genre dans Loxias


Articles


Loxias | Loxias 5 (juin 2004)

L'envers du romanesque dans A vau-l'eau de Joris-Karl Huysmans

A la fin du XIXe siècle, le roman voit ses fondements traditionnels remis en question par une crise appelée « crise du roman ». Avec A vau-l’eau paru en 1882, Joris-Karl Huysmans prend part à la crise : l’intrigue, le héros, le cadre spatio-temporel, la composition sont mis à mal et constituent les terrains de prédilection où Huysmans et d’autres écrivains s’affranchissent de la « tradition romanesque ». A vau-l’eau s’inscrit dans la mouvance du « livre sur rien » instauré par Flaubert avec L’Éducation sentimentale et pose le paradoxe suivant : comment écrire un roman lorsqu’on le vide de son contenu ? Huysmans ne fonde pas sa démarche uniquement sur une opposition, il cherche à renouveler le genre pour « faire du vrai ». Il dote ainsi les éléments constitutifs d’A vau-l’eau d’une nouvelle logique. Celle-ci interroge sur le statut générique d’A vau-l’eau : s’agit-il encore d’un roman ?

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Loxias | Loxias 8 (mars 2005)

L’émergence d’un genre : la comédie-ballet moliéresque

“La comédie-ballet fut créée par Molière, avec l’aide d’un chorégraphe qui composa également, pour l’essentiel, la musique, en 1661 ; mais, après sa mort en 1673, ce genre nouveau ne lui a guère survécu, du moins sous la forme qu’il lui avait donnée. Il s’agit d’un genre composite, hybride, qui veut mêler trois arts et leurs trois langages : le verbe du dialogue dans la comédie récitée, le langage des sons et celui de la chorégraphie ; le mélange était donc particulièrement instable. Nous appelons traditionnellement ce genre comédie-ballet, alors même que ni Molière ni ses immédiats contemporains ne se sont jamais servis de ce terme – sauf une...”

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Du déclin de l’histoire à la montée du discours ou

“Mes recherches portent, d’une part, sur la psychanalyse et la grammaire (soit la linguistique, soit la sémiotique), d’autre part, sur la préhistoire et la biologie ou l’éthologie et donc sur la question ou le problème de l’origine ; j’ai ici cherché à concilier surtout la seule première partie des occupations qui sont les miennes depuis une trentaine d’années et les préoccupations qui semblent être celles des équipes ou des groupes de recherche dans la section de Lettres modernes de cette université. Mon point de vue ou mon parti pris est celui de la grammaire, la littérature n’étant jamais que l’art de la grammaire ou du langage. J’espère...”

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Loxias | Loxias 10 | I.

L’invention du roman français au XVIIe siècle

Chercher à définir le roman au XVIIe siècle fait surgir deux oppositions majeures : malgré la faible considération des auteurs, des lecteurs et des ouvrages en eux-mêmes, le succès croissant du genre ; face à la critique des adversaires du roman, l’apologie puis la théorisation du genre romanesque. La réflexion sur le genre est tributaire de ce contexte polémique, et son essor est inséparable de quelques présupposés, qui lui sont ensuite durablement associés. Pour contrer les arguments des doctes et des moralistes, les romanciers conçoivent leur pratique parallèlement à un programme de réhabilitation du genre. Plus que de l’élaboration, dans les faits et dans les œuvres, d’une pratique narrative, c’est de « l’invention » d’un genre littéraire qu’il s’agit.

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Loxias | Loxias 24 | Pour une archéologie de la théorisation des effets littéraires des rapports de domination

Troubles du genre : lecture critique de Judith Butler

En proposant de rouvrir la notion de « genre », Judith Butler poursuit l’entreprise de la déconstruction dans le domaine du sujet. Cette filiation se marque par une pratique de la lecture et par l’héritage d’une conception foucaldienne du pouvoir. Mais la sortie des catégories métaphysiques de l’identité que propose Butler semble sujette à caution : la libération visée par la réouverture du genre reste limitée, et menacée par une conception idéaliste de la politique. Handling the notion of gender, and fighting against the order of its definitions, Judith Butler inherits the aim of the deconstruction philosophers: to shatter the illusions of a metaphysical identity. Yet, as innovative as it may be, Butler’s theory seems to stay beyond certain limits that prevent it from fulfilling its political ideal.

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Loxias | Loxias 29 | I. | 2. Expériences

Le petit dieu amour : au cœur de la traduction des Sonnets de Shakespeare.

Dans les deux derniers sonnets, redondants, du recueil des sonnets de Shakespeare, apparaît la figure d’Éros-Cupidon. Est-ce à dire que tout le recueil doit se traduire avec pour cible une érotisation univoque ? Si le traducteur s’aperçoit vite qu’il ne peut faire l’économie de la dimension sexuelle des récits et discours qui habitent les poèmes, la couleur à leur donner reste une affaire de choix, difficile à prendre. En effet, Shakespeare semble avoir pris un malin plaisir à multiplier les points d’irrésolution ; au premier chef desquels, sans doute, il faut placer la valeur du désir et de ses diverses incarnations verbales. Désir brutal, amour essentiel, parodie de discours, c’est au traducteur de choisir sa flèche. Among the ambiguities which abound in Shakespeare’s Sonnets (1609), the issues of gender and sexual identity are certainly central; they imply crucifying decisions for the translator and particularly for the French translator. The grammatical choices, syntax and style, on the one hand, and gender issues, choices and sexual identity or colour, on the other hand, are not exactly equivalent but they interact profoundly. Who speaks to whom and of what love? Is irony the sexual hue hiding love or is love just a speech ironically covering brutal desire? How are we to translate a text that play on those double meanings, without losing this humor based on hesitation that seem to be the trademark of the sonnets? Can one combine and vary angles of translation without lacking of unity? We present here the choices made by several among the numerous translators in French.

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Loxias | Loxias 34 | Doctoriales VIII

L’Androgyne au service de la différence des sexes : l’exemple d’Orlanda (1996) de Jacqueline Harpman

L’œuvre Orlanda (1996) de Jacqueline Harpman, auteure belge de langue française, met en scène de nombreux doubles et surtout maintes duplications. La dualité fait partie intégrante de son esthétique romanesque et interroge la notion d’identité sexuée à travers, entre autres, le personnage androgynique d’Orlanda. La spécificité de ce roman est de faire cohabiter les deux parties de l’androgyne, le Féminin et le Masculin, dans des corps distincts mais dans un même espace-temps, rendant ainsi la comparaison entre l’une et l’autre part de l’Ego possible. Le présent article vise à analyser le traitement du genre dans cette œuvre et à dégager les enjeux de cette métaphore identitaire. Orlanda (1996), written by Jacqueline Harpman, a French Belgian author, stages many literary doubles and above all a lot of duplications. Duality is an integrant part of her fictional aesthetics and questions the notion of sexual identity and gender through, among others things, the androgynous character Orlanda. The characteristic of this novel is the co-existence of both parts of the androgyne, male and female, in distinct bodies but living in a same space-time, allowing the comparison between the two parts of the Ego. The present article intends to analyse the way Harpman deals with gender in this book and to disclose the stakes of this identity metaphor.

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Loxias | 53. | I.

La théorie queer : de ses origines aux débats actuels

Depuis son entrée dans la langue au XVIe siècle, le terme queer en anglais signifiait « étrange » ou « bizarre », mais il n’a pas eu de connotation sexuelle avant le début du XXe siècle, où il a commencé à servir d’insulte contre les hommes efféminés. Pendant les années 1980, le terme aura été repris par la communauté gaie et par les universitaires dans le but de retourner le stigmate pour développer une praxis de résistance contre ce qu’ils appellent « la tyrannie du genre ». C’est un panorama du mot et du concept que propose la présente étude.

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Loxias | 54 | I.

La Paméla de Voltaire des Lumières au XXIe siècle - changements de statut et réception générique du texte

En 2004, André Magnan reconstitue une œuvre voltairienne jusqu’alors non identifiée qu’il intitule L’affaire Paméla. Lettres de Monsieur de Voltaire à Madame Denis, de Berlin. Une seconde édition, réalisée par Jonathan Mallinson pour les Œuvres Complètes de Voltaire, paraît en 2010. L’introuvable Paméla est en réalité un récit épistolaire autoréférentiel. Fondé sur la réécriture littéraire a posteriori de missives privées authentiques, l’œuvre relate les mésaventures vécues par l’auteur à la cour de Frédéric II de Prusse entre 1750 et 1753, et n’a jamais été présentée au public avant la parution des deux récentes éditions reconstituées. Or, il apparaît que les changements successifs de statut du texte (correspondance authentique privée, puis récit épistolaire autoréférentiel, et enfin récit épistolaire autoréférentiel reconstitué) entraînent une tension dans sa réception générique par la critique scientifique contemporaine. C’est pourquoi je propose une mise au point sur les liens entre, d’une part, la structure et la génétique particulières de Paméla ; et, d’autre part, l’évaluation contemporaine de sa généricité et son rapport au « vrai ». Au cœur de ce questionnement se trouvent les enjeux d’autoreprésentation inhérents à toute écriture de soi par l’épistolier, qui sont ici exacerbés par la visibilité du processus de réécriture.

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Suivre « le char d’une femme célèbre » : Benjamin Constant et Germaine de Staël face à la question du genre

S’appuyant sur les Journaux intimes de Benjamin Constant et la littérature critique à leur propos, le présent article se penche sur la façon dont cet adepte de l’introspection perçoit les conventions genrées de son temps et, à l’aune de cette norme, la lecture qu’il fait de son propre rôle dans sa relation avec Germaine de Staël, relation qu’il n’hésite pas à qualifier d’exceptionnelle. Le propos se centre sur la façon dont l’écrivain exprime cette perception dans l’intimité absolue de ses Journaux intimes, lieu privilégié d’une quête identitaire et d’une construction de soi qui culminent dans Amélie et Germaine, son premier journal, où Constant procède à une auto-analyse à la lumière de ses rapports avec les deux femmes. L’article cherche à montrer comment Constant, déchiré entre un désir d’émancipation qui est aussi une aspiration à la gloire et une peur du changement qui le paralyse, tente, dans cet espace de l’intime, de définir son identité et d’agir sur son être profond, afin de pouvoir envisager l’avenir.

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Loxias | 58. | I.

Les territoires du genre et la fabrique des sujets dans La Mémoire tatouée de A. Khatibi et dans Cérémonie de Y. Chami

Le genre comme norme investit l’espace et instaure ses territoires sur la base du sexe. Cet article se propose d’analyser l’architecture spatiale de la société au prisme du genre à partir de deux romans marocains d’expression française. Ce travail part de l’idée que l’espace investi par la norme du genre concourt à la construction des sujets et à la régulation de leurs comportements et de leurs conduites.

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Loxias | 59. | I.

Eschine, Contre Timarque : essai de bilan critique

L’objet de cet article est de tenter un panorama des façons dont Eschine en général et le Contre Timarque en particulier apparaissent dans la recherche actuelle. Il s’agira d’abord d’étudier l’Histoire, autour et à l’intérieur du discours ; puis d’observer quelques aspects de l’art oratoire, l’actio, les insultes, etc. ; enfin, nous verrons que le discours est souvent cité dans des études sociologiques, anthropologiques, de genre, car son propos, implicite comme explicite, est au cœur d’une question cruciale : qu’est-ce qu’un bon citoyen ?

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Loxias | 65. | I.

Voyage et masculinité dans l’œuvre de Jean Rolin

Jean Rolin joue sur les stéréotypes du baroudeur solitaire, figure masculine s’il en est, mais qu’en est-il de la féminité dans cette œuvre littéraire viatique ? La femme n’est-elle qu’une proie ou qu’un objet de désir aux yeux du voyageur ? Ou bien est-il possible de mettre au jour une manière chez Rolin de mettre en péril les attendus stéréotypés pour laisser entrer une féminité plus douée pour le voyage et les rencontres interculturelles ? À travers la lecture de l’ensemble des récits de Jean Rolin, et plus précisément de Traverses (1999) et de Savannah (2015), on voit se mettre en place, progressivement, une « méditation sur le voyage comme géométrie du désir et comme déchiffrement des signes. »

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Loxias | 69. | I.

La rupture dans Médée chérie (2019) de Yasmine Chami

Dans la culture marocaine, l’amour dans le couple, tissé au fil des années et symbolisé par la fécondité, la réserve et la dignité de l’épouse, constitue l’une des bases de l’unité familiale. Cette unité n’est pas toujours sauvegardée, pour différentes raisons, et c’est la femme qui le subit le plus comme un échec irréversible. Tel est le cas de Médée, dans Médée Chérie (2019) de Yasmine Chami qui, abandonnée par son mari Ismaïl, expérimente l’anéantissement total. L’objectif est de voir, à la lumière du genre, comment en partant d’une réécriture du mythe de Médée la romancière représente l’impact de la rupture sur la femme. In Moroccan culture, love in the couple, woven over the years and represented by the fertility, the reserve and the dignity of the wife, constitutes one of the pillars of family unity. For different reasons, such unity is not always preserved, and it is the woman who undergoes it more like an irreversible failure. This is the case with Medea in Médée chérie (2019) by Yasmine Chami, who has been abandoned by her husband Ismail, then goes through complete chaos. Accordingly, the objective here is to see, in light of gender, how starting from rewriting Medea’s story, the author illustrates the impact of separation on the woman.

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Loxias | 70. | I.

Une héroïne étrange : l’hybridité de Silence en habit de jongleur dans Le Roman de Silence

Le Roman de Silence, texte français du XIIIe siècle, a connu un vrai succès à partir de 1985 dans les études féministes et les études genre dans le monde anglophone. Après les théories de la philosophe Judith Butler, les études sur ce texte se sont proposé d’analyser la performativité du genre de l’héroïne déguisée successivement en jongleur et en chevalier avant de retrouver son statut initial de femme. Dans la continuité des études queer, nous nous concentrons ici sur l’hybridité de l’héroïne qui transparaît essentiellement sous le déguisement du jongleur. Nous analysons la manière dont le roman contribue à brouiller les catégories identitaires de genre, sexe et d’identité sexuelle. Si l’hybridité de l’héroïne est extraordinaire, elle devient aussi une merveille médiévale, permettant de prendre en considération la terminologie queer dans toutes ses acceptions. The Roman de Silence, a French text from the 13th century, became popular from 1985 onwards in feminist and gender studies in the English-speaking world. After the theories of the philosopher Judith Butler, studies on this text have proposed to analyse the performativity of the genre by the heroine successively disguised as a juggler and as a knight before regaining its initial woman’s status. As a continuation of queer studies, we here focus on the hybridity of the heroin, which mainly shows up in the guise of the juggler. We analyze how the novel contributes to trouble the identity categories of gender, sex and sexual identity. If the heroine’s hybridity is extraordinary, it also becomes a medieval marvel, allowing queer terminology to be considered in every acceptance.

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