Nicole Biagioli


Nicole Biagioli est professeur de langue et littérature française émérite, membre du Centre Transdisciplinaire d’Épistémologie de la Littérature et des arts vivants, Université Côte d’Azur. Sémioticienne, calligrammatiste (avec Daniel Bilous), elle a analysé la relance du visible et du lisible dans le calligramme (Biagioli et Bilous, Lire le calligramme, Protée, vol. 14, n° 1-2, 1986) et la gestion de la métareprésentation dans la création calligrammatique en parallèle avec l’écriture néoromanesque (Biagioli, « L’antitexte et son double », Cahiers de narratologie, n° 1, 1987). Actuellement elle étudie les pratiques intermédiales et interartiales chez les artistes et dans l’éducation artistique.

Articles de l'auteur


Loxias | Loxias 28 | I.

POEtique et traduction : traducteurs et traductions de Poe dans le domaine français

Éditorial des actes du colloque POEtiques : L’influence de Poe sur les théories et les pratiques des genres dans le domaine français du XIXe au XXIe siècle, tenu les 22 et 23 janvier 2009 à l’université de Nice Sophia-Antipolis (CTEL).

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Loxias | 50. | Travaux et publications

Le travail du genre à travers les échanges épistolaires des écrivains
Épistolarité et généricité

La correspondance d’auteurs y a été étudiée comme genre spécifique, mêlant biographie et professionnalité, et comme lieu privilégié de la construction et de la déconstruction des genres littéraires et artistiques.

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Loxias | 60. | I.

Pour une sémiotique butorienne de la photographie

La photographie a joué dans la vie et l’œuvre de Michel Butor un rôle central que nous analysons d’un point de vue sémiotique. Une sémiotique butorienne de la photographie ne peut être qu’une intersémiotique, Butor n’ayant cessé depuis Les Mots dans la peinture (1969) de revaloriser et de développer l’intermédialité dans la pratique et la théorie artistiques. La photographie sera donc envisagée dans ses différentes fonctions de médiation : reproduction des œuvres, support de correspondances et outil d’exploration du monde. Son rôle dans les collaborations de Butor avec des photographes, des peintres, des graveurs et des écrivains sera mis en valeur, en revenant sur les différentes entrées qu’il a pratiquées, comme modèle, photographe, collagiste et commentateur, et en insistant particulièrement sur les Universos paralelos (2011) parcourus avec sa femme, Marie-Jo. La théorie de la photographie sous-jacente à ces œuvres collaboratives sera ébauchée et comparée à celle, contemporaine, de Roland Barthes. Photography has played a central role in Michel Butor’s life and work, which we analyze from a semiotic point of view. A Butorian semiotics of photography can only be intersemiotic, as Butor, since Les Mots dans la peinture (1969), has continuously reevalued and developed intermediality in artistic practice and theory. Photography will be considered in its various mediating functions : reproduction of works, support of correspondences and tool of exploration of the world. His role in Butor’s collaborations with photographers, painters, engravers and writers will be highlighted, going back to the various entries he experienced, as photographers’model, photographer, collagist and commentator, with special emphasis put on the Universos paralelos (2011), visited together with his wife, Marie-Jo. The theory of photography underlying these collaborative works will be sketched out and compared to the contemporary one of Roland Barthes.

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Loxias | 68. | I.

POEtiques ou les vertus d’un calembour

“Tous les poètes (« poets » en anglais) ne s’appellent pas Poe. Quoique nous n’ayons pas de preuve formelle qu’il ait pesé plus que de raison sur le destin de son propriétaire, on peut supposer que ce patronyme n’a été étranger ni aux choix professionnels de Poe, ni à sa propension à lire les mots sous les mots qu’illustre le célèbre palindrome : « never /raven1 ». Par ailleurs, Baudelaire, en orthographiant « poëte » avec un tréma dans la dédicace de sa traduction des œuvres en prose de Poe à Maria Clemm2 et dans les notices biobliographiques sur Poe de 1852 et de 1...”

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Le canard littéraire d’Edgar Poe à Alphonse Allais : le triomphe d’un genre

« Hoax », traduit par canard en français désigne un genre de mystification visant à convaincre le public de la réalité d’un fait ou d’un objet extraordinaire imaginaire. Pays de progrès et d’innovation technologique, les USA passèrent tout au long du XIXe siècle pour la patrie du hoax dont Poe, avec The Balloon-Hoax (1844) or The Facts in the case of M. Valdemar (1845) fut l’un des maîtres. Une génération plus tard, Alphonse Allais (1854-1905) bâtit toute sa carrière sur ce genre dont relève la plupart de ses contes. Comme Poe, Allais fait du hoax un genre pivot de l’entreprise littéraire, et non un simple amusement. Mais pour se l’approprier, il se voit contraint à la fois de le radicaliser et de le dépasser, ce qu’il fait en retournant l’argumentaire, les procédés et les thèmes de son modèle. Hoax, most often translated in French by canard, is used to denominate a humbugging genre intended to convince people that an extraordinary invented fact or thing is a true one. Country of progress and technical discoveries, USA have been considered, all the 19th century long, as the hoax‘s native land, and Poe with The Balloon-Hoax (1844) or The Facts in the case of M. Valdemar (1845) as one of its masters. A generation later, Alphonse Allais (1854-1905) built his whole career upon this genre to which most of his tales belong. As Poe did in his time, Allais put the hoax at the centre of the literary venture, instead of taking it for a simple joke. But in order to appropriate it, he was forced both to toughen and to exceed it. He succeeded by backfiring arguments, practices and themes of his model.

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Adapter Poe à l’opéra : le diptyque opératique de Bruno Coli, The Tell-Tale Heart (2004) et The Angel of the Odd (2014)

The Tell-Tale Heart est un opéra composé par Bruno Coli, créé en 2004. Coli a opératisé directement le texte éponyme de E. A. Poe dans sa langue originale sans en changer un mot. Dix ans plus tard, il applique le même principe à une autre nouvelle de Poe, dont le registre grotesque était susceptible de faire pendant au premier opéra. The Angel of the Odd est créé en 2014. Nous avons voulu vérifier si les deux opéras répondaient à la définition de la forme diptyque, et si oui, comment. Pour ce faire, nous avons élaboré un modèle d’analyse textuelle qui reprend celui de la lecture étoilée établi par Barthes dans S/Z (1970) autour des cinq codes (culturel, symbolique, sémique, prorairétique, herméneutique) qui structurent tout texte. En inversant l’ordre de succession des codes établi par Barthes qui décrivait le processus de la réception, nous avons obtenu un modèle symétrique dédié à la conception. Puis nous avons appliqué ce nouveau modèle en deux volets en réservant le premier à la lecture de l’hypotexte littéraire par le compositeur et le second à la conception de l’opéra. The Tell-Tale Heart is an opera composed by Bruno Coli, created 2004. Coli operatized directly the original english text of E. A. Poe’s short story, without changing a word. Ten years later, he applied the same principle to another of Poe’s short stories, a grotesque one, able to make a pair with the first piece. The Angel of the Odd was created in 2014. Our study aims at verifying if the two operas square with what a diptych is supposed to be ; and if so, in what way. To answer the purpose, we elaborate a model of textual analysis which goes back to the description by Barthes in S/Z (1970) of the so-called “lecture étoilée” (divergent star-shaped reading), based on the role ot the five codes cultural, symbolical, lexical, proairetical, hermeneutical involved in reception. Reversing the order of the codes decided by Barthes, which was appropriate to reception, we obtained a symetrical one, appropriate to conception. Then we applied this new model in two volets, reserving the first for the reading by the composer of the literary text, and the second to the conception of the opera.

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Loxias | 72. | I.

Bruno Niver, poète, chanteur, comédien, calligrammatiste

Bruno Niver est un poète et calligrammatiste français qui, depuis les années 1990, partage sa vie entre Paris et Moscou. Passionné par les échanges culturels entre la Russie et la France à l’époque des avant-gardes (il a créé et joué un spectacle mettant en scène la rencontre de Maiokovski, Aragon et Elsa Triolet), il a a été séduit par l’alphabet cyrillique et la poésie visuelle des futuristes russes, qui l’ont poussé à choisir le calligramme comme mode d’expression poétique. Il a rapidement décliné ses calligrammes en lignes colorées puis en tableaux-poèmes, gravés par la suite sur des céramiques ou brodés sur des vêtements, notamment des tutus de danse, ce qui a donné lieu à un genre inédit de défilé de mode, la poetic fashion. Comédien, chanteur et metteur en scène, il a mis au point un spectacle total dans lequel la voix et les évolutions scéniques prolongent le geste calligraphique. Bruno Niver is a French poet and calligrammatist who, since the 1990s, has divided his life between Paris and Moscow. Passionate about cultural exchanges between Russia and France during the avant-garde era (he created and performed a show featuring the meeting of Maiokovski, Aragon and Elsa Triolet), he was seduced by the Cyrillic alphabet and the visual poetry of the Russian futurists, who pushed him to choose the calligram as a mode of poetic expression. He soon declined his calligrams in colored lines then in paintings-poems, engraved thereafter on ceramics or embroidered on clothes, in particular dance tutus, which gave rise to an unprecedented kind of fashion show, the poetic fashion. Actor, singer and director, he has developed a total show in which the voice and the scenic evolutions extend the calligraphic gesture.

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Zbigniev William Wolkowski, chirographiste et sémioticien

Formé par son père à l’art de la calligraphie, William Wolkowski combine calligrammatisation et traduction pour redéployer le sens et la forme de textes empruntés à des domaines culturels différents par la langue, le genre et l’activité. Les citations qu’il met en scène sont des extraits, maximes ou mots d’auteur empruntés aussi bien aux grands noms de la littérature (Poe, Ronsard, Maupassant, Schiller), qu’aux scientifiques (Marie Curie), aux religieux (St François d’Assise), aux politiques (Churchill) ou aux vedettes du show-biz (Les Beatles). En multipliant les versions plurilingues de ses calligrammes (jusqu’à 109 langues) Wolkowski s’emploie à édifier un « Espace Géopoétique Européen ». Le livre qu’il a consacré à Apollinaire en 2013 scelle son rapport au genre et son dialogue avec celui qui l’a redécouvert. Trained by his father in the art of calligraphy, William Wolkowski combines calligrammatization and translation to redeploy the meaning and form of texts borrowed from different cultural fields by language, genre and activity. The quotes he stages are extracts, maxims or author’s words borrowed as much from the great names of literature (Poe, Ronsard, Maupassant, Schiller), as from scientists (Marie Curie), from religious (St François d’Assise), politicians (Churchill) or show biz stars (The Beatles). By multiplying the multilingual versions of his calligrams (up to 109 languages), Wolkowski is working to build an "European Geopoetic Space". The book he devoted to Apollinaire in 2013 seals his relationship to genre and his dialogue with the one who rediscovered it.

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