Goncourt (Edmond de) dans Loxias


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Rouge, blanc, noir dans La Fille Elisa : entre artifice architectural et mélancolie poétique

La Fille Elisa est le premier roman qu’Edmond de Goncourt rédige seul. L’on se propose de relire ici cette œuvre longtemps mise de côté par la critique, à travers le prisme des couleurs. Cet ouvrage souvent jugé mineur, où Edmond s’essaie seul à la fois comme architecte et coloriste, révèle une sémiotique des couleurs principalement organisée autour du rouge, du blanc et du noir. Ces trois couleurs participent pleinement à la composition poétique du roman et viennent à la fois confirmer et complexifier l’architecture binaire rigoureuse souvent soulignée par la critique, dans sa mise en regard symétrique de l’univers prostitutionnel et de l’univers carcéral. Nous montrerons comment le rouge, le noir et le blanc soutiennent la tentative de mise à mort du personnage romanesque opérée ici par l’aîné des Goncourt, en tant que romancier, mais aussi en tant qu’individu devant affronter la perte douloureuse de son cadet. La Fille Elisa is the first novel Edmond de Goncourt wrote alone. We intend to focus on the colours used in this novel criticism has kept aside for a long time. This book, often referred to as a minor piece of work and in which Edmond is for the first time both the architect and the colourist, reveals a colour semiotics mainly organized around red, white and black. The three colours greatly contribute to the poetical composition of the book. They confirm and at the same time enrich the rigorous binary architecture criticism often enhanced, by the symmetrical treatment of the prostitution and prison environments. Our analysis will focus on how red, black and white help with the attempt to kill the fictional character, that the elder of the Goncourt planned, as a novelist but also as a man who has just painfully lost his younger brother.

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