géographie dans Loxias


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Loxias | 65. | I.

L’arrière-paysage d’Ormuz

Urbain, maritime, désertique, belliqueux, le paysage s’impose de plus en plus comme expérience de la réalité. Entre reportage et témoignage, il dépouille le regard de ses ornements et configure une relation où le sujet et l’objet ne sont plus séparés. Cette approche fusionnelle qui porte l’empreinte de l’espace assure d’une part la mobilité des événements et de l’autre l’opacité de la ligne d’horizon. D’où l’intérêt pour l’exploration des pages qui défilent géographiquement et qui défient les effets d’homologation à tel point qu’elles constituent un banc d’essai pour saisir tout ce qui apparaît ou se cache derrière les évidences et qui peut engendrer ou non un sentiment de la nature. L’analyse de la spatialisation à travers les fissures qui émergent dans Ormuz de Jean Rolin (P.O.L., 2013) – notamment le recours aux parenthèses et la présence des végétaux – interroge de près les enjeux d’une écriture du paysage qui agit en apnée pour creuser les contours du visible et qui finit par se faire paysage elle-même.

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Jean Rolin ou la dilution géo-graphique du soi

La recherche des marques et des traces constitue un détour proprement littéraire aux confins de lieux fermés ou ouverts, apparaît comme un nécessaire truchement pour investir des espaces résonant avec soi, confirmant la présence au monde de l’individu. La littérature de Jean Rolin privilégie la dilution de soi dans un territoire que l’Histoire a modelé, permettant, dans un second temps, d’y lire les traces d’une présence auctoriale prenant en charge un récit dans lequel les pans biographique et géographique articulent un mouvement commun vers une plus grande vérité. Comment l’œuvre de Rolin façonne-t-elle en retour l’univers dans lequel elle est projetée ?

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