Loxias | 53. Littérature et communauté III | I. Paroles singulières 

Dumitru Chioaru  : 

Le bilinguisme créateur chez Eugène Ionesco. Ou de Englezeşte fără profesor à La Cantatrice chauve

Résumé

Le bilinguisme créateur est un phénomène culturel très répandu dans le monde contemporain. Ses représentants sont des écrivains ayant composé leurs œuvres dans les deux langues, celle de leurs origines et celle de la culture d’accueil ; Eugène Ionesco en est un. Cet article décrit en une approche comparatiste les ressemblances et les différences de vision et de style entre les pièces de théâtre Englezeşte fără profesor [L’anglais sans peine], écrite en roumain, et La Cantatrice chauve, pièce de début d’Eugène Ionesco en tant qu’écrivain de langue française. L’analyse comparée des deux textes mène à conclure que le texte roumain est le « brouillon », doté de qualités artistiques innovantes, à partir duquel a pu se développer par la suite l’« anti-pièce » La Cantatrice chauve qui a imposé Ionesco comme fondateur du théâtre de l’absurde.

Abstract

The Creative Bilingualism in Eugène Ionesco’s Work; Or From Englezeşte fără professor (English without a Teacher) to La cantatrice chauve (The Bald Soprano).
The creative bilingualism is a cultural phenomenon often encountered in the contemporary world, represented as such by those writers who used two different languages for their work, one of them being Eugen Ionescu/Eugène Ionesco. This comparative literature essay describes the similarities and the differences of vision and style between two plays :
Englezeşte fără professor (English without a Teacher), written by Eugen Ionescu in Romanian, şi Cîntăreaţa cheală (The Bald Soprano), the text representing Eugène Ionesco’s debut in French, as a French language writer. From our comparative analysis results that the Romanian play is a sort of “first draft” having all the possible artistic innovative qualities that subsequently gave birth to the well-known “anti-play” that convincingly imposed Eugène Ionesco in the field of French literature as the creator of theatre of the absurd.

Index

Mots-clés : bilinguisme , Cantatrice chauve, comique absurde, Englezeşte fără profesor, Ionesco (Eugène), théâtre de l’absurde

Keywords : absurd , anti-play, bilingualism, comic, couple

Texte intégral

1On sait que la carrière d’écrivain français d’Eugène Ionesco commence avec la pièce de théâtre La Cantatrice chauve1 mise en scène par Nicolas Bataille le 11 mai 1950 à Paris, au Théâtre des Noctambules, et qu’elle a été jouée sans interruption jusqu’à aujourd’hui, au Théâtre de la Huchette. Après 15 ans de succès en France et sur les grandes scènes du monde, la revue Secolul 20 de Roumanie a publié, avec l’accord de l’auteur, dans le premier numéro de 1965, la dernière œuvre écrite en roumain par Eugen Ionesco, Englezeşte fără profesor (L’Anglais sans peine), dont il avait envoyé le manuscrit à son ami de jeunesse Petru Comarnescu. Dans Secolul 20, celui-ci accompagne le texte d’une présentation intitulée « Debutul Cîntăreţei chele » (« Le début de La Cantatrice chauve »)2. La publication de ce texte projette une lumière nouvelle sur la genèse du chef-d’œuvre d’Eugène Ionesco et du théâtre de l’absurde.

2Englezeşte fără profesor montrait, au moment d’une controverse qui avait éclaté en France sur la « paternité » du théâtre de l’absurde, attribuée par de nombreux critiques à Samuel Beckett – l’auteur de la pièce En attendant Godot publiée en 1952 et mise en scène en 1953 –, que l’histoire de ce genre de théâtre commençait en fait avec La Cantatrice chauve, écrite antérieurement dans une variante roumaine. Bien qu’elle soit considérée par l’auteur même seulement comme un simple brouillon de La Cantatrice chauve, la pièce Englezeşte fără profesor prouve une sorte de continuité dans l’évolution de l’œuvre roumaine d’Eugen Ionescu, grâce à son attitude iconoclaste envers la tradition littéraire. Il ne faut pas oublier que la tentative d’Ionesco de « jeter en l’air le théâtre » – comme il le disait dans une lettre adressée en 1979 à Monica Lovinescu3 – a été précédée par la tentative, datant de sa jeunesse roumaine, de dynamiter, dans l’esprit de l’avant-garde, la tradition littéraire : dans le programme de la parution en 1934 de son livre intitulé précisément Nu (Non), Ionesco avoue une frustration : « Dacă eram francez, eram poate genial4 » [Si j’étais Français, je serais peut-être un génie] qui peut être lue aujourd’hui comme une prophétie.

3D’autre part, Englezeşte fără profesor prépare le moment de rupture dans l’évolution de cet écrivain bilingue, comme premier acte du processus de création d’une œuvre commencée en roumain entre 1941-1942, quand Ionesco se trouvait encore en Roumanie, et continuée entre 1943-1944 en France, à Vichy, où il représentait, en qualité de secrétaire culturel, le Ministère des Affaires Extérieures de Bucarest ; il devait en envoyer à son ami Petru Comarnescu le texte que celui-ci allait publier plus tard. Mais on sait aujourd’hui que cette œuvre a été achevée entre 1948-1949, quand l’auteur l’avait lue dans un groupe d’amis avant de la proposer à la mise en scène, en hésitant – raconte Ionesco dans Notes et contre-notes5 – entre plusieurs titres, parmi lesquels L’Heure anglaise ou Une Heure d’anglais, qui rappellent le titre de la pièce roumaine. Donc Englezeşte fără profesor introduit le lecteur dans le laboratoire d’une œuvre novatrice du théâtre, qui va s’intituler par hasard dans sa variante française définitive La Cantatrice chauve.

4On ne saurait affirmer que La Cantatrice chauve soit une traduction en français de la pièce roumaine ; ce serait plutôt une œuvre récrite dans l’autre langue, avec ajout de nouveaux éléments de substance théâtrale et d’expression. Englezeşte fără profesor est, comme le mentionne l’auteur même, une « comédie en un acte », écrite en réplique – c’est Eugen Simion qui en fait le constat dans son livre sur le jeune Ionesco6 – à la comédie réaliste en un acte Conu’ Leonida faţă cu reacţiunea [Le sieur Leonida face à la réaction] du grand dramaturge roumain I. L. Caragiale, maître reconnu d’Eugène Ionesco. Par contre, La Cantatrice chauve est qualifiée par l’auteur d’« anti-pièce », pour souligner son caractère expérimental dans une littérature par excellence novatrice.

5Tandis que l’action de la comédie roumaine est placée dans le faubourg d’une petite ville, celle de l’anti-pièce ionescienne se déroule dans un milieu familial anglais des environs de Londres, leurs thèmes communs étant la banalité de l’existence quotidienne et la crise de communication du couple moderne. La situation comique des époux Smith ne représente pas une satire de la société britannique, mais – explique Ionesco dans ses Notes et contre-notes – « la petite bourgeoisie universelle7 ». Y domine en conséquence le comique de langage qui provient, comme l’avoue l’auteur dans son livre d’entretiens avec Claude Bonnefoy8, de la parodie réalisée à partir d’un manuel Assimil, utilisé pour apprendre l’anglais sans professeur.

6La conversation des époux Smith dans la première scène contient des banalités de pensée et des clichés de parole, qui montrent le vide ontologique ou l’absurde de l’existence de l’homme conformiste. Le vide ontologique est rempli d’un continuel délire verbal des personnages, qui transforme le dialogue comme forme de communication, dans une succession des monologues dépourvus de sens. Le délire verbal prouve la dissolution de la logique, comme suite de la relation conventionnelle établie entre les gens, qui s’installe dans une répétition absurde. Cette scène est transposée du roumain en français par une traduction littérale, en modifiant quelques détails insignifiants. C’est toujours à une traduction littérale que se réduit l’entretien des époux Smith sur la mort de Bobby Watson, dont la répétition du nom sans différence de genre ou de personne dénonce la crise d’identité de l’homme moderne :

Dl. Smith : La care Bobby Watson te gîndeşti tu? [M. Smith : De quel Bobby Watson parles-tu ?]
D-Na Smith : La Bobby Watson, băiatul bătrînului Bobby Watson, unchiul lui Bobby Watson, mortul. [Mme Smith : De Bobby Watson, le fils du vieux Bobby Watson l’oncle de Bobby Watson, le mort.]
Dl. Smith : Nu, nu e ăsta. E altul. E Bobby Watson, fiul bătrînei Bobby Watson, unchiul lui Bobby Watson, mătuşa lui Bobby Watson, mortul. [M. Smith : Non, ce n’est pas celui-là. C’est un autre. C’est Bobby Watson, le fils de la vieille Bobby Watson la tante de Bobby Watson, le mort]9.

7Élaborée aussi en un acte comme Englezeşte fără profesor, La Cantatrice chauve est composée d’onze scènes, réalisées par la réorganisation du texte roumain écrit seulement en quatre scènes, en ajoutant de nouveaux éléments qui augmentent la complexité des idées et la théâtralité du texte. Ainsi la deuxième scène de Englezeşte fără profesor reste identique dans La Cantatrice chauve, étant partagée en plusieurs scènes, de la deuxième à la septième, en passant par le même processus de traduction littérale en français. Englezeşte fără profesor reproduit littéralement le dialogue des époux Martin, dont la théâtralité augmente par le cumul des effets comiques créés à cause des coïncidences, l’épisode étant une sorte de parodie des scènes de reconnaissance rencontrées dans la dramaturgie universelle.

8Les différences entre les deux pièces paraissent dans la septième scène, qui recrée la quatrième scène de Englezeşte fără profesor, réorganisée dans La Cantatrice chauve en cinq scènes, qui contiennent beaucoup d’éléments dramatiques nouveaux. Ainsi, dans les scènes VIII-X, Ionesco introduit comme élément nouveau un personnage absent dans la pièce roumaine, le Pompier, qui se trouve dans l’exercice de ses fonctions. Avec le pompier, l’auteur introduit dans le texte quelques anecdotes dites à tour de rôle par les personnages, qui sont des variantes en français des anecdotes écrites en roumain, dans le long intervalle situé entre Englezeşte fără profesor et La Cantatrice chauve, publiées sous le générique Sclipiri10 [Scintillements] et qui marquent la transition linguistique d’Eugène Ionesco du roumain au français. Ces anecdotes ont comme modèle les fables de son maître roumain en ce qui concerne la littérature de l’absurde, le mystérieux Urmuz. Prenons pour exemple, la « fable expérimentale » Cîinele şi boul (Le chien et le bœuf) :

Odată, un alt bou zise unui [alt] cîine : « dar de ce nu ţi-ai înghiţit trompa ? »
« A, pardon », zise cîinele, « mă credeam elefant ».
Morala : S-o tragă singuri cititorii.
 

9Cette fable est dite dans La Cantatrice chauve par le pompier, représentant une parodie du dialogue scénique entre le protagoniste et le chœur de la tragédie ancienne, qui augmente la théâtralité et provoque, par la logique incongrue des détails, le rire du lecteur/spectateur :

Le Pompier : Une fois, un autre bœuf demandait à un autre chien : pourquoi n’as-tu pas avalé la trompe ? Ah, pardon, répondit le chien, c’est parce que j’avais cru que j’étais éléphant.
Mme Martin : Quelle est la morale ?
Le Pompier : C’est à vous de la trouver. (sc. VIII)

10Un autre élément nouveau est le poème « Le feu », composé spontanément et récité pathétiquement par la servante Mary, tombée amoureuse du pompier, ce qui représente un substitut théâtral de l’incendie cherché par celui-ci :

Les polycandres brillaient dans les bois
          Une pierre prit feu
          Le château prit feu
          La forêt prit feu
          Les hommes prirent feu
          Les femmes prirent feu
          Les oiseaux prirent feu
          L’eau prit feu
          Le ciel prit feu
          La cendre prit feu
          La fumée prit feu
          Le feu prit feu
          Tout prit feu
          Prit feu, prit feu. (sc. IX)

11C’est en même temps une parodie de la poésie moderne, dont l’auteur dénonce les conventions et les clichés.

12La scène finale de Englezeşte fără profesor, formée de la conversation mondaine entre les Smith d’un côté et les Martin qui leur rendent visite, de l’autre, représente aussi l’épisode final de La cantatrice chauve, contenant toutefois des différences significatives d’un texte à l’autre. La première partie de cette conversation est reproduite à l’identique, avec quelques substitutions de répliques ou de mots propres au français. La source de plusieurs répliques est – comme l’avait déjà observé Petru Comarnescu11 – le folklore roumain, d’où l’auteur extrait des proverbes, en les dénaturant de manière ludique : « Cine vinde azi un bou, mîine capătă un ou », proverbe transposé littéralement dans l’autre langue : « Celui qui vend aujourd’hui un bœuf, demain aura un œuf », ou bien des expressions populaires roumaines, comme par exemple « zgîrie-brînză » (« gratte-fromage »), développées en propositions ou phrases correctes du point de vue grammatical, mais dépourvues de sens : « Brînza este de zgîriat », dont la variante française indique la même méthode de transposition : « Le fromage c’est pour griffer ».

13En alternance avec ces répliques extraites du folklore, l’auteur introduit dans Englezeşte fără profesor des répliques semblables aux vers de la poésie d’avant-garde, contenant des images formées par l’association arbitraire des choses comme dans la poétique du dadaïsme et du Surréalisme : « Mai bine o pasăre pe cîmp decît un ciorap într-un copac », image transposée en français en modifiant quelques termes : « J’aime mieux un oiseau dans un champ qu’une chaussette dans une brouette ». D’autres répliques en roumain sont formées selon la correspondance sonore des mots, sans aucune attention accordée au sens : « Mai bine o leasă într-o casă, decît o plasă într-o rasă », qui en français emploie d’autres termes, en tenant compte de même principe phonétique : « Plutôt un filet dans un chalet, que du lait dans un palais ». On remarque aussi la fréquence des phrases correctes du point de vue grammatical, mais dépourvues de liaison logique entre les propositions : « Unchiul meu trăieşte la ţară, dar asta n-o priveşte pe moaşă », phrase transposée littéralement dans l’autre langue : « Mon oncle vit à la campagne mais ça ne regarde pas la sage-femme ».

14À mesure qu’on avance vers la fin, les différences entre les textes deviennent plus grandes, mais les procédés de production sont similaires, sinon identiques. La conversation dégénère graduellement en onomatopées et cacophonies d’une violence semblable à la musique primitive, concrète, imitée avant Ionesco par un autre écrivain roumain d’expression française, Tristan Tzara, le maître du dadaïsme. Le calembour se forme, dans Englezeşte fără profesor, de séries de mots apparentés seulement du point de vue phonétique : « Musca muşcă muşcata ta », ayant parfois des sous-entendus sexuels : « Muşca-ţi-ar musca muşchiul ! », dont la variante française n’a pas la même expressivité : « Touche la mouche, mouche la touche ». Un autre procédé consiste dans les constructions verbales gratuites, à fonction magique, semblables à celles qui accompagnent les jeux des enfants dans les deux langues : « Cactus, coccis ! încornorat ! cocardă ! porc ! » [« Cactus, Coccyx ! coccus ! cocardard ! cochon ! »]. L’avalanche des cacophonies dans Englezeşte fără profesor : « Casă căcasă, casă căcasă, casă căcasă... ! ! ! » [« Quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades, quelle cascade de cacades […]  »] suggère l’eschatologie du monde transformée en scatologie, par la désarticulation du langage, accompagnée de la décomposition de l’homme, comme l’a décrite l’auteur même dans Notes et contre-notes :

[…] le langage s’était désarticulé, les personnages s’étaient décomposés : la parole, absurde, s’était vidée de son contenu et tout s’achevait par une querelle dont il était impossible de connaître les motifs, car mes héros se jetaient à la figure non pas des répliques, ni même des bouts de proposition, ni des mots, mais des syllabes, ou des consonnes, ou des voyelles !...12.

15Eugène Ionesco avoue, dans Notes et contre-notes, que son intention avait été de créer « une tragédie du langage13 » mais qu’il avait été très surpris par la réaction du public qui l’a perçue comme comédie. En réalité La cantatrice chauve est une tragédie qui évolue en crescendo vers la catastrophe finale comme une boule de neige, cumulant des situations et répliques absurdes, ce qui la transforme en farce tragique. Une farce tragique appartenant au théâtre de l’absurde, dont elle marque le commencement.

16En conclusion, je suis d’accord avec Matei Călinescu qui affirme dans son ouvrage critique sur Eugène Ionesco que le texte Englezeşte fără profesor est inférieur du point de vue esthétique à l’anti-pièce La cantatrice chauve, restant toutefois « intéressant dans la mesure où il préfigure le destin littéraire de la pièce française14 », mais je crois en même temps que chaque pièce a sa valeur indépendante dans la littérature représentée. Peut-être que si Englezeşte fără profesor avait été mis en scène à Bucarest avant La cantatrice chauve, il n’aurait pas eu le destin universel de l’œuvre définitive en français. Mais du fait qu’il représente le germe du chef-d’œuvre français, Englezeşte fără profesor mérite d’être lu et interprété, parce qu’il prouve que la littérature roumaine n’est pas formée uniquement d’imitations des grandes littératures, qu’elle possède un potentiel créateur propre qui peut se manifester, se concrétiser en des œuvres originales, novatrices.

Notes de bas de page numériques

1 Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, Gallimard, 1954, « Folio ».

2 Petru Comarnescu, « Debutul “Cîntăreţei chele” », Secolul 20, nr. 1/ 1965, p. 52-56.

3 Eugène Ionesco, Antidotes, Paris, Gallimard, 1977.

4 Eugen Ionescu, Nu, Bucureşti, Ed. Humanitas, 1991, p. 196.

5 Eugène Ionesco, Notes et contre-notes, Paris, Gallimard, 1966, p. 246. Désormais : Ionesco, Notes …

6 Eugen Simion, Tînărul Eugen Ionescu, Bucureşti, Ed. Muzeul Literaturii Române, 2009, p. 335.

7 Ionesco, Notes…, p. 249.

8 Eugène Ionesco, Entre la vie et le rêve, Entretiens avec Claude Bonnefoy, Paris, Gallimard, 1996.

9 Eugène Ionesco, La Cantatrice chauve, Gallimard, « Folio », sc. I, p. 19.

10 Eugen Ionescu, « Sclipiri », dans Apostrof, nr. 9, 1998, p. 155.

11 Comarnescu, « Debutul… ».

12 Ionesco, Notes…, p. 248.

13 Ionesco, Notes…, p. 247-248.

14 Matei Călinescu, Eugène Ionesco : teme identitare şi existenţiale, Iaşi, Ed. Junimea, 2006, p. 41.

Pour citer cet article

Dumitru Chioaru, « Le bilinguisme créateur chez Eugène Ionesco. Ou de Englezeşte fără profesor à La Cantatrice chauve », paru dans Loxias, 53., mis en ligne le 12 juin 2016, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html/lodel/docannexe/file/7601/%20http:/www.lejdd.fr/Politique/index.html?id=8322.


Auteurs

Dumitru Chioaru

Dumitru Chioaru, docteur ès lettres (1998), est professeur de littérature générale et comparée au Département de Langues Romanes de l’Université « Lucian Blaga » de Sibiu (Roumanie), poète, critique littéraire, essayiste et rédacteur en chef d’Euphorion, revue fondée en 1990 par l’Union des Écrivains de Roumanie (USR). Auteur de volumes de poésie : Seară adolescentină (Albatros, 1982, Prix de l’USR), Secolul sfîrşeşte într-o duminică (Cartea Românească, 1991), Noaptea din zi (Biblioteca Euphorion, 1994) ; d’anthologies poétiques : Antologia poeziei româneşti de la origini pînă azi (avec Ioan Radu Văcărescu, Paralela, 1998), Radiografiile timpului (anthologie d’auteur, Axa, 1998), Vara de fosfor (anthologie d’auteur, Dacia, 2002), Clipe fosforescente (anthologie d’auteur, Limes, 2007), Noua poezie nouă. Antologie de poezie română postmodernă (Limes, 2011) ; de volumes d’essais : Poetica temporalităţii. Eseu asupra poeziei româneşti (Dacia, 2000), Developări în perspectivă. Generaţia poetică 80 în portrete critice (Ed. Cartea Românească, 2004), Viaţa şi opiniile profesorului Mouse (Limes, 2004), Noi developări în perspectivă (Limes, 2010), Bilingvismul creator. Studii de literatură comparată despre scriitori de expresie română şi franceză (Limes, 2013) ; éditeur : Oraşul şi literatura (Art, 2008), Arta comparaţiei (Limes, 2009) ; en traduction : Scene din oraşul-vitraliu/ Scenes of the Stained-Glass City (bilingue, Vinea, 2010), Dintr-o îndepărtată lumină/ D’une lointaine lumière (bilingue, en fr. par Miron Kiropol, avant-propos Ion Pop ; Limes, 2012) ; sélections dans diverses revues et anthologies de Belgique, France, Belgique, Allemagne, Italie, Pologne, Etats-Unis. Membre de l’USR (1990), du PEN-club roumain (1997) et de l’Association de Littérature générale et comparée de Roumanie.