Oxymoron | 1 2009-2010 Création(s)-Sujet(s), Penser la Clinique. 

Zaineb Hamidi  : 

Entre psychologie et psychanalyse

Peut-on faire acte des injonctions institutionnelles ?

Résumé

« Il faut travailler avec lui la question du père », « Il faut faire en sorte qu'il retourne à l'école », « Il faut aider cette jeune fille à se réconcilier avec son corps », « on doit absolument lui faire arrêter ces conduites à risque »... Et j'en passe. Ces « il faut », « on doit », on peut les entendre de toutes institutions : famille, scolaire, sociale, médicale, sociétale... Ils traduisent un « je sais mieux que lui ce qui est le mieux pour lui », moralisateur, infantilisant dans le sens d'un retour à l'infans, celui qui ne parle pas. Or c'est par la parole que quelque chose de la Vérité peut arriver jusqu'au sujet de l'inconscient. Sans parole, l'expression de la subjectivité est-elle possible ? Entre ceux voulant faire autorité et ceux semblant détenir un savoir presque omniscient « je sais pourquoi tu fais ça, et si je ne le sais pas, je sais au moins ce que tu dois faire maintenant »... beaucoup d'adolescents semblent ne plus pouvoir si facilement traverser leur crise... et comment alors peuvent-ils se réaliser ? En se conformant aux injonctions ? En se rebellant ? En trouvant des compromis ? Ils en trouvent, ce sont les symptômes... mais ceux-là ne conviennent pas... puisqu'ils empêchent notre jeune patient de se conformer au Jeune Idéal d'un imaginaire collectif dans lequel il aura souvent du mal à se retrouver...

Cet article tentera de répondre au comment conjuguer avec ces modalités que sont autorité, savoir et réalité pour toujours être au service du sujet de l'inconscient et de la Vérité de son désir, notamment face à des jeunes sujets qui « choisissent » l'errance psychique plutôt que d'être assignés et fixés à une place dans laquelle ils ne se reconnaitraient pas.

Index

Mots-clés : Acte , adolescent, autorité, institution, psychanalyse

Plan

Texte intégral

Introduction

1Lors de ma dernière année d'étude en psychologie, je discutais avec un étudiant de ma promo et un enseignant, de politique et notamment d’une personnalité voulant imposer sa pensée à tous en prônant qu'il savait (d'avance) que son plan marcherait. Au décours de la discussion l'enseignant nous dit : « Il n'y a pas d'Autre de l'Autre ». L'étudiant à mes côtés lui répond du tac au tac : « Et la Vérité appartient au Réel ». J'appréhendais le moment où ils se tourneraient vers moi pour entendre une réplique, et vue que je ne savais pas ce que cela pouvait signifier je répondis assez spontanément : « Je ne répondrais qu'en présence de mon avocat »... en présence de quelqu'un qui pourrait soutenir ma parole là où je me sentais très conne... Et au lieu de connerie cela a été perçu comme un trait d'humour. Comme le dit Lacan dans son séminaire « l'acte analytique »1, connerie, trait d'esprit ou manifestation inconsciente, cela dépend surtout du Grand Autre et de la manière dont cela sera (ré) entendu par le sujet. Pour le dire rapidement, le Grand Autre est le lieu d'accueil de la parole, qui renvoie le sujet à son propre message (sous forme inversée dira Lacan). Par exemple si l'un dit à l'autre « Tu es mon maître », le message qui lui reviendra du Grand Autre c'est « je suis ton disciple ». (Si) tu es mon maître (c'est que) je suis ton disciple. Cet Autre est incarné par un autre sujet ou un discours. Et finalement là où j'aurais pu (ne) paraître (que) conne, c'est un trait d'humour qui a été entendu.

Clinique ?

2Comment conjuguer avec ces modalités que sont autorité, savoir et réalité pour toujours être au service du sujet de l'inconscient et de la Vérité de son désir ?

3Comment être clinicien en institution, conjuguer avec les différentes attentes et injonctions (institution, écoles, famille, société,...), notamment face à des jeunes sujets qui « choisissent » l'errance psychique plutôt que d'être assignés et fixés à une place dans laquelle ils ne se reconnaîtraient pas. Et ce sans déroger à notre fonction d'être au service du sujet, du désir (puisque nous référant à la psychanalyse) mais aussi à notre statut d'« employé ». À la signature d'un contrat, le clinicien ne reconnaît-il pas là une autorité ?

4Initialement le titre débutait par : « Entre psychologie clinique et psychanalyse »

5Entre psychologie et psychanalyse, qu'y a-t-il ? Qu'est-ce qui pourrait les joindre ? C'est le signifiant qui manque... à savoir ici, le mot « clinique ». Mais pas n'importe laquelle, pas la clinique qui se limite aux relations duelles telle celle du médecin, ou de certains autres qui se disent (et c'est leur droit) cliniciens parce qu'ils rencontrent des personnes et que leurs comportements ont des effets sur ceux de celles-ci. Non pas cette clinique donc mais celle où il y a du tiers, de l'Autre, du non maîtrisable, quelque chose qui échappe, de l'inconscient ; celle où il y a du signifiant du manque...

6Sans transition et sans trop développer, nous dirons que l'institution est le fait d'instituer (d'ériger) quelque chose et la chose ainsi instituée. Le fait d'ériger demande de diriger car il faut se maintenir dans le cadre et la dynamique de l'institution dans laquelle on évolue... Que peut-il donc y avoir de singulier, de subjectif dans une institution qui ne peut penser, pour son bon fonctionnement, que le collectif ? Un mouton déviant risque d'entraîner le troupeau dans des chemins non tracés, imprévisibles et parfois dangereux. Soit celui qui met le cadre, qui dirige, à savoir le berger, parvient à remettre sa brebis dans les rangs ; soit... bon appétit ! Mieux vaut en sacrifier un que de risquer de perdre le groupe...

7Je ne développerai pas non plus ce qu'est ou pourrait être un acte notamment psychanalytique car les intervenants qui m'ont précédée l'ont très bien dit, chacun à sa manière. Je dirai simplement qu'un acte (psychanalytique) est ce qui permet le franchissement d'une impasse (psychique). Il permet, à un point d'aporie (quand le raisonnement arrive à une contradiction non résoluble), de dialectiser les conflits intrapsychiques, donc de les dépasser en se déplaçant (d'aller d'un point A vers un point B pour revenir en A'). Peut-on donc faire acte des injonctions institutionnelles ?

8Cette question, lorsque l'on est clinicien en institution on peut se la poser. On s'invente des réponses, ou on n'ose pas tenter d'y répondre pour peu que la réponse soit « non », et on se dit qu'on y arrive, à se référer toujours à la psychanalyse et son éthique. Ce dernier terme revient souvent, mais que signifie-t-il ? Pas la même chose selon qui l'énonce. L'éthique serait-elle de ne pas céder sur son désir, ce dont, nous dit Lacan, on pourrait se sentir coupable ? L'éthique du psychologue clinicien est-elle celle du psychanalyste ?

9L'appel éthique de Kierkegaard « deviens ce que tu es. Tu ne l'es réellement qu'à le devenir en propre, qu'à en faire ta propre possibilité », rejoint le surmoi éthique incarné par l'Autre de l'analyste : « sois ce que tu dois être sinon tu ne seras rien »2. Mais en institution en tant que psychologue, désire-t-on que le sujet désire ou que le patient aille mieux ?

10« Il faut travailler avec lui la question du père », « Il faut faire en sorte qu'il retourne à l'école », « Il faut aider cette jeune fille à se réconcilier avec son corps », « on doit absolument lui faire arrêter ces conduites à risque »... Et j'en passe. Ces « il faut », « on doit », on peut les entendre de toutes institutions : famille, scolaire, sociale, médicale, sociétale... Ils traduisent un « je sais mieux que lui, ce qui est le mieux pour lui », moralisateur, infantilisant dans le sens d'un retour à l'infans, celui qui ne parle pas. Or c'est par la parole que quelque chose de la Vérité peut arriver jusqu'au sujet de l'inconscient. Sans parole, l'expression de la subjectivité est-elle possible ? Une subjectivité qui ne saurait s'exprimer donc qui n'aurait d'entendeur, serait-elle encore subjectivité ? Entre ceux voulant faire autorité et ceux semblant détenir un savoir presque omniscient « je sais pourquoi tu fais ça, et si je ne le sais pas, je sais au moins ce que tu dois faire maintenant »... beaucoup d'adolescents semblent ne plus pouvoir si facilement traverser leur crise... et comment alors peuvent-ils se réaliser ? En se conformant aux injonctions ? En se rebellant ? En trouvant des compromis ? Ils en trouvent, ce sont les symptômes... mais ceux-là ne conviennent pas... puisqu'ils empêchent notre jeune patient de se conformer au Jeune Idéal d'un imaginaire collectif dans lequel il aura souvent du mal à se retrouver...

11Conditions de vie, représentations sociales, lien social ont évolué, parfois même sont radicalement différents d'un temps à un lieu... Mais la Vérité, celle dont quelque chose échappe toujours, l'énigme, la question des origines, se sont-elles, elles, modifiées ? Certes non, mais le rapport à ces questions et la manière dont elles s'énoncent par les comportements et au travers des discours, s'ils renvoient toujours à quelque chose de l'expérience à l'endroit de la Chose ou plutôt de son vide, semblent insignifiants, aussi vidés du symbolique que l'est cette béance à laquelle on se confronte mais dont on ne peut plus rien savoir – faute de le vouloir ?

12Selon Lacan, le bébé vient au monde dans « un bain de langage »3 ; il naît dans un système de signifiants, un système de représentations symboliques qui le précède. Le sujet émerge dans un monde déjà structuré et organisé. Dès lors, qu’il s’y inscrira, il sera divisé par le langage : quelque chose du Réel, mais aussi de sa Vérité (celle de son désir, d'être un sujet désirant), et de l’inconscient lui échappera toujours. « Le mot est le meurtre de la chose »4, le mot ne dit pas la chose, il la représente. Lorsqu’on dit le mot « table » on ne pense pas La Table, l’absolu de la table mais la table par exemple à laquelle on s’attable pour le déjeuner, et par analogie, les objets qui ont été créés pour la même utilité ou qui pourraient être utilisés comme tel, on va les rapprocher de cette table familière. C’est ainsi que le système représentationnel fonctionne : ramener l’inconnu à du connu, saisir quelque chose du Réel par l’appareil symbolique, par la pareille, à savoir un représentant symbolique ou une représentation imaginaire.

13L’inconscient, nous dit Lacan, « est un savoir sans sujet ». Si l’on part d’une méthodologie philosophique qui nous dit qu'un savoir objectif quant à soi est impossible, peut-être peut-on mieux comprendre les choses.

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14Pour se représenter soi-même objectivement, il faudrait que l’on puisse se voir de l’extérieur de soi-même, sans être pris par soi ni être au prise avec soi-même, et comme on le voit dans le schéma, si

15l’on tente de se poster de cette manière, il manque quelque chose… Le sujet ne saurait se saisir lui-même que par les effets d’une rencontre et par les signifiants qui vont le représenter.

16Pour advenir donc, en tant que sujet, doit-on passer par l’acceptation (Bejahung) de cette division (le représentant ne pourra pas tout dire du sujet mais en dira quelque chose) et la renonciation à la jouissance de la complétude, du lieu de la Chose – qui échappe à toute représentation.

17« Au commencement était » le langage ? ou La Chose ? Le langage ne pourrait exister sans le trou de la Chose. C’est parce qu’il y a de l’inconnu que le symbolique est là pour le dire, mais il ne pourra pas tout le dire. À l'inverse, c'est bien par l'expérience d'un symbolique incapable de tout saisir du Réel, que La Chose existe à nous notamment dans sa nature irreprésentable. Le langage nous représente donc aussi l’irreprésentable, ce qui lui échappe. « Wo es war, soll ich werden » disait Freud. « Là où c'était, ''je'' doit advenir » traduit Lacan. Là où était la Chose, est désormais un savoir troué, trou duquel le sujet émergera, sujet dont le « Je » sera le représentant discursif.

18Le psychisme se construit autour d'un vide : celui de la Chose. Le refoulement primordial selon Oury serait l'oubli de la perte de ce qui laisse béante la place désormais vide de la Chose. C'est par ce vide originaire que sera possible la substitution métaphorique d'un signifiant à un autre, qui viendra d'abord représenter le vide d'un objet originaire, inaccessible et innommable. Pouvoir faire avec ce vide, c'est pouvoir assumer l'ouverture à l'Inconnu, créer de l'espace et du rythme. Ce vide n'est pas figé, il circule comme par exemple dans le Jeu du Taquin. Quels que soient les créations, l'organisation et l'agencement des éléments psychiques, ils ne seraient possibles que parce qu'il y a du vide, quelque chose de l'ordre de la gestaltungen, de l'enforme, une forme en formation jamais finie. Cette ouverture permet que le psychisme soit toujours en changement, et qu'il s'adapte à celui du monde.

19Sur le modèle de Winnicott, nous pourrons dire qu’à l’œuvre dans la dynamique psychique, est l’intégration d’un vide dans l’espace pour que puissent s’agencer les différents éléments psychiques, vide permettant le « jeu »5 au double sens du terme : sans « jeu » pas de déplacement possible (une porte s'ouvre et se ferme parce qu'il y a du jeu) ; et le jeu qu'est-ce si ce n'est de la création ? Le jeu du Taquin peut illustrer cette polysémie : il s'agit d'un puzzle dont une pièce manque. En fait elle ne manque pas, et c'est la particularité de ce jeu. La place vide est une pièce essentielle du jeu au même titre que les autres. Il s'agit de reformer un dessin « cohérent », conforme au modèle, par le déplacement des pièces, déplacement permis par cet espace vide. Peu importe la manière dont chaque pièce reviendra à sa place, le but est qu'elles y reviennent. Si le cadre du jeu du taquin représentait l'institution, il permettrait de délimiter un espace où se déployer. L'objectif de ce cadre n'empêchera pas le déplacement mais le renoncement à occuper toutes les places (nous le verrons avec la question de l'autorité). Chaque pièce représenterait un membre de l'institution. Si la place peut changer, la fonction reste la même : les pièces ne sont pas interchangeables mais peuvent se déplacer. Et le vide ? Ce serait au clinicien non de l'occuper cette place vide, mais de l'incarner (ou la créer), pour que chacun puisse traverser cet espace afin de trouver sa place. C'est tant par le vide, par l'agencement des pièces et des pièces elles-mêmes, par le cadre et l'articulation de tout cela ensemble que le bloc est uni... Il s’agira alors, dans une institution, de rétablir la capacité de jouer là où elle fait défaut, de mettre en « jeu » et du jeu, introduire de l’espace dans l’espace afin que puissent naître du psychisme toutes ses créations qui lui permettront la dynamique nécessaire à sa survie.

20Lacan assigne la place vide de la Chose au lieu de l'Autre et l'écrit S(A), signifiant du manque dans l'Autre, l'Un-en-moins. Le manque s'inscrit dans l'Autre qui ne saurait être absolu :

21« Ce qui donne sa consistance au Symbolique, c'est qu'il n'y a pas d'Autre de l'Autre », il n’y a  pas d’instance qui saurait tout sur tout de tout. « La Vérité appartient au Réel », elle ne peut que se mi-dire d'où un savoir troué.

22« L'inconscient c'est le discours de l'Autre »6. Le Je représentant discursif de la subjectivité, s'établit à partir des discours extérieurs auxquels il s'est en tout ou partie identifié, dans lesquels il se reconnaît. L'infans (celui qui ne parle pas) est très tôt confronté à la frustration (manque imaginaire d'un objet réel) : aussi bien dans ses paroles que dans ce qu'elle lui offre, l'Autre maternel anticipe les connaissances de l'infans. Cette frustration créée est due à l'interprétation que l'Autre maternel fera des actions de l'enfant. Actions deviendront réactions lorsqu'il passera « du cri pur » au « cri pour » ; et lorsque le besoin se fera ressentir, l'enfant fera alors sienne cette frustration, qui pourrait devenir, notamment à l'adolescence, intolérable. Tout comme les paroles de la mère anticipent sur ce que l'infans peut en comprendre ou en connaître, les discours sociaux, religieux, historiques, scientifiques... dans lesquels il va naître auront les mêmes effets. Ces discours fondés en certitude, en savoir non troué, se voudront Vérité pour le sujet qui s'y référera.

23La Vérité serait-elle à entendre du côté d'une définition donnée par Heidegger : aletheia « dévoilement » ? Qu'est-ce que la vérité, à quoi se réfère-t-elle ? On pourrait dire qu'il s'agit de la Vérité du désir ou de l'inconscient, mais pas seulement. Serait-ce le psychisme en tant qu'il est symptôme c'est-à-dire formation de compromis entre le singulier et le collectif ou l'universel ? Entre le subjectif et l'objectif ? Entre réalités interne et externe ? Le conscient et l'inconscient ? Les manifestations et relations entre tout cela ? Cela fait beaucoup de choses et une liste exhaustive ne serait pas possible tant la Vérité recouvre de choses, de phénomènes, de processus, d'instances... ça irait de l'intrapsychique à l'intersubjectif. Un mot que j'aime à employer est le terme emprunté à la phénoménologie, le dasein – l'être-là, ou pour le dire rapidement, mais c'est joliment dit : sa façon-d'être-au-monde, à-l'autre, à-soi. Et l'on peut comprendre qu'on ne saurait tout le dire ce dasein puisqu'en partie s'éprouve....

24Et la réalité ? Quelle est-elle ? Freud distinguait réalité interne (psychique en partie inconsciente, fondée de représentations et d'affect) et externe (qui subsume les objets et le corps au sein d'une société). Freud propose d'étudier et d'analyser le lien entre l'une et l'autre, leur rencontre pouvant mener à une contradiction. La réalité c'est ce qui du Réel est lisible par le prisme fantasmatique, c'est-à-dire mêlé de Symbolique et d'Imaginaire. Nous pourrions l'illustrer par l'allégorie platonicienne de la caverne. Des hommes dans une caverne dos au jour (au soleil de la vérité), ne peuvent voir que leurs ombres projetés sur le mur, et n'entendre des sons que les échos. Ils croiront, puisqu'ils n'auront jamais rien vu d'autre, que ces ombres sont le Réel, l'ordre naturel. Si l'un d'eux sort, il sera d'abord ébloui par le Réel, frappé par lui. Puis au fur et à mesure, il comprendra qu'il ne peut regarder directement le soleil (sans risque) et ne verra les objets non dans ce qu'ils sont, mais éclairés par le soleil, et le soleil par les objets regardés. Cette image qu'il se fera (Imaginaire), et l'imagé qui en découlera lorsqu'il en parlera (Symbolique) se construiront en un système de représentations et de représentants. Cette nouvelle réalité l'éclairera sur l'expérience de la caverne dans sa nature de non réelle, de représentation. Si ensuite, il retourne dans la caverne, ce ne sera plus sa réalité, ces ombres et ces échos, et ses camarades restés en souterrain ne le croiront peut-être pas, eux qui ne connaissent que leur réalité... Et pour qui viendrait de l'extérieur : à coup sûr il prendrait ces hommes des cavernes pour des fous (ou des cons).... puisqu'il n'aura pas accès à leur réalité et à ce qu'ils mettent comme sens sur ces ombres et ces échos....

25L'Homme va être tout au long de son existence traversé par des crises dans et par lesquelles il peut se sentir être (lui-même) ou au contraire s'annihiler en tant que sujet (Krisis : apparaître sous son véritable jour, dans l'expérience du vide et de sa finitude). Ces crises découlent des rencontres avec le Réel (l'impensable) et l'altérité (l'imprévisible), et le langage ne viendra dompter ces irreprésentables que dans l'après-coup. Coup car il s'agit bien d'un choc que l'on prend à chaque fois que l'ordre représentationnel est traversé par ce « encore jamais présenté », c'est pour cela que l'on doit se le re-présenter. Le dévoilement de ce vide dans la représentation, nous dévoile à notre propre sort d'être-pour-la-mort : plus donc d'ouverture à la possibilité de rendre possible (possibilisation selon Maldiney) mais à « la possibilité de pouvoir ne pas être là » (Heidegger). Josée Leclerc7 nous éclaire sur ce qu'il en est du moment de la rencontre. Le sujet est « atteint » par ce qu'il ne se représente pas car se présente pour la première fois. Cette atteinte entraîne un dessaisissement provisoire de soi : autrement dit, une perte tant des limites que des repères habituels, qui conduit inexorablement le sujet à tenter de réduire l'objet de la Darstellung (présentation) à un produit d'élaboration psychique, une représentation. L'effet de dessaisissement, de désubjectivation provisoire est assimilable aux phénomènes psychotiques pendant lesquels le sujet s'ignore sujet, inconscient de lui-même, renvoyant pour un temps l'inconscient à ce qu'il est : un savoir sans sujet.

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Le sujet se retrouve donc au prise avec le Réel.

Ce qui se présente pour la première fois ne trouve ni écho ni place dans le champ de la signification ni dans le système représentationnel ; et dans le même temps « déborde » ces champs par un excès de sens, et apparaît comme étant là depuis toujours.

26La dynamique psychique est en lien avec ce fait que le sujet doive encore et toujours ramener l'inconnu à du connu, figurer, donner forme et lieu à ce qui n'en a pas. Cette rencontre est une expérience au sens de l'ehrfarung, ex-periri, traversée d’un danger, celui de se perdre dans la jouissance.

Adolescence : lutte des places

27Il n'existe pas de définition ni de description précise de l'adolescence. Mais elle débute avec les transformations que le corps subit lors de la puberté. Ce corps qui se transforme remanie également la vie psychique et sociale du sujet. Ces changements entraînent un nouveau rapport à lui-même, à son histoire mais aussi à son entourage qui le verra autrement.

28L’adolescence se caractérise notamment par un détachement des parents et un enrichissement des liens sociaux. Il abandonnera (en partie) la dépendance infantile qui le régissait jusqu’alors pour une autonomie (construction de l'identité). Selon A. Freud, la « crise » d'adolescence prendrait fin dans le même temps que les identifications parentales d’antan seront abandonnées, que le sujet se forgera de nouveaux repères et qu’il intégrera différemment ceux modifiés par l’effraction du sexuel.

29L’adolescent qui s’oppose à l’autorité et qui cultive sa différence par l’opposition se cherche lui-même ainsi qu’une place qu’il pourrait occuper. L’enfant qui dit « non » comme l’adolescent qui a le sentiment de se poser en s’opposant, se détermine par rapport aux autres avec qui il ne veut pas être confondu. La crise (d'opposition, d'adolescence, de la quarantaine, économique...) est ce qui met le sujet en demeure d’exister ou de s’annihiler, et c’est en cela qu’elle lui permet d’apparaître tel qu’il est et de se révéler à lui-même. Cette crise est marquée par la désorganisation temporaire qui devrait être suivie d’une restructuration. Devrait car le sujet peut se perdre en quittant les re-pères de l’enfance sans avoir trouvé ceux de l’adulte qu’il doit devenir. Ceci est valable à tout moment de changement et perte de repères (notamment le changement de statut).

30L'entourage donnera soit des points d'appui et offrira une image de soi acceptable qui permettront de découvrir le monde et de le faire par ses voies propres ; soit une idéologie « sectaire » comme le point d'aboutissement, qui sous le masque de la découverte, (re) convoque les besoins fusionnels infantiles qui aliènent l'individu dans une relation totalitaire indifférenciante.

31Freud marque une distinction transférentielle entre l'infantile et le juvénile, dont on peut remarquer les effets. Pour l'infantile, le transfert met métaphoriquement sur le même plan, en correspondance, passé et présent ; alors que le transfert juvénile vient dévoiler ce qui, du Réel, échappe au langage (levée du refoulement qui libère ce qui, des conflits infantiles, n'a pas été symbolisé). Il introduit une nouvelle réalité, celle de l'inconnue. Avec le juvénile, nous serions dans le transfert tel qu'il est à l'œuvre dans la cure. La réactualisation des conflits infantiles et les remaniements psychiques qui en découlent s'accompagnent de changements représentationnels quant aux réalités interne et externe et le lien qui peut exister entre eux. Le sujet adolescent devra éprouver ses assises et repères narcissiques, se forger une nouvelle image de lui et une identité en cohérence avec celles du passé et avec celles que lui conférera la nouvelle place symbolique qu'il prendra dans le monde.

« L'homme s'interrogeant non sur sa place, mais sur son identité, a à se repérer, non pas dans l'intérieur d'une enceinte limitée qui serait son corps, mais dans le réel total et brut à quoi il a affaire », J. Lacan8.

32Il n'est pas rare que dans cette période marquée par la séparation d'avec les parents, le sujet voulant éprouver ses origines et voir ce qui subsiste de son passé et identifications, se heurte parfois à un silence ou à une désillusion qui l'ébranlent dans sa position subjective. Le sujet cherche un Autre mais ne trouve à cet appel que le silence de l'autre incapable d'assumer ce rôle et dans lequel il ne s'y retrouve pas. Le social y répond par une injonction de se soumettre entièrement et sans concession, du moins est-ce ce qu'il croit. Il refuse toute aliénation à cette image que cet A(a) utre lui renvoie de peur de ne pouvoir s'en séparer, et choisit l'errance pour lui, la déshérence9 pour l'Autre. Ils craignent de n'avoir comme autre habitat (de la parole) que celui dans lequel l'Autre, plus que de les y appeler, les y assigne. Le « y » du lieu de l'Autre...

33Les réponses de l'institution (scolaire, sociale, familiale,...) ne sont pas adaptées car ne propose pas une aliénation mais une soumission (du moins est-ce comme cela souvent que les jeunes que nous rencontrons nous l'amène) qui ne permettrait pas la séparation ni l'appropriation subjective de cette place.

34Si le sujet ne peut trouver de place où se (re) trouver, où s'éprouver, le fantasme d'auto-fondation est un recours contre l'errance. Se fonder soi-même comme naître de soi-même et être sa propre demeure... En effet, le sujet tente de trouver en l'Autre ce qu'il en est de ce qu'il est (mais rappelons-nous que l'Autre est barré), et peut ne pas trouver d'écho, et ainsi croire qu'il n'ex-iste pour et à personne. Ces sujets qui errent en l'absence de repères se réfugient dans un fantasme d'auto-engendrement : « je me suis fait tout seul », « je ne dois rien à personne »... diront ceux qui voudraient refuser l'aliénation à l'(A) autre, refus impossible pour la survie psychique.

35L'Autre sociétal, institutionnel, familial,... propose d'aider le sujet à conformer sa position singulière aux injonctions sociétales, institutionnelles, familiales,.... Le sujet sera normé socialement, normé à un Idéal,... soumis à une aliénation dans l'impossibilité de se désabonner de cet ordre. Plutôt que de les pousser vers une auto-nomie et vers la responsabilité qui leur incombe du fait de leur position de sujet, cet Autre non barré tente de les soumettre à des lois autres que celle de la castration. Comment le sujet pourra-t-il conjuguer avec une injonction pénale, un placement d'office, le désir parental, l'obligation scolaire,... ? Parfois il arrivera à faire avec, parfois.... Cet Autre social que pourra incarner tour à tour le parent, le professionnel, l'institution, la société, etc. pourra se montrer ou être vu comme un Autre absolu, omniscient. La certitude dans laquelle se placera (ou d'où sera entendu) son discours, pourra soit prendre une place de référence parmi tant d'autres – et serait ainsi restitué du manque dans l'Autre qui ne saurait tout dire d'un savoir absolu ; soit se présenter comme un Autre dictateur et tortionnaire auquel le sujet se soumettra ou contre lequel il luttera, les deux cas mettant en danger sa position subjective.

36Le sujet, notamment et surtout à l'adolescence, sera confronté de plus en plus souvent à un discours qui n'admet pas la faille et qui n'est pas rythmé... par le rythme, pas d'absence possible. La filiation sera effective, concrète, prouvée : Mater n'est plus si certissima et pater, grâce aux idéaux, modèles à suivre, et à l'ADN, n'est certainement plus incertus. Quand les « supers Nanny » apprennent aux parents à se comporter comme « Pascal le grand frère », qui « sans aucun doute » nous dit exactement « combien ça coûte »... et bien « c'est du propre ». Plus besoin d'expérimentations puisque le chemin à emprunter est dors et déjà tracé. Le sujet ne pourra que difficilement questionner la filiation, la nier pour mieux la retrouver, se mettre en quête des énigmatiques origines, puisque la science marquée du sceau du capitalisme a pris le relais de tout autre discours (plutôt que d'observer avec eux une relation conflictuelle marquant le manque dans l'Autre), autres discours qui tournent autour d'une zone d'ombre plutôt que d'y faire front et de la combler. Les voies du Seigneur ne seraient-elles plus impénétrables ? Le sujet ne pourrait dès lors plus se vivre dans la singularité de son histoire puisqu'aucune représentation ne sera nécessaire ou possible ; et sa parole, si elle venait à se déployer, resterait sans adresse. Et la Vérité qui devrait être portée sera noyée sous un déferlement de certitudes et de savoirs. Ce que l'on peut constater dans nos sociétés actuelles c'est effectivement un glissement de la croyance vers la certitude, que ce soit à l'échelle collective ou au niveau de l'individu qui se conforme à la pensée unique.

« Il n’est pas de parole sans réponse, même si elle ne rencontre que le silence, pourvu qu’elle ait un auditeur, et c’est là le cœur de sa fonction dans l’analyse »10.

37La parole implique l’Autre, lieu d’adresse où elle pourra se déployer. Si personne n'est là pour l'entendre, la parole n'est pas. La parole du patient porte un savoir méconnu de lui, dont il est coupé. Elle permet aussi au sujet de transformer le rapport qu’il entretient avec ce savoir car elle touche à la Vérité du sujet par les manifestations et formations de l’inconscient qu'elle soutient. « De notre position de sujet, nous sommes toujours responsables » (Lacan, “La science et la vérité”, dans les Écrits). Le sujet est toujours responsable des effets de sa parole. La Vérité du sujet est évoquée par la parole, mais pas toujours : « dans... la parole vide,... le sujet semble parler en vain de quelqu’un qui, lui ressemblerait-il à s’y méprendre, jamais ne se joindra à l’assomption de son désir »11.

38Le savoir, pour Lacan, est d'abord simplement une articulation d'au moins deux signifiants. Le sujet est représenté par un signifiant pour un autre signifiant. C'est bien dans la mise en relation d'un signifiant à un autre qu'émerge un savoir. Et si on tente de nommer, de dire ce savoir, on retombe dans une nouvelle articulation signifiante. C'est le jeu du dictionnaire... On recherche la définition d'un mot : articulation de plusieurs mots qui donne du sens. Mais il faut connaître la définition de chaque mot, et ces définitions nous renverrons à... d'autres mots,... etc. Ce fonctionnement peut être rapproché de celui de l'inconscient qui « est structuré comme un langage ». Une manifestation inconsciente qui va dire quelque chose d'un savoir que l'on va tenter de nommer pour y mettre du sens et qui va nous conduire à d'autres formations inconscientes porteuses de quelque chose d'une vérité... Et ce processus de mise en sens est le savoir. Il paraît juste de considérer le savoir comme un processus, comme quelque chose relevant d'une dynamique, d'une construction, d'une gestaltungen...

39"Je n'en sait rien moi... demandez à (l'infirmière, le thérapeute, le médecin, la mère...), qui sait..." : selon Lacan, l'acte psychanalytique entraînera un effet, celui de surseoir la supposition d'un autre sujet qui saurait quelque chose de sa propre Vérité. Le psychanalyste, on l'aime parce qu'on suppose qu'il va savoir sur soi, et on reste lorsqu'il se déplace de cette place pour montrer que seul le sujet sait à propos de lui-même... mais pas tout.

Et l’autorité alors ?

40Le transfert nécessite un lieu dans lequel s'éprouver. Ce lieu, Lacan le nomme le « lieu de l’Autre ». L’inconscient peut s'y manifester en éprouvant les contradictions et les leurres, les éprouver c'est-à-dire les ressentir autant que les mettre à l'épreuve. Le seul tiers dans la relation transférentielle c'est l'Autre. Ainsi, toute autre autorité que celle-ci ne peut intervenir : pas de place ou de projet préétabli que celle et celui vers lequel tendra le désir. La psychanalyse n'a pas pour but la norme, l'adaptation, la pensée unique... parce que cela n'existe pas. Ce n'est pas la psychanalyse qui le dit mais la Loi du Langage, de la castration : pas de satisfaction pleine, pas de rapport sexuel qui puisse s'écrire. S'il n'y a pas de norme, c'est donc à chacun de s'écrire.

41L’autorité appelle une relation intersubjective particulière : il y a un « édictant » et un « obéissant ». Le sujet ayant ou faisant autorité propose (et non impose) à un autre sujet de reconnaître cette autorité, de lui faire confiance, de la respecter et de lui obéir, selon les acceptions communes de ce terme d'autorité. L'autorité n'est telle que si elle est reconnue. Une soumission qui ne serait pas « librement consentie » (peur des représailles par exemple), ne reconnaîtra pas la légitimité de l'autorité mais convoquera l'instinct de survie... Ce qui viendra de cette autorité souvent autoproclamée ne sera pas jugée comme source fiable et ne saurait être intériorisée en Loi symbolique qui tente de préserver quelque chose du sujet et de la dynamique désirante.

42Quand une institution, quelle qu'elle soit, va mal, on l'attribue souvent à un manque d'autorité (le fameux père qui ferait défaut...). Mais ce serait là ne reconnaître que les règles collectives au détriment des lois du lien social (du Langage) et du sujet. Plus on est autoritaire, plus on obéit : « imposer plus pour soumettre plus », c'est connu, ça ne marche pas.

43Comment concilier lois inconscientes qui colorent notre réalité et notre rapport au monde, et règles institutionnelles qui se veulent représenter celui-ci ? L'autorité, lorsqu'elle est reconnue, entraîne du renoncement et limite le déploiement de l'Imaginaire. Trop d'autorité, une autorité qui serait dépourvue de sa dimension symbolique viendra freiner le rouage de la machine désirante.

44Quel compromis donc, quelle adaptation possible ? Ce que ne prennent pas en compte les injonctions institutionnelles c'est que c'est exactement ça, le symptôme, un compromis entre réalités interne et externe. Il faudrait parvenir à le parler, ce symptôme, pour que la vérité qui s'y cache puisse parvenir au sujet qui pourra alors peut-être en faire quelque chose.

45Une définition philosophique de la Vérité serait « ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment par suite d’un rapport de conformitéentre ce qu’il va énoncer et l’objet de sa pensée ». Plus simplement : croire à ce que l'on dit, être dupe... « Jurez-vous de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité ». Je le jure... Dieu est miséricordieux car sinon l'enfer serait surpeuplé... On demande le serment, la promesse de dire toute la vérité... ou de ne rien dire. Mais tout ce que vous direz – même les silences –, pourra être retenu contre vous. Dire la vérité, sans mentir, sans la taire ni omettre aucun élément et sans y ajouter de faits inventés, imaginés, imagés ou supposés. « Pourquoi me mens-tu quand tu me dis que tu vas à Lemberg pour que je croie que tu vas à Cracovie alors que tu vas vraiment à Lemberg ? ». Il faudrait donc à l'inverse de ce sujet qui répond à un énoncé exact « je vais à Lemberg », évacuer le lieu de l'Autre et la question de l'énonciation. Revenir à une relation dyadique de communication où rien du message ne se perdrait.

46« Dites tout ce qui vous passe par la tête » : le psychanalyste ne demande pas de dire la vérité puisqu'elle ne peut que se mi-dire. Le contrat du « dites tout », est à entendre du côté de l'analyste ou du clinicien comme un « je peux tout entendre, je peux me faire lieu d'accueil de toute parole qui pourrait porter quelque chose de votre Vérité auquel vous pourrez alors accéder ».

En guise de conclusion

47« Peut-on faire acte des injonctions institutionnelles ? », je ne répondrai pas (ou alors en présence de mon avocat), c'est à chacun de le faire. Mais je ferai une proposition : dans ces injonctions dictées par le savoir institutionnel, faudra-t-il au clinicien tenter de trouver une faille voire incarner ce vide dans le système représentationnel. Et on verra bien ce qui se passe ensuite.

48Le savoir est une articulation de signifiants : tentons donc de créer de l'espace entre eux pour que le sujet puisse s'y loger, d'où le sujet pourra émerger. Du côté de l'institution, il n'y aura qu'un détour ; du côté du sujet, il pourra réarticuler sa chaîne signifiante autour d'un savoir désormais troué (cela n'ira pas sans angoisse) ; du côté du clinicien, il aura eu à la faire lui-même cette réarticulation...

49Pour finir, on peut ne rien comprendre ; tenter de et réussir à subvertir les discours ; rester figé dans quelque chose d'un savoir,.... L'important serait de savoir où l'on en est du discours institutionnel et du sujet... et du sien. Le pari clinique sera alors de toujours se laisser surprendre, et de cette surprise, toujours penser pouvoir en faire quelque chose... et d'essayer !

Notes de bas de page numériques

1 Lacan, J., séminaire 1967-1968, L'acte analytique, édition interne, AFI, p.38 et suivantes.

2 Cf. enseignement de J.-M. Vives.

3 Lacan, J., discours de 1966 à l'O.R.T.F.. Cet entretien fut diffusé le 2 décembre 1966 sur les ondes radio dans le cadre des Matinées de France-Culture, au cours de l’émission de Georges Charbonnier Sciences et Techniques, à l’occasion de la parution des Écrits. Il fut à l’origine publié avec l’autorisation de Jacques Lacan et de Georges Charbonnier dans la revue Recherches n° 3/4, pages 5-9, en 1967.

4 Lacan, J., 1966, « Discours de Rome » in Les Écrits, édition du Seuil, 2008.

5 Winnicott, D. W., 1971, Jeu et réalité, éd. Gallimard (collection Folio Essai), 2002

6 Lacan, J., 1966, « Le séminaire sur la lettre volée », in Les Écrits 1, éd. Du Seuil, 2008, p.16

7 Leclerc, J., Art et psychanalyse : pour une pensée de l’atteinte,  éd. XYZ éditeur, 2004.

8 LACAN, J., Le Séminaire VIII : Le transfert, éd. Le Seuil, 1961, p.96

9 Terme juridique : se dit d'un héritage qui ne trouve pas d'adresse, de destinataire (et qui revient à l'État).

10 LACAN, J., « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », 1953, in LesÉcrits, Paris, Seuil, 1966, p.247.

11 Idem, p.254.

Bibliographie

Lacan, J., séminaire 1967-1968, L'acte analytique, édition interne, AFI, p.38 et suivantes.

Lacan, J., discours de 1966 à l'O.R.T.F., dans la revue Recherches n° 3/4, pages 5-9, 1967.

Lacan, J., 1966, « Discours de Rome » in Les Écrits, édition du Seuil, 2008.

Winnicott, D. W., 1971, Jeu et réalité, éd. Gallimard (collection Folio Essai), 2002.

Lacan, J., 1966, « Le séminaire sur la lettre volée », in Les Écrits 1, éd. Du Seuil, 2008.

Leclerc, J., Art et psychanalyse : pour une pensée de l’atteinte,  éd. XYZ éditeur, 2004.

Lacan, J., Le Séminaire VIII : Le transfert, éd. Le Seuil, 1961.

Lacan, J., 1953, « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse », dans Les Écrits, éd. Seuil, 1966.

Freud, S., 1903, Trois essais sur la théorie sexuelle, éd. Folio (coll. Essais), 1989.

Pour citer cet article

Zaineb Hamidi, « Entre psychologie et psychanalyse », paru dans Oxymoron, 1, Entre psychologie et psychanalyse, mis en ligne le 24 novembre 2010, URL : http://revel.unice.fr/oxymoron/index.html?id=3163.


Auteurs

Zaineb Hamidi

Zaineb HAMIDI est psychologue clinicienne, et actuellement engagée dans un projet hospitalier de recherche clinique (Fondation Lenval, Nice). Membre de l'Association d'Étude de Freud et de Lacan, école niçoise de l'Association Lacanienne Internationale, elle est également chargée d’enseignement et d’analyse de pratique dans la formation des auxiliaires de puériculture. Elle entame sa deuxième année de doctorat en Psychologie Clinique et Psychanalyse à l’université de Nice/Sophia-Antipolis.