Loxias | Loxias 3 (févr. 2004) Eclipses et surgissements de constellations mythiques. Littératures et contexte culturel, champ francophone (2e partie) |  Doctoriales 

Magali Pettiti  : 

Littérature et interculturalité : exemples de scénarii initiatiques (romans de Le Clézio et de A. Brink)

Résumé

Ce travail se propose de mettre en résonance deux textes littéraires dont les auteurs appartiennent à deux univers géo-culturels distincts : Jean-Marie Gustave Le Clézio, auteur français et André Brink, écrivain sud-africain. Nous avons choisi de nous intéresser au thème du parcours initiatique, rassemblant ces deux récits autour de cet invariant commun : préparation, épreuves, mort initiatique, renaissance sont les grandes phases de l’initiation.

Index

Mots-clés : initiation , interculturalité, quête

Géographique : Afrique du Sud , France

Chronologique : XXe siècle

Plan

Texte intégral

1 Ce travail se propose de mettre en résonance deux textes littéraires dont les auteurs appartiennent à deux univers géo-culturels distincts : Jean-Marie Gustave Le Clézio, auteur français et André Brink, écrivain sud-africain1. Nous avons choisi de nous intéresser au thème du parcours initiatique, rassemblant ces deux récits autour de cet invariant commun : préparation, épreuves, mort initiatique, renaissance sont les grandes phases de l’initiation2

2 En effet, pour Simone Vierne :

l’initiation touche à la question essentielle de la condition humaine ; il n’est donc pas surprenant que, au fond de l’inconscient, lorsque les pratiques et les croyances sont abandonnées, elles resurgissent et s’expriment de façon plus ou moins voilée dans les œuvres littéraires3.

3 Les deux romans étudiés présentent un parcours géographique symbolique des personnages, pour Le Clézio, un parcours de l’île Maurice vers l’île de Rodrigues et la France alors que pour l’écrivain sud-africain, ses personnages parcourent les paysages sud-africains dans le temps historique du XVIIIe siècle.

4 Dans cet exposé, nous débuterons par une étude du parcours initiatique dans chacune des deux œuvres étudiées : nous nous attacherons à montrer les représentations symboliques du parcours initiatique, ses invariants et ses significations dans chacune des deux œuvres ; dans un second temps, nous confronterons ces analyses afin de mettre en relief les questionnements interculturels.

5 Le Chercheur d’Or, roman écrit par J.M.G. Le Clézio et publié en 1985, présente un personnage-narrateur, Alexis L’Étang, qui suit un véritable parcours initiatique : ce récit met en relief d’une part, le thème du voyage, de la quête (il faudrait plutôt parler des quêtes), du retour aux origines et ceci implique le thème commun de l’initiation : initiation de puberté en ce qui concerne le premier voyage d’Alexis à bord de la pirogue en compagnie de Denis sur l’île du Morne (pp. 52-59), initiation spirituelle et accès aux vérités célestes et cosmiques de ce même personnage. Nous observerons dans un premier temps en quoi le récit met en forme différentes quêtes et en quoi ces dernières participent à l’initiation du protagoniste. Dans un second temps, nous analyserons l’évolution du parcours initiatique d’Alexis, lié à un espace géographique symbolique.

6 Tout d’abord, il nous faut constater que, comme au départ de nombreux parcours initiatiques, nous retrouvons la notion de quête4, comme prétexte du départ du protagoniste : dans le roman étudié, le protagoniste recherche quelque chose, ressent un manque, un besoin.

7Pour Alexis, la quête qui amorce son départ et donc son initiation vers l’île de Rodrigues est motivée par la recherche du trésor du Corsaire inconnu, du « Privateer » (signifiant « corsaire » en langue anglaise) comme le nomme le père. Cependant, même si cette quête semble centrale pour le départ vers l’île, elle est avant tout motivée par une quête plus profonde et plus inconsciente, qui se traduit par une recherche du père5.

8 Cette quête chimérique de l’or met en place le parcours initiatique d’Alexis. Il faut prendre en compte des éléments importants liés à son initiation. Dès le départ apparaît la phase de préparation. Après avoir quitté le monde des profanes, le novice subit des épreuves préparatoires qui sont notamment marquées par la mort du père, la solitude liée à l’exil, la pauvreté. À la suite d’un cyclone et de la ruine de sa famille, Alexis suit les siens dans l’univers quelconque de Forest Side, il n’est donc pas étonnant que ce soit à ce moment qu’Alexis entame sa quête de l’or pour forger ses propres valeurs et retrouver le bonheur familial. Le changement de lieu s’accompagne de rites purificateurs qui sont effectués grâce aux éléments : l’air avec le vent marin à bord du Zeta, le feu avec la brûlure du soleil6 ; dans notre étude, il faut donc prendre en compte l’importance de la thématique du soleil et de la brûlure, éléments récurrents qui participent à l’initiation sacrée du personnage, et ses bains dans l’eau lustrale des lagons ; son parcours est donc placé dans une conception alchimique de l’élévation spirituelle. Dans son parcours géographique mais surtout initiatique, il faut noter l’importance de la thématique du bateau (qui peut apparaître sous diverses formes). À son voyage avec Denis sur la pirogue pour rejoindre l’île du Morne, répond le voyage à bord du Zeta. Ainsi le bateau est symbolique de l’évolution du personnage : à la pirogue répondent navires, nacelles, berceau-tombeau aquatiques. De plus, le motif du bateau répond à un autre symbolisme dans l’imaginaire leclézien : il est celui qui permet un retour vers le passé, à l’ombre des souvenirs, comme le Zeta qui « glisse sur le miroir de la mémoire » (p. 131)7. Le bateau est le lien qui unit passé, présent et futur : il devient ainsi le médiateur indispensable dans le cadre de l’initiation d’Alexis et permettra d’aboutir à la renaissance du protagoniste puisqu’il glisse au-delà de l’élément terrestre pour atteindre l’élévation cosmique. Après avoir subi de nombreuses épreuves (le soleil, la mer, le vent, la rencontre avec la femme, les voyages en bateau…), Alexis subit comme dans toute initiation une mort initiatique ; dans le roman, elle apparaît sous diverses formes : elle est symbolisée par le séjour dans un lieu clos et obscur représentant le tombeau ; ainsi les tombeaux euphémisés sont la maison de Forest Side, le dortoir, le bureau, la cale du bateau, ou encore sa descente dans le ravin sur l’île de Rodrigues8. De plus, il faut noter que ce n’est pas un hasard si le néophyte subit l’initiation sur une île : en effet, l’île représente le Centre, « l’omphalos », la terre entourée des eaux ; d’une part cette idée rappelle en nous le retour aux origines : l’enfant est baigné dans les eaux maternelles, primordiales, comme l’île ici est baignée dans l’immensité de la mer9. Nous sommes proches du Centre, l’Axis Mundi dont parle Mircéa Eliade10. Ainsi, cet axe représente le nombril de la terre, le point où a commencé la création. Le texte accentue cette idée de centre en créant un effet de mise en abyme : l’île se trouve au centre de la mer ; le Tamarinier, l’arbre où Alexis décide de fonder son habitat se situe au Centre de l’Anse aux Anglais. De plus, nous pouvons constater que dans cette initiation existe un dédoublement des personnages : à la Mère répond la Mer, à Laure, répond L’or du corsaire inconnu, à l’Arbre Chalta répond le Tamarinier. À cette mort initiatique euphémisée répond la mort initiatique lors de la guerre dans les tranchées ; en effet :

Pareils à des fourmis, nous marchons à travers cette plaine, au bord du grand fleuve boueux. Nous suivons sans cesse les mêmes chemins, les mêmes rainures, nous labourons les mêmes champs, creusant des trous innombrables, sans savoir où nous allons. Creusant des galeries souterraines, des couloirs, des tunnels à travers la terre lourde et noire, la terre humide qui glisse autour de nous » (p. 286),

9la mort initiatique d’Alexis est en place. On entre donc dans le monde souterrain, l’univers d’Hadès, qui s’oppose totalement aux schèmes ascensionnels de l’oiseau lors du retour d’Alexis à Rodrigues et à Mananava.

10 Ainsi, ce n’est qu’à la fin de la guerre, lors de son second voyage à Rodrigues qu’Alexis comprendra que l’explication n’est pas sur terre, mais dans l’univers cosmique : en effet, « comment n’y ai-je pas pensé plus tôt ? La configuration de l’Anse aux Anglais est celle de l’Univers. » (p. 334)

11 La quête de l’or n’était qu’un prétexte à la découverte de soi et à la recherche de sa propre place dans l’univers cosmique. Dès lors, il n’est pas étonnant qu’Alexis se soit désintéressé de l’or après sa découverte cosmique. Donc, la renaissance a lieu lorsqu’il a enfin compris que ce qu’il cherchait n’est pas sur terre, un bien matériel, l’or, mais est une force qui le dépasse, qui le transcende : une force cosmique. L’or ne vaut rien, seuls comptent la quête et le désir de se surpasser qu’il suppose. Comme le fait remarquer Gilbert Durand, « l’or dont rêve l’alchimiste est une substance cachée, secrète, non pas le vulgaire métal, aurum vulgi, mais l’or philosophal, la pierre merveilleuse11 ». Donc, la renaissance a lieu dans cet endroit sacré où les trois paliers de l’univers ne forment plus qu’un : le monde souterrain des enfers, la terre et le cosmos. En effet, l’Anse est la parfaite réplique de la voûte céleste en rapport étroit avec les forces cosmiques, hantée par la présence du Corsaire, le Grand ancêtre spirituel. Le lecteur constate que l’opération alchimique a été révélée : Alexis accède à une renaissance sacrée et cosmique. Cette renaissance se traduit directement au travers du personnage d’Alexis puisqu’il atteint l’immortalité en devenant lui-même le Corsaire Inconnu ; ainsi s’éclairent ces paroles d’Alexis : « J’ai franchi le temps, dans un vertige, en regardant le ciel étoilé. Le Corsaire inconnu est ici même, il respire en moi, et c’est avec son regard que je contemple le ciel. » (p. 334) La renaissance doit passer par un dernier élément qui est le retour aux origines : quête (vaine du passé). De plus, l’initiation d’Alexis est donnée par un guide spirituel : nous reconnaissons ici la jeune femme Manaf, Ouma, comme initiatrice. Sa présence peut être ressentie par Alexis, alors qu’elle n’est pas présente physiquement12. Elle est celle qui l’initie aux secrets de l’île de Rodrigues, à la pêche, tout comme l’avait fait Denis au Boucan ou sur l’île du Morne. Elle est celle qui sait puisque pour Alexis, « j’ai besoin d’elle, c’est elle qui détient les clefs du secret du Chercheur d’or » (p. 327).

12 En fait, le secret est au fond de lui-même : Ouma est la femme, l’initiatrice qui lui permettra de renaître à une nouvelle vie, d’aller au-delà de lui-même et de lui faire découvrir qu’il faut se dépasser pour trouver le secret qui est enfoui au fond de lui-même : son corps devient l’image métaphorique du trésor. Si nous regardons de plus près le parcours initiatique d’Alexis, nous y reconnaissons la résurgence de mythèmes liés au mythe de Jason et de la Toison d’Or. Nous y retrouvons la thématique de l’insularité, la quête de l’Or et les réitérations du navire Argo : en effet, pour Alexis, à la fin de son initiation, le navire lui permettra une ascension verticale dans les cieux : le navire devient nacelle13. Ainsi, le roman rejoint le mythe. Nous pouvons dire qu’à travers cette résurgence du mythe de la Toison d’Or l’auteur cherche à apporter une explication du monde. Tout comme Jason, Alexis recherche l’or inaccessible : tout comme le personnage mythique, le personnage leclézien en se surpassant, atteint la renaissance. Comme le confirme Yves-Alain Favre : « La Toison d’Or représente tout d’abord ce qui demeure normalement inaccessible à l’homme ; elle symbolise le sacré, à la fois fascinant et redoutable. […] Mais le mythe montre que l’amour parvient à réaliser ce qui semblait impossible ; par une suite d’épreuves à caractère initiatique, l’homme réussit à pénétrer dans le domaine interdit. »14 En évoquant le Navire Argo à la fin de son parcours, nous pouvons dire qu’Alexis a fini son initiation : il a bouclé la boucle : en effet, du Zeta (commençant par la lettre Z), il termine dans le navire Argo (commençant par la première lettre de l’alphabet). Nous rejoignons ici la symbolique de l’Ouroboros, c’est-à-dire que la fin coïncide avec un nouveau départ.

13 Dans le roman d’André Brink Un instant dans le vent, (« An instant in the wind »), dont la version originale fut publiée en 1976, en Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid. Le récit met en relief un parcours initiatique des personnages d’Elisabeth Larsson et d’Adam Mantoor : Elisabeth Larsson perd son mari au cours d’une traversée du désert en chariot et se retrouve seule en plein milieu d’un territoire sauvage et hostile. C’est là qu’elle rencontre Adamastor, esclave en fuite depuis plusieurs années. Après une première rencontre très hostile, ces deux êtres décident de faire route ensemble pour rejoindre la civilisation. Le récit de ce voyage à deux constitue la trame narrative du parcours initiatique présent dans le roman. Nous nous attacherons à montrer les différentes phases de l’initiation, liées ici aussi à l’univers symbolique qui entoure les personnages et d’autre part nous mettrons en relief l’importance du mythe du paradis perdu à travers le roman.

14 Dans le roman d’A. Brink, tout comme dans celui de Le Clézio, nous constatons que les personnages subissent un véritable parcours initiatique. Dans le contexte de l’initiation, les deux protagonistes connaissent une préparation : ils ont été tous deux séparés de leur milieu d’origine : Elisabeth Larsson a quitté sa famille, a perdu son mari, donc a quitté la civilisation. Adam quant à lui a quitté sa mère, frappant son Baas et s’est enfui du Cap. Nous avons donc ici tous les éléments d’un départ de parcours initiatique. Cette préparation marque déjà la rupture avec le monde profane qui amorce l’initiation15. Avant d’approfondir le symbolisme de ce parcours géographique et initiatique, il faut noter que le parcours des personnages se divise en deux grandes périodes : la rencontre des deux protagonistes jusqu’à leur arrivée sur la côte près de la mer, où ils connaissent des épreuves liées à un détachement de la civilisation, du monde profane. L’acmé de ce retour aux sources se situe au bord de la Mer, dans leur grotte : en effet, le passage dans la mer, encerclé de toutes parts par les eaux, peut être perçu comme une euphémisation de la future mort initiatique. Donc cette première grande période se traduit par une coupure totale avec la civilisation pour rejoindre les origines. La seconde partie se situant à partir du départ de la grotte pour rejoindre le Cap et la civilisation, se singularise par des épreuves plus dures, une souffrance physique très intense : ces périodes suivent le mouvement du parcours initiatique. Nous constatons déjà que le parcours géographique forme une boucle (puisque les personnages partent du Cap pour finalement rejoindre le Cap à la fin) et reprend les temps forts de l’initiation. Nous approfondirons ses différentes phases. Tout d’abord, dans le cadre du parcours initiatique, les personnages subissent des épreuves qui vont les amener à se surpasser pour renaître « autres » ; les épreuves sont nombreuses et leur difficulté augmente au fur et à mesure du parcours : ils connaissent les épreuves d’endurance comme la marche ou les ascensions montagneuses, les épreuves de la souffrance et de la soif, les épreuves liées à l’élément aquatique (symbolisé par les ruisseaux dans lesquels se baignent Elisabeth et Adam, le fleuve dangereux où un bœuf est emporté, et enfin l’épreuve de la mer), les épreuves du combat (quand les animaux les attaquent ou quand ils attaquent les animaux afin de pouvoir se nourrir), les épreuves sexuelles (rencontre entre Elisabeth et Adam, le viol à la ferme). Au-delà des épreuves amenant les personnages à se surpasser, les protagonistes connaissent une mort initiatique. La mort initiatique se traduit de diverses manières dans le roman : elle est euphémisée par les ruines, les morts de personnages, mais surtout par le lieu symbolique de la grotte au bord de la mer, marquant pour les « actants » l’acmé de leur retour aux sources primordiales.

15 Avant d’atteindre un univers paradisiaque, ils connaissent et subissent la tempête (se reporter pp. 121-123). Elle représente la barrière avant d’atteindre la grotte protectrice (notons le rapprochement avec Le Chercheur d’Or de Le Clézio et le cyclone) où « nous vivons ici, provisoirement pour toujours, protégés du vent, dans une grotte au-dessus du niveau de la mer ; les parois sont noires de fumée et de suie » (p. 146). La grotte est donc le centre dans l’immensité de la mer et des terres (tout comme l’île dans Le Chercheur d’or). Elle marque le retour dans la matriciel, le retour à l’état primordial. De plus la grotte se rapprochant de la caverne, représente par excellence le lieu de l’initiation et le topos symbolisant la rencontre amoureuse d’un homme et d’une femme, la réunion fusionnelle du Yin et du Yang. À cette mort initiatique symbolique correspond à la mort d’Elisabeth à la civilisation. À la première grotte répondent les gorges et la seconde grotte, « […] basse et peu profonde où ils sont forcés d’hiberner. Ils attendent, comme dans une arche, que le monde redevienne hospitalier. » (p. 194) Nous retrouvons comme précédemment chez Le Clézio, l’image de l’arche, « c’est le vase alchimique où se fait la transmutation des métaux. […] Le cœur de l’homme est le lieu où s’opère la transmutation de l’humain en divin16. » Ces divers « antres » caverneux, intimes, marquant le retour à la matrice primordiale sont autant de morts initiatiques euphémisées. Le thème de la mort parvient à son acmé lors de la découverte par les deux protagonistes du tombeau d’Heitsi Eibib, ancêtre mythique. L’aspect dramatique de cette scène est accentué par la vue des cadavres des vieillards hottentots qui sont morts depuis peu aux abords du tombeau. En rencontrant ce tombeau et celui de tout un peuple, les personnages participent à l’histoire sacrée du peuple17 : c’est ainsi que « Adam reconnaît le premier la haute colline de pierres, l’une des innombrables tombes de Heitsi Eibib. » (p. 273) Toutes ces morts « distancées » annoncent la descente dans le lieu du tombeau, représentation matérielle et physique de Thanatos. La rencontre avec le tombeau peut donc représenter le Centre (au sens où l’entend M. Eliade), devenant ainsi le point de jonction entre le passé mythique et le lieu sacré : on se retrouve au Centre, in illo tempore. Cette mort initiatique se traduit aussi physiquement sur le corps de la jeune femme : en effet, « elle a beaucoup maigri. Quand il tient son corps contre lui, il peut voir qu’elle est pâle comme la mort ; il sent ses côtes sous sa peau douce et les dures arêtes de ses clavicules. » (p. 198)

16 Enfin, au terme de son initiation, Elisabeth s’est libérée du monde profane pour accéder au sacré, s’est libérée de son corps, pour accéder au spirituel ; en effet, « elle semble parfois ne plus occuper son corps mais le précéder ou s’élever au-dessus de lui pour le regarder, observer ses mouvements […]. Elle s’élève bien plus haut, dans les courants aériens, plus haut que les montagnes. » (p. 214)18.

17 Tout comme dans l’initiation, cette renaissance se traduit par une métamorphose du néophyte. En effet, pour Elisabeth, « je sais qu’il m’est permis d’être heureuse, aujourd’hui. J’ai exploré ma sérénité. Quelque chose s’est merveilleusement épanoui en moi. J’ai voyagé plus loin, en moi-même. Plus rien ne pourra jamais plus être pareil. » (p. 202) Donc, la renaissance a eu lieu : le passage du novice pour accéder du profane au sacré a abouti. La boucle du parcours initiatique est bouclée : la femme « civilisée » est passée par un retour au stade originel pour renaître femme. Cette thématique du cercle s’inscrit dans l’initiation des personnages : le cercle rappelle l’île d’Alexis, devenant ainsi le lieu propice à une initiation, par sa perfection et le danger qu’il peut éveiller. Dans cette image, on retrouve le parcours des deux protagonistes déjà évoqué : départ du Cap, retour au Cap ; après ce voyage cyclique, ils ne seront plus les mêmes. Dans cette notion cyclique de transcendance du temps apparaît l’image du cercle qui permet de remonter le temps jusqu’aux ancêtres mythiques ; ici, le Grand Heitsi Eibib est « matérialisé » symboliquement par la présence de la tombe. Les personnages rejoignent le sacré.

18 Tout comme précédemment, nous avions constaté que le roman Le Chercheur d’Or mettait en relief des résurgences du mythe de la Toison d’Or, nous constatons que le roman d’André Brink réitère des éléments du mythe du Paradis perdu. Cela apparaît tout d’abord dans le choix onomastique des personnages : Adam répond à l’Adam du paradis terrestre, Adam Mantoor se rapproche phonétiquement d’« Adamastor », mythe aux origines de la création du Cap (titre et sujet du roman d’A. Brink, The first life of Adamastor, 1993). Quant à Elisabeth, son prénom commence par la lettre « E », comme celui d’Ève. Dans le récit, cette image du paradis terrestre, se traduit par le lieu même où se situe la grotte : c’est un lieu paradisiaque, où ils sont seuls et où ils vivent, comme le couple biblique, dans la nudité, « ils marchent sur leur petite plage de sable blanc à marée basse, au-dessus de la ligne dentelée d’écume. Ils sont nus. » (p. 142) Cependant, il nous faut constater que cette nudité n’est possible que lorsqu’ils ont atteint l’équivalent du paradis terrestre et qu’ils ont rejoint leur état primitif19.

19 D’autres éléments viennent accentuer cette dimension du mythe : nous retrouvons de manière récurrente, la figure du serpent tentateur. Le paradis terrestre transparaît surtout dans les réflexions d’Elisabeth : en effet, dès l’installation dans la grotte, elle envisage une image du bonheur tout à fait primitive :

Nous pouvons vivre ici. Nous pouvons nettoyer la grotte, l’aménager. Nous pouvons avoir des enfants. Tu leur apprendras tout ce que tu m’as appris. Tu emmèneras les garçons dans la forêt ; tu iras avec eux jeter tes filets. Je nettoierai la grotte avec mes filles ; nous fabriquerons des nattes, des couffins, des couvertures, toutes sortes de choses. » (pp. 163-164)

20Il est intéressant de constater qu’au-delà de la réitération du mythe, A. Brink lui donne une autre signification : dans ce lieu paradisiaque, la relation amoureuse est possible et même intense, alors qu’auparavant les rapports entre Adam et Elisabeth n’étaient que des relations de maître à esclave, de l’homme noir par rapport à la femme blanche. Donc, ce paradis perdu devient pour A. Brink le catalyseur possible des passions amoureuses au-delà des frontières sociales et raciales décrites comme déjà présentes dans cette Afrique du Sud du XVIIIe siècle. Au péché originel d’Adam et Ève répond ici le péché racial d’Adam et Elisabeth. Nous pouvons donc conclure sur cette réactualisation du mythe par A. Brink, en disant que :

l’homme n’attend pas seulement du mythe qu’il lui fournisse une explication du monde ou une manière d’y vivre. Il espère également trouver dans le récit mythique vécu, une occasion de concevoir la possibilité d’une condition autre que la condition de finitude à laquelle il est soumis20.

21 Après avoir étudié le thème du parcours initiatique dans le roman de J.M.G. Le Clézio puis dans celui d’A. Brink, nous avons constaté la réapparition de certaines constantes dans les œuvres. Tout d’abord, nous constatons une réitération de l’image de l’altérité féminine ou masculine étrangère comme révélateur et figure initiatrice ; en effet dans Le Chercheur d’Or, Ouma la jeune Manaf aide Alexis à découvrir que l’or n’est pas une simple substance matérielle et l’aide à se découvrir pour se surpasser. Un instant dans le vent permet aussi le retour à l’état primordial et la renaissance d’Elisabeth, le premier dû à la rencontre avec Adam, ancien esclave noir. Ce personnage initiateur représente un invariant dans le contexte de l’initiation : son appartenance à un autre univers géographique, culturel ou racial fait de lui le médiateur essentiel pour la connaissance de soi et le passage du monde profane au monde sacré et céleste : la découverte de « l’Autre » est donc indispensable à la découverte de soi. De plus, nous constatons que dans les romans Onitsha de Le Clézio et Au plus noir de la nuit d’André Brink, cette découverte de l’autre apparaît aussi par le biais d’un personnage (Jessica, la femme blanche dans Au plus noir de la nuit, Denis, Oya, les personnages africains dans Onitsha). Donc, que ce soit un parcours Europe-Afrique ou Afrique-Europe, le continent, l’ailleurs, l’altérité deviennent les révélateurs qui permettent d’accéder à la renaissance et donc à la connaissance. « L’autre » (personne, continent, univers…) devient l’invariant propice à la découverte de soi.

22 Puis nous avons également montré comment le parcours initiatique dans les deux romans reprend des éléments du mythe : celui de la Toison d’Or, celui du paradis terrestre. Il nous faut maintenant approfondir cette notion de paradis perdu. Pour A. Brink, comme nous l’avons montré, le paradis perdu est un invariant du parcours initiatique et participe même à la mort symbolique ; cela est le cas dans Au plus noir de la nuit avec la représentation idyllique et magique du lieu de Bain’s Kloof et dans Un instant dans le vent comprenant comme nous l’avons vu, la thématique du paradis perdu sur l’île, dans la grotte. Dans les romans d’A. Brink, le paradis perdu est lié à une impossibilité de retrouver ce bonheur primordial dans le contexte ségrégationniste du pays dans lequel il vit. Le paradis terrestre et ses représentations permettent la rencontre amoureuse interraciale, cependant cette dernière ne peut être qu’éphémère.

23 Les éléments renvoient aux textes de Le Clézio où ce même thème apparaît, mais traité différemment. En effet, la disparition du paradis perdu est liée à une remise en question de la civilisation occidentale21 ; pour l’auteur méditerranéen, cette impossibilité à rejoindre le paradis terrestre est une manière de contester la civilisation occidentale, matérialiste, vide de toute révélation spirituelle. Dans les récits des deux auteurs, nous retrouvons un thème semblable mais traité et analysé de manière distincte : chez Brink, dans le contexte d’une mort initiatique, le paradis perdu est le seul lieu possible pour une union et une concrétisation amoureuse entre une femme blanche et un homme noir (vision idyllique de Brink), loin des barrières sociales et raciales liées au contexte de l’Afrique du Sud. Quant à Le Clézio, son paradis perdu se traduit par une évocation nostalgique d’un moment d’enfance terminé (ce qu’évoquent les analepses récurrentes, l’utilisation de l’imparfait dans Onitsha), il représente toutes ces « choses » symboliques, naturelles, détruites pour des raisons monétaires. Ce point permet de mettre en relief que la culture et la société dans laquelle vit et évolue un auteur se répercute dans son mode de pensée et transparaît dans le travail d’écriture. Enfin, dans cette confrontation d’auteurs issus de cultures et de sociétés distinctes, il faut noter une opposition majeure dans le parcours retracé : l’aboutissement du parcours initiatique.

24 En effet, dans les ouvrages d’A. Brink, celui-ci ne peut se finir que dans la mort étant donné le contexte social et culturel déjà présent en ce XVIIIe siècle : le parcours initiatique reste stérile, comme la terre sur laquelle le personnage évolue (noter le grand nombre de morts évoquées).

25 Le parcours initiatique comme dans un Instant dans le vent, permet à l’auteur de remettre en cause la société ségrégationniste d’Afrique du Sud en s’interrogeant sur ses origines (puisque le récit se situe au XVIIIe siècle). En effet, plus les protagonistes s’enfonceront vers « le paradis terrestre », plus leur esprit effacera toute trace de civilisation : les conventions sociales sont bien loin. Par contre, leur retour au Cap est marqué par beaucoup de questionnements, du scepticisme, car ils savent que plus ils avancent, plus ils seront confrontés à la civilisation et donc jugés22. De plus, cette image de la société ségrégationniste est déjà représentée et euphémisée par le fermier qui les hébergera : la relation maître-esclave domine leurs rapports à cet instant. Contrairement à A. Brink, le parcours initiatique dans les romans de Le Clézio finit bien : le protagoniste renoue avec son passé, accède au niveau supérieur de la connaissance et à la découverte de soi. Avant tout, le parcours initiatique dans cet autre univers permet pour le protagoniste comme pour l’auteur une évasion, loin du monde occidental : l’ailleurs, les univers éloignés de toute civilisation sont propices à la découverte de soi : Le Clézio se rapproche du transfuge. Pour Jean-Michel Belorgey, les transfuges se caractérisent par une :

transmutation, parce que, du contact avec cet Autre, ils entendaient non pas ramener des souvenirs, des expériences ou des connaissances peu ou prou négociables en vue d’accroître leur statut dans leur pays d’origine, et peu ou prou susceptibles d’aider celui-ci dans ses projets d’assujettissement de la périphérie, mais subir un changement, un remaniement en profondeur de leur personnalité23.

26Ainsi, pour l’auteur comme pour ses personnages cette idée de transfuge rappelle l’initiation : en effet, l’auteur meurt à sa culture d’origine pour ressusciter à une autre.

27 La mise en résonance des deux récits dont les auteurs sont issus de cultures différentes nous a permis de mettre en relief différents points : tout d’abord, le thème du parcours initiatique est un invariant dans les deux littératures étudiées, il est un thème universel. Tout comme l’initiation, l’apport du mythe est une constante des deux œuvres et permet d’expliquer le monde et les questionnements de l’homme.

28 Cependant, notre étude a montré qu’au-delà des ressemblances apparaissent des variantes majeures : l’aboutissement du parcours initiatique marque l’optimisme et les fondements idéologiques des auteurs. Quant au mythe, même si son intégration est constante, sa signification est une nouvelle fois représentative de la société et de la culture dans laquelle évolue l’auteur : ainsi, « le mythe participe donc d’un ensemble de dispositifs mentaux par lesquels se manifeste une Vérité, dont les formes transcendantales de l’imagination constituent les conditions d’actualisation. »24

29 Pour Le Clézio, le parcours initiatique est individuel ; pour A. Brink, il est individuel dans sa conception, mais suscite des interrogations sur des problèmes collectifs et sociaux.

30 Notre étude a donc montré l’importance de la mise en relation de textes issus de cultures distinctes, la richesse d’une étude symbolique nous amenant au mythe comme fondement de l’imaginaire.

31 Je terminerai donc par cette citation de M. Eliade :

[…] Le vrai trésor, celui qui met fin à notre misère et à nos épreuves, n’est jamais bien loin, il ne faut pas le chercher dans un pays éloigné, il gît enseveli dans les retraits les plus intimes de notre propres maison, c’est-à-dire de notre propre être. Il est derrière le poêle, le centre donneur de vie et de chaleur qui commande notre existence, le cœur de notre cœur, si seulement nous savions creuser. Mais alors il y a le fait étrange et constant que c’est seulement après un pieux voyage dans une région lointaine, dans un pays étranger, sur une terre nouvelle, que la signification de cette voix intérieure guidant notre recherche pourra se révéler à nous. Et, à ce fait étrange et constant, il s’en ajoute un autre, à savoir que celui qui nous révèle le sens de notre mystérieux voyage intérieur doit être lui-même un étranger, d’une autre croyance et d’une autre race25

Notes de bas de page numériques

1 Dans le cadre de ce travail, nous avons utilisé les citations du roman d’André Brink traduit en langue française.
2 Se reporter à l’ouvrage de Simone Vierne, Rite, roman, initiation, Presses Universitaires de Grenoble, 1973.
3 Simone Vierne, Rite, roman, initiation, Éd. Les Presses Universitaires de Grenoble, 1973, p. 5.
4 Dont le substantif « chercheur », apparaissant dans le titre est déjà un révélateur.
5 Le départ a lieu juste après la mort du père. Comme le commente le narrateur, « le rêve ancien de mon père, celui qui a guidé ses recherches, et qui a hanté toute mon enfance, je vais enfin pouvoir le réaliser ! Je suis le seul qui peux le faire. C’est la volonté de mon père, et non la mienne, puisque lui ne quittera plus la terre de Forest Side. C’est cela que je veux écrire maintenant, mais non pas pour l’envoyer à Laure. Quand je suis parti, c’était pour arrêter le rêve, pour que la vie commence. J’irai au bout de ce voyage, je sais que je dois trouver quelque chose. », p. 172.
6 Se reporter à ce propos à Mircéa Eliade, Mythes, rêves et mystères, 1e Éd. 1957, Éd. Gallimard, coll. Idées, 1972, p. 181 : « Les puissances des Dieux, accrues par la colère, se manifestèrent sous la forme de flammes. La chaleur et le feu indiquent, sur le plan de la physiologie mystique, le réveil d’une puissance magico-religieuse ».
7 Il faut constater le symbole cosmique que représente le bateau puisque par exemple, le navire devient vaisseau et n’avance plus horizontalement, mais verticalement : Alexis à bord du Zeta constate que « je vais vers l’espace, vers l’inconnu, je glisse au milieu du ciel, vers une fin que je ne connais pas. », p. 142.
8 Le ravin est proche de la caverne, la caverne étant une figure « dans les mythes d’origine, de renaissance et d’initiation de nombreux peuples » (Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, 1e Éd. 1969, Éd. Laffont, 1996, coll. Bouquins, p. 180) Alexis, à la recherche du trésor sur l’île de Rodrigues, descend bien dans un lieu profond et confiné qui rappelle un retour aux origines maternelles, à l’antre primordial.
9 Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, 1e Éd. 1969, Éd. Laffont, 1996, coll. Bouquins, p. 519 : « l’île, à laquelle on ne parvient qu’à l’issue d’une navigation ou d’un vol, est par excellence le symbole d’un centre spirituel, et plus précisément du centre spirituel primordial. »
10 Cet axe cosmique permet de communiquer avec le transcendant, le sacré : en effet, « […] le « vrai monde » se trouve toujours au « milieu », au « centre », car c’est là qu’il y a rupture de niveau, communication entre les trois zones cosmiques », Mircéa Eliade, Le Sacré et le profane, 1e Éd. 1965, Éd. Gallimard, 1987, coll. Folio Essais, p. 39.
11 Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie générale, 1e Éd. 1969, Éd. Dunod, 1992 (11e Éd.), p. 300.
12  « Je sens son regard qui m’observe du haut des collines. […] Son regard est à la fois proche et lointain comme celui d’un oiseau. » Le Chercheur d’or, p. 227.
13 « J’irai sur le port pour choisir mon navire. Voici le mien : il est fin et léger, il est pareil à une frégate aux ailes immenses. Son nom est Argo. Il glisse lentement vers le large, sur la mer noire du crépuscule, entouré d’oiseaux. Et bientôt dans la nuit il vogue sous les étoiles, selon sa destinée dans le ciel. Je suis sur le pont, à la poupe, enveloppé de vent, j’écoute les coups des vagues contre l’étrave et les détonations du vent dans les voiles. » Le Chercheur d’or, p. 374.
14 Yves Alain Favre, in Pierre Brunel (dir.), Dictionnaire des Mythes littéraires, Monaco, Éd. du Rocher, 1988, p. 1330.
15 Comme l’a noté Simone Vierne, Rite, roman, initiation, Presses Universitaires de Grenoble, p. 14 : « La préparation du lieu sacré consiste à établir selon les traditions un espace, éloigné du lieu de la vie courante – en brousse chez les primitifs, pour qui la brousse est le lieu des forces incontrôlées de la nature – et où le novice sera, en contact direct avec les puissances sacrées. »
16 Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, Dictionnaire des symboles, 1e Éd. 1969, Éd. Laffont, 1996, coll. Bouquins, p. 74.
17 Comme le fait remarquer Simone Vierne, « l’aspect le plus frappant de toutes les initiations, y compris les initiations maçonniques, est que le novice est invité à mimer, revivre le mythe d’origine de son clan ou de la société à laquelle il appartient. » Rite, roman, initiation, Presses Universitaires de Grenoble, p. 68.
18 Comme le confirme Simone Vierne, « nous voudrions insister sur une caractéristique de ces ascensions initiatiques, qui est apparue à plusieurs reprises : c’est qu’en entreprenant l’ascension de l’arbre cosmique, le novice prend connaissance de l’organisation du monde, car les divers moyens de monter au ciel sont en relation avec une cosmologie. », Rite, roman, initiation, Presses Universitaires de Grenoble, p. 44. Là encore, nous constatons un rapprochement avec le récit de Le Clézio.
19 Au début de leur parcours, Elisabeth, qui se baigne dans la rivière est surprise par un daim. Sa réaction fut celle d’Adam et d’Ève lorsqu’ils ont mangé le fruit de l’arbre de la connaissance : en effet, « c’est comme si, dans ses grands yeux noirs, l’eau et la terre, le ciel et le monde se métamorphosaient en un regard innocent. Je me suis cachée parmi les arbres du jardin parce que j’étais nue. », p. 65. Cette image de la nudité rappelle donc la transgression d’Adam et d’Ève dans le paradis terrestre
20 Max Bilen in Pierre Brunel (dir.), Le Dictionnaire des mythes littéraires, Monaco, Éd. du Rocher, 1988, p. 345.
21 Se reporter par exemple à Onitsha, où Le Clézio retrace parallèlement au récit premier, la légende de la Reine de Meroë : chronologiquement, il va jusqu’à nous montrer la disparition des dernières traces de ce peuple dans la destruction d’Aro Chuku en 1901. D’autre part, il dénonce les méfaits de la guerre du Biafra, qui a englouti tous ses souvenirs d’enfance, le lieu magique d’Onitsha. Il en va d’ailleurs de même avec le lieu du Boucan dans Le Chercheur d’Or.
22 Il faut noter toute la symbolique de la robe que porte ou ne porte pas Elisabeth : elle marque son appartenance à la civilisation ou au contraire son retour à la primitivité.
23 Jean-Michel Belorgey, Transfuges, Voyages, ruptures et métamorphoses : des Occidentaux en quête d’autres mondes, Éd. Autrement, collection Mémoires, n° 66, p. 14.
24 Jean-Jacques Wunenberger, « Les fondements de la ‘fantastique transcendantale’ » in Actes du Colloque de Cerisy, Le Mythe et le mythique, Paris, Albin Michel, 1987, p. 48.
25 Mircéa Eliade, Mythes, rêves et mystères, 1e Éd. 1957, Éd. Gallimard, 1972, coll. Idées, p. 77 (citation d’Heinrich Zimmer).

Bibliographie

 Ouvrages analysés

BRINK André, Un instant dans le vent, [An Instant In The Wind, 1976], traduit de l’anglais par R. Fouques-Duparc, Éd. Stock, 1978, coll. Le Livre de Poche

LE CLÉZIO Jean-Marie-Gustave, Le Chercheur d’or, [1985], Éd. Gallimard, coll. Folio, 1999

 Ouvrages Complémentaires

BRINK André, Au plus noir de la nuit, [Looking On Darkness, 1974], traduit de l’anglais par R. Fouques-Duparc, Éd. Stock, 1976, coll. Le Livre de Poche

LE CLÉZIO Jean-Marie-Gustave, Onitsha, [1991], Éd. Gallimard, coll. Folio, 1997

 Théorie et critique littéraires générales

BRUNEL Pierre (dir.), Dictionnaire des mythes littéraires, Monaco, Éd. du Rocher, 1988

CHEVALIER Jean et GHEERBRANT Alain, Dictionnaire des symboles, [1969], Éd. Laffont, 1996, coll. Bouquins

DURAND Gilbert, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire. Introduction à l’archétypologie générale, [1969], Éd. Dunod, 1992 (11e éd)

ELIADE Mircea, Aspects du mythe, [1963], Éd. Gallimard, 1989, coll. Folio Essais

ELIADE Mircea, Le Mythe de l’éternel retour, [1969], Éd. Gallimard, 1969, coll. Idées

ELIADE Mircea, Le Sacré et le profane, [1965], Éd. Gallimard, 1987, coll. Folio Essais.

ELIADE Mircea, Mythes, rêves et mystères, [1957], Éd. Gallimard, 1972, coll. Idées

SUE Kossew, Pen and Power. A post colonial reading of J.M. Coetzee and André Brink, Amsterdam-Atlanta, Éd. Rodopi, 1996

VIERNE Simone, Rite, roman, initiation, Presses Universitaires de Grenoble, 1973

WUNENBERGER Jean-Jacques, « Les fondements de la ‘fantastique transcendantale’ », Actes du Colloque de Cerisy, Le Mythe et le mythique, Paris, Albin Michel, 1987

Pour citer cet article

Magali Pettiti, « Littérature et interculturalité : exemples de scénarii initiatiques (romans de Le Clézio et de A. Brink) », paru dans Loxias, Loxias 3 (févr. 2004), mis en ligne le 20 janvier 2010, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html/lodel/docannexe/file/7601/lodel/docannexe/fichier/1245/index.html?id=3187.


Auteurs

Magali Pettiti

Doctorante à l’Université de Nice-Sophia Antipolis