poésie dans Loxias


Articles


Loxias | Loxias 6 (sept. 2004) | Autour des poètes

Bernard Vargaftig : quel(s) sens pour le Vertige ?

« Nous deviendrons spirale » : tel est le sentiment de Bernard Vargaftig dont les recueils font tournoyer nos sens jusqu’au paroxysme. Ses poèmes témoignent d’une perception sensible du monde appréhendé comme un entre-deux, un intervalle. Cette poésie se fonde sur cette sensation de Vertige, caractérisée par Serge Ritman, dans La poésie dans les soulèvements (avec Bernard Vargaftig), Le rythme de l’air, sur ce tournoiement des sens qu’illustrent les recueils Orbe, Lumière qui siffle, Cette matière, Un récit, Le monde le monde, Distance nue et Comme respirer.

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Loxias | Loxias 5 (juin 2004)

Pierre Jean Jouve et l’expérience intérieure des mots

Pierre Jean Jouve associe étroitement expérience mystique et travail d’écriture. Autour de quels aspects acte poétique et  spiritualité se rejoignent-ils? Comment le cheminement intérieur s’inscrit-il au sein des mots ? Autant de questions auxquelles nous tentons de répondre à travers une étude comparative de deux recueils poétiques : Les Noces et Matière céleste.

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Loxias | Loxias 10 | II.

Le rythme dans la poésie et les arts

“Textes réunis par Béatrice Bonhomme et Micéala Symington Champion, 2005 Interroger le rythme revient à s’interroger sur le sens même du poétique et du sentir esthétique. Cet ouvrage adopte donc une perspective résolument pluridisciplinaire qui dépasse largement le cadre national et permet de rendre compte de la diversité des conceptions rythmiques, de la relation entre langue et rythme poétique mais aussi d’envisager le rythme à travers des arts différents et de confronter le poétique à la musique et aux arts visuels. Enfin, une étude sur le rythme ne pouvant être conduite sans un ancrage philosophique fo...”

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Loxias | Loxias 11 | Littérature française

Tête d’or, ou le travail du deux, ou le travail de deuil du deux…

Cette étude sur certains aspects de Tête d'or a trois objectifs enfermés l'un dans l'autre: au cœur du dispositif il y a quatre études stylistiques directement destinées aux étudiants d'agrégation. Autour de ces études, et appuyé sur elles, il y a un travail de réflexion sur la dramaturgie de Claudel, et sur la pertinence des démarches stylistiques classiques à propos des formes de ce théâtre si particulier. Et encore autour de cette réflexion il y a une esquisse de recherche sur les significations de cette dramaturgie et de cette pièce.

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Loxias | Loxias 11 | Littérature comparée

« Poètes de l’amour »

Commentaire composé : Goethe, Divan, Poésie/Gallimard, traduction de Henri Lichtenberger, de p. 126 (« Amour pour amour… ») à p. 132 (« Et l’esprit c’est la vie de la vie. »)

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Loxias | Loxias 3 (févr. 2004) | Le devenir du mythe

La constellation de l’être chez Heidegger et Hölderlin

Le dépassement de la métaphysique auquel s’est attaché Heidegger depuis le célèbre « tournant » de sa pensée semble prendre sa source dans la rencontre, au début des années trente, avec la poésie de Hölderlin. Celle-ci agira comme le révélateur de la pensée heideggerienne : si la marque de la métaphysique tient au déclin de la vérité de l’étant lié à l’oubli de l’être, il est possible de penser la nécessité de ce déclin pour affronter « la durée abrupte du commencement ». Dépasser la métaphysique, dès lors, c’est revenir en deçà d’elle-même pour approcher sa propre vérité : Hölderlin va permettre à Heidegger d’effectuer le « pas en arrière » hors de la métaphysique et de renouer le dialogue avec l’histoire de la pensée.

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Loxias | Loxias 12 | I.

Fonction et fonctionnement du récit dans Britannicus de Jean Racine

Il s’agit de dégager les traits caractéristiques du récit théâtral dans le cadre d’une pièce particulière, Britannicus. Dans cette tragédie, comme dans l’ensemble du théâtre racinien, le récit est multiple et revêt plusieurs fonctions. L’on se propose dans un premier temps d’établir une typologie du récit dans Britannicus. Cette analyse est à mettre en perspective avec les textes des théoriciens du siècle, et l’on met alors en évidence l’emploi chez Racine d’un récit qui ne trouve pas sa justification dans le respect des règles des unités ou des bienséances. Ce récit que nous nommerons pathétique trouve sa fonction dans l’expression des sentiments. Dans le cadre d’une stratégie des effets, le texte narratif pathétique vient s’inscrire comme la voix de l’intériorité des personnages, et son écriture fondamentalement poétique confère à la narration une densité et une musicalité nouvelle. C’est ainsi que les genres et les discours se combinent pour mieux susciter l’émotion, et que l’on peut parler du récit poétique dans le texte théâtral comme le cœur du « souffle racinien ».

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Loxias | Loxias 14 | Doctoriales

Une poésie de l’indicible : l’idéogramme chez V. Segalen et H. Michaux

La calligraphie fascine le poète à la mesure de la charge fantasmatique qui l’entoure. Par son étrangeté, l’idéogramme vient symboliser dans le texte l’énigme de ce « Réel » ou de cet indicible même sur lequel la poésie ne cesse de buter. Il vient incarner également ce rêve d’une langue « métissée » où le mot serait chant et peinture tout à la fois. Ceci est illustré à travers quelques exemples tirés de l’œuvre de V. Segalen, notamment son poème intitulé Ode, et de Henri Michaux qui imagine dans Saisir et Par les traits une langue purement idéographique.

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Loxias | Loxias 21 | Frédéric Jacques Temple, l'aventure de vivre

Mémoire et présence dans la poésie de Frédéric Jacques Temple

Nous interrogeons ici la poésie de Frédéric Jacques Temple en tant qu'elle nous semble indissociable du travail de la mémoire. Nous avons pris appui sur l'essai de John E. Jackson, Mémoire et création poétique (Paris, Mercure de France, 1992) pour analyser la dimension prospective du retour sur le passé et la dimension créatrice de la mémoire dans la poésie de Temple. La rétrospection a pour enjeu un sens et une plénitude sur le double plan existentiel et poétique, sans pour autant garantir le poète de l'expérience de la distance et de l'absence. La rétrospection devient même un lieu privilégié de l'affrontement du poète avec les difficultés du passage à la représentation, qui fait courir le risque d'un déficit ontologique irréparable. De là sans doute, chez ce poète éminemment conscient de sa propre précarité comme de celle du monde, une sensibilité particulière à des moments et à des lieux où la présence glisse du côté de l'interrogation et de l'énigme.

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Frédéric Jacques Temple, Emmanuel Fillot : Migrations

Depuis 1951, l’œuvre de Frédéric Jacques Temple rencontre celles d’amis plasticiens : qu’il offre au livre son frontispice ou s’engage dans l’étroite collaboration du livre d’artiste, le dialogue s’inscrit dans le droit fil d’une écriture (et par là même d’une existence) pour laquelle l’Autre, possible figure du Même, est un allié substantiel. La rencontre avec l’artiste plasticien Emmanuel Fillot est en ce sens doublement intéressante : une sculpture éphémère donnera naissance à un livre d’artiste. Or la stèle (caravelle en bambous ; livre de dialogue), à deux érigée, révèle, dans le choix de ses formes caillouteuses, l’élémentaire visée de la parole poétique et artistique, dont le sens du sacré se ressource au plain-chant de la nature.

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La fleur de poème

“Il poussera ce soir mille jeunes soleils, tous les baisers auront la pureté du sel1. Une part de nous-mêmes s’ouvre avec le poème de Frédéric Jacques Temple. Une part de nous-mêmes comme une fleur de sel, scintillante, incertaine, intangible, et pourtant présence et certitude étranges comme étrangères. Cette part qui survient dans la langue, qui affleure dans la lumière crue du poème, appelle et engloutit le souvenir, dépayse et rapatrie, constitue une matière vibratoire, une « matière-émotion », la peau du poème, la fleur de poème. Le poème de Frédéric Jacques Temple est l’« épiphanie de cet ...”

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Loxias | Loxias 22 | Doctoriales V

Le chant de la statue : le mythe de Memnon au XIXe siècle

Occulté par Orphée ou Osiris, qui ont permis une réflexion métadiscursive sur la poésie qui se lie au modèle musical et se confronte à la mort, le mythe de Memnon est pourtant au carrefour des problématiques par lesquelles la poésie moderne tente de se définir elle-même. Au dix-neuvième siècle, les poètes redécouvrent le mythe, à la faveur d’un regain d’intérêt pour l’Egypte mais aussi de l’émergence, dès le préromantisme, d’un questionnement sur la statuaire, notamment funéraire. Hugo, Lamartine, Sully Prudhomme, entre autres, emploient le mythe de Memnon pour énoncer leur conception de la poésie en interrogeant sa place entre le matériel et l’immatériel, entre l’image et le chant, et – en fin de compte – entre le silence de la mort et la parole vivante.Après Baudelaire et Mallarmé, les poètes prennent conscience que la poésie n’est pas une lutte contre le silence, mais qu’elle vient du tombeau même. Overshadowed by Orphée or Osiris, who enabled a metadiscursive reflection on poetry using music as a model and confronting death, Memnon’s myth is nevertheless at the heart of the issues through which modern poetry is trying to define itself. During the nineteenth century, many poets discovered the myth anew, owing to a renewed interest in Egypt, but also, ever since pre-Romanticism, thanks to the emergence of a questioning of statuary, notably funerary statuary. V. Hugo, A. de Lamartine, Sully Prudhomme, among others, took up Memnon’s myth to set forth their own notion of what poetry was,  by questioning its position between what was material and what wasn’t, between images and songs, and, in the end, between the silence of death and the living word.After Baudelaire and Mallarmé, poets realized poetry was not a struggle against silence but that it actually came from the tomb itself.

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Une création continue : expérience de la poésie dans l’œuvre de Jacques Garelli

Dans l'œuvre poétique et critique de Jacques Garelli, la poésie excède son statut de genre littéraire pour constituer une véritable expérience dont les contours demeurent toutefois difficiles à cerner. Ils débordent en effet les deux moments fondamentaux de cette expérience que sont l'écriture et la lecture. Les mouvements de déploiement temporel et spatial engendrés – à travers l'image poétique – pendant l’acte d'écriture sont reconstitués ensuite pendant l’acte de lecture. D'ailleurs, l'écriture est elle-même nourrie par une quantité de lectures précédentes formant désormais l'horizon d'expérience de l'écrivain, au même titre que le monde et ses perceptions. Extrêmement liée à son intérêt pour la phénoménologie, l’œuvre de ce poète-philosophe révèle le chiasme existant entre l'écriture et la lecture, deux moments qui fondent  la chair de la poésie. In the poetic and critic work of Jacques Garelli, poetry exceeds its state of genre, since it has got the characteristics of a real experience, whose contours are however difficult to draw. Indeed, they step over the two main moments of this experience, which are writing and reading. The movements of temporalization and spatialization engendered – through the poetic image – by the act of writing are reconstructed afterwards by the act of reading. Moreover, writing is already generated by different, previous readings, as they compose the writer’s horizon together with perceptions and memories. Garelli’s theory of poetry is strictly linked to his interest in phenomenology (as a philosopher), and his work shows the chiasm existing between writing and reading, two moments which found the flesh (fr. “chair”) of poetry.

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Loxias | Loxias 25 | Littératures du Pacifique

La Mythification des origines insulaires : Albert Wendt et Edward Kamau Brathwaite

Une étude comparée de « Au Fond de nous les morts » du Samoan Albert Wendt et de « Coral » du Barbadien E.K. Brathwaite permet de mettre en lumière des attitudes convergentes de la part des deux poètes par rapport à la question du mythe des origines. Ce travail montre aussi les différences dues principalement aux particularités de l’histoire de chaque région. Tous deux s’approprient, chacun à leur manière et en utilisant des formes littéraires qui leur sont propres, des représentations qui servent aussi de support identitaire aux peuples dont ils font partie. A comparative study of « Inside Us the Dead » by the Samoan Albert Wendt and « Coral » by the Barbadian E.K. Brathwaite makes it possible to bring to light converging attitudes on the part of the two poets towards the question of the myth of origin. This essay also highlights the differences mainly due to the specific history of each region. Both appropriate, each in their own manner and by using specific literary forms, representations which are also used as markers of identity by the peoples to whom they belong.

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The Book of the Black Star d’Albert Wendt : fonds et formes de l’Étoile noire

The Book of the Black Star (2002) d’Albert Wendt, collection de cinquante poèmes, entame une réflexion sur l’origine et la signification d’une Étoile Noire : simple corps céleste, ou dieu et guide spirituels ? De par sa nomination et la qualité d’oxymore qui en ressort, l’Étoile Noire sera difficile à cerner. Cette collection de poèmes peut être donc lue comme une quête de sens qui s’apparente à une recherche identitaire et même spirituelle entreprise par un certain Sam, peut-être la personnification ambiguë de Samoa en voie difficile d’épanouissement. De façon novatrice pour Wendt, ce livre n’est pas simplement un recueil de poésie. Sous forme de catalogue illustré, les dessins qui s’y trouvent se lient intimement à l’écrit et ne servent pas simplement d’arrière-plan. Ils constituent une partie intégrante de l’œuvre dans sa globalité car l’écriture s’intègre au dessin, tous deux dialoguant et se complétant. Nous efforcerons ici d’explorer cet aspect de la littérature de Wendt dans lequel l’image, unie inextricablement au texte, apporte une dimension et une information supplémentaires à l’interprétation de l’écrit poétique.

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Loxias | Loxias 26 | Travaux et publications

Serge Pey et l’Internationale du rythme

“L’Atelier des Brisants / Dumerchez, 2009 ISBN : L’Atelier des Brisants 978-2-84623-098-6, Éditions Dumerchez 978-2-84791-122-0 35 € Serge Pey figure parmi les plus grands inclassables de l’art contemporain. Plasticien, installateur, poète, théoricien de la performance, ingénieur de pièges à infini, inventeur des marches de la poésie et de chantiers d’art provisoire, rythmeur, oralien de situation, dialecticien du chaos et anartchiste : il est le fondateur de l’Internationale de la philosophie directe. ...”

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Loxias | Loxias 26 | Doctoriales VI

Collage et processus de transmédiation dans les poèmes et dessins mécanomorphes de Francis Picabia

Les poèmes et dessins mécanomorphes de Francis Picabia renouvellent radicalement l’esthétique du collage inventée par les « papiers collés » cubistes et diversement transmédiée dans les « idéogrammes lyriques » d’Apollinaire ou les « planches motlibristes » des futuristes italiens, pour développer un autre mode de représentation du réel, en lien avec l’esthétique du readymade découverte par son ami Marcel Duchamp : la technique du collage s’y infléchit non plus dans une démarche de réalisme non figuratif – distorsion de la représentation par emprunt direct à la « réalité » et présentation du réel dans sa multiplicité signifiante – mais dans une procédure de dissolution de la notion même de représentation et de la possibilité de faire sens, en intensifiant l’arbitraire et l’aléatoire dans la composition de l’œuvre, comme l’expression d’un inconscient lié au motif et au fonctionnement de la machine.

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Loxias | Loxias 27 | I.

Poésie et genre littéraire: une application aux Poésies de Rimbaud

A partir d'une réflexion classique sur la notion de genre littéraire, et sur sa vérification en poésie, ce travail prend pour cible la poésie métrique de Rimbaud, et particulièrement le groupe des sonnets qui constitue un ensemble homogène dans toutes les éditions de ses Poésies. Ces textes ont des traits de fonctionnement communs, notamment mais pas seulement pour ce qui est du traitement du vers et de la strophe. Pour concrétiser ces observations, le travail proposé aboutit à l'étude détaillée du premier de ces sonnets « Vénus anadyomène ».

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Le Poème sans héros d’Anna Akhmatova à la lumière de la tradition épique russe et face au poèma romantique

Le Poème sans héros d’Anna Akhmatova s’inscrit dans la tradition épique de la littérature russe, tout en renouvelant les canons de ce genre poétique. Eu égard aux chants épiques russes des XIe-XIIe siècles, l’innovation porte sur l’objet et sur la temporalité du récit. En outre, le choix du titre de l’ouvrage est révélateur du positionnement de ce dernier face au genre du poèma lyrico-épique. D’une part, le premier mot du titre situe cette œuvre dans la lignée de cette catégorie générique : Poèma. D’autre part, les deux mots qui terminent le titre – bez geroâ – sont appelés à manifester la transformation que l’ouvrage opère au regard de la tradition littéraire. En effet, l’ouvrage d’Anna Akhmatova est structuré autour de l’absence de héros dont la figure a pourtant joué un rôle central dans le poèma russe romantique du XIXe siècle.

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Loxias | Loxias 27 | I. | Beckett

L’écriture théâtrale beckettienne : entre musique, poésie et résonance métaphysique

Théâtralement, Beckett écrit des partitions qui renouvellent le langage, à partir du silence, s’inscrivant en ceci dans une recherche musicale héritière de celles de Schubert et de Beethoven. Le travail sur la distance et la résonance participe de la quête d’un passage spirituel, toujours proche d’un spiritus (un souffle ou un soupir). Matérialisant humblement de la pensée à l’état pur, dans la lignée de Leopardi, de Schopenhauer et de Wittgenstein, Beckett fait fusionner philosophie et poésie.

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Loxias | Loxias 30 | Doctoriales VII

Les stratégies d’écriture de la poésie exotique chez Théophile Gautier

Cet article a pour objet la question de l’« exotisme » dans la poésie de Théophile Gautier, selon une approche méthodologique qui s’articule sur la situation de l’énonciation de l’écriture exotique. Ainsi, loin d’adopter des approches critiques habituelles, nous nous proposons de prendre comme point de départ une démarche différente qui, par une mise en relief de la condition interculturelle voulue du phénomène littéraire de l’exotisme, étudie des stratégies d’écritures spécifiques que cette condition particulière impose, par son aspect contraint caractérisé par un dynamisme de rapprochement et d’éloignement et de l’oscillation constante entre le familier et l’étranger, sur le plan de l’énonciation. Nous essayerons donc, en inspirant de cette hypothèse énoncée par Vladimir Kapor sur l’« écriture exotique » et les méthodes élaborées par Kerbrat-Orecchioni, de repérer les techniques et les stratégies d’écriture par le biais desquelles le regard d’un poète tel que Gautier sur la question de l’Ailleurs et celle de l’Autre se manifeste, mais aussi et surtout de relever, à travers cette étude, les traits originaux de son écriture exotique.

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Loxias | Loxias 33 | I.

Typographie biblique et modernité poétique : réflexions sur le blanc intralinéaire dans la poésie de Milosz, Claudel et Meschonnic

Trois poètes français du XXe siècle, Claudel, Milosz et Meschonnic, mettent en œuvre un type de blanc typographique étonnant : le blanc inséré au sein même de la ligne. L’une des sources de cette pratique est à chercher dans une particularité typographique de la Bible hébraïque qui, dans les « cantiques », sépare les groupes de mots par de larges blancs. Milosz et Meschonnic, tous deux férus d’hébreu, connaissaient ce fait que Claudel a pu découvrir à la fin de sa vie grâce à Chouraqui. Cette influence croise la réflexion qui s’engage à partir de Mallarmé sur la modernité poétique : la spatialisation du poème et la disjonction du vers remettent en cause les frontières de la poésie, tout en proposant un rapport au sens plus complexe et volontiers hermétique. Cependant, le blanc intralinéaire des trois auteurs étudiés s’oppose à une ontologie négative de la parole. Loin de manifester l’exténuation de la parole et son irréversible éclatement, il crée au contraire les conditions de possibilité d’une parole pleine, rythmée, qui se transforme en chant.

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« Être c’est dire », le silence dans l’œuvre dramatique d’Edmond Rostand

Dans l’œuvre d’Edmond Rostand, comme dans celle de ses contemporains, la mise en scène du silence est remarquable. Afin de comprendre le rôle que cette thématique y revêt, la présente étude remonte aux sources du silence dans l’imaginaire rostandien. À la base, le silence présent dans l’œuvre évoque les peurs secrètes d’un jeune auteur dramatique. Le mutisme revêt alors un aspect peu rassurant chez Edmond Rostand. Il semble être la preuve d’une montée de l’aveuglement et de l’ignorance chez les personnages. Le goût de l’auteur pour le théâtre, médium de l’éloquence, s’explique lorsque l’on comprend que, pour Edmond Rostand, le fait de dire permet d’appréhender l’univers et d’exister. In Edmond Rostand’s work, like that of his contemporaries, the staging of silence is remarkable. In order to understand the role this theme takes on in his work, the present article goes back to the origins of silence in Rostand’s imagination. The notion of silence present in his theatre, is reminiscent of the secret fears of a young playwright. It is thus not a very reassuring theme and seems to represent blindness and ignorance in the part of the characters. The author’s natural taste for the stage, medium of eloquence, can be explained when understanding that, for Edmond Rostand, speech enables man to comprehend the internal mechanism of the universe and to exist.

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Le Silence du faune – note sur L’Après-midi d’un faune

Cet article cherche à analyser l’itinéraire d’écriture de L’Après-midi d’un faune, de Stéphane Mallarmé, de 1865 à 1876. Il s’agit en particulier de s’interroger sur la disparition de la scène qui, dans la première version de 1865, faisait paraître les deux nymphes poursuivies par les assiduités du faune – et qui finissent par lui échapper puisqu’il s’interroge sur leur existence. Cette disparition a une double conséquence : la première est la radicalisation du doute du faune quant à l’existence des nymphes (puisqu’elles ne font littéralement plus partie du texte, du moins comme personnages), la seconde est la transformation du monologue faunesque originel en un discours accueillant des séquences dialogiques. Notre hypothèse est que cette transformation affecte le genre même dans lequel le poème se produit, en altérant la forme classique de la parole lyrique, en direction, peut-être, de ce qu’il faudrait appeler (avec Alain Badiou, mais aussi avec Mallarmé lui-même) une « prose » incluse au poème. The aim of this article is to analyse the literary itinerary of L'Après-midi d'un faune, by Stéphane Mallarmé, between 1865 and 1876. It involves, among other things, discussing the disappearance of the scene in which, in the first version of 1865, the faun forces his attentions on the two nymphs – and they eventually escape from him. He's left alone, questioning their existence. This disappearance has a double consequence: the first one is the radicalization of the faun's uncertainty about the existence of the nymphs (since they literally no longer belong to the text, at least as characters), the second one is the transformation of the original monologue of the faun into a discourse that includes dialogical sequences. Our hypothesis is that this transformation affects the very genre in which the poem is written by altering the classical formal aspects of the lyric speech, thus maybe leading towards what should be called (with Alain Badiou but also with Mallarmé himself) a "prose" included in the poem.

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Loxias | Loxias 34 | Doctoriales VIII

« Travailler fatigue », mais flâner est impossible : échos whitmaniens dans la poésie de Cesare Pavese

Nous étudions dans cet article l’empreinte laissée par le poète américain Walt Whitman et son recueil Feuilles d’herbe (Leaves of Grass) sur l’écriture poétique de Cesare Pavese, notamment dans le premier cycle de poèmes de Travailler fatigue (Lavorare stanca), écrits de 1930 à 1935. Il s’agit d’examiner non pas tant la présence de certains thèmes whitmaniens chez Pavese ou l’influence stylistique de Whitman sur sa poésie, que la façon dont Pavese s’éloigne du modèle des Feuilles d’herbe – ou, plus exactement, y renonce, admet l’impossibilité de le suivre. Si Whitman est au fondement de l’écriture poétique de Pavese, c’est moins comme une présence que comme une absence : Pavese poète échoue, en toute conscience, à être whitmanien, et c’est sur cet échec que se construit son écriture poétique. Là où la poésie de Whitman est flânerie exaltante, celle de Pavese est ainsi condamnée à rester fatigue du travail. Our goal in this article is to study the trace that American poet Walt Whitman and his collection Leaves of Grass has left on the poetic writing of Cesare Pavese, especially on the first-period poems of Hard Labor (Lavorare stanca) from 1930-1935. We will examine not so much the presence of certain Whitmanian themes in Pavese, or the stylistic influence of the American writer on the Italian one, as the way Pavese veers away from his American model – or rather renounces him as he understands the impossibility of following him. We can certainly find Whitman at the foundations of Pavese’s poetic writing, but more as an absence than a presence: Pavese as a poet fails, in complete awareness, to be Whitmanian, and builds his poetic style on this failure. If Whitman’s poetry is a magnificent idleness, Pavese’s then is condemned to remain a “hard labor”.

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Loxias | Loxias 36 | I.

Le Bildungspoem de Simona Popescu

Pour se former, le poème, aussi bien dans sa composition que dans sa transmission aux nouvelles générations de l’Université, ne doit se couper, selon Simona Popescu, d’aucun type de références culturelles. Il ne s’agit pas d’un écrasement postmoderne, mais de la recherche de tout ce qui fait vie et sève. Le mouvement et l’énergie du poème désertent l’académisme poseur et se cachent souvent là où on ne les attendait pas : dans le spectacle de masse du cinéma, de la télévision ou la culture pop-rock. L’esprit d’enfance est plus vivace dans ce qui s’adresse aux enfants et aux grands enfants. Reste au poète à prendre ce matériau suffisamment au sérieux pour en faire, et c’est difficile, un art poétique qui se constitue triplement de manière performative en même temps que le poème. Le poème se dit, il se dit avec des références qui disent, ces références sont d’autant plus proches du poème en formation qu’elles désertent le poétique constitué par des canons frileux et des poses d’individus stratèges.

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Loxias | Loxias 42 | Doctoriales X

Le Faire poétique : une « indisciplinarité » opérante pendant les années 30 et 40 du XXe siècle

Cette étude se concentre sur la notion de « faire poétique » conçue telle qu’une forme de connaissance qui agit dans le sillon de ce que Jacques Maritain définissait l’acte d’« avoir produit une chose dans l’être ». Cette action relève d’une forte potentialité : parlant à l’intellect et à l’âme, la portée perlocutoire de la poésie ainsi que son pouvoir de conviction se doublent par rapport à une autre forme de discours. Son pouvoir de concrétisation permet en effet d’éveiller les consciences vis-à-vis d’une réalité violant la liberté de l’homme et offre une virtualité d’hypothèses « autres » pour changer l’existence d’un sujet tout comme celle d’un pays. Elle devient ainsi une action de résistance puisqu’elle met constamment en œuvre une « indisciplinarité » vis-à-vis des sémioses et des imaginaires les plus partagés, donnant un rythme non conventionnel aux choses et à leur vision. De la sorte pendant l’entre-deux-guerres écrire et traduire poésie était une voie pour s’évader de la rigidité des régimes, une forme de résistance et de positivité agissante engendrant des réflexions valables pour tout contexte de crise globale. This study focuses on the potential to act throughpoetry. According to Jacques Maritain, it describes poetry as a way to "produce something inside the human being." This action concerns the intellect and the soul and makes it possible to achieve a strong psychological and intellectual awareness revealing the tyranny of the reality. In the 30’s and in the 40’s in the 20th century writing and translating poetry became an act of resistance which fought the most shared reality and evoked a new vision of the world. Poetry was a means to escape from the rigidity of the fascist political plans and a form of resistance which could be followed in any context of crisis. 

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Loxias | Loxias 43. | II.

Traversées poétiques des littératures et des langues

“Illustrations de Serge Popoff Paris, L’Harmattan, 2013, « Le Thyrse » n° 4, La collection du CTEL, Université Nice Sophia Antipolis, 567 p. ISBN : 978-2-343-00941-4 Réunis sous le titre de Traversées poétiques des littératures et des langues, les articles de ce volume issu du séminaire de recherche « Bilinguisme, double culture, littératures » (2009-2011) – qui s’est tenu conjointement à l’Université de Nice Sophia Antipolis et à l’Université « Lucian Blaga » de Sibiu – permettent de mettre en exergue une proposition théorique susceptible d’intéresser à la fois les disciplines de la poétique et de la littérature comp...”

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Loxias | 49. | I.

Une poésie sans mot : enquête sur un paradoxe

À l’origine de ce numéro de Loxias, Charlot ce poète ?, il y a un étonnement. Comment comprendre le paradoxe d’un « poète muet » ? Voilà le « cas » Charlot/Chaplin. Avant d’entrer dans le vif du sujet, cette introduction s’attache à étudier, à travers quelques écrits d’admirateurs de Chaplin, l’énigme d’une poésie cinématographique. Le cinéma apparaît très tôt dans ces textes de poètes comme un langage, un « alphabet » paradoxal, poétique et non littéraire. Populaire, irrationnel, mobilisateur, le cinéma fonctionne comme un opérateur poétique.

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« Chaplinades », Charlot et les avant-gardes : une réflexion sur le langage et la modernité

De la découverte des films de Chaplin en 1915 jusqu’aux années vingt, l’engouement porté à la figure de Charlot révèle des interrogations qui s’inscrivent dans une remise en question des valeurs de la représentation. Les artistes d’avant-garde s’interrogent sur l’image et le langage. Charlot incarne un regard porté sur la société et rejoint les préoccupations de jeunes poètes. Ensuite la mécanique de la gestuelle de Charlot est liée à l’intérêt que ces artistes portent au mouvement, à la décomposition des gestes et à la modernité technologique. Les poèmes montrent une tentative de transcription de cette technique. Enfin, les films de Chaplin trouvent un écho, par leur caractère expressif, dans une réflexion sur la représentation et ses moyens.

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Loxias | 50. | Doctoriales

Métaphore et poétisation du réel chez Apollinaire, Cendrars et Maïakovski

Apollinaire, Cendrars et Maïakovski ont inscrit la quête de leur identité de poète dans le monde en pleine mutation du début du vingtième siècle. La confrontation à une époque mouvante remet en question des certitudes et invite à un questionnement fondamental sur l’écriture poétique, ses enjeux, ses possibilités et ses expérimentations. Une partie de ma thèse s’est intéressée à la métaphore. Celle-ci pose des problèmes définitionnels qui révèlent la complexité d’un mécanisme qui s’appuie sur trois éléments : l’élément comparé, le comparant et le principe de l’analogie. La subjectivité s’inscrit dans ce mécanisme qui associe deux réalités dépourvues de liens. La métaphore implique la mise à l’œuvre d’une création volontaire et réfléchie tout en permettant un épanouissement du sens devenu pluriel. En tant que glissement ou encore passage à un second sens que Ricœur appelle « extension de sens », « epiphora », la métaphore n’est pas un ornement vain de rhétorique, elle implique un mouvement de sens et de création poétique. C’est cet aspect que je souhaiterais développer en examinant un corpus composé essentiellement de « Zone », la Prose du Transsibérien et Le Nuage en pantalon, trois poèmes qui posent des interrogations fondamentales sur l’écriture poétique et expérimentent des procédés novateurs.

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Le motif des voyages de l’âme chez Baudelaire et Yavorov

La poésie bulgare du début du XXe siècle s’inspire largement des œuvres des poètes français du siècle précédent, parmi lesquels Baudelaire est l’un des plus cités et des plus admirés. Ainsi, l’une des figures emblématiques du « modernisme » bulgare, le poète Péio Yavorov, né en 1878 et mort en 1914, qui pratique le français et effectue plusieurs séjours en France, porte le projet, resté malheureusement irréalisé, de traduction des Fleurs du mal. De plus, Yavorov occupe, dans son pays, une place proche de celle qu’occupe Baudelaire en France. Tous les deux apportent « un frisson nouveau », celui de l’« âme », déchirée entre l’idéal et le dégoût, la beauté et l’ennui métaphysique. Cette proximité pourrait être illustrée par le commentaire comparé des poèmes « Les foules » et « Chanson à ma chanson » qui abordent le même thème, celui des pérégrinations de l’âme dans des intériorités étrangères. Sur ce point, les deux poètes se rencontrent de manière confondante car leurs textes expriment les mêmes entrelacements de contradictions éthiques, d’érotisme et de métaphysique. De cette proximité naissent également les nuances, dues à la spécificité de l’évolution de la poésie française et de la poésie bulgare, montrant à quel point la différente « éducation esthétique », reçue par les générations précédentes, peut éloigner des sensibilités originellement fraternelles.

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Loxias | 52. | I.

« Alexander von Humboldt : un précurseur de l’écopoétique ? »

L’analyse de la littérature par la place qu’y occupe la Nature ou l’étude du rôle de la littérature dans la conception et la préservation des espaces naturels ne sont pas choses nouvelles. Elles dictaient déjà l’écriture des histoires du « sentiment » de la nature qui ont fleuri en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce « sentiment de la nature » préside aussi à la composition du Kosmos d’Alexander von Humboldt qui, dès 1845, inscrivait au sein d’une description physique du monde l’histoire des effets de la Nature sur l’art et, corrélativement, l’histoire de la littérature descriptive. Il peut être tentant de faire du naturaliste allemand l’un des précurseurs des études contemporaines d’écocritique. Cela suppose de mesurer alors les enjeux scientifiques et politiques de la définition, par Humboldt, de ce fameux « sentiment de la nature » et de l’analyse de ses manifestations, pour éviter autant que possible l’illusion rétrospective et pouvoir, en retour, mettre en évidence les présupposés de la nouvelle école critique. La recherche d’un modèle historique ne laisse indemnes ni la source décrétée, ni l’avenir des textes qui pourraient s’inscrire dans sa lignée. Ainsi, l’hypothèse suivant laquelle Alexander von Humboldt serait non seulement l’un des inventeurs de l’écologie scientifique mais aussi l’un des précurseurs de l’écocritique conduit à observer, à l’œuvre, l’élaboration de plusieurs voies critiques possibles, touchant autant à l’histoire littéraire qu’au renouvellement des principes poétiques.

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Loxias | 53. | I.

Écriture et schizophrénie : traduire les poètes de Gugging

La traduction d’écrits « de la folie » peut sembler redoubler la gageure que constitue en soi toute traduction. Elle présente à mon sens un triple intérêt : premièrement, ce type de traduction ravive la vieille question, toujours irrésolue, des rapports entre la création artistique et la folie. En second lieu, elle rappelle au traducteur l’état d’aliénation, de dépossession, de transe qu’implique depuis l’origine son activité, qui ne pourra jamais être réduite à une technique, ni entièrement circonscrite par une approche prétendument scientifique. Enfin, elle met au jour de façon particulièrement frappante des problématiques et des impératifs propres à toute traduction et que ceux qui s’occupent aujourd’hui du « traduire » au sens d’Henri Meschonnic ne peuvent guère plus se permettre d’éluder. Poetry and schizophrenia: translating the poets of Gugging. Translating « Writings of madness » offers interesting insights into the stakes of all translation work. While reviving the never resolved issue of the links between artistic creation and madness, this endeavour reminds the translator of the state of depossession implied by his activity, which can never be fully reduced by a scientific approach, and stresses the importance of a rhythmic approach to translation as described by Henri Meschonnic.

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Loxias | 55 (déc. 2016). | I.

Du dulce mel aux carmina lucida : les différents degrés d’intégration de la poésie dans l’exposé philosophique du De rerum natura II

On a longtemps considéré que Lucrèce cessait d’être philosophe dès qu’il devenait poète. La poésie dans le De rerum natura est pourtant étroitement liée à l’exposé philosophique. Elle y trouve sa place selon trois modalités : elle permet au lecteur de vivre une expérience pré-philosophique, c’est-à-dire une expérience qui engage à entrer en philosophie ; elle a une fonction psychagogique, c’est-à-dire qu’elle rend l’exposé plus accessible et emporte l’adhésion du lecteur ; elle se substitue à l’argument philosophique lorsque celui-ci n’est pas explicité.

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Loxias | 56. | I.

La Terre-Mère écrivaine. Le lien femmes et Nature dans Andatha d’Éléonore Sioui

Andatha (1985) d’Éléonore Sioui, une Huronne-Wendate de Wendaké (nation établie en bordure de la ville de Québec), est la toute première œuvre écrite par une Amérindienne au Québec. Dans ce livre, Sioui retrace les traditions millénaires et ancestrales de sa communauté, guidée par les forces de la Nature, très liée à son écriture, ainsi que les émotions qui l’habitent, à l’heure où le monde en entier porte une attention anémique à la crise environnementale ainsi qu’aux autochtones. Cet article propose d’étudier le lien femmes et Nature qu’on retrouve dans ce recueil de poèmes puisqu’il est traversé par des valeurs matricielles et une pensée circulaire propres aux Premières Nations. Nous tenterons de cerner cette nouvelle forme de militantisme qui est assimilée à la prise de parole littéraire, permettant une affirmation d’une voix féminine (parfois féministe), lucide et écologiste. Andatha (1985) by Éléonore Sioui, a Huron-Wendat from Wendaké (nation established within Québec city), is the first work ever written by a femal Amerindian in Québec. In this book, Sioui recounts the thousand-year-old and ancestral traditions of her community, guided by the forces of Nature, very much linked to her writing, as well as the emotions which inhabit in her, when the whole World seems to put aside the environmental crisis and the Natives in general. This article proposes to study the link between women and Nature that is found in this collection of poems, since matrix values and circular thought, likely to the First Nations, go through it. We will attempt to define this new form of militancy which is assimilated to a literary speaking, allowing this feminine (sometimes feminist), lucid, and ecologist voice to affirm itself.

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Loxias | 61. | II.

La Poésie comme entretien - La poesia come colloquio

“Paris, L’Harmattan, collection Thyrse n° 12 (Université Côte d’Azur, CTEL), 7 mai 2018, 486 pages. Le volume comprend des contributions en français et en italien. L’expression « la poesia come colloquio » à l’origine utilisée par Pétrarque a connu une longue fortune dans la littérature jusqu’à nos jours. En quoi consiste l’entretien ? Quelles sont les images d’interlocuteur qui y sont impliquées ? Dans quelles mesures l’entretien peut-il devenir une notion matricielle pour le discours poétique ? Quels sont ses enjeux et ses formes aux cours des siècles ? Table des matières Béatrice Bonhomme, Anna Cerbo et Josiane Rieu, Préface / Prefazione...”

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Loxias | 64. | I.

Le poème, « centre et absence de la musique ». Mises en musique des poèmes de Paul Celan

Le poète Paul Celan a été mis en musique par de très nombreux compositeurs depuis les années 1960. Sous quel régime la mise en musique d’un poème se donne-t-elle à écouter, si elle n’est pas simple illustration ? L’article commence par un rappel de trois jalons critiques dans l’analyse des tensions entre texte et musique : « Le mystère dans les lettres » (1896) de Mallarmé, « La relation avec le texte » (1912) de Schönberg et « Son et verbe » (1958) de Boulez. Les mises en musique de Paul Celan, par leur diversité, forment un corpus de choix pour comprendre ces enjeux, ainsi qu’une chance d’éclairer sous d’autres jours certains poèmes. L’article considère d’abord les mises en musique des poèmes de Celan au regard des questions posées par la traduction ; puis il les intègre à une réflexion sur le « reste chantable », qui traverse l’œuvre de Celan et qui résonne dans la poésie et les textes critiques d’Ingeborg Bachmann ; enfin, il présente la mise en musique de « Psalm » par Heinz Holliger, véritable « écartèlement du poème », pour reprendre une expression de Pierre Boulez.

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Loxias | 64. | II.

Articuler danse et poésie: enjeux contemporains

“L’Harmattan, décembre 2018, coll. Thyrse (Université Nice-Sophia-Antipolis) Broché - format : 15,5 x 24 cmISBN : 978-2-343-16343-7 • 19 décembre 2018 • 360 pages La question des liens entre danse et poésie renvoie à l’une des gémellités artistiques les plus singulières du siècle passé. Si les poètes de la modernité - tels Mallarmé, Valéry ou Rilke - ont érigé la figure de la danseuse en objet de culte poétologique, les danseurs modernes n’ont que très rarement donné suite à cet enthousiasme. De même, la plume des poètes semble avoir de nos jours déserté le champ thématique de la danse. Le présent ouvrage appelle ainsi à la réouverture du dialogue danse/poésie. ...”

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Loxias | 66. | I.

Plurilinguisme et musique : tour de Babel et châteaux de sons

La présente étude a pour vocation de mettre à jour la teneur des rapports qui se nouent entre les langues et la musique dans l’œuvre de quatre poétesses de la modernité, toutes plurilingues, Marina Tsvetaeva, Alejandra Pizarnik, Amelia Rosselli et Michèle Finck. Il s’agit de montrer comment la musique intervient dans un contexte où le plurilinguisme apparaît comme une ressource poétique mais aussi comme un vecteur de troubles dans le rapport des poétesses au langage et au réel. Si le plurilinguisme confine parfois à l’alinguisme, il est à l’origine d’une parole poétique qui porte l’espoir de se constituer en langue propre, notamment par le recours aux ressources de la musique. Il s’agit aussi d’explorer dans cet article la présence de la métaphore architecturale, pour montrer comment les poétesses érigent des édifices poétiques fondés sur le son, à partir des restes de la tour de Babel.

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Loxias | 67. | I. | Agrégation de Lettres

Poète et politique dans la comédie d’Aristophane

Le théâtre d’Aristophane est le fruit d’une conjonction quasi indéfectible entre l’engagement politique du dramaturge qui déclare ouvertement son refus des choix du parti populaire (Cléon entre autres) et son engagement esthétique puisqu’il défend une comédie qui est à la fois divertissante par ses inventions et militante par les sujets d’actualité qu’elle met en scène. Le poète, dans l’imaginaire d’Aristophane, est un agent essentiel de la démocratie ; il est à la fois le "purificateur" qui défend la Cité contre les monstres, et l’empêche, tel le taon de Socrate, de dormir sur ses lauriers, mais il est aussi le "générateur" qui cultive et sème les bonnes idées parmi ses concitoyens. Aristophane consacre presque toutes ses comédies à la satire de la guerre du Péloponnèse et aux dysfonctionnements de la démocratie (la manie des procès, la sycophantie, la corruption, etc.) Pourtant, au fil des années, Aristophane devient de plus en plus sceptique quant à la possibilité d’instaurer une paix durable, il consacre alors plusieurs comédies (Les Oiseaux, Les Femmes à l’Assemblée, Lysistrata) à l’élaboration d’une utopie politique et sociale qui critique le réel décevant en lui faisant subir une distorsion et en lui substituant un rêve de paix et de prospérité.

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