Oxymoron | 3 Séminaires 2010-2011 

Sabine Balcells  : 

Le réel du rêve ?

Résumé

Nous sommes au premier temps du Stade du miroir (Lacan J.). A ce moment-là, devant le miroir, l’infans fait la rencontre avec cet autre être qu’il ne reconnaît pas encore comme étant son image (Lacan J.), autre spéculaire qui cependant lui répond sous un mode vocal qui restera irrémédiablement silencieux, qu’il cherche à entendre, au croisement donc des pulsions scopique et invocante.
A partir de cette expérience vécue, l’auteure tente de questionner les différents plans du réel qui  se manifestent dans le rêve et le cauchemar, via leur imagerie  et le silence de la voix.
Pour ce faire, elle reprend notamment le rêve de Freud S., l’injection faite à Irma dans lequel le père de la psychanalyse repère l’ombilic du rêve, ce réel du rêve.

Index

Mots-clés : Cauchemar , image, Ombilic du Rêve, Réel, Silence, Stade du miroir, Voix spéculaire

Plan

Texte intégral

1Pour ma part, ce qui a motivé ce travail de réflexion autour du rêve et du Réel provient d’une citation de Charles Melman qu’Ângela Jesuino-Ferreto dans son intervention intitulée « Rêvons-nous de l’objet ? »1 nous rappelle. Nous nous trouvons à cette occasion à la croisée d’une de mes préoccupations concernant la manifestation d’une image très particulière en fonction dans les rêves et les cauchemars et réfléchirons, à notre façon, à cette question que pose cette auteure, à savoir « si l’ombilic du rêve c’est du réel en quoi [ou plutôt comment] est-il différent du réel du cauchemar ? »2.

2Jesuino-Ferreto fait donc référence à cette citation de Melman à savoir « que le rêve, c’est du réel ». À partir de là, elle en vient à distinguer deux modalités du réel qui traversent le rêve : le rêve comme réel et le réel du rêve soit l’ombilic du rêve.

3Dans « Nouvelles études sur l’inconscient » (leçon du 19 février 1985), Melman précise « que les images du rêve ne relèvent pas de l’imaginaire mais du réel »3. Il s’agit, précise l’auteur, ni de semblant, ni d’images dont la fonction serait d’être une représentation. Ces images dans le rêve ont « pour fonction d’attirer le regard du rêveur pour lui donner à entendre tout à fait comme dans le cinéma muet »4. D’entrée de jeu, nous entendons cette première mise en tension de ce qui va être au cœur de notre propos ce soir, le regard et le fait d’émettre, d’entendre le silence d’une certaine voix en lien avec « une non encore image ».

Le rêve comme réel et son ombilic

4Dans le cas du rêve comme réel alors que le sujet dort, le réel se manifeste sous forme d’une imagerie du rêve. Melman semble faire ici référence à Jacques Lacan5 en ce sens que pour lui l’imagerie du rêve est l’envers de la représentation. Dans « L’interprétation des rêves », Sigmund Freud précise que « la pensée du rêve est presque toute faite d’images »6. Le rêve pense à partir d’éléments de perception, d’images sensorielles (images visuelles mais aussi issues d’autres sens).

5Il ne s’agirait pas non plus du registre symbolique, précise Melman, en tant que Freud nous l’indique « le rêve n’a aucun moyen de se représenter les relations logiques entre les pensées qui le composent. »7

6Si le rêve nous renvoie ainsi à ces deux dimensions du réel, nous pourrions entendre le rêve comme réel dans une dimension qui serait alors proche du réel de l’hallucination. C’est bien ce à quoi nous amène Melman. Or, la voix dans les hallucinations pour Lacan est à entendre du côté du réel. Si le réel du rêve est équivalent au réel de l’hallucination sur le plan de « l’imagerie », qu’en est-il alors pour la voix qui émerge dans les rêves ? Afin de respecter le temps imparti, je ne traiterai cette question qui mériterait que l’on s’y arrête un peu plus que brièvement et ce, pour en arriver à l’émergence du silence de la voix sur laquelle je reviendrai tout à l’heure.

7Après cette rapide évocation de ces deux niveaux de réel qui traversent le rêve et son interprétation, Lacan le dit lui-même : « il y a deux opérations faire le rêve, et l’interpréter »8, je vous propose dès maintenant un autre rappel, celui d’un fragment du rêve de l’injection faite à Irma qui conduit Freud à ce point de l’ombilic du rêve, à la croisée du dicible, de l’indicible et du spéculaire.

L’ombilic du rêve et le rêve de l’injection à Irma

8À la relecture de ce rêve très connu de l’injection faite à Irma, j’ai été très étonnée par le fait que le bas de notes rajouté par Freud concernant l’ombilic du rêve dans lequel il indique « j’ai le sentiment que l’analyse de ce fragment n’est pas poussée assez loin pour qu’on en comprenne toute la signification secrète. […] Il y a dans tout rêve de l’inexpliqué9 ; il participe de l’inconnaissable »10 venait à ce moment précis où il regarde dans la bouche ouverte et à ce moment-là silencieuse de cette femme, dans ce mouvement d’intrication des pulsions scopique et invocante11.

« Je l’amène près de la fenêtre, pour examiner sa gorge. Elle manifeste une certaine résistance comme les femmes qui ont de fausses dents. Je me dis : pourtant elle n’en a pas besoin »12. Freud propose cette interprétation à savoir qu’Irma remplaçait (on pourrait même dire « doublait ») dans ce rêve, une amie. Il considérait celle-ci comme plus intelligente et désirable qu’Irma, du fait que cette dernière lui résiste et reste sourde à ses conseils.

9« la bouche s’ouvre bien alors : elle (l’amie) me dirait plus que Irma »13.

10Melman14 de préciser que Freud joue sur deux termes en allemand :

  1. Hals pour désigner la gorge, (que nous pourrions situer du côté de l’objet de désir).

  2. Mundhöhle pour désigner le « trou de la bouche » (que nous pourrions situer du côté de l’objet d’horreur).

11Dans la traduction française, il est question également dans le rêve d’une image nommée « tache blanche » par « Freud », nommée « matité15 » par « l’Ami Léopold ». Matité dans notre langue renvoie au sonore - la matité de la voix -, à un défaut de résonance - un son sourd - ou de transparence - une vitre mate.

12Quant à Lacan, il évoque à cet endroit de l’ombilic la question de l’abîme, l’image de la mort, la tête de méduse. Être médusé, c’est aussi rester sans voix… « Il y a donc, dit-il, apparition d’une image angoissante qui résume ce que nous pouvons appeler la révélation du réel dans ce qu’il y a de moins pénétrable, du réel sans aucune médiation possible, du réel dernier, de l’objet essentiel qui n’est plus un objet mais ce quelque chose devant quoi tous les mots s’arrêtent et toutes les catégories échouent, l’objet d’angoisse par excellence »16.

13Ce qui est très étrange dans ce rêve c’est que cet ombilic soit ici même visualisé sous forme d’image, alors que Freud en certains endroits mentionne le fait que l’irreprésentable se trouve présentifié entre autre par le discours, (et donc la voix qui le supporte).

14Concernant cette imagerie spécifique au rêve, Melman précise qu’elle donnerait à entendre « une mutité fondamentale, une mutité essentielle à tout sujet ». Je rappelle que le circuit de la pulsion invocante, selon Jean Michel Vivès17, se met en mouvement avec le verbe « entendre » qu’il décline en trois temps, être entendu, entendre, se faire entendre sur le modèle de la pulsion scopique tel que proposé par Freud.

15Melman poursuit : « mais dans le rêve pourquoi cette mutité ne prend-elle pas la parole ? », « pourquoi n’y a-t-il pas dans le rêve, du lieu qui est l’ombilic du rêve, un discours articulé qui s’originerait de ce lieu seul ? »18 Dans ce passage, il se réfère au sujet de l’inconscient qui fondamentalement ne peut pas parler. « Chacun de nous éprouve évidemment toutes les aliénations dans le langage dès qu’il ouvre la bouche ». Ainsi, pense-t-il, le rêve est une opportunité « où ce sujet muet qui n’a pas l’organe de la parole, donne néanmoins à entendre »19. « Cette mutité, précise-t-il, témoigne d’une présence vivante. »20

Les signifiants muets

16Il me semble qu’arrivés en ce dernier point des propos de Melman, nous ne sommes pas très éloignés des signifiants muets tels qu’a pu nous le présenter Alain Didier Weill lors de son intervention à l’AEFL21 portant sur le « Temps et la psychanalyse », et dont Vivès a fait un rappel ici en novembre22. Je n’insisterai donc pas sur ce point. Weill par cette dimension du signifiant muet nous a introduits à l’ordre symbolique en tant que muet, en tant que masque de l’instinct de mort. Il rappelle les propos tenus par Lacan, dans le séminaire II.

17« Tant que la reconnaissance symbolique ne s’est pas établie, par définition, l’ordre symbolique est muet. » Cet « ordre symbolique à la fois non-étant et insistant pour être, voilà ce que Freud vise quand il parle de l’instinct de mort comme ce qu’il y a de plus fondamental - un ordre symbolique en gésine, en train de venir, insistant pour être réalisé »23.

18Ce qui m’amène à poser cette question : Si la production du rêve est du côté du réel, et non du côté du symbolique et de l’imaginaire, ne pouvons-nous pas dire toutefois qu’elle est aussi du côté de l’ordre symbolique muet : l’ordre symbolique mis entre parenthèses le temps de la gésine d’un rêve, dont l’insistance pour être entendu puis réalisé ne cesse, dans une adresse, de faire appel ?

19Est-ce que ça vous parle ?

20De façon très inattendue - nous rejoignons là mon travail de recherche24-, c’est qu’une autre scène du réel se trouve convoquée en un autre lieu, en un autre temps. Il s’agit de ce temps inaugural du Stade du miroir (Lacan) lorsque l’infans âgé de 6 mois, se confronte à son image qu’il ne reconnaît pas encore, à ce moment-là, comme telle : il s’agit pour lui alors d’un autre réel (Autre réel ?). Le monde des représentations n’est pas encore, pour lui, d’actualité, son Moi à l’aube de son point d’origine. Dans « Les non dupes errent », Lacan indique que « l’image du miroir, c’est tout à fait réel qu’elle soit inversée, et même avec un nœud, surtout avec un nœud »25. Mais là, du fait que l’image ait déjà ce statut « d’image », nous sommes déjà à un temps plus avancé de ce stade 26.

21Nous voilà donc « face » à trois scènes différentes où le réel donne à voir : le rêve, l’hallucination et le premier temps du stade du miroir, quand l’infans se trouve face à cet autre. Mais dans ce dernier cas, pouvons nous parler de scène ? Nous sommes plutôt confrontés à ce réel nommé Tyché.

Si le réel donne à voir, donne-t-il également à entendre ?

22Nous savons avec Lacan que la voix est du registre du réel dans le cas des hallucinations. Concernant le discours dans le rêve, Freud en distingue deux types différents :

  1. ceux qui se trouvent prélevés de différentes phrases entendues ou prononcées par le sujet, qu’« il les a arrachés de leur contexte et morcelés27»28, qui ont fait l’objet également de glissement de lettres et de syllabes.

  2. d’autres ne donnant pas cette impression d’être entendus ou prononcés (qui n’ont dans le rêve aucun caractère acoustique ou moteur) sont seulement issus de pensées lors de la veille. (rêve d’Irma : « je me dis qu’elle n’en a pas besoin »).

23Ainsi, les paroles qui surgissent dans le rêve ne subissent pas le travail du rêve, elles seraient donc à entendre du côté du contenu manifeste, et du fait de leur morcellement, nous renverraient à un temps archaïque du narcissisme. Pourtant, par ces paroles transite la voix. Édith Lecourt résume ainsi : « le sonore - la parole entendue - constitue un passage entre rêve et sommeil, entre deux moments du rêve. » Pour Freud, rajoute-t-elle « la parole entendue vient souligner le caractère bien vivant (pour le désir) du personnage concerné, tandis que le silence, le mutisme couvrent ce qui a rapport à la mort […] ». 29

24Ce rapport du sonore et du silence de la voix se trouve convoqué au « Stade du miroir.» (Lacan, J.)30 . En effet, lorsque l’infans (puis plus tard le sujet) se trouve face au miroir et qu’il parle, l’autre qui lui fait face, cet autre réel spéculaire lui répond sous un mode silencieux. Cet autre réel spéculaire articule en écho, silencieusement, les mots de celui qui lui parle provoquant un état de sidération voire d’effroi se répercutant sur un versant honto-traumatique que je ne développerai pas ici. L’infans se trouve alors confronté à un retour vocal sous une forme inversée, certes, mais irrémédiablement silencieuse : cet autre du miroir se verra toujours aphone. Il nous faudra faire le deuil, d’ici la fin de ce stade, d’un jour pouvoir entendre la sonorité de sa voix, alors même qu’elle entre dans le circuit invoquant de la pulsion. Véritable faille dans la constitution narcissique mettant notamment à mal le moi idéal. Il en est ainsi de tous les autres qui parlent à l’infans à travers le miroir. Nous pourrions même dire que nous nous trouvons face à un événement extérieur, à ce réel nommé Tyché, sous le versant de la bonne ou plutôt la mauvaise rencontre : cette rencontre d’avec un visage, encore inconnu à l’heure qu’il est, et émettant des sons, des bruits silencieux, des signifiants muets, pouvant nous laisser, par ricoché, sans voix. Cela nous confronte à cet éprouvé, à cette « angoisse de réel »31 qui se manifeste selon Freud, devant toute nouveauté, face au monde extérieur, face à ce qui est étranger.

25Melman stipule que « le monde des perceptions, des représentations vient s’organiser à partir de cette représentation primordiale qui est sa propre image, c’est-à-dire sur le modèle de cette image. ». Or, la constitution de notre propre image, puis la représentation primordiale passent par le prisme de cette « prime » rencontre d’avec l’autre spéculaire, confrontant le Moi à son point d’origine à l’effroi du vide sonore de cette voix, qui s’inscrira en tant que manque dans l’image (visuelle et sonore).

L’étrange voix 32

26Cette étrange voix qui émane de l’A/autre du miroir je l’ai nommée « voix spéculaire ».

  1. Voix car si la voix se fait entendre dans un hoquet, un raclement de gorge, dans le fait de parler, précise Paul Laurent Assoun 33, « la voix est sonore jusqu’au silence »34 indique pour sa part Solal Rabinovicht.

  2. Spéculaire, car cette voix silencieuse ne se soutient que de son émergence à l’Autre du miroir pour ne pas encore dire au Miroir de l’Autre.35

27Comme je viens de l’évoquer, le silence de cette voix se trouve au carrefour des différents « plans » du réel si nous en acceptons une acception plus large que celle proposée par Weill. L’articulation des lèvres en est une des manifestations.

28Cette manifestation, outre les rêves, se repère également dans la symptomatologie, du normal au pathologique, de la métapsychologie à la classification nosographique psychiatrique. Joseph Breuer dans « Études sur l’hystérie » nous fait part de cette observation clinique en la personne d’Anna O, Lacan rappelle les observations de Jules Séglas sur les hallucinations psychomotrices verbales dans le champs de la psychose. Léo Kanner cite ce phénomène dans le champ de l’autisme qui apparaît également dans l’autisme de haut niveau et le syndrome d’Asperger (Tony Attwood).

29Elle est très souvent mise en relief au cinéma, au cinéma muet.

30Si j’ai repéré l’apparition de ce phénomène dans le champ de ma pratique des psychothérapies analytiques, ou d’analyse avec les enfants (séances individuelles ou familiales) -j’y ai même été confrontée dès mes premiers entretiens cliniques alors que j’étais stagiaire à l’hôpital psychiatrique, ouvrant ce champ de recherche-il s’avère qu’elle apparaît très tôt chez l’infans, et ce dès le plus jeune âge. Jean Piaget, par exemple, évoque un schème d’imitation de cette articulation muette acquis chez l’infans dès le 8e mois36.

31Ce mouvement d’articulation des lèvres, selon l’expression « parler à la muette »37, se trouve également dans l’expérience que fait Narcisse avec son image. Cyphise, le cours d’eau, indique de plus Ovide dans "Les métamorphoses", est père de Narcisse. Selon les versions de ce mythe, nous assistons à une véritable incorporation du fils par le père (voire la mère). Serait-ce pour répondre à cette invocation silencieuse, au péril de sa vie, mais à laquelle il ne peut rester sourd, que Narcisse se rapproche trop près de cet autre réel spéculaire et se laisse pér-ir ? La voix d’Écho reste-t-elle la trace sonore du ratage de ce processus de l’incorporation de la voix. En latin, Écho, « Vocis imago », signifie « image de la voix »38.

32J’ai d’abord supposé en tout premier lieu une identification de type secondaire à cet autre réel spéculaire muet, à un trait unaire tel que le définit Freud qui pourrait réapparaître sous forme de symptôme (ou de signe) en une aphonie. Pourtant, il s’avère que ce processus, plus complexe, entre dans celui même du refoulement originaire39. Il se trouve être traité, en partie, par le Point Sourd (concept développé par Vivès) afin que le sujet puisse se rendre sourd à cette voix, que cette voix (et non l’image de Narcisse) puisse être incorporée.

Entre autre réel spéculaire et cauchemar

33C’est dans le champ de la clinique, plus précisément l’autisme de haut niveau, que nous allons nous attarder par l’évocation d’une situation qui met en mouvement cette voix spéculaire en deux lieux, le cauchemar et la rencontre d’avec cet autre du miroir, où la frontière entre veille et sommeil s’efface, et où nous pouvons nous demander sur laquelle de ces « scènes » se trouve le cauchemar. C’est en ce point que l’article de Jesuino-Ferreto a fait résonance à mes préoccupations.

34Jean Claude Maleval mentionne dans son ouvrage « L’autiste et sa voix »40 un cauchemar qu’il a puisé dans le récit autobiographique de Donna Williams qu’elle a fait enfant. Dans ce cauchemar et c’est bien ce qui nous intéresse est mis en mouvement cette voix spéculaire. Il semblerait qu’elle réactualise des expériences traumatiques : la relation à l’Autre maternel ; la relation avec l’Autre du miroir ; le décès de son grand père, qu’elle découvre mort à peu près à la même époque.

Carol, cet autre

35Williams se réveille en sursaut, effrayée, et se trouve face à une poupée. Elle relate :

36« Quelques secondes auparavant, je l’avais vu les mains tendues, les lèvres articulant des mots sinistres que je ne pouvais entendre comme dans une scène de revenants macabres »41.

37Elle précise que sa mère très tôt la considérait, elle Donna, comme une poupée, celle qu’elle n’avait pu avoir enfant. Williams relate les mauvais traitements qui lui ont été infligés par cet Autre maternel, allant, pourrions nous dire, jusqu’à la « dés-articuler ». Elle se réfugie alors dans différents personnages dont Carol. Carol est d’une part, un des personnages que Williams incarnera, d’autre part, cet autre réel spéculaire à laquelle Williams se met à parler et qu’elle cherche à entendre.

38Maleval insiste sur le fait, d’une part, que « le reflet de Donna n’est pas une image : il s’agit toujours d’un être scopique vivant »42 et d’autre part, que dans le cauchemar, la communication verbale se fait sous forme visuelle. Nous notons que Maleval ne parle pas d’« images » (image visuelle/image verbale visuelle).

39Pour ma part, j’insiste sur cette première rencontre spéculaire avec cet autre réel muet, à laquelle nous nous trouvons tous confrontés, comme un support d’identification archaïque en ce temps du narcissisme primaire qui intervient dans la mise en place de l’axe a-a’du schéma L. Pour Williams, cette rencontre traumatique non élaborée, apparaît alors dans ce cauchemar. J’insiste aussi sur la mise en mouvement, face à cet autre réel muet, des registres pulsionnels aux champs du regard et de la voix.

40Nous venons donc, très rapidement toutefois, au travers le récit autobiographique de Williams traversé deux scènes du réel où ce phénomène d’articulation muette, cette voix spéculaire apparaît.

41Nous avons vu aussi avec le rêve de l’injection faite à Irma que l’imagerie et l’invocation silencieuse dans le rêve sont privilégiées, du fait que Freud de par son interprétation même, déduit du silence d’Irma (son amie m’en dirait plus) cet ombilic du rêve. Ce fragment de rêve serait-il une image n’ayant pas bénéficié du travail du rêve tout comme ce procédé déjà utilisé par la voix porteuse de discours, de signifiants comme nous l’avons déjà évoqué afin de présentifier l’irreprésentable. C’est ce même procédé d’ailleurs qui est en cours dans les rêves infantiles, les cauchemars dans lesquels vient se répéter la scène traumatique, comme nous venons de le voir avec Williams.

Du trauma

42C’est très étonnant, n’est-ce pas, car Freud lui-même relate une scène où il se trouve en danger de mort par deux fois « Dans les deux cas, se souvient-il, j’ai pensé : « cette fois c’en est fait de moi », et pendant que je continuais à parler ainsi intérieurement, uniquement avec des images sonores, tout à fait indistinctes et des mouvements de lèvres à peine perceptibles, j’entendis ces mots en plein danger, comme si on me les criait dans l’oreille […] ». 43 Nous sommes en 1891 soit quatre ans avant « Études sur l’hystérie » et quinze ans avant « La signifiance des rêves ».

43Lecourt rappelle l’hypothèse émise par Freud à ce moment-là, à savoir que pour les aphasiques, les quelques mots conservés par le patient seraient être les derniers mots que l’appareil ait formés avant la maladie. Lecourt appuie pour sa part sur l’impact traumatique. Ainsi le passage de la voix entre veille et sommeil pour reprendre la formulation de Lecourt se ferait-elle également via la voix spéculaire ?

44Pour commencer à conclure, je dirai que j’ai été sensible à cette proximité du silence qui apparaît dans l’imagerie du rêve de l’injection faite à Irma, qui nous confronte à ce noyau irréductible de l’indicible et la voix spéculaire émanent de cet a/Autre du miroir alors même que Melman demande pourquoi il n’y a pas d’articulation du point de cet ombilic, alors même que la voix spéculaire nous projette dans une nouvelle dimension du silence, possiblement un quatrième temps de la pulsion de mort, qui permettrait de lier alors les trois registres : R.S. à I. (Weill distingue trois temps de Thanatos : l’abîme, les ténèbres, la nuit).

45Mon étonnement a été encore plus grand, du fait que Freud mentionne dans ce rêve d’Irma, une fenêtre. Nous avons tous fait cette expérience de la rencontre d’avec notre reflet sur ce support, (surface ?) et c’est bien ce que mentionnent à la fois Williams et Freud. Souvent, Williams rencontre par ce support, Carol, et lui parle. Support qui permet à Freud d’introduire la question de « l’inquiétante étrangeté » : vous vous rappelez cet homme qui apparaît dans son champ de vision. Alors qu’il lui demande ou s’apprête à lui demander s’il s’est trompé, il s’aperçoit qu’il s’agit, en fait, de son reflet sur la porte vitrée du wagon dans lequel il se trouve.

46Pour autant, pouvons-nous dire que cette voix spéculaire émerge dans le rêve de Freud ? Avant de répondre à cette question, nous allons d’abord réinterroger l’ombilic du rêve considéré jusqu’à maintenant comme un des points de suture du refoulement originaire.

47Si l’ombilic du rêve est pour reprendre la terminologie de Weill empruntée à Lacan ce « trou réel dans le symbolique », et qu’il révèle « l’existence d’un trou dans la chaîne des signifiants inconscients »44, il s’avère qu’il garde un lien très étroit avec un trou réel, proche semble-t-il cette fois, d’un « trou noir », d’une expérience traumatique (par la perte ou la non-constitution de la zone érogène.), proche du rien. Le trou noir est ce lieu d’une expérience terrifiante, nous fait part Frances Tustin, quand le nourrisson éprouve lors de la séparation d’avec le sein, le sentiment « que « certains aspects de sa propre bouche […] disparaissaient en même temps que la mère et le sein »45.

48Jeffrey Moussaieff Masson46 indique dans un bas de notes de son ouvrage sur la correspondance entre Freud et Fliess, qu’Irma présentifierait Emma Eckstein, opérée de la mâchoire quelque temps auparavant par Fliess, provoquant un trou réel dans la bouche de cette dame. Sa vie a tenu à un fil suite à une rupture d’une gaze restée dans la cavité formée dans le trou buccal (un trou dans le trou). Freud a été très présent auprès de Emma pendant toute cette période, confronté à l’effroi d’un terrible spectacle. Freud lui-même venait de subir par le même médecin une opération de la cavité nasale. La voix - et le regard - sont tous deux, et pour tous deux, mis à dure épreuve.

IMAGE - I.M.A.G.E. ?

49La tache blanche, cette matité ou trou dans la gorge que Freud visualise dans son rêve, relevant de l’indicible, avait-elle pour vocation de traiter, d’imager ce trou noir dont il reste, une fois la zone érogène circonscrite, les toutes premières inscriptions psychiques que Henri Rey Flaud nomme après Freud l’engrammation originelle à savoir « l’inscription de certains éléments traumatiques advenus à des temps ordinairement reculés de la vie »47 ? Nous nous situons au temps pré-spéculaire, au stade originel des sensations, des empreintes imprimées du langage, soit la toute première symbolisation du Réel. La surface du corps en est le support, précise l’auteur, pour « se constituer comme corps sous l’effet de ces premières impressions »48. S’agit-il de ranimer cette zone érogène (et le désir) amenant Freud alors à jouer avec les signifiants allemands Gorge / trou de la bouche selon la traduction de Melman ? Lui-même use du terme de « mutité » qui en médecine évoque notamment une privation de la parole suite à une lésion organique de l’appareil de phonation.

50Dans le cas du rêve comme réel nous pourrions alors dire qu’il se constituerait à la condition d’un trou dans l’image et donc dans le réel (puisque l’imagerie du rêve n’appartient pas au registre de l’imaginaire), permettant l’accroche avec le symbolique sous forme de cet ordre symbolique muet en attente de venir et à partir duquel la lettre appelle. Lacan précise que l’image inversée a un nœud. Ce nœud, me semble-t-il, deviendra le point de jonction qui autorisera le travail du rêve, permettra de tisser sa trame dans le réel par la mise en rébus - sous forme d’images et de lettres - des représentations.

51Se pose la question maintenant de savoir si dans le cauchemar nous avons à faire au même type d’image. Nous ne pouvons exclure qu’elle fasse partie du réel, mais il s’agirait d’un réel dont la fonction tychique a échoué à faire trou dans l’image qui se répéterait alors sous une forme de logorrhée d’images (visuelles, olfactives, etc.). La rencontre avec cet autre réel muet à ce premier temps du stade du miroir, alors que l’image n’est pas encore constituée, serait-elle à la base d’un premier nouage, d’un premier noyau permettant le passage du rien (avant donc l’engrammation originelle) à la constitution du réel en tant que scène via cette i.m.a.g.e.r.i.e du cauchemar (une image tychique ?)

52Williams et même Freud nous y amènent.

53Dans son cauchemar, et de par son organisation psychique ou sa position subjective, Williams n’arrive pas à accéder aux autres phases du stade du miroir ; elle reste « coincée » au deuxième temps de la pulsion invocante troumatisme (Weill) ; elle tente d’incorporer cette/ces expériences traumatiques, tente de faire tenir l’image par une répétition des scènes effroyables réellement vécues.

54Une tension apparaît entre l’échec de l’incorporation de la voix qui fait retour dans le cauchemar par le réel de la voix spéculaire et la constitution d’une image qui se met à articuler ces mots sinistres et silencieux, comme sur une scène dit-elle, comme pour tenter de trouer par du symbolique ce réel.

55Le point de l’ombilic - la tache que visualise Freud - fait défaut chez Williams : peut-être ne fait pas défaut, mais est en défaut : ce même point semble se « démultiplier » provocant possiblement cette ouverture/fermeture de la bouche confrontant à chaque ouverture Williams à cette horreur. Il n’y a pas d’autre voix possible - je précise bien à ce moment-là pour elle que celle issue du miroir peut être du fait que le sujet fasse défaut (il n’y a pas de Je du sujet et donc d’immixtion de sujet dans ce cauchemar, seulement une poupée en ce lieu de l’autre, il n’y a pas non plus d’Autre maternel pour la sortir de la captation du miroir).

56Dans le cas du rêve d’Irma et pour Freud, cette incorporation de la voix spéculaire semble avoir réussi. S’il flirte avec une entrée dans un espace non spéculaire, il arrive à dépasser cette régression topique pour en arriver à formuler cette question du désir via la voix du sujet muet qui cherche à se faire entendre (Melman) et à élever cette imagerie au statut de rêve. L’opération du refoulement originaire a fonctionné contrairement à Williams.

57Nous pouvons, avec toutes les précautions d’usage, penser que s’il amène près de la fenêtre Irma, cette question de l’image spéculaire et du silence de la voix est soulevée dans le rêve mais reste un fragment qui échappe à l’autoanalyse. Ce point participerait alors à cette insertion de Freud concernant cet ombilic. S’il ne se réveille pas, comme le fait remarquer Lacan c’est qu’il a mis, dans le rêve même, des filets pour se protéger de l’effroi de cette voix, l’image pour lui « tient », le désir aussi : C’est d’ailleurs bien en ce point que Melman relève ce changement de signifiant chez Freud.

58Un dernier mot, au sujet de la question de l’accomplissement de souhait, de désir, qui a rendu ce rêve d’Irma célèbre. Il est important de rappeler, me semble-t-il, que Freud précise que pour les rêves des névroses du fait d’accident, il ne peut être question de l’accomplissement de souhait, de désir en tout cas pas dans un premier temps. Il en est de même précise-t-il dans « Au-delà du principe de plaisir » pour « […] les rêves survenant dans les psychanalyses qui nous ramènent le souvenir des traumas psychiques de l’enfance. »49

59Ces rêves ont une autre tâche, selon le terme même de Freud, et qui autorise l’équivocité du signifiant [tache] dans notre langue. Ils cherchent à procéder au rattrapage de la maîtrise du stimulus : un des stimuli externes évoqués par Freud est : la voix.

60Paul Laurent Assoun pour sa part, indique que « Le trauma primitif, c’est qu’un visage étranger fasse ainsi effraction dans l’espace qui va donner le modèle de tout « cauchemar »50. Si nous considérons le premier visage étranger comme étant celui de cet autre réel spéculaire muet, une fois le premier effroi consécutif à ce retour d’articulation des lèvres sous un versant silencieux surmonté dans le meilleur des cas par le bébé, celui-ci alors âgé de huit mois, pourra répondre par de l’angoisse à un étranger (René Spitz) nettement moins effrayant du fait d’avoir réussi à incorporer la voix spéculaire : processus qui se traduit par la possibilité d’une imitation (Piaget) ou identification (Freud) et que la voix soit arrimée à l’autre : Williams en effet indique qu’elle n’est pas en mesure d’arrimer la voix à l’autre. Par exemple au lieu de dire parlant de la vraie Carol qu’elle a rencontré un jour dans un jardin : « Carol dit » ;

61Williams de dire : « La voix dit ».

Notes de bas de page numériques

1  JESUINO FERRETO A., « Rêvons nous de l’objet ? » article du 13/02/2010  consultable sur : http://www.freud-lacan.com/Champs_specialises/Theorie_psychanalytique/Revons_nous_de_l_objet

2  Phrase exacte formulée par  Jesuino Ferreto : « par exemple si l’ombilic du rêve c’est du réel en quoi il est différent du réel du cauchemar ? Ou plutôt, comment ? »

3  MELMAN C., Nouvelles études sur l’inconscient, Séminaire 1984-1985, Bibliothèque du Trimestre Psychanalytique, Association Freudienne, Paris, 1990, p 127

4  MELMAN C., Ibid, 127

5  LACAN J., Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, Editions du Seuil, Points Essais, St Amand Montrond, 1990, p 70

6  FREUD S, L’interprétation des rêves, PUF, Paris, 2è édition, 1967, p 51

7  FREUD S., L’interprétation des rêves,  Ibid,  p 269 : citation de Freud : « Quelle forme peuvent prendre dans le rêve les « quand », «  parce que » , « de même que » , « bien que », « ceci ou cela », et toutes les autres conjonctions sans lesquelles nous ne saurions comprendre une phrase ni un discours ? »

8  LACAN J., Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Edition du Seuil, Lonrai, 1978,  p 183/184

9  Melman précise que « inexpliqué »  aurait dû être traduit par « ombilic » : il y a dans tout rêve, un ombilic, un inconnaissable.

10  FREUD S., Ibid, p 103

11  Pulsion invocante ou invoquante selon les auteurs, la graphie « qu » étant souvent usitée par A.D. Weill.

12  FREUD S., Ibid,  p 102

13  FREUD S., Ibid, p 103

14  MELMAN C., Nouvelles études sur l’inconscient, Ibid,  p 156

15  Source CNRTL, consultable sur site internet : http://www.cnrtl.fr/

16  LACAN, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, Ibid, p  196

17 VIVES J.M., Lavocation mélancolique in  Le phénomène lacanien : quelle transmission pour la psychanalyse aujourdhui, séminaire de lAEFL, 2003-2004, p 155/164

18  MELMAN C., Nouvelles études sur l’inconscient, Ibid,  p 127

19  MELMAN C., Ibid, p 127

20  MELMAN C.,  Ibid, p 127

21 WEILL A.D., « Le sinthome et le temps. Le réel orienté » , in Le temps et la psychanalyse, Séminaire de psychanalyse 2008-2009, A.E.F.L., Association Lacanienne Internationale, p 177 à 187 - Cf. aussi : « Le symboliquement réel n’est pas le réellement symbolique », in Revue Insistance, consultable sur: http://www.insistance.org/news/103/72/LE-SYMBOLIQUEMENT-REEL-N-EST-PAS-LE-REELLEMENT-SYMBOLIQUE/d,detail_article.html

22 VIVES J.M., « Prenez vos rêves pour la réalité ! », in L’inadmissible, Séminaire de psychanalyse 2010-2011, A.E.F.L., Association Lacanienne Internationale, p 81 à 90

23  LACAN J., Ibid, p 375

24  Thèse de doctorat sous la direction de Delphine SCOTTO DI VETTIMO et Serge LESOURD, Laboratoire du LIRCES, UNSA, « Itinéraire clinique et métapsychologique de la honte et du trauma à l’appui du stade du miroir : quand la voix fait silence »

25  LACAN J., Les non-dupes errent, Séminaire 1973-1974, Editions de l’ALI, Publication Hors Commerce, p 15

26  soit au  2è voire au 3è temps : au 2è temps : il s’agit de la reconnaissance d’une image, au 3è temps, qu’il s’agit de la reconnaissance de cette image comme étant la sienne. L’enfant est alors âgé de 18 mois, c’est le temps aussi du jeu fort da.

27 Souligné par nous

28  FREUD S., L’interprétation des rêves, Ibid,  p 357

29  LECOURT E., Freud et le sonore, L’harmattan Paris, 1992, p 151

30 LACAN J., « Le stade du miroir comme formateur de la fonction du Je, telle qu’elle nous est révélée par l’expérience psychanalytique », in Ecrits 1, Ed. du Seuil, 1966

31  FREUD S.,  Vue d’ensemble des névroses de transfert, Editions Gallimard, Millau, p 34

32  VILA-BALCELLS S., L’étrange voix, Mémoire de Maitrise 2003/2004, sous la direction de JM VIVES, UNSA.

33  ASSOUN P.L.,  Le regard et la voix, Leçons de psychanalyse, 2è édition Economica, 2001, p 7

34  RABINOVITCH S.,  Les voix , Point hors ligne, Erès, Ramonville, Saint Agne, 1999, p 4

35  En effet, selon les remarques, qui s’avèrent très pertinentes, de Mme JURANVILLE Anne, lors d’un groupe de travail universitaire en M2R, nous ne pouvons plus exclure,  la question de l’Autre maternel.

36 PIAGET J., La formation du symbole chez l’enfant, Lausanne, Delachaux et Niestlé,1994, p 37

37  Parler à la muette : « Parler (ou un terme du même paradigme) à la muette. S'exprimer sans s'accompagner de la voix, en usant de mimiques ou en articulant sans phonation ». Définition proposée sur le site CNRTL : http://www.cnrtl.fr/definition/muette

38  RICHELET P., Dictionnaire de la langue françoise ancienne et moderne, nouvelle édition corrigée et augmentée d’un grand nombre d’article, Tome 1, A Basle, chez  Jean Grandmuller, MDCCXXXV , p 792

39  BALCELLS S., L’étrange voix (2), Mémoire de recherche Master 2 Recherche, 2009/2010, Directeur de recherche JM VIVES, UNSA.

40  MALEVAL J.C., L’autiste et sa voix, Editions du Seuil, Paris, 2009

41  WILLIAMS D., Si on me touche, je n’existe plus , Editions Robert Laffont, J’ai Lu, n° 3445, 1992,  p  80

42  MALEVAL J.C., L’autiste et sa voix,  Ibid,  p 282/283

43  FREUD S., Contribution à la conception des aphasies, PUF, Paris, 2002, p 112

44  WEILL A.D., Un mystère plus loin que l’inconscient, Flamarion, Département Aubier, Paris, 2010, p 18

45 TUSTIN F., Les états autistiques chez l’enfant, Editions du Seuil, CouleurPsy, 2003, p 157 : citation de D.W. Winnicott . in De la pédiatrie à la psychanalyse, Paris, Payot, 1971, citation reprise également par REY-FLAUD H., L’enfant qui s’est arrêté au seuil du langage, Mayenne, Aubier, 2008, p 147

46 FREUD S., Lettres à Wilhelm Fliess, 1887-1904, Edition Complète sur la base de l’édition américaine établie par J.M. MASSON, PUF, 2007 : Cf. notamment « lettre 56 du 8 mars 1895 » et « lettre 57 du 13 mars 1895 »

47  REY-FLAUD H., Ibid, , p 47 : citation de Freud tirée de  « La naissance de la psychanalyse » , lettre à Fliess du 10 mars 1898, PUF, Paris, 1986, p 218

48  REY-FLAUD H.,  Ibid,  p 227

49  FREUD S., Au-delà du principe de plaisir, in Œuvres complètes, XV, 1916-1920, PUF, Vendôme, 2è édition, 2002, p 304

50  ASSOUN P.L.,  le préjudice et l’idéal, Anthropos, Paris, 1999, p 48

Pour citer cet article

Sabine Balcells, « Le réel du rêve ? », paru dans Oxymoron, 3, Le réel du rêve ?, mis en ligne le 07 février 2012, URL : http://revel.unice.fr/oxymoron/index.html?id=3366.


Auteurs

Sabine Balcells

Sabine Vila Balcells. Psychologue clinicienne, Doctorante en Psychologie à l’Université de Nice - 2è année, 26 avenue Saint Sylvestre - 06100 Nice