Loxias | Loxias 3 (févr. 2004) Eclipses et surgissements de constellations mythiques. Littératures et contexte culturel, champ francophone (2e partie) |  Fondements mythiques des nations 

Alberto Filipe Araújo  : 

L’image et le symbolisme de l’Arbre dans la pensée pédagogique républicaine portugaise (1910-1926)

Résumé

S’inspirant de l'herméneutique de Gilbert Durand, et notamment de la mythanalyse, cet article étudie la tradition culturelle et pédagogique de la Ière République Portugaise (1910-1926) qui se veut « une patrie nouvelle rachetée par l’instruction » comme le proclamait Manuel de Arriaga, le premier président élu de la République (1911-1915). On se propose d’une part de décrire la célébration de la Fête de l’Arbre et l’importance idéo-symbolique qu’elle a eue au sein du mouvement républicain portugais, et d’autre part de mieux comprendre comment la métaphore horticole peut être comprise dans le mouvement d'une symbolique des profondeurs.

Index

Mots-clés : Arbre , démopédie, pédagogie, symbole républicain

Plan

Texte intégral

L'arbre est béatitude, accès au jardin intérieur. Ce lieu mystérieux dans lequel se célèbrent les noces du temps et de l'Éternité

Charles Hirsch et Marie-Madeleine Davy. L'Arbre, p.139

Ma communication1 s'inspire, du point de vue méthodologique, de l'herméneutique de Gilbert Durand, et notamment de la mythanalyse2, tandis que mon objet d’application sera la tradition culturelle et pédagogique de la Ière République Portugaise (1910-1926) qui se veut « une patrie nouvelle rachetée par l’instruction » comme le proclamait Manuel de Arriaga, le premier président élu de la République (1911-1915).

Je me propose alors, d’une part de décrire la célébration de la Fête de l’Arbre et l’importance idéo-symbolique qu’elle a eue au sein du mouvement républicain portugais, et d’autre part de mieux comprendre comment la métaphore horticole mise en évidence par Nanine Charbonnel et Daniel Hameline, peut être comprise dans le mouvement d'une symbolique des profondeurs.

Je ne veux pas reprendre ici les idées déjà développées dans un autre texte : Le mythologème de ‘l’Homme Nouveau’ dans l’imaginaire pédagogique portugais3, mais il me faut rapidement en résumer quelques-unes. Fernando Catroga analyse avec rigueur les enjeux du phénomène républicain en l'envisageant comme une « personnification [représentation] politique d'une révolution culturelle 4». Il s'agit d'une révolution laïque, anticléricale et positiviste avec des prétentions scientistes. Ainsi, on peut caractériser la « vision du monde » républicaine à travers les idées directrices développées par certains penseurs de l'époque : - la matière comme substance universelle et fondement du dynamisme cosmique ; - les sciences naturelles et le scientisme sont considérés comme le seul critère de vérité pour étayer le modèle de la société laïque ; - la croyance dans la perfectibilité et dans l'émancipation de l'homme par la laïcité ; - la sécularisation des institutions et des consciences par le biais des valeurs anti-cléricales, démocratiques et humanistes (la solidarité, la justice, la dignité, la « religion du devoir ») ; - la demopedia [mot forgé pour traduire le lien profond entre la formation pédagogique et la formation démocratique de l'homme républicain] comme idéal éducatif d'un homme nouveau qui se voudrait rationnel et autonome.

En ce qui concerne les thèmes forts de la pensée pédagogique républicaine, ils ont été synthétisés par Fernando Catroga lui-même :

L’éducation et l’enseignement républicains ont comme but non seulement la raison, mais aussi les sentiments et l’éducation physique. Autrement dit, pour régénérer la société et pour refonder l’État-Nation, la nouvelle éducation devrait viser la totalité de la personnalité humaine, disciplinant autant le corps – par la gymnastique, les jeux et l’hygiène –, que la rationalité elle-même – par l’instruction pratique et théorique –, et la moralité par l’encouragement des sentiments d’altruisme et de solidarité collective5.

Le texte de la principale Réforme de l’Enseignement Primaire de 1911 met en évidence qu’éduquer vaut mieux qu’instruire et remarque aussi que l'« homme vaut surtout par l'éducation qu'il possède ». De cette façon la République a pour devoir de libérer l'enfant de l'influence jésuitique et de l'émanciper des dogmes moraux ou religieux. Pour mener à bien cette libération, les républicains avaient besoin d’une éducation laïque, définie par João de Barros comme une « éducation pour le peuple entier, pour tous les croyants de toutes les religions, pour tous les fidèles de tous les cultes, pour tous les esprits et pour toutes les âmes6 » et qui enseigne aussi le « respect pour toutes les opinions religieuses, la tolérance — la liberté de conscience7 ». Dans cette sorte de croisade contaminée par un optimisme historique de teneur illuministe, la Fête de l'Arbre accomplit bien ce genre de tâche, puisqu’elle s’ouvre à la fois au symbolisme cosmique (l’arrivée d'un monde nouveau ou régénéré), et à un symbolisme de teneur anthropologique (la formation d’un homme nouveau).

Il est possible d’affirmer que l'idée directrice de la régénération, en tant qu'éternelle rénovation et purification, contient en elle-même des éléments mythiques dans la mesure où la figure mythique d’Antée symbolise l'aliment régénérateur identifié avec les valeurs républicaines, telles la liberté, la solidarité, le patriotisme, l’amour du travail, la croyance en la capacité émancipatrice produite par la demopedia républicaine8. Valeurs auxquelles il faut ajouter celles du « culte de la Liberté dans l'Ordre, comme le seul moyen de réaliser le vrai Progrès et la vraie Justice » selon le Programme de l'Éducation Nationale (1911 : 179). C'est donc par le biais de ces mêmes valeurs que l'école pourrait mettre en œuvre une culture civique capable d’être inoculée dans les consciences et de les alimenter et, ainsi de mieux édifier une morale de l'énergie9. Ces mêmes valeurs devraient être divulguées par l’instituteur primaire qui, d'après l’un des principaux pédagogues républicains - João de Barros (1881-1960), devrait profiter de toutes les opportunités pour infiltrer dans l'âme de l'écolier :

L’enthousiasme de la patrie, qui nous a rendus grands et forts dans le passé et, qui, demain, nous donnera à nouveau la même et resplendissante énergie. À propos de tout - à propos de rien - on peut instituer cette éducation patriotique : d'après une lecture, une promenade, une fête scolaire, un enseignement particulièrement moral ou artistique10.

On peut aussi mieux comprendre que la Fête de l’Arbre, en tant que fête scolaire, n’est qu’un prétexte et un moyen pour instituer une éducation patriotique, civique et laïque avec la consécration des symboles du nouveau régime, parmi lesquels le drapeau et l'hymne. Autrement dit, ces fêtes civiques organisées pendant la période républicaine, ont servi à réaffirmer les valeurs de la laïcité, de la liberté, du culte de la patrie et de la solidarité et le civisme républicain, ainsi qu’à convaincre de l’avenir radieux de la nouvelle république :

les arbres devront lier, dans l'esprit de l'enfant qui les a semés ou les a plantés, et qui plus tard les verra grands et fleuris, le passé à l'avenir ; donc, ils devront leur enseigner la continuité du sentiment ; ils leur expliqueront la résistance aux aléas de la vie, l'aide mutuelle11. (Barros, 1911, p.152).

Dans le même sillage, nous rappelons justement le texte de Ferreira Deusdado qui porte, d’ailleurs, un titre parlant La Fête scolaire de l'arbre, le culte du drapeau et le sentiment de la Patrie, et qui affirme que :

Enseigner à un enfant à aimer les arbres, c'est l’encourager à éprouver un sentiment de dévouement envers la patrie »12.

Il est connu qu’au début du XXème siècle la métaphore agricole est visiblement présente chez ceux qui préconisent soit une nouvelle éducation, soit de nouvelles valeurs d’ordre civique. Ainsi il n’est pas vraiment étonnant que les leaders politiques républicains aient utilisé cette métaphore polyphonique pour mieux exprimer leurs intentions généreuses face aux destins de la nouvelle République et de l’éducation elle-même. Les différentes images de l’arbre leur permettaient de « donner à voir » les nouvelles valeurs républicaines comme l'amour patriotique, l'amour et le respect pour la nature et pour la vie en général, le sentiment de solidarité à l’égard d’autrui (Magalhães, 1912). En d’autres termes, ces images permettent de transformer des idées abstraites en sentiments, de métamorphoser l’homme politique et le pédagogue-instituteur en bons jardiniers.

Dans ce contexte, se sont organisées, dès 1908 et jusqu’à 1913, de nombreuses Fêtes de L’Arbre sous la responsabilité de la Ligue Nationale de l’Instruction dans des différentes villes du Portugal13. Pour mieux illustrer cette aventure où l’arbre joue un rôle primordial, je crois qu’il faut laisser la parole aux différents acteurs qui l’ont organisée et y ont participé à diverses occasions. Ainsi, dans la Fête de L’Arbre, promue par la Ligue Nationale de l’Instruction de Viana du Castelo, le 25 d’octobre 1908, João da Rocha, lui-même instituteur et membre de la Ligue, a accordé à la plantation des arbres par les enfants des écoles primaires une signification sociale et religieuse synthétisée dans la maxime « aimez-vous les uns les autres ». Ensuite, il renforce cette idée, affirmant que les arbres « dans leur inconscience et dans leur nudité » sont plus prégnants symboliquement que beaucoup des discours ou sermons disant que « l'on ne doit pas être égoïste, que l'on doit se réunir, se rejoindre, s'aider mutuellement14 ».

Il faut aussi souligner que dans cette fête, ni les « jolis petits drapeaux de la patrie », ni le salut du drapeau national, ni l’hymne scolaire n'ont manqué.

A l’instar de João da Rocha, Ricardo Simões Reis rappelle aussi, à Penela, le 9 mars 1913, que la Fête de l’Arbre est une « fête de la Création, une manifestation solennelle du culte de l'homme à la Terre-Mère dont les seins très fertiles nourrissent ce qui est vivant15 ». Pour lui, cela signifie aussi que « au sein de la Société portugaise il est en train de s'opérer un changement favorable dans sa manière d'être, dans sa façon de penser et de sentir ». En outre, il met en évidence non seulement la valeur économique de l'arbre (le bien-être social), mais aussi sa dimension sociale, qui est celle d'« éveiller, de guider et de fortifier dans le cœur de la nouvelle génération les sentiments de confraternité et de solidarité humaines ». Ce qui intéresse Reis c’est d’attirer l’attention sur le signifié mobilisateur émotionnel que l’arbre représente en escomptant des conséquences d’adhésion civique16.

De son côté, le directeur du Siècle Agricole avertit que « ce n'est pas une fête banale », mais avant toute une cérémonie où les enfants et les adultes écoutent la « leçon profitable » énoncée par les professeurs primaires, et dans laquelle on devra souligner « la cause sainte » qui n'est autre que l'actuelle fête envisagée comme une « grande leçon civique17 ». En effet, dans le nº 34 du 24 mars, où d'ailleurs on fait le bilan des commémorations, on lit qu'avec la Fête de l'Arbre « un esprit nouveau, avide de progrès salutaire, anxieux de transformations radicales, désireux de se libérer de la routine », a contaminé le « sentiment national18 ». En tentant de faire un bilan L'Illustration Portugaise, en 1913, nous parle de l'initiative du Siècle Agricole comme d'un grand événement civique qui a pris une grande importance dans le Pays tout entier.

Des milliers d'enfants, de la capitale aux plus lointains villages, ont planté des arbres au son des hymnes, devant leurs maîtres et leurs camarades, dont les mots leur inculquaient au fond de leurs âmes le culte de l'arbre19 (s.a., 1913).

Finalement, l’image de l'arbre qui était envisagée comme « amour pour l'activité productive de la campagne, l'espoir de meilleurs jours […] ; le besoin du développement de tous les intérêts, matériels et affectifs, qui lient l'homme à la terre qui le nourrit au sein de laquelle il se repose20 », a été reprise par le ministre João Camoesas. Celui-ci a publié, dans le Journal Officiel du 21 mars 1923, un arrêté21 dans lequel on accorde au Culte de l'Arbre, en tant que symbole d'amour de la nature, une grande valeur éducative, puisqu'il « donne sa contribution à une plus parfaite et intime intégration de l'homme à la terre qui constitue la base géographique de sa Patrie ». Et, par conséquent, il exige que dans les écoles de l'enseignement primaire, les professeurs choisissent un jour du mois d'avril, pour célébrer la Fête de l'Arbre, laquelle devra être accompagnée de « leçons de teneur patriotique et éducative ».

La Fête de l’Arbre, utilisant une métaphore agricole, d’ailleurs très présente dans les textes pédagogiques de l’époque, a servi aux républicains, comme nous l’avons vu, à mieux divulguer la trilogie sacrée : éducation, prospérité, progrès. Au niveau idéologique cette trilogie, était bien présente dans le catéchisme laïque (voir des manuels de morale civique), elle avait besoin d’être complétée, au niveau du rite, par la fête pour mieux forger les sentiments des écoliers en tant que futurs « hommes nouveaux ». Cette fête visait une sorte de réenchantement de la nouvelle société rachetée par l’éducation civique et en quête de nouvelles valeurs. C’est précisément à l’égard du réenchantement qu’il faut envisager l’image de l’arbre autrement. Si, d’une part, j’accepte volontiers que la métaphore agricole mise en évidence par Hameline et Charbonnel22, joue un rôle important en tant que véhicule des idées et des sentiments, en l’occurrence républicains, je pense, d’autre part que le concept de métaphore s’avère assez insuffisant pour rendre compte de la fécondité de l’image de l’arbre saisie comme « image matricielle » (symbole primaire de la psyché et de la tradition culturelle humaines).

Ce que je reproche à la notion de métaphore d’Hameline et de Charbonnel c’est le fait qu’elle désigne à la fois la forme de la métaphore « en tant que figure du discours focalisé sur le mot » et le sens de la métaphore « en tant qu’instauration d’une nouvelle pertinence sémantique23 », ce qui conduit à oublier l’essence de la métaphorisation, c’est-à-dire de l’activité poïétique du langage24. Autrement dit, leur notion de métaphore, même si elle est bien pour ces auteurs un phénomène de discours reposant sur une logique de similitude et un rapprochement entre réalités hétérogènes25, ne prend pas suffisamment en compte la dimension herméneutique comme telle et c’est pour cela que j’insisterai sur la « prégnance symbolique » de l’image de l’arbre.

Si l’on se réfère aux apports de Ricœur, de Wunenburger et de Durand c’est pour mieux comprendre comment, au niveau de la référence de la métaphore en tant que pouvoir de « redécrire » la réalité26, il faut travailler et saisir les aspects « arborescents » de l’image. Cette « redescription » provoque, à son tour, un déplacement épistémologique entre une linguistique formaliste et une linguistique basée sur le plan herméneutique, ce qui nous permet de rejoindre la fiction elle-même. C’est bien une linguistique de ce genre qui valorise une opération de « rapprochement » des significations et attribue à l’image une prééminence, génétique et symbolique, la liant ainsi à une expressivité poétique originaire qui s’oppose à la démarche de la linguistique formaliste ; en effet celle-ci fait le choix de rattacher les images poétiques à une opération d’« écart » par rapport à un sens déjà présent dans un énoncé littéral, ce qui est contestable. Dans cette perspective, l’image de l’arbre enracinée dans le langage27 et guidée par une sémantique des profondeurs, ne peut pas se dispenser du niveau herméneutique ouvert à la triple « expressivité » du symbole28, qu’elle soit cosmique, psychique et poétique :

Il faudrait comprendre qu’il n’y a pas trois formes incommunicables de symboles ; la structure de l’image poétique est aussi celle du rêve lorsque celui-ci tire des lambeaux de notre passé une prophétie de notre devenir et celle des hiérophanies qui rendent manifeste le sacré dans le ciel et les eaux, la végétation et les pierres29.

En bref, mon but ici c’est de parvenir à montrer que l’image de l’arbre ne concerne pas seulement le procédé du « donner à voir », du « voir comme », mais au contraire, nous amène plus loin – au monde des résonances entre les différentes modalités du symbole que nous avons déjà mentionnées et au carrefour des imaginaires individuels et collectifs. Ainsi l’arbre est un

‘Symbole de la vie’, en perpétuelle évolution, en ascension vers le ciel, il évoque tout le symbolisme de la verticalité : ainsi l’arbre de Léonard de Vinci. D’autre part, il sert aussi à symboliser le caractère cyclique de l’évolution cosmique : mort et régénération ; les feuilles surtout évoquent un cycle, celui des arbres qui se dépouillent et se recouvrent chaque année de feuilles. L’arbre met aussi en communication les trois niveaux du cosmos : le souterrain, par ses racines fouillant les profondeurs où elles s’enfoncent, la surface de la terre, par son tronc et ses premières branches supérieures et sa cime attirées par la lumière du ciel30.

Ainsi, il n'est pas étonnant que la Fête de l'Arbre puisse apparaître comme un cérémonial « fondé sur une intuition globale du sacré bio-cosmique qui se manifeste à tous les niveaux de la vie, s'accroît, s'épuise et se régénère périodiquement31 ». En effet, les idées de rénovation, de recommencement et de restauration, indépendamment de leurs caractéristiques, sont réductibles à la notion de naissance et celle-ci, à son tour, à la notion de création cosmique. Donc la régénération cosmique, dont nous a parlé Fernando Catroga, symbolisée par la Fête de l'Arbre et par le geste symbolique de sa plantation, « symbolisait l'autosuffisance ontique de la nature et son éternelle reproduction32 ». Et ainsi cette sorte de régénération doit être comprise à la lumière du mythe cosmogonique, comme mythe paradigmatique de la création et non le contraire : l'arbre représente pour Eliade « le Cosmos vivant, se régénérant sans cesse et la vie inépuisable […] l'arbre-cosmos peut, de ce fait, devenir à un autre niveau, l'arbre de la 'Vie-sans-mort'33 ».

Il ne faut pas oublier que la Fête de l'Arbre, promue par les républicains, avait lieu normalement au Printemps dont la symbolique, selon Mircea Eliade, est révélatrice des intentions de la pédagogie civique républicaine :

 Le printemps est une résurrection de la vie universelle et par conséquent de la vie humaine. Par cet acte cosmique, toutes les forces de création retrouvent leur vigueur initiale. La vie est reconstituée intégralement ; tout commence à nouveau34.

 On peut donc mieux comprendre pourquoi la Fête de l’Arbre a joué un rôle significatif dans l’imaginaire collectif républicain, d’autant qu’elle symbolisait aussi l’idéal de la régénération et de la ritualisation du nouveau temps irréversible et progressiste instauré par l’action républicaine :

Aussi n’est-il pas étonnant de constater que l’image de l’arbre est toujours inductrice d’un certain messianisme, de ce que nous pourrions appeler le ‘complexe de Jessé’. Tout progressisme est arborescent35.

Mais il symbolise aussi l’homme primordial (au sens soit de l’homme nouveau, soit de l’homme régénéré).

A cet égard Fernando Catroga – un des meilleurs spécialistes du républicanisme portugais – attire l’attention sur le fait que l’arbre représente pour les républicains une « humanité nouvelle » où le thème de l’« homme nouveau » (l'« homme régénéré » et l'« homme civique ») joue un rôle important dans la construction d’une République anticléricale et démocratique36. Ainsi se comprend la remarque de Jung dans son œuvre Les Racines de la Conscience, quand il affirme qu’à chaque plantation d’un arbre correspond, au niveau archétypal, la création d’un « homme nouveau » :

La figure humaine cachée dans le tronc montre l'identité de l'arbre avec l'homme et se trouve en outre à l'égard de l'arbre dans le même rapport que l'enfant à l'égard de sa mère. Ce dernier trait concorde avec la signification féminine et maternelle de l'arbre. […] Ainsi l'être né de l'arbre se trouve caractérisé non seulement comme un être naturel, mais aussi comme homme primordial sortant du sol. […] Selon les idées les plus anciennes, les hommes sortent des arbres ou des plantes. L'arbre est en quelque sorte une métamorphose de l'homme étant donné que, d'une part, il provient de l'homme primordial et que, d'autre part, il devient l'homme. […] l'arbre doit être conçu comme l'anthropos, c'est-à-dire comme le Soi37.

Compte tenu des implications symboliques de l’image de l’arbre et de ses rapports avec sa propre Fête, on peut relever que dans la symbolique, le symbolisant imagé renvoie à un symbolisé qui renvoie lui-même à une chaîne de significations intellectuelles ou spirituelles indirectes, selon des niveaux hiérarchiques : tel arbre planté se rattache à la naissance d’un enfant (niveau de la métaphore tout court), qui symbolise lui-même le développement et la formation de cet enfant à l’instar de la plante (niveau de la métaphore agricole), qui par sa croissance fait penser à l’épanouissement humain, au sacré bio-cosmique (l’arbre-cosmos), à la régénération cosmique, à l’irréversibilité du temps, à l’homme primordial (nouveau ou régénéré) et même au paradis, toutes significations qu’on peut toujours prendre en compte (niveau de prégnance symbolique). C’est pourquoi je suis tout à fait d’accord avec Jean-Jacques Wunenburger, quand il affirme :

l’activité symbolique [contrairement au jeu métaphorique, c’est moi qui le souligne] reste fondamentalement asymptotique, tangentielle, elle dévoile d’autres horizons invisibles à première vue, mais sans que nous puissions les rejoindre, c’est-à-dire mettre la main sur l’espace du sens38.

Comme nous l’avons vu, l’image parlante de l’arbre semble bien échapper à toute détermination unilatérale, et notamment à l’emprise de l’énoncé métaphorique, puisque toute vraie image symbolique relève finalement d’un entre-trois : cosmique, psychique et poétique. Ainsi, l’arbre, en tant que symbole primaire (image archétypique) a permis, d’une part aux républicains portugais de pouvoir afficher leurs idées « démopédiques » qui visaient soit la formation de l’« homme nouveau », soit la construction d’un « Âge d’Or » sur terre, en l’occurrence une république régénérée où la tache comme la souillure monarchique, le cléricalisme jésuitique et l’ignorance seraient exclues ; et d’autre part, le même symbole a réussi à modeler, à l’insu des républicains, leur idéologie selon une orientation plurivoque et même à ouvrir la multiplicité du sens sur l’« équivocité de l’être » (Ricœur).

Notes de bas de page numériques

1 Ce texte a été réalisé dans le cadre d’une recherche post-doctorale soutenue par la Fondation pour la Science et Technologie (FCT – Lisboa – Portugal).
2 D’après Gilbert Durand la mythanalyse peut procéder de deux façons : « elle prolonge naturellement la mythocritique, et cette voie est plutôt suivie par les littéraires formés à l’analyse des textes, soit – et c’est la voie philosophique – qu’elle parte des séquences et des mythèmes d’un mythe bien établi, et qu’elle en lise les résonances dans telle société ou dans tel moment historique », 1996, p. 216. Autrement dit, la mythocritique glisse vers des « études plus contextuelles, a des constats plus sociaux », 1996, p. 208.
3 1998, pp.301-311.
4 Fernando Catroga, O Republicanismo em Portugal. Da Formação ao 5 de Outubro de 1910. Coimbra : Fac. de Letras 1991, 2 vol., p.193.
5 Fernando Catroga, O Republicanismo em Portugal. Da Formação ao 5 de Outubro de 1910, p. 457.
6 João de Barros, A Educação Moral na Escola Primária., Lisboa, Liv. Aillaud & Bertrand, 1914, p. 24.
7 João de Barros, A Educação Moral na Escola Primária, p. 25.
8 Fernando Catroga, O Republicanismo em Portugal. Da Formação ao 5 de Outubro de 1910, 1991, vol. 2, p. 462.
9 João de Barros, A República e a Escola, Lisboa, Liv. Aillaud & Bertrand, s.d., pp. 47-55.
10 A Educação Moral na Escola Primária, Lisboa, Liv. Aillaud & Bertrand. 1914, pp. 41-42.
11 Voir Jung : « Ainsi, à la naissance d'un enfant, on plante un arbre dont le destin est identique à celui de l'individu auquel il est rattaché » (1995, p. 424 (n.28) ; Hirsch & Davy : « Le végétal est lié à l'homme pour toute la durée de l'existence. La mort même ne brise pas les attaches et l'arbre donne une impulsion à la vie de l'au-delà. (…) C'est dès lors un arbre enraciné dans un passé encore là, culminant dans un futur déjà là, et dont le temps ordinaire, celui des horloges, mais calciné, putréfié, dissous, enfin distillé, devient la sève, le breuvage de l'authentique immortalité » (1997, p. 18 et p. 60) et Durand : « Rien n'est donc plus fraternel et flatteur au destin spirituel ou temporel de l'homme que de se comparer à un arbre séculaire, contre lequel le temps n'a pas de prise, avec lequel le devenir est complice de la majesté des frondaisons et de la beauté des floraisons », 1984, p. 396.
12 Ferreira Deusdado, “A Festa escolar da árvore, o culto da Bandeira e o sentimento da Pátria”. In Educadores Portugueses, Porto, Lello & Irmão - Editores, (1995 [1910]), pp. 438-449 (p.438).
13 Dans ce contexte, on peut donc citer la réalisation de celles qui ont eu lieu à Lisbonne, le 9 mars 1911 (Educação Nacional, XV anno, nº 756, 12-III-1911, p. 232) ; à Cocujães également le 9 mars de la même année (Silva, 1913) ; à Portel, le 2 avril 1911 (O Ensino, I anno, nº 50, 15-IV-1911, p. 7) et à Barcelos, au mois de mars 1913 (Pinho, 1997 : 14-16).
14 João da Rocha, Homens e Árvores, Viana do Castelo, André J. Pereira & Filho, 1908, p. 23.
15 Ricardo Simões Reis, A Festa da Árvore em Penela (Dia 9 de Março de 1913), Coimbra, Tip. da Gazeta de Coimbra. (1913), p. 3, de même que les deux citations suivantes de Reis.
16 Pour son importance, on doit aussi remarquer l'initiative promue par le journal Le Siècle Agricole, qui a annoncé le 7 décembre 1912, son intention de réaliser la Fête de l'Arbre avec le « dessein de coopérer à l’œuvre de l'éducation populaire et d'intervenir le plus efficacement et par tous les moyens à sa disposition, dans l'esprit des nouvelles générations en faveur de l'anoblissement du travail de la terre et de la vénération méritée à l’œuvre inégalée de la nature » (Neves, 1912, nº 19, p. 4). Aussi, dans ce même numéro, est publié l'article de José de Castro qui, à propos du Culte à l'Arbre et de la Société de Protection des Arbres qu'il prétend fonder, nous apprend qu’il appartient à l’instituteur primaire la tâche de mener à bien la croisade bénie que constitue la Fête de l'Arbre avec l'objectif d'inculquer aux enfants l'amour des arbres et le devoir de les protéger (Castro, 1912, p. 4 ; Neves, 1912, nº 20, p. 5 et 1912, nº 21, p. 5). Cette initiative fut approuvée par le directeur du Siècle Agricole et par le Directeur Général de l'Instruction Primaire de l'époque qui a ordonné aux Inspecteurs Scolaires « d'organiser, comme préparation à la Fête du Siècle Agricole, des conférences sur l'importance de la culture des Arbres et sur le respect que ceux-ci doivent recevoir de chacun de nous » (Rebolo, 1912, nº 22, p. 5 et Neves, 1913, nº 2, p. 5). Dans le même Siècle Agricole du 18 janvier 1913, Caldeira Rebolo, dans un supplément daté du 12 janvier 1913, souligne la nécessité « de faire sentir aux professeurs primaires de son milieu, l'importance de la célébration de la ‘fête de l'Arbre’ » (1913, nº 25, p. 5). Avec cette intention, les professeurs devraient non seulement enseigner aux enfants à aimer les arbres, ce qui peut contribué à la formation d'un caractère affable, mais aussi à accorder « aux conférences un caractère véritablement didactique, moral et patriotique » (1913, 1925 p. 5)
17 Neves, 1913, nº 28, p. 5 et 1913, nº 32, p. 5.
18 Neves, 1913, nº 34, p. 2.
19 « A Festa da Árvore promovida pelo Século Agrícola em Todo o País », Ilustração Portuguesa, nº 369, 321-328, 1913, (pp.321-322).
20 Neves, 1913 p. 28.
21 1923, p. 987, pour les deux citations.
22 Sur les métaphores de l’éducation, voir Olivier Reboul (1984) ; Nanine Charbonnel (1991-1993 : III volumes) et Daniel Hameline (1986). En ce qui concerne la métaphore agricole dans le discours éducatif, écoutons Hameline lui-même : « La métaphore est ainsi préposée à la célébration du miracle de l’enfance, dès lors que celui-ci se déroule au naturel. On la charge de ‘donner à voir’ le petit être qui se développe de lui-même, selon un plan qu’il porte en lui et qui ne saurait lui être dicté de l’extérieur, à l’instar de la plante autour de laquelle le bon jardinier pédagogue se contente de préparer et d’entretenir le terrain », 2000, p. 49 ; 1986, pp. 181-185.
23 Ricœur, La métaphore vive, Paris, Seuil, 1975, p. 10.
24 Sur la problématique de la métaphore, voir Jean-Jacques Wunenburger, Philosophie des images, Paris, PUF, 1997, pp. 40-45.
25 Pour en savoir davantage, voir Nanine Charbonnel (1991 : vol. I, Les Aventures de la Métaphore, pp. 31-123 ; 1999, pp. 32-61) et Daniel Hameline (1986, pp. 117-139) et Daniel Hameline & Nanine Charbonnel (1982) : « Il est donc indispensable de rappeler ici, avec Ch. Perelman (1977), que la pratique de la métaphore est d’abord une composante de l’activité rhétorique, une modalité de l’argumentation à l’œuvre dans un discours. Le jeu métaphorique s’inscrit dans la recherche, intuitive ou délibérée, ‘amateur’ ou ‘professionnelle’, d’effets d’influence destinés à entraîner la conviction, par ce détour qui consiste à donner à voir des choses en en montrant d’autres qui, d’une certaine façon, en sont les analogues. Ce jeu métaphorique n’est pas véritablement exploré par un inventaire des thèmes de l’imaginaire et leur traitement singulier », 1982, p. 5.
26 Paul Ricœur dans La métaphore vive nous offre la définition suivante de métaphore : « la métaphore est le processus rhétorique par lequel le discours libère le pouvoir que certaines fictions comportent de redécrire la réalité. En liant de cette manière fiction et redescription, nous restituons sa plénitude de sens à la découverte d’Aristote dans la Poétique, à savoir que la poiêsis du langage de la connexion entre muthos et mimésis. / De cette conjonction entre fiction et redescription nous concluons que le ‘lieu’ de la métaphore, son lieu le plus intime et le plus ultime, n’est ni le nom, ni la phrase, ni même le discours, mais la copule du verbe être. Le ‘est’ métaphorique signifie à la fois ‘n’est pas’ et ‘est comme’ », 1975, p. 11.
27 Nous soutenons qu’il ne peut y avoir symbolisme sans langage dans la mesure où c’est par son biais que nous atteignons l’auréole symbolique plus archaïque. À ce propos Paul Ricœur est absolument net et clair : « dirons-nous alors que le symbole par son aspect cosmique est antérieur, voire étranger au langage ? Non point ; être symbole pour ces réalités c’est recueillir dans un nœud de présence une masse d’intentions significatives qui, avant de donner à penser, donnent à parler ; la manifestation symbolique comme chose est une matrice de significations symboliques comme paroles. […] Nous donc qui connaîtront seulement des symboles parlés, et même uniquement des symboles du soi, nous ne devrons jamais oublier que ces symboles, qui nous paraîtront primaires par rapport aux formations élaborées et intellectualisées de la conscience de soi, sont déjà en voie de se couper des racines cosmiques du symbolisme », 1976, p. 18
28 On rejoint ici d’abord la définition de Paul Ricœur du symbole, puis la discussion autour du symbolique soulevée par Jean-Jacques Wunenburger. D’après Ricœur le symbole « est le mouvement du sens primaire qui nous fait participer au sens latent et ainsi nous assimile au symbolisé sans que nous puissions dominer intellectuellement la similitude. C’est en ce sens que le symbole est donnant ; il est donnant parce qu’il est une intentionnalité primaire qui donne analogiquement le sens second », 1976, pp. 22-23 ; 1999, pp. 284-292 ; en ce qui concerne l’apport de Wunenburger nous conseillons au lecteur de lire son ouvrage titré Philosophie des images, pp. 206-211
29 Paul Ricœur, Finitude et Culpabilité : II La Symbolique du Mal, Paris, Aubier, 1976 [1960], p.21.
30 Dictionnaire des Symboles. Mythes, Rêves, Coutumes, Gestes, Formes, Figures, Couleurs, Nombres (1982, p. 62 ; Cirlot, 1981, pp. 77-81 ; Biedermann, 1996, pp. 42-46 ; Gallais & Thomas, 1997, pp. 56 et 58 ; Jung, 1995, p. 423.) Contrairement à Durand, pour qui l'arbre est un archétype substantif appartenant au régime nocturne de l'imaginaire avec ses structures synthétiques (ou dramatiques) qui se caractérisent par la coïncidentia oppositorum et la systématisation, la dialectique des antagonistes : la dramatisation, historicité et progressisme partiel (cycle) ou total (1984, p. 506 et pp. 399-410), nous pensons plutôt qu'il s'agit d'une image archétypique et non d'un archétype, et que celle-ci, en tant qu'image primordiale, est une sorte de médiateur entre l'inconscient collectif et la conscience socio-culturelle. Bref, d'après Raymond Hostie « L'image archaïque [image archétypique] est la forme symbolique sous laquelle l'archétype affleure à la conscience ; l'archétype lui-même est la disposition inconsciente et collective comme telle » (1955, p. 57 ; Jung, 1991, pp. 432-438 et Jacobi, 1960, pp. 167-206).
31 Mircea Eliade, Traité D'Histoire des Religions, Paris, Payot, 1970, p. 273.
32 Fernando Catroga, O Republicanismo em Portugal. Da Formação ao 5 de Outubro de 1910, 1991, vol. 2, p. 449.
33 Mircea Eliade, Traité D'Histoire des Religions, p. 231.
34 Mircea Eliade, Traité D'Histoire des Religions, p. 263.
35 Gilbert Durand, Les Structures Anthropologiques de L'Imaginaire, Paris, Dunod, 1984 (10ème éd.), p. 396. À propos de l’arbre de Jessé, Jean-Pierre Sironneau écrit : « Beaucoup de philosophes ont noté le rôle du christianisme dans la naissance de la conscience historique moderne et de la croyance au progrès de l’humanité : le symbole biblique de l’arbre de Jessé l’illustre assez bien puisque, dans son rêve, Jessé voit un arbre sortir de sa poitrine, donner naissance à beaucoup de branches latérales et s’épanouir à son sommet en une fleur contenant une vierge et son fils : Jessé, ne n’oublions pas, fut le père de David et l’on sait que l’idée messianique s’enracine dans la royauté davidique ; le symbole de l’arbre de Jessé contient en germe la rêverie messianique et progressiste de notre culture, laquelle traduit la volonté de se rendre maître du temps et de l’histoire ; le progrès, c’est l’évolution vers le mieux, vers l’accomplissement », Métamorphoses du Mythe et de la Croyance, Paris, L’Harmattan, 2000, p. 99.
36 Fernando Catroga, O Republicanismo em Portugal. Da Formação ao 5 de Outubro de 1910, 1991, vol. 2, pp.459-60 ; Nóvoa, Le Temps des Professeurs. Analyse socio-historique de la profession enseignante au Portugal (XVIIIème-XXème siècle), Lisboa,  INIC, 1987 (2ème vol.), p. 531.
37 Jung, Les Racines de la Conscience, éd. 1995, pp. 407-520 et 521). Dans le sillage de ce thème, voir Daniel Hameline, 1986, pp. 181-185 et Adolphe Ferrière : « ‘Conduire’ ne signifie pas forcer, dresser. Le potier a affaire à la matière, le jardinier à la plante vivante. La plante porte en soi le dynamisme vital qui a fait sortir la tige de la graine et la conduite vers la lumière, vers le ciel. Ainsi en en est-il de l’être humain » (« L’éducation pour la paix » (1948), in Hameline, 1986, p. 183)
38 Jean-Jacques Wunenburger, Philosophie des images, 1997, pp. 210-211.

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Pour citer cet article

Alberto Filipe Araújo, « L’image et le symbolisme de l’Arbre dans la pensée pédagogique républicaine portugaise (1910-1926) », paru dans Loxias, Loxias 3 (févr. 2004), mis en ligne le 15 janvier 2004, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html?id=1630.

Auteurs

Alberto Filipe Araújo

Université du Minho Braga, Portugal