, Seuil, 1994.

9 FREUD S. (1939) Moïse et le monothéisme. Trad. A. Berman. Paris, Gallimard, coll. « Idées NRF », 1948.

10 MILNER J.-C. « Linguistique et psychanalyse », in Encyclopædia Universalis France [version CD-Rom].

11 PORGE E. Transmettre la clinique psychanalytique : Freud, Lacan, aujourd’hui. Paris, Ères, coll. « Point Hors Ligne », 2005, p. 119.

12 Voir : SOUZA Jr. P. S. O fluxo e a cesura : um ensaio em linguagem, poesia e psicanálise [Le flux et la césure : un essai sur le langage, la poésie et la psychanalyse]. Thèse de doctorat en Linguistique. Université d’État de Campinas – UNICAMP. Campinas, São Paulo (Brésil), 2012.

13 Voir, à ce sujet, mon « L’analyste et les barbares : sur les langues et les frontières ». Disponible sur : <www.youtube.com/watch?v=FsPusDR5-Y4>.

14 LACAN J. (1972) « Avis au lecteur japonais », in LACAN J. Autres écrits. Paris, Seuil, 2001, p. 498.

15 CALVET L.-J. « Lacan e a escrita Chinesa: um inconsciente estruturado como escrita? », Alea : Revista de Estudos Neolatinos, Rio de Janeiro, v. 14, n. 2, déc. 2012.

16 LACAN J. Le séminaire, livre XXII: RSI, séance du 11 février 1975. [inédit]

17 ROUDINESCO E. Pourquoi la psychanalyse ? Paris, Fayard, 1999, « Champs essais », p. 181.

18 FREUD S. in ROUDINESCO E. Pourquoi la psychanalyse ? Paris, Fayard, 1999, « Champs essais », p. 106.

19 Convention nationale / Comité diplomatique, « Rapport sur la réunion de la Savoie à la France, suivi du décret de la Convention nationale du 27 novembre 1792, l’an premier de la République française ». Archives parlementaires, 1e série, tome 53. Imprimerie nationale, pp. 610-sq.

20 VARIKAS E. Penser le sexe et le genre. Paris, PUF, 2006.

21 Ou des psychopathologies qui tiendraient aussi au régional, comme le suppose Vasile Dem. Zamfirescu à propos de ce qu’il nomme « la névrose balkanique ». Voir : ZAMFIRESCU V. D. Nevroză balcanică. Bucharest, Editura Trei, 2012.

22 LEVY D., REZNIK S. « Wo Es war... la langue [Entretien avec J.-C. Milner] », Che vuoi ?, n. 21, 1/2004, pp. 11-24.

23 VARIKAS E. Penser le sexe et le genre. Paris, PUF, 2006.

24 Voir, par exemple, les données de la Fondation de Soutien à la Recherche de l’État de São Paulo – FAPESP (<www.bv.fapesp.br/en/214/scholarships-in-brazil-scientific-initiation/>) et les nombreux programmes de bourses d’initiation à la recherche scientifique promus par le Conseil National de Développement Scientifique et Technologique – CNPq (<www.cnpq.br/web/guest/piict>).

25 Nous citerons, parmi tant d’autres : « outrarte : psicanálise entre ciência e arte » (<www.iel.unicamp.br/projetos/outrarte/site/ [IEL-Unicamp]) ; « Laboratório de psicopatologia: sujeito e singularidade » (www.fcm.unicamp.br/fcm/lapsus [FCM-Unicamp]) ; « Laboratório de pesquisa em psicanálise arte e política » ( www.ufrgs.br/psicologia/nucleos-e-laboratorios/lappap> [IP-UFRGS] ; « Programa de pós-graduação em teoria psicanalítica » (<http://teopsic.psicologia.ufrj.br/> [IP-UFRJ]) ; « Laboratório de práticas sociais integradas » (<www.uva.br/cursos/mestrado-e-doutorado/doutorado-em-psicanalise-saude-e-sociedade> [UVA]).

26 ROUDINESCO E. Pourquoi la psychanalyse ? Paris, Fayard, 1999, « Champs essais », p. 181.

27 Voir, à ce sujet : KYRILLOS NETO F. ; MOREIRA J. O. (dir.) Pesquisa em psicanálise : transmissão na Universidade [Recherche en psychanalyse : transmission à l’Université]. Barbacena, EdUEMG, 2010. Voir aussi : LEITE N., SOUZA Jr P. S., GASPARINI E. (dir.) Psicanálise e mal-estar na universidade [Psychanalyse et malaise à l’Université]. Campinas, Mercado de Letras, 2013.

28 ROUDINESCO E. Pourquoi la psychanalyse ? Paris, Fayard, 1999, « Champs essais », p. 31.

29 A ce propos, le travail du groupe « Margens Clínicas » [Marges Cliniques] est remarquable. Il s’agit d’un groupe à São Paulo composé par des psychanalystes, sous l’enseigne de l’héritage de la Polyclinique de Berlin, qui reçoivent des patients considérés « en marge », comme les victimes de violence policière.

30 MILAN B. Réponses au questionnaire préparé par A. Didier-Weill en vue d’un entretien avec l’auteur à la télévision française, 1994.

31 LACAN J. (1978) « Conclusions du congrès de l’EFP sur la transmission de la psychanalyse », Lettres de l’École freudienne, 1979, n° 25, vol. 2, p. 219 ; nous soulignons.

32 MILAN B. Réponses au questionnaire préparé par A. Didier-Weill en vue d’un entretien avec l’auteur à la télévision française, 1994.

33 MILAN B. Réponses au questionnaire préparé par A. Didier-Weill en vue d’un entretien avec l’auteur à la télévision française, 1994.

34 ANDRADE O. Anthropophagies. Trad. J. Thiériot. Paris, Flammarion, coll. « Barroco », 1982.

35 MILAN B. Réponses au questionnaire préparé par A. Didier-Weill en vue d’un entretien avec l’auteur à la télévision française, 1994; nous soulignons.

36 MILAN B. Réponses au questionnaire préparé par A. Didier-Weill en vue d’un entretien avec l’auteur à la télévision française, 1994.

37 Il est bon de consulter Macounaïma et son aventure avec la chair du Courroupira, que je résume ainsi : après avoir été abandonné par sa mère, le héros se voit perdu dans la forêt, où il rencontre le Courroupira : «– Grand-père, tu me donnes de ton gibier à manger ? – Si tu veux, dit le Courroupira. Il coupa un morceau de sa jambe, le grilla et le donna au margajat ». Comme il souhaitait manger le héros, le Courroupira lui indique le mauvais chemin pour rentrer chez lui. Pourtant, celui-ci ne lui prête pas l’oreille et le Courroupira le poursuit, en criant : « [...] – Chair de ma jambe ! Chair de ma jambe ! » — et, depuis son ventre, la chair répondait : « – Qu’est-ce qu’il y a ? » Voir : ANDRADE M. (1928) Macounaïma, ou, Le héros sans aucun caractère. Trad. J. Thiériot. Éd. critique, coordonnée par Pierre Rivas. Paris, Éditions Stock/Unesco/ALLCA, 1996, pp. 32-33.

38 ANDRADE M. in SANDRONI C. Mário contra Macunaíma: cultura e política em Mário de Andrade. Rio de Janeiro, Vértice/IUPERJ, 1988, p. 25.

39 ROUDINESCO E. Pourquoi la psychanalyse ? Paris, Fayard, 1999, « Champs essais », p. 29.

40 Ce sera le nom d’une collection où un jeune analyste écrit un texte, relevant de cette idée de « clinicité », suivi d’un commentaire écrit par un analyste plus chevronné. Coordonnée par le psychanalyste Rafael Alves Lima (lui aussi jeune), et à paraître chez Juruá, cette collection essaie de mettre au jour — et à jour — l’importance de penser aujourd’hui les savoirs cliniques et leur transmission générationnelle, de penser la primauté du savoir-faire sur la théorie, en psychanalyse.

41 Voir : <www.facebook.com/ultimissimolacan>.

42 Voir, à ce propos, la petite vidéo produite par l’AAM - Association des Arts et Métiers Franco-japonais (金継ぎ : <www.youtube.com/watch?v=ZQ7l9ZcJWg4>).

43 GEBAUER G. « Le corps du Laocoon », Revue germanique internationale, n. 19, 2003.

44 MAIAKOVSKI V. in TCHOUKOVSKI K. Les futuristes. Trad. G. Conio. Lausanne, L’âge d’homme, 1976, p. 84.

45 Cette expression faisait référence à l’impôt que payait le Brésil au Portugal, correspondant à un cinquième de sa production en or. À présent, on l’utilise beaucoup pour parler de quelque chose qui se trouve très loin, hors-centre, en marge : au diable vauvert... mais pas pour autant, si je puis dire, en dérive.

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Pour citer cet article

Paulo Sérgio de Souza Jr., « Pour une Psychanalyse Irrévérente  », paru dans Oxymoron, 5, Pour une Psychanalyse Irrévérente , mis en ligne le 01 décembre 2015, URL : http://revel.unice.fr/oxymoron/index.html?id=3659.


Auteurs

Paulo Sérgio de Souza Jr.

Psychanalyste et traducteur à São Paulo – SP (Brésil) ; chercheur postdoctoral en littérature à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro – UFRJ et docteur en linguistique de l’Institut des Études du Langage – IEL/UNICAMP. Il a travaillé en tant que professeur-associé au Département de Langue Roumaine et Linguistique Générale de l’Université « Alexandru Ioan Cuza » (Iaşi) et a été traducteur-résident à l’Institut Culturel Roumain – ICR/Bucarest. E-mail : contra_sujeito@yahoo.com.br.