Oxymoron | 5 Actualités Psychanalytiques Brésiliennes 

Angela Vorcaro et Ariana Lucero  : 

Le Cas Dick et la Constitution du Sujet

Résumé

L'objectif de cet article est de penser la constitution subjective à partir du cas Dick, traité par Melanie Klein, en utilisant les mécanismes d’expulsion [Ausstossung], négation [Verneinung] et affirmation [Bejahung], décrits dans le texte freudien « La Négation » [Die Verneinung] (1925). Ce travail a été réalisé par Lacan dans le cadre de son Séminaire 1, suite à un échange avec Jean Hyppolite, et le reprendre ici permettra de montrer les rapprochements et divergences existants entre les théories psychanalytiques lacanienne et kleinienne. La question du diagnostic dans l'enfance est également soulevée par cette approche et sera abordée dans cet article.

Abstract

The case Dick and the mental constitution: This article aims to reflect on mental constitution from Melanie Klein’s case Dick, with special emphasis to the mechanisms of expulsion [Ausstossung], negation [Verneinung], and affirmation [Bejahung], described by Freud in “The Negation” [Die Verneinung] (1925). This effort was already made by Lacan in his Seminar 1, in the context of a debate with Jean Hyppolite. By returning to this topic we intend to cast light to the similarities and differences between the Kleinian and Lacanian theories. The problem of infantile diagnosis will also be considered in our demarche.

Index

Mots-clés : Lacan ; Klein ; Dick ; constitution subjective ; diagnostic.

Keywords : Lacan ; Klein ; Dick ; mental constitution ; diagnosis.

Plan

Texte intégral

Le Cas Dick et la Constitution du Sujet

1Dans son Séminaire 1 : les écrits techniques de Freud (1953-54), Lacan reprend le cas Dick, traité par Mélanie Klein, juste après avoir fait une relecture, avec l'aide du philosophe hégélien Jean Hyppolite, du texte freudien « La négation » [Die Verneinung] (1925). Dans le cadre de la négation, les mécanismes d’expulsion [Ausstossung] et d’affirmation [Bejahung] sont l'un et l'autre impliqués de sorte que les mettre en lumière pourra nous aider à la compréhension de la constitution du sujet. Le cas Dick servira de référence pour comprendre le fonctionnement de ces mécanismes dans l'enfance, ce qui soulèvera une question quant à l'effectivité du diagnostic structurel dans la clinique réalisée auprès des enfants.

Le cas Dick, par Mélanie Klein

2Le cas Dick fait référence au traitement psychanalytique d'un enfant de quatre ans, indifférent à la présence des personnes – même les plus proches. Cet enfant ne démontrait aucune affection ou intérêt, ne jouait presque pas et Mélanie Klein note que son anxiété était réduite comparée à celle d'autres enfants. Selon les mots de la psychanalyste :

[Dick] se contentait d’émettre des sons dépourvus de signification et des bruits qu’il répétait sans cesse. Quand il parlait, il utilisait en général son maigre vocabulaire d’une manière incorrecte. Il n’était pas seulement incapable de se faire comprendre : en réalité, il n’en avait pas le moindre désir. Bien plus, sa mère percevait parfois chez lui une attitude parfaitement négative s’exprimant dans le fait que souvent, il faisait juste le contraire de ce qu’on attendait de lui1 .

3Par ailleurs, au niveau du langage, il était possible d'observer que Dick modifiait les mots qu’à d'autres moments, il prononçait correctement, tout comme il répétait mécaniquement certains mots jusqu'à ce que toutes les personnes de son entourage ne le supporte plus. L'enfant était insensible à la douleur, ne manifestant pas le désir d'être réconforté dans ces situations. Son inhabilité physique était explicite, malgré le fait qu'il maniât correctement la cuillère qu'il utilisait pour manger. Pour Klein, il n'y avait aucun doute sur le fait que les comportements de Dick étaient parfaitement différents de ceux des enfants névrosés.

4Ainsi, la psychanalyste invoque, comme explication théorique pour le tableau clinique de Dick, l'échec survenu dans les étapes initiales de son développement. Elle fait alors référence aux étapes dominées par le sadisme, qui serait actif dans toutes les sources du plaisir libidinal. Dès le départ, l'individu ressentirait le désir sadique-oral de dévorer le sein de sa mère (ou sa propre mère), de sorte que son principal objectif serait de devenir propriétaire du contenu du corps de sa mère et de la détruire au moyen de toutes les armes étant à la portée du sadisme. Il est important de rappeler que le corps de la mère abrite différents contenus: le pénis du père (incorporé par la mère lors de l'acte sexuel), les excréments, d'autres enfants etc. – tous comestibles. Mélanie Klein ne questionne pas l'origine de ces fantasmes chez les enfants – pour elle, il s'agit presque d'une donnée biologique, mais, pour notre part, nous pouvons voir en cette mère la personnification de tout ce qui existe dans le monde extérieur. La mère est ce premier autre, le plus proche, avec lequel le sujet doit avoir affaire.

5Selon Klein, ce sadisme – qui, nous le verrons, peut équivaloir à la décharge des excitations, des affects, enfin, à la pulsion – suppose une défense de l'ego antérieur au refoulement (qui serait un mécanisme plus élaboré). Cette défense implique, donc, l'expulsion [Ausstossung] du sadisme et la destruction de l'objet:

Le sadisme devient une source de danger, non seulement parce qu’il permet une libération de l’angoisse, mais aussi parce que le sujet se sent attaqué lui-même par les armes dont il s’est servi pour détruire l’objet. Celui-ci devient une source de danger parce que le sujet craint de sa part des attaques semblables en représailles2.

6À ce niveau de son argumentation, Melanie Klein mobilise deux références très pertinentes: 1) Ferenczi, qui considère que l'identification, précurseur du symbolisme, surgit de la tentative du bébé de retrouver dans tous les objets ses propres organes et leur fonctionnement; et 2) Jones, qui montre que le principe de plaisir permet que deux choses bien différentes soient rendues égales, en raison d'une similitude basée sur le plaisir ou sur l'intérêt. À partir de là, la psychanalyste conclut que c'est au travers de l'égalité symbolique que les choses, les activités et les intérêts alimentent le contenu de fantasmes libidinaux. Nous devons prendre en considération le caractère purement imaginaire de cette égalité symbolique dans la mesure où tout le procédé de constitution de l'objet dangereux survient comme un reflet des tendances propres au sujet, comme si cela se faisait « en miroir ». Depuis le Projet3¸ Freud met en évidence cette possibilité d'association entre deux objets à partir des sensations de plaisir. Encore faut-il, par la suite, montrer comment une telle association sera rendue possible par le symbolisme, provenant de la négation et de la conséquente destruction de l'objet.

7 Mélanie Klein souligne le fait que le désir de connaissance apparaît à la même époque que le sadisme et se concentre sur le corps de la mère. Les fantasmes sadiques dirigés contre l'intérieur de ce corps constituent la première et la plus basique des relations avec le monde extérieur et la réalité. Le degré de succès avec lequel l'individu parvient à traverser cette phase va déterminer à quel point il pourra avoir accès à un monde extérieur qui correspond à la réalité. En poursuivant l'idée selon laquelle la mère est le lieu de tout ce qui se réfère à la réalité, la dimension fantasmatique ne nous intéresse pas tant que le désir de connaissance, dont nous pouvons dire qu'il renvoie à l'origine de la pensée. La pensée, à son tour, doit nous mener jusqu'à la question du symbolisme, tel que dans le texte sur « La négation » (1925), de Freud, nous aidant à réfléchir sur ce qui serait à la base de la relation de l'individu avec le monde extérieur et avec la réalité en général.

8 En ce sens, le problème de Dick réside dans le manque de relation avec la réalité dû à une immobilité dans la formation des symboles, qui aurait un lien avec le développement du moi. Par ailleurs, c'est Klein qui souligne que l'unique intérêt de Dick envers les objets se limitait aux trains et stations, ainsi qu'aux poignées et portes, et à la manière dont celles-ci s'ouvraient et se fermaient. Pour elle, de tels objets et actions étaient liés à la pénétration du pénis dans le corps de la mère, de sorte que, dans son interprétation, ce qui immobilisait la formation de symboles en Dick était la peur de ce qui lui serait fait (principalement par le pénis du père) s'il pénétrait dans le corps de la mère. Nous pouvons voir que Klein suppose un haut degré d'interprétation de la réalité de la part de l'enfant, bien qu'elle reconnaisse son détachement par rapport à celle-ci.

9 De cette immobilité découle le manque d'agressivité chez Dick et, par conséquent, le fait que ses pulsions sadiques ne puissent être dirigées contre le corps de la mère, ce qui a pour résultat la suspension des fantasmes et l'interruption de la formation des symboles, gênant tout le développement de l'enfant.

10 On peut observer que Mélanie Klein identifie, d'un côté, un excès de fantasmes lié au contenu du corps de la mère et à ce que celui-ci peut offrir de danger; et, d'un autre côté, un manque de fantasmes dans la relation avec les objets. Sans entrer dans ce débat, nous aimerions attirer l'attention sur l'astuce clinique de la psychanalyste qui, en remarquant la pauvreté des représentations chez l'enfant – Dick n'avait pas de relation affective ou symbolique avec les objets, ses actions à leur égard n'étaient pas empreintes par le fantasme et, pour cette raison, il n'était pas possible de leur attribuer le caractère de représentations symboliques – réalise un changement dans sa propre technique, donnant lieu à des interprétations relativement précoces, comme nous allons le voir.

11 Au cours de la première session, Klein prend le grand train, le place à côté d'un autre train, plus petit, et dit: « Train-Papa » et « Train-Dick ». Le petit garçon prend le « Train-Dick », le pousse jusqu'à la fenêtre et dit: « Gare ». Klein lui explique: « La gare c'est maman; Dick entre dans maman ». Dick lâche le train, court jusqu'à l'espace entre la porte intérieure et la porte extérieure de la pièce, dit « noir » et sort en courant. Il répète ce mouvement plusieurs fois jusqu'à ce que Klein lui explique « Il fait noir dans maman. Dick est dans le noir de maman ». À partir de ce moment, Dick dit deux fois, sur un ton interrogateur: « Nounou? ». Et Klein répond: « La nounou arrive » –phrase qu'il répète alors plusieurs fois, en utilisant les mots de façon correcte.

12Nous anticipons, sur ce point, une petite observation de Lacan4 quant au fait que l'enfant verbalise un premier appel – Dick demande la nounou. L'appel, jusque là inexistant chez l'enfant, est aussi la possibilité du refus, puisque l'autre peut ne pas répondre. C'est, donc, au moment où se produit l'appel que s'établissent chez le sujet les relations de dépendance – ce que Klein ne manque pas d'observer. Lacan voit, également dans l'appel, une première communication, au sens propre, technique, du terme.

13Fermons cette petite parenthèse et revenons au cas Dick. Au cours des consultations suivantes, il n'arrête pas de répéter: « La nounou vient? ». Il a alors une crise d'anxiété, appelle Klein et la nounou et, à la fin de la séance, reçoit cette dernière avec une joie hors du commun. À partir de ce moment, il commence à pleurer à chaque fois que la nounou s'en va. Klein fait une corrélation entre le surgissement de l'anxiété et la dépendance de l'autre, de sorte que lorsqu'elle dit: « La nounou arrive »; Dick se sent rassuré. La psychanalyste note que l'enfant commence à manifester de l’intérêt à l'égard des jouets.

14À mesure que cet intérêt augmentait, l'enfant élargissait son vocabulaire, puisque sa curiosité concernait également le nom des choses. Les mots qu'auparavant il entendait et ignorait, Dick s'en souvient désormais et les emploie correctement. En effet, simultanément au développement de ses intérêts, apparaissent également les relations d'objet qui, jusque là, étaient absentes. Ceci est visible dans sa volonté de communiquer et lorsqu'il ressent le manque des autres personnes. Klein affirme qu'il y a des indices selon lesquels Dick serait en train de commencer à établir une certaine relation avec la réalité.

15Six mois après le début du traitement, le pronostic de Dick est favorable. Mélanie Klein n'attribue pas les progrès du développement de l'enfant à une influence éducationnelle mais à ses propres interprétations. Celles-ci, même si elles sont basées sur sa propre connaissance – étant donné que les représentations de Dick étaient relativement vagues – ont permis un accès à l'inconscient de l'enfant et sont parvenues à activer l'anxiété ainsi que d'autres affects. Nous verrons ce que Lacan dira à ce sujet dans le passage à venir, après être d'abord revenu sur un dernier point qui nous intéresse dans les conceptions de Mélanie Klein.

16La psychanalyste insiste sur les différences entre le tableau psychopathologique de Dick et les manifestations de la névrose qu'elle a déjà pu observer chez de nombreux enfants. Elle raconte que le Dr. Forsyth a diagnostiqué chez l'enfant une démence précoce (schizophrénie), semblable à ce que l'on peut rencontrer chez les adultes. Le psychiatre n'a trouvé aucune altération organique liée au tableau clinique de Dick et l'absence de ce facteur a pu être prouvé par l'influence du traitement psychologique sur le cas. Ainsi, d'un côté, Klein avait la certitude qu'il ne s'agissait pas d'une psychonévrose; et, d'un autre côté, elle remettait en question le diagnostic de la psychose, dans la mesure où elle avait observé dans le développement de Dick non une régression mais une inhibition. Elle ne s'étend pas sur ce débat et préfère soutenir le fait que la schizophrénie est plus courante dans l'enfance que nous le supposons normalement. Son diagnostic est rare, étant donné que les parents cherchent rarement l'aide de psychiatres, de par le fait que les symptômes qui la caractérisent se confondent avec les aspects naturels du développement infantile: éloignement de la réalité, incapacité à se concentrer, paroles dénuées de sens, fantasmes, peurs, entre autres. Enfin, selon Klein, la schizophrénie se situerait dans la phase du sadisme oral au cours de laquelle, nous l'avons vu, prédomine la défense contre les pulsions destructrices : expulsion du sadisme et destruction de l'objet.

Le cas Dick, par Lacan

17Dans ses commentaires sur le cas Dick, Lacan5 affirme que Mélanie Klein « lui fout le symbolisme avec la dernière brutalité au petit Dick. Elle le flanque dans une verbalisation brutale du mythe œdipien, presque aussi révoltante pour nous que pour n’importe quel lecteur – Tu es le petit train, tu veux foutre ta mère ». Le psychanalyste reconnaît que cette façon de travailler dans le cadre de la clinique ne peut être dissociée du diagnostic du cas et nous avons vu que c'est sur cette voie que Mélanie Klein elle même justifie sa méthode d'«interprétation précoce».

18Au-delà du thème de l'appel, abordé plus haut dans notre texte, Lacan note que, après que Klein ait situé « Dick petit train » et « grand train Papa », l'enfant se met à jouer avec son petit train et dit le mot gare. Pour lui, là est le moment crucial, où commence à se dessiner la jonction entre le langage et l'imaginaire du sujet. Lorsque Klein continue le jeu en disant que « La gare, c’est Maman. Dick entre dans Maman » tout se déclenche, puisque l'enfant progresse très rapidement.

19D'après la lecture lacanienne, Klein a introduit la verbalisation chez Dick, symbolisant, à travers le mythe œdipien, une relation effective entre un être, nommé, et un autre. Lorsqu'elle lui livre le schéma œdipien, la relation imaginaire dans laquelle vit le sujet, bien qu'elle soit extrêmement pauvre, est déjà suffisamment complexe pour que l'on puisse dire qu'il possède son propre monde. Mais ce monde, constitué par le réel primitif, est ineffable, il ne peut rien nous dire, nous n'avons aucun moyen de le pénétrer, sauf par des extrapolations symboliques, telles que celles que nous pouvons voir dans le système kleinien lorsqu'elle nous dit, par exemple, qu'à l'intérieur de l'empire du corps maternel il y a d'autres enfants, le pénis du père etc.

20 Ce qui importe à Lacan est d'appréhender comment ce monde infantile se met en mouvement, comment imaginaire et réel commencent à se structurer, comment se développent les investissement successifs qui délimitent la variété des objets humains, qui peuvent être nommés. Grosso modo, tout ce processus part d'une parole significative, qui humanise l'homme, et c'est cela que Mélanie Klein a pu fournir à Dick.

21 Lacan remarque que Dick possède un vocabulaire limité et, souvent, incorrect. Il déforme les mots, les emploie mal, tandis qu'à d'autres moments il semble connaître leur sens. Mélanie Klein insiste sur le fait que cet enfant n'a pas le désir de se faire comprendre, ne cherche pas à communiquer, et que ses seules activités plus ou moins ludiques se résument à émettre des sons dépourvus de signification et de s'en réjouir. Dick possède, néanmoins, quelque chose du langage, il dispose de certains éléments de l'appareil symbolique et, à propos de ce système de langage:

La preuve en est qu’il joue avec. Il s’en sert même pour mener un jeu d’opposition contre les tentatives d’intrusion des adultes. Par exemple, il se comporte d’une façon qui est dite dans le texte négativiste. Quand sa mère lui propose un nom, qu’il est capable de reproduire d’une façon correcte, il le reproduit d’une façon inintelligible, déformée, qui ne peut servir à rien. Nous retrouvons ici la distinction à faire entre négativisme et [dé]négation – comme nous l’a rappelé M. Hyppolite, prouvant par là non seulement sa culture, mais qu’il a déjà vu des malades. Dick, c’est d’une façon négativiste qu’il se sert du langage6.

22En effet, Hyppolite différencie la négation interne des jugements d’attribution et d’existence, plus précoce, et la négation au moment où elle apparaît dans sa fonction symbolique7. Cette dernière peut être illustrée par les exemples utilisés par Freud au début de son texte sur la négation: « vous demandez qui peut être cette personne dans le rêve. Ma mère, ce n'est pas elle. Nous rectifions donc, c'est sa mère ». C’est la négation en jeu dans les jugements qui nous intéresse, puisqu'on la retrouve dans le cas Dick et qu'elle mobilise les mécanismes de Bejahung et Ausstossung.

23La Bejahung est la condition pour que quelque chose existe pour le sujet et Lacan8 note que Dick n'a pas fait la Bejahung, l'énonciation du mot, du signifiant qui permettrait la symbolisation de la réalité et, par conséquent, il demeure au niveau du négativisme, sans atteindre l'attitude de la négation symbolique.

24Freud considère deux décisions comme fonctions du jugement: 1) attribuer ou nier une qualité à une chose; et 2) confirmer ou réfuter l'existence réelle de la représentation psychique de cette chose (épreuve de réalité). Le premier de ces jugements, appelé jugement d'attribution, peut se traduire dans le langage des pulsions orales de la façon suivante : a) je veux manger et introduire cela en moi; ou b) je veux cracher et expulser cela de moi. Ce fonctionnement est régi par le principe du plaisir, qui vise à introduire dans le moi tout ce qui est bon et à en expulser tout ce qui est mauvais. Par rapport aux deux groupes de pulsions dont Freud suppose l'existence à cette époque de son enseignement – pulsions de vie et pulsions de mort – l'introjection, ou affirmation [Bejahung], serait un substitut [Ersatz] de l'unification et appartiendrait à l'Eros; tandis que la négation serait ce qui succède [Nachfolge] à l'expulsion [Ausstossung], appartenant au domaine de la pulsion de destruction.

25Hyppolite9 souligne le fait que l'introjection n'a de sens qu'avec l'expulsion, ce qui expliquerait pourquoi l'affirmation est l'équivalent, un substitut [Ersatz] de l'unification, mais la négation est ce qui succède [Nachfolge] à l'expulsion. L'action d'expulser [Ausstossung] est primaire – telle qu'elle a été conçue par Mélanie Klein – et régie par le principe du plaisir, dans le sens où n'importe quelle excitation venue de l'intérieur ou de l'extérieur doit être déchargée, expulsée en dehors, puisqu'elle rompt le fonctionnement homéostatique de l'appareil psychique. C'est là un point polémique quant à l’utilisation du dualisme pulsionnel freudien, puisqu'il place la pulsion de mort, ici traitée comme pulsion de destruction, au service du principe du plaisir, travaillant à la faveur de l'équilibre de l'appareil psychique. Hyppolite lui-même pose cette question en se demandant si l'instinct de destruction ne dépend pas, lui aussi, du principe du plaisir. Une telle observation donne lieu à une note de bas de page, écrite par Lacan, faisant l'éloge de la lecture du philosophe, qui anticipe une question qu'il développera l'année suivante, dans le commentaire sur « Au delà du principe du plaisir », sur l'instinct de mort. Pour notre propos, il convient de noter que la pulsion de vie était responsable de diriger les excitations en dehors du psychisme et avait la fonction d'unir et de lier une telle tendance aux objets et personnes du monde extérieur; tandis que la pulsion de mort, découverte à partir de la compulsion de répétition, posséderait un caractère conservateur, de maintien d'un état antérieur dans l'organisme, avant même qu'il soit exposé aux stimuli externes, liant les excitations à un exercice interne et solitaire de répétition, tel que dans les névroses traumatiques et dans les rêves d'angoisse. Nous pensons que Hyppolite préfigure la thèse selon laquelle toute pulsion est, en effet, pulsion de mort. Par ailleurs, le philosophe nous indique que le contenu expulsé est lié à la pulsion, aux affects, de telle sorte que ce qui peut être introjecté, en fin de compte, est le contenu intellectuel, le symbolique, déjà séparé de toute affectivité. La Bejahung est toujours l'affirmation d'un signifiant.

26Dans le cas de Dick, le système par lequel il vient se situer dans le langage est interrompu, au niveau de la parole. Dick est, jusqu'à un certain niveau, « maître du langage », mais il ne parle pas. C'est un sujet qui est là et qui, littéralement, ne répond pas. La parole n'est pas parvenue jusqu'à lui, puisque le langage n'a pas établi de lien avec son système imaginaire, dont le registre est excessivement court – trains, portes, lieu noir. Ses facultés, non pas de communication, mais d'expression, sont limitées à cela. Pour lui, le réel et l'imaginaire sont équivalents.

27Lacan note que Dick est tout entier dans la réalité, à l'état pur, inconstitué et indifférencié. La réalité assume un caractère uniforme pour Dick, puisqu'il est incapable de la symboliser. « Tout le problème dès lors est celui de la jonction du symbolique et de l’imaginaire dans la constitution du réel10 ».

28Le cas Dick, pour Lacan, met en évidence le jeu réciproque des trois grands systèmes de référence – réel, symbolique et imaginaire – sans lesquels il est impossible de comprendre la technique et l'expérience freudiennes. Le psychanalyste affirme que:

Nous supposons à l’origine tous les ça, objets, instincts, désirs, tendances etc. C’est la pure et simple réalité donc, qui ne se délimite pas en rien, qui ne peut être encore l’objet d’aucune définition, qui n’est ni bonne, ni mauvaise, mais à la fois chaotique et absolue, originelle. C’est le niveau auquel Freud se réfère dans Die Verneinung, quand il parle des jugements d’existence – ou bien c’est, ou bien ce n’est pas. Et c’est là que l’image du corps donne au sujet la première forme qui lui permette de situer ce qui est du moi et ce qui ne l’est pas11.

29Ainsi, la réalité est posée dès le départ et tout ce que nous supposons à l'origine sont des tentatives de se rapprocher et de comprendre ce réel ineffable, très souvent, par la voie de l'imaginaire. Lacan accepte l'idée selon laquelle au long du processus de ses relations instinctives avec cet objet privilégié qu'est la mère, l'enfant procède aussi à une série de relations d'incorporations imaginaires: il peut mourir, il peut absorber le corps de sa mère et, de cette façon, le détruire. Dans ce corps maternel, l'enfant espère rencontrer un certain nombre d'objets, mais ces objets peuvent être dangereux pour lui précisément pour la même raison qu'il est dangereux pour eux, tel que le suppose Mélanie Klein. Cette relation spéculaire est à la base de la formation de l'image corporelle et, comme nous l'avons vu, c'est quelque chose qui dépend fondamentalement du registre imaginaire. Néanmoins, cet imaginaire dépend du symbolique.

30Lacan affirme que ces objets dangereux seront certainement extériorisés, isolés de ce premier continent universel, de ce premier grand tout qu'est l'image fantasmée du corps de la mère, empire total de la première réalité infantile. Néanmoins, ils apparaîtront toujours pourvus du même accent maléfique qui aura marqué ses premières relations avec eux. Il est évident que le psychanalyste suit le raisonnement kleinien. Cependant, selon sa propre théorie, le caractère maléfique de ces objets externes est lié à leur contenu affectif et pulsionnel, expulsé au travers du mécanisme Ausstossung. Par la suite, avec la négation et l'affirmation du symbole, il sera possible que l'enfant réintrojecte cet objet et puisse diriger ses intérêts vers d'autres objets moins dangereux.

31À ce point précis de son argumentation, Lacan explique que l'introjection n'est pas simplement le contraire de la projection, mais qu'il s'agit d'une introjection symbolique: « L’introjection est toujours l’introjection de la parole de l’autre, ce qui introduit une dimension toute différente de celle de la projection12». En d'autres termes, si ce qui peut être expulsé, extériorisé, trouve une référence dans le champ affectif et pulsionnel, ce qui sera introjecté ou affirmé (Bejahung) est de l'ordre du symbolique. Et, entre ces deux registres, il y a l'imaginaire procédant à son jeu d'équivalences, calqué sur le principe du plaisir (étant donné que la régulation instinctive cesse d'être opérante dans l'être humain). Par conséquent, différents objets du monde extérieur, plus neutralisés, seront placés comme équivalents des premiers, se liant à eux par une équation imaginaire (par exemple, selles – urine). « Ainsi, l’équation symbolique que nous redécouvrons entre ces objets surgit d’un mécanisme alternatif d’expulsion et d’introjection, de projection et d’absorption, c’est-à-dire d’un jeu imaginaire13». Enfin:

C’est normalement par les possibilités de jeu de la transposition imaginaire que peut se faire la valorisation progressive des objets, sur le plan qu’on appelle communément affectif, par une démultiplication, un déploiement en éventail de toutes les équations imaginaires qui permettent à l’être humain d’être le seul parmi les animaux à avoir un nombre presque infini d’objets à sa disposition – d’objets marqués d’une valeur de Gestalt dans son Umwelt, d’objets isolés dans leurs formes. Mélanie Klein souligne la pauvreté du monde imaginaire, et, du même coup, l’impossibilité pour cet enfant d’entrer dans une relation effective avec les objets en tant que structures. Corrélation importante à saisir14.

32Nous pouvons voir chez Dick une ébauche d'« imaginarisation » du monde extérieur, prête à affleurer, lorsqu'il parvient, par exemple, à « entifier » dans le train lui et son père. Même ainsi, le nombre d'objets qui sont significatifs pour lui est extrêmement réduit.

33Lacan soutient le fait que ce qui constitue un monde humain est l'intérêt pour les objets. Le monde humain, comme nous l'avons vu dans la citation ci-dessus, est un monde infini quant aux objets et on pourrait se demander si « à cet égard, Dick vit dans un monde non-humain15». Si nous suivons la proposition d'interprétation lacanienne du cas Dick, pour l'auteur, selon l'explication de Mélanie Klein, les objets, dans le monde humain, se multiplient et se développent grâce à un processus d'expulsion lié à l'instinct de destruction primitif. Ce serait là une relation primitive, et même instinctive, de l'être.

34Au fur et à mesure que se produisent les expulsions hors du monde primitif du sujet, qui n'est pas encore organisé dans le registre de la réalité humaine, communicable, surgit à chaque fois un nouveau type d'identification, accompagné d'anxiété: à chacune des relations objectales correspond, de cette façon, un mode d'identification dont le signal est l'anxiété. Cette anxiété est, souvenons-nous, liée à la projection des propres intentions sadiques dans l'objet. Normalement, le sujet attribue à ces objets de son identification primitive une série d'équivalences imaginaires qui multiplient son monde – il esquisse une identification avec certains objets, les retire, les refait avec d'autres. Mais Dick est en relation avec un nombre très limité d'objets, qu'il ne peut même pas nommer. Lacan avance l'hypothèse selon laquelle il y a chez Dick la symbolisation anticipée d'une unique identification primaire avec le vide, le noir – l'intervalle entre les portes.

35Par conséquent, Dick ne peut même pas parvenir à la première espèce d'identification, les identifications avec les objets qui précèdent l'identification moïque, qui seraient une ébauche de symbolisme. Malgré cela, cette identification avec le rien est ce qu'il y a d'humain dans la structure du sujet, et c'est ce qui chez lui répond. Répondant à la question qu'il avait lui même posé, Lacan affirme qu'il ne s'agit en aucune façon d'une réalité absolument déshumanisée : « Elle signifie, à son niveau. Elle est déjà symbolisée puisqu’on peut lui donner un sens16 ». Pour Lacan, c'est cela que Mélanie Klein démontre en parlant avec Dick, même s'il ignore sa présence. Elle donne des noms à ce qui participe du symbole, parce que cela peut être immédiatement nommé, mais que, pour ce sujet, c'était seulement, jusque là, réalité pure et simple. Dick est capable de symboliser la réalité autour de lui à partir de ce noyau, « de cette petite cellule palpitante de symbolisme que lui a donnée Mélanie Klein. C’est ce qu’elle appelle ensuite – avoir ouvert les portes de son inconscient17».

36De cette façon, si Mélanie Klein croît être parvenue à accéder à l'inconscient de Dick grâce à ses interprétations, Lacan va plus loin en affirmant que ce qu'elle a fait a fondé l'inconscient de Dick: « l’inconscient est le discours de l’autre18 ». Jusque là, il n'y avait aucune sorte d'inconscient chez le sujet. C'est le discours de Klein qui greffe sur l'inertie moïque initiale de l'enfant les premières symbolisations de la situation œdipienne. Dans le cas de Dick, les symbolisations déterminent une position initiale à partir de laquelle le sujet peut faire agir l'imaginaire et le réel et atteindre son développement. C'est à partir de là que surgit son intérêt pour les objets et pour le monde. Selon les propos de Lacan:

dans le rapport entre l’imaginaire et le réel, et dans la constitution du monde telle qu’elle en résulte, tout dépend de la situation du sujet. Et la situation du sujet – vous devez le savoir depuis que je vous le répète – est essentiellement caractérisée par sa place dans le monde symbolique, autrement dit dans le monde de la parole. Cette place est ce dont dépend qu’il ait droit ou défense de s’appeler Pedro [ou Dick]19.

37Le développement a lieu uniquement dans la mesure où le sujet s'intègre au système symbolique, s'y exerce, s'y affirme par l'usage d'une parole vraie. Et cette parole peut venir de n'importe qui – dans le cas de Dick, elle est venue de Mélanie Klein. Ce qui est important de souligner est que le monde extérieur – le monde réel, humanisé, symbolisé – ne peut se constituer que lorsque sont produites, dans le lieu adéquat, une série de rencontres. Pour conclure, nous citons un autre commentaire de Lacan sur ce cas:

A partir du cas de Dick et en utilisant les catégories du réel, du symbolique et de l’imaginaire, je vous ai montré qu’il peut se faire qu’un sujet qui dispose de tous les éléments de langage, et qui a la possibilité de faire un certain nombre de déplacements imaginaires lui permettant de structurer son monde, ne soit pas dans le réel. Pourquoi n’y est-il pas ? – uniquement parce que les choses ne sont pas venues dans un certain ordre20.

Considérations finales

38Malgré toutes les controverses qui peuvent être suscitées par la méthode kleinienne, Lacan remarque que quelque chose se produit dans l'analyse de Dick à partir de la seule parole. Cette parole fonde l'inconscient de Dick, dans la mesure où elle est capable de le situer dans le langage, dans le symbolique, en tant qu'autre que lui même.

39Le cas Dick a beaucoup à nous apprendre au sujet du symbolisme. Dans son séminaire sur les psychoses, Lacan21 affirme que dans la relation du sujet avec le symbole, il y a possibilité d'une Verwerfung primitive, en d'autres termes, la Bejahung peut ou non se réaliser, de sorte qu'une certaine chose peut ne pas être symbolisé et se manifester dans le réel. Ce qui est soumis à la Bejahung, la symbolisation primitive, a un destin différent de ce qui tombe sous le coup de la Verwerfung. Si Dick n'était pas capable de faire la Bejahung c'est parce que quelque chose s'est passé au niveau de la négation – ce qui peut être prouvé par ses attitudes négativistes. Le psychanalyste souligne le fait qu'à l'intérieur de la Bejahung ont lieu toutes sortes d'accidents et rien ne nous indique que la suppression primitive (Ausstossung) ait été produite de façon appropriée.

40Avant de discuter le cas Dick, Lacan avait déjà abordé le sujet de la Bejahung dans le cas freudien de l'Homme aux Loups. Chez ce patient il est mis en évidence que la Bejahung du stade génital ne s'est pas produite, à partir du moment où il n'y a pas de traces de ce stade dans le registre symbolique, mais uniquement dans le registre d'une petite hallucination: « la castration, qui est précisément ce qui pour lui n’a pas existé, se manifeste sous la forme de ce qu’il s’imagine – s’être coupé le petit doigt, si profondément que ça ne tient plus que par un petit bout de peau22». À ce moment, le sujet ne parvient pas à en parler avec personne: « L'autre n'existe plus ». À ce moment aussi:

Le sujet n’est pas du tout psychotique. Il a seulement une hallucination. Il pourra être psychotique plus tard, il ne l’est pas au moment où il a ce vécu absolument limité, nodal, étranger au vécu de son enfance, tout à fait désintégré. A ce moment de son enfance, rien ne permet de le classer comme un schizophrène, mais il s’agit bien d’un phénomène de psychose23.

41Lacan qualifie cette non-Bejahung de Verwerfung, puisque « nous ne pouvons pas la mettre, absolument pas, au même niveau qu’une [dé]négation24 ».

42Mélanie Klein situe l’inhibition de Dick au niveau de l'expulsion du sadisme. Le petit garçon, incapable d'opérer la destruction de l'objet par la parole – qui, dans la conception de Lacan, est l'équivalent de la mort de la Chose – se trouve paralysé dans son activité de formation de symboles. De fait, la « destruction de l'objet » dans le système kleinien implique que tel objet puisse résister au delà des projections imaginaires (fantasmes) de l'enfant, c'est à dire, dans un univers symbolique et partagé.

43Il est important de souligner que Lacan ne parle pas de Verwerfung dans le cas Dick et, même dans le cas de l'Homme aux Loups, il observe qu'il ne pourrait pas être un psychotique dans l'enfance. La question du diagnostic de Dick s'est aussi posée pour Mélanie Klein et ne cesse d'être discutée par les psychanalystes de nos jours.

44Par le biais de ce travail nous avons pu montrer comment la métapsychologie freudienne peut aider à comprendre la clinique psychanalytique, bien que nous nous soyons basés sur une relecture lacanienne et sur une observation clinique kleinienne. Les mécanismes de Ausstossung, Verneinung et Bejahung, mobilisés tardivement par Freud, ont été explicitement ou implicitement repris par ses plus importants successeurs pour traiter d'un autre problème qui continue à intriguer les psychanalystes : la constitution psychique.

45Nous croyons que d'autres cas cliniques d'enfants, ou même d'adultes, pourraient se servir de la réflexion ici proposée, dans laquelle la relation d'un tel fonctionnement psychique avec les registres du réel, du symbolique et de l'imaginaire se révèle déjà fructueuse. En revenant sur des textes anciens de Lacan nous pouvons voir que le problème de la constitution subjective a toujours intéressé le psychanalyste et continue à nous intriguer.

Notes de bas de page numériques

1 KLEIN, Mélanie. « A importância da formação de símbolos no desenvolvimento do ego [1930] ». In Amor, culpa e reparação. Rio de Janeiro: Imago, 1996, p. 253 – traduit du portugais par les auteures de l'article.

2 KLEIN, Mélanie. « A importância da formação de símbolos no desenvolvimento do ego [1930] ». In Amor, culpa e reparação. Rio de Janeiro: Imago, 1996, p. 252 – traduit du portugais par les auteures de l'article.

3 FREUD, Sigmund. « Esquisse pour une psychologie scientifique » [1895]. In. La Naissance de la psychanalyse. Paris : Presses Universitaires de France, 1996.

4 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, pp. 95-103.

5 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 81.

6 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 98.

7 HYPPOLITE, Jean. « Commentaire de Jean Hyppolite sur la Verneinung de Freud » [1954]. In LACAN, Jacques. Écrits. Paris : Éditions du Seuil, 1966, p. 884.

8 Cf. LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 83.

9 HYPPOLITE, Jean. « Commentaire de Jean Hyppolite sur la Verneinung de Freud » [1954]. In LACAN, Jacques. Écrits. Paris : Éditions du Seuil, 1966.

10 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 88.

11 Cf. LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 94.

12 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 96.

13 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 96.

14 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 98.

15 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 81.

16 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 83.

17 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 100.

18 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 100.

19 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 95.

20 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 102.

21 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre III : Les psychoses [1955-56]. Paris : Éditions du Seuil, 1981.

22 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 70.

23 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 70.

24 LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975, p. 70.

Bibliographie

FREUD, Sigmund. « Esquisse pour une psychologie scientifique » [1895]. In La Naissance de la psychanalyse. Paris : Presses Universitaires de France,‎ 1996.

HYPPOLITE, Jean. « Commentaire de Jean Hyppolite sur la Verneinung de Freud » [1954]. In LACAN, Jacques. Écrits. Paris : Éditions du Seuil, 1966.

KLEIN, Mélanie. “A importância da formação de símbolos no desenvolvimento do ego” [1930]. In “Amor, culpa e reparação”. Rio de Janeiro: Imago, 1996.

LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre I : Les écrits techniques de Freud [1953-54]. Paris : Éditions du Seuil, 1975.

LACAN, Jacques. Le Séminaire, livre III : Les psychoses [1955-56]. Paris : Éditions du Seuil, 1981.

Pour citer cet article

Angela Vorcaro et Ariana Lucero , « Le Cas Dick et la Constitution du Sujet », paru dans Oxymoron, 5, Le Cas Dick et la Constitution du Sujet, mis en ligne le 27 octobre 2015, URL : http://revel.unice.fr/oxymoron/index.html?id=3623.


Auteurs

Angela Vorcaro

Psychanalyste, membre de l'Association Lacanienne Internationale. Docteure en Psychologie Clinique de la PUC-SP, enseignante du Département de Psychologie de la Fafich/UFMG. Auteure des livres Crianças na Psicanálise (1999) et A criança na clínica psicanalítica.
E-mail: angelavoercaro@uol.com.br

Ariana Lucero

Psychologue, psychanalyste. Docteure en Psychologie à l'Université Fédérale du Minas Gerais ; boursière du CNPq – Brésil. Post-doctorante à l’université Nice Sophia Antipolis et à l'Université Fédérale du Espírito Santo; boursière de la CAPES/FAPES – Brésil.
E-mail : luceroariana@yahoo.com.brr