Loxias | Loxias 26 Doctoriales VI |  Doctoriales VI 

Jean Florent Romaric Gnayoro  : 

Un examen de conscience dans Colline et Le Chercheur d’or

Résumé

L’examen de conscience, dans la voie des approches psychanalytiques, est une manière de faire le point sur l’existence. En fait, sa perception étant plus accessible que l’inconscient, elle y est théoriquement régie par la mémoire, laquelle permet de porter à la surface les émotions ayant eu à un moment donné à animer notre quotidien. C’est ainsi que l’aspect se rapportant à un examen de conscience entend présenter l’état de la personnalité qui se donne à voir dans les différentes œuvres. Dans Colline de Giono et Le Chercheur d’or de Le Clézio, la conscience des personnages dévoile une instabilité. Dans Colline un déchaînement de malheurs s’abat sur la société des Bastides. Dans Le Chercheur d’or il est plutôt question d’une perte de repère chez Alexis à la suite de la faillite et de la disparition paternelles. Mais tout au long de son périple ses vues se métamorphoseront en une tout autre conception du monde rattachée désormais aux beautés cachées de la nature. S’augure une fin heureuse marquée d’enseignements dans Le Chercheur d’or, comme dans Colline où tout finira par s’arranger dès que les habitants des Bastides auront compris le tort qu’ils faisaient à la nature. Du reste, les deux romans qui s’offrent à l’étude présentent les contours d’une société qui trouve son origine dans la vie réelle. Nous assistons dans Colline de Giono et dans Le Chercheur d’or de Le Clézio à une prise de conscience par l’acte d’écrire. Si les romanciers s’expriment c’est pour dire le réel qui les entoure. Les analyses des romanciers sur la complexité de la personnalité et ses contradictions montrent le trouble de l’existence.

Index

Mots-clés : conscience , existence, homme, inconscient., nature

Plan

Texte intégral

1On pourrait croire que les romans contemporains sont en quelque sorte, à l’image de la pensée philosophique actuelle, orientés vers la quête de profondeur de l’homme. C’est toutefois dans le lien entre l’être et le lieu où ce dernier séjourne, que l’effort d’analyse s’installe le plus souvent. L’animation d’un univers imaginaire soucieux de dire le réel est une pratique constante. C’est pourquoi pour Maurice Blanchot, le monde en tant que point de repère et le discours doivent servir à l’analyste « quand le monde s’impose comme la vérité du tout, quand l’histoire veut s’accomplir dans l’acheminement du discours1. ».

2Si les romanciers s’expriment, c’est donc pour donner un sens et une prise de conscience par l’acte d’écrire comme une mémoire qui permet de porter à la surface les émotions qui ont eu à un moment donné à animer le quotidien. De ce fait, l’état de la personnalité, qui se donne à voir dans les différentes œuvres qui s’offrent à l’étude, présente à n’en point douter les contours d’une société qui trouve son origine dans la vie réelle. Comme c’est le cas ici, nous assistons dans Colline de Giono, et dans Le chercheur d’or de Le Clézio à de subtiles analyses sur la complexité de la personnalité et des contradictions qui débouchent sur le trouble de l’existence. Mais devant le plan tracé par ces écrivains du XXe siècle, la nature semble être l’objet d’une apologie.

3Par ailleurs, la rencontre du roman – de la fiction, caractérisé par un imaginaire souvent débordant – avec la nature et la conscience qui la perçoit, révèle les obligations de l’homme envers celles-ci, pour son propre bien-être. Nous verrons comment la nature en vient à susciter chez l’individu une agitation intérieure. De plus, en le mettant en branle et en le transformant, comment rend-elle possible une aventure ? De quelle manière interagit-elle avec l’homme à la lumière d’un examen de conscience établi aussi bien dans Colline que dans Le Chercheur d’or ? Il y aura lieu, à cet effet, de voir dans quelle mesure ces écrivains exposent le lien affectif entre l’homme et la nature dans Colline de même que dans Le Chercheur d’or.

4 Le stress rompt un équilibre dans l’harmonie d’une vie paisible. À suivre les détours et les parcours qu’elle emprunte, cette rupture avec une quiétude tant espérée mais qui tarde à venir amène le sujet à se résigner dans son mal-être mais laisse voir le dépit. Qui plus est, Le Clézio est un écrivain préoccupé par l’esprit humain. Ainsi, dans Le chercheur d’or, par souci de visées réalistes, l’état d’âme des personnages fait surface notamment à travers ce que l’on peut appeler l’abandon au dépit. Comme ce livre l’indique, le père d’Alexis cherche les moyens de faire fortune mais, après la faillite de son projet d’électrification, s’achemine vers la banqueroute. Peu à peu, du jour au lendemain, la situation devient de plus en plus incertaine. Ainsi, l’enfance d’Alexis est affectée car il devra suivre ses parents dans leur déménagement. En effet, la lutte du père pour sauvegarder la maison aura été inutile. C’est ce que le narrateur Alexis évoquera lorsqu’il aura vu « tous les papiers signés par lui chez les usuriers de la ville, les reconnaissances de dettes, les hypothèques, les prêts sur gage2. » Dans la conscience d’Alexis un fait aussi perturbateur laisse des traces et marquera à jamais sa vie. Au fond, la preuve en est que, dans la nouvelle maison, Alexis manifeste sa nostalgie en ne faisant que penser à l’ancienne où sa vie d’enfant était riche et épanouie. En outre la fatalité de la déchéance a pour caractéristique cette sensation qu’a le narrateur de revivre encore ces événements lorsqu’il les rapporte à l’âge adulte. L’enfant qu’il était demeure, par les souvenirs, bien présent en lui.

5De même, Giono décrit un enchaînement de drames dans les Bastides, dans le roman Colline où la fontaine vient à tarir, où la petite Marie devient sujette à une maladie inquiétante, récalcitrante et pernicieuse et où encore un incendie dévastateur éclate. L’inconscient collectif de la société des Bastides est le fruit d’une agression menaçante qui brise sa stabilité et donc pèse sur son harmonie. En effet, le vieux Janet affirme que sa vie durant, chaque fois qu’un malheur devait survenir, il avait auparavant le présage manifeste d’une vision d’un chat noir : « Maintenant, moi, je vous dis : Attention, chaque fois qu’il paraît, c’est deux jours avant une colère de la terre.3 » Or voilà que le fameux chat noir fait son apparition à maintes reprises au vu et au su des habitants des Bastides et qu’un cortège de malheur commence à s’abattre sur eux. Voilà pourquoi dans l’inconscient collectif des habitants des Bastides ce chat noir va progressivement symboliser le malheur pour y avoir été associé. Devant cette apparition du chat noir entretenant la peur s’installe le dépit lié à leur impuissance face à lui, la tentative de sa destruction ayant échoué. Mais au désarroi succède un nouveau dépit relatif à une sensation de vide.

6 De la considération de la sensation du vide se dégage une dominante obsessive. On pourrait croire que l’examen de conscience qui en découle présente un conflit interne combinant une défense passive et un abandon à son sort. Ainsi, tout se passe comme si les objets environnants ne sollicitaient plus l’attention. De plus, il semble que nous assistions au processus par lequel les choses perdent leur importance. Quelles que soient les circonstances, la vérité est que l’être face à la brutalité de la perte humaine sent vaciller son identité.

7 Et là-dessus, remarquons que dans Le Chercheur d’or, Le Clézio situe de manière explicite la sensation du vide au niveau de l’absence de l’être aimé. En effet, de son retour de la guerre, Alexis recherche vainement Ouma la jeune manaf dont il s’est épris. Qui plus est, outre sa déconfiture amoureuse il désespère de revoir un jour cette fille dont il a perdu la trace. On le voit mieux encore, la recherche infructueuse le conduit dans un état de sensation du vide où il « reste immobile au milieu de ces ruines, en proie à un grand découragement.4 » On comprend combien Alexis, victime de son attachement envers Ouma, ne trouvera plus la quiétude tant qu’il n’aura pas atteint son objectif, celui de satisfaire son désir de la revoir. C’est pourquoi, désormais, « c’est à Mananava que je pense […] Je sais que c’est là que je dois aller, enfin.5 ». Le cri du cœur d’Alexis et son désarroi découlent de sa volonté de reconstituer une part de lui-même qu’il a perdue en même temps qu’Ouma : « "Ou-ma-ah !" Il me semble que c’est mon propre nom que je crie, pour réveiller dans ce passage désert l’écho de ma vie, que j’ai perdu …6 » En voilà donc assez pour ajouter qu’il y a là un véritable calembour dans ce « Ou-ma-ah ! » qui au-delà du nom lui-même crié traduit par « Ou » le lieu, l’endroit où elle (qui porte le nom en question) peut bien se trouver. Par suite, il en va de même pour « ma » sous une autre forme (celle de l’adjectif possessif) car ici il s’agit effectivement de l’établissement d’une possession envers la personne désirée. Enfin le « ah ! » (assimilable donc à l’interjection) quant à lui couronne le tout par une atmosphère du désespoir, celle qui se dégage devant la perte de l’essence représentative nominale à savoir Ouma, l’objet d’affection.

8On retrouve ce même aspect des choses chez Jean Giono dans Colline où se développe également l’idée de sensation du vide dans un aspect similaire à celui qu’en livre Le Clézio à quelques différences près. Au reste, l’œuvre de Giono étant antérieure à celle de Le Clézio, on peut croire qu’elle ait pu lui servir de source d’inspiration. Admettons, si l’on en veut d’autres preuves, que lorsqu’on se réfère à la mort de son amant Gagou, Ulalie présente un passage à vide traduit par son absence mentale face à son entourage. Il ne saurait y avoir de doute qu’elle manifeste ni plus, ni moins, des signes qui montrent son agacement dévoilé par le narrateur : « Elle avale péniblement une salive épaisse. Un rêve lourd pèse dans sa tête.7 » Entendons à nouveau donc que la perte de son amant entraîne inexorablement la perte de ses repères à tel point qu’Ulalie dans son monologue intérieur s’interroge sur son sort : « Et moi, qu’est-ce que je vais faire maintenant ?8 »

9À la sensation du vide succède l’état d’angoisse, liée à la menace d’un futur appréhendé comme incertain. L’angoisse entretient une inquiétude et une indifférence irritée quant à l’instant présent. Une fois arrivé au point ultime de l’état d’angoisse, l’homme sombre dans la mélancolie. Ainsi, Alexis dans Le Chercheur d’or passe par une mélancolie qui imprègne sa nouvelle vision du monde. Du reste, la mort du père détermine une situation économique désastreuse pour la famille. C’est ainsi que le projet d’un voyage à destination de l’Europe vole en éclats pour Alexis qui a plus que jamais la sensation d’être un prisonnier dans l’île Maurice. De ce fait, la tristesse qui l’enveloppe transforme ses sentiments que l’on peut ainsi appréhender à travers ses propos : « Je me mis à détester cette ville froide et pluvieuse […] chaque jour de ma vie, sans espoir, sans liberté ?9 » La vie de ce dernier devient mélancolique du fait de ses aspirations déçues. Autrement dit, la nouvelle perception de l’univers d’Alexis apparaît comme une rupture de sa cohérence affective qui ne s’affirme plus que dans un monde perçu en noir.

10 Se distinguent aussi fortement les circonstances de la mélancolie vécue par Jaume dans Colline. Le conflit qui l’oppose à ses congénères combine la volonté de ces derniers de se libérer de la tutelle d’un chef naturel et de ses commandements exaspérants à la longue. Aussi peut-on dire que Jaume se retrouve dans un état de contrariété dans la mesure où la reconnaissance de son autorité est mise en cause. Du moins, il s’ensuit qu’il semble ne pas comprendre ce qui vient de lui arriver et s’inquiète de l’avenir : « Ça ne va plus pouvoir aller comme ça. Avec un chef, il y avait encore des chances, quand celui qui marche devant sait10 » Jaume s’était imposé au groupe grâce à son esprit de répartie, à ses connaissances, et à sa sagesse. Ses interventions étaient donc appréciées et tout naturellement il était devenu celui qui avait le dernier mot, le chef en quelque sorte : indépendamment de sa volonté on l’avait adopté comme tel. Mais maintenant que le malheur s’était abattu sur les Bastides et devant leur impuissance à tous, évidente devant les forces mystérieuses de la nature, Jaume se voit rejeté. D’où son trouble amer et son effacement résigné. D’après Carl Gustave Jung « dans notre vie consciente, nous sommes exposés à toutes sortes d’influences. Autrui nous stimule ou nous déprime.11 » On voit en tout cas ici que la mélancolie est due à un désir de se voir reconnaître et lorsque cette reconnaissance échoue, la tristesse s’installe, l’idéal étant en quelque sorte déconstruit.

11 Alexis s’est mis en tête de retrouver la cachette du trésor attribué au Corsaire inconnu. En effet, il dispose d’un plan sur une carte pour l’aider dans sa tâche. Toutefois, arrivé à Rodrigues où est censé se trouver le trésor, Alexis multiplie les investigations sans avoir en retour le résultat escompté. On peut alors supposer que sa recherche du trésor aura donc été vaine, « poursuivant une croisière dont le but sans cesse recule, et que tout le reste n’a été qu’un rêve. Rêve de l’or du Corsaire inconnu12 ». À dire vrai, Alexis devient la victime d’un rêve inaccompli. On admet de ce fait même que ses ambitions prennent un sérieux coup, focalisées qu’elles sont sur la découverte du trésor qui ne sera qu’une chimère. Outre cette situation d’échec, Alexis voit son espoir de richesse partir en fumée. Il échoue encore à poursuivre les rêves de son père, lui-même vainement lancé sur les traces du Corsaire inconnu13.

12Par ailleurs, comme c’est le cas dans Colline, les habitants des Bastides sont confrontés à une situation des plus délicate : leur seule fontaine qui pourvoyait les ménages en eau a subitement cessé de couler, les privant ainsi d’un élément indispensable à la vie. Les habitants recherchent évidemment un moyen de sortie du péril qui les guette. Voilà comment la décision sera donc prise de trouver une autre source d’approvisionnement en eau. Mais « ce soir, le troisième jour, ils sont revenus brisés de fatigue ; las, surtout, d’espérances déçues.14 » À partir de ce moment on sent que l’espérance d’avoir à nouveau de l’eau n’a pas été satisfaite après ces trois jours de recherche, d’où la déception évidente. Ainsi en vient-on à une rupture avec l’ordre naturel porté vers l’espérance d’un rétablissement de l’équilibre.

13La rupture avec un ordre naturel conduit à une perturbation intérieure qui se manifeste par un état de frustration avéré comme on le voit au niveau de la contrariété. Il se trouve du reste que dans l’état de contrariété le personnage se voit atteint ou menacé dans son amour, ses biens, sa personne même. Il se trouve comme mis hors jeu. Ainsi, pour retrouver une harmonie perdue, cette contrariété motivera le plus souvent un déplacement vers des horizons meilleurs.

14C’est justement ce parti que prend le père d’Alexis qui découvre une possibilité de se refaire une santé financière : « Il parle de cet immense trésor qu’il va découvrir, car il sait enfin l’endroit où il se cache, il a découvert l’île où le Corsaire inconnu a placé son dépôt15. ». Mais le père d’Alexis n’aura pas l’occasion d’entreprendre cette expédition, la mort l’ayant fauché bien avant. C’est à son fils Alexis qu’il incombera de poursuivre la quête. De ce fait, le déplacement vers le lieu supposé du trésor s’impose donc pour Alexis s’il a véritablement l’intention d’aller à sa recherche et de concrétiser le rêve du père. Le retour à un travail manuel dans les champs s’impose à Alexis comme une solution à l’effondrement de ses projets fabuleux.

15 En revanche, avec Colline le déplacement est plutôt motivé par un besoin naturel. La seule fontaine des Bastides étant morte, les habitants pour leur survie doivent trouver coûte que coûte une solution car « la soif est toujours là16 ». La décision qui a été prise consiste à rechercher dans les environs une hypothétique source de ravitaillement en eau. Du coup, « les heures sont faites d’un grand rêve où dansent des eaux d’argent. Tout est prêt pour l’expédition17 » Dans leur esprit, les habitants des Bastides voient déjà l’eau qu’ils vont découvrir. En plus du besoin, leur foi et leur enthousiasme sont un facteur déterminant qui excite leur déplacement pour la prospection d’un point d’eau disponible. Comme on le perçoit donc par le déplacement d’un endroit à un autre, ils veulent se donner une nouvelle source d’approvisionnement en eau traduite par une passion du mouvement qu’impose leur prospection.

16Pour ce qui est de la passion, elle trouve son expression la plus forte et la plus évidente dans la relation sexuelle. Aussi Le Chercheur d’or de Le Clézio ne fait-il pas exception à cette règle. En effet, Alexis a envers Ouma des sentiments empreints de tendresse amoureuse : « Je tiens sa main dans la mienne, serrée très fort pour bien sentir sa chaleur, je respire son souffle sur ses lèvres18. » Ils se laissent emporter par la passion : « Elle rit en effaçant les taches de sable sur mon dos, sur ma poitrine. Puis nous sommes l’un dans l’autre, sans que j’aie pu comprendre19 ». Selon Alexis, tout s’est passé soit très vite : soit l’initiative du contact sexuel n’a été que du ressort d’Ouma puisqu’il avoue n’avoir rien compris ; soit il se défend de toute atteinte à la pudeur d’Ouma ; soit il veut faire croire que leur étreinte n’a pas été réellement du ressort de leur volonté consciente. Dans tous les cas, aucune faute ne doit être imputable à Alexis, pour le moins, puisqu’ils viennent de se déshabiller et qu’il n’a été que l’instrument manipulé d’une force libidinale inconsciente et pour ainsi dire incontrôlable.

17Dans la même veine, avec Colline, Giono à travers le narrateur, présente un coït sans faux-fuyant, même s’il laisse entrevoir par la suite les détails lubriques et les émotions des acteurs bien qu’ils soient passés sous silence : « Elle se couche, rebrousse sa jupe, écarte les jambes, et voilà mon Gagou sur elle20» Comme dans Le chercheur d’or, la description et la gestuelle de cette scène sont clairement évocatrices d’un coït sans qu’on ait besoin de rajouter le commentaire des voyeurs. Par la suggestion à peine voilée, sans entrer dans la pornographie, Giono par le biais du narrateur entend jouer sur l’esprit du lecteur. En effet, ce dernier complète lui-même les parties manquantes du tableau comme c’est en général le cas dans la littérature non pornographique. À la différence du Chercheur d’or où c’est un personnage qui se dédouane de toute intention, dans Colline c’est plutôt l’auteur qui évite au narrateur d’être un voyeur pervers sans s’astreindre à une censure morale. Par ce procédé, Giono joue à ce que surgisse, à la place de ce que n’a pas décrit le narrateur, le fantasme du lecteur. Mais, comme le plaisir sexuel ne relève pas de la survie, l’individu se doit également d’exercer une activité qui du fait même des contraintes qu’elle impose ouvre sur un espace dysphorique.  

18 Dans l’espace dysphorique règne un état de malaise du fait que, pour Sigmund Freud, « la société est obligée de limiter le nombre de ses membres et de détourner leur énergie sexuelle vers le travail21 ». Toutefois, du moins, le travail dans le Chercheur d’or est présenté comme un moyen de subsistance. Il prend également une couleur discriminatoire dans la mesure où Alexis se trouve devant les dispositions accordées aux Blancs qui eux sont exempts du travail manuel dans les champs, cette tâche étant réservée aux Noirs, aux Indiens, en somme aux indigènes. En outre, Alexis qui entrevoit la possibilité d’échanger son rôle de contremaître pour mettre la main à la tâche de la coupe des cannes est tout de suite ramené à la raison par le responsable des travailleurs : « Vous êtes incapable de faire cela, et de toute façon, c’est impossible, jamais aucun blanc ne travaille dans les champs22 ». Ainsi la couleur de la peau joue un rôle important dans l’attribution des tâches, les Blancs ayant les meilleurs postes qui demandent moins d’efforts physiques et de stress. Au fond, « ne possédant pas assez de moyens de subsistance pour permettre à ses membres de vivre sans travailler23 », la société indigène, quant à elle, exploitée est malgré elle obligée de se conformer aux règles établies par les maîtres Blancs.

19  On voit par ailleurs que le travail dans Colline est perçu comme un facteur nécessaire pour subvenir aux besoins quotidiens même s’il est considéré comme source de fatigue. Le narrateur met alors en valeur la distance longue à parcourir pour se rendre au lieu de travail. Au sujet d’un paysan, il remarque que « somme toute, avec un petit travail il a de l’huile et du bois ; seulement, c’est loin24. » Dans cette perspective, le travail, quoique pénible, est une valeur positive qui assure l’aisance de vie : il n’est pas de motivation plus intense et plus individualiste que celle projetée par l’autonomie financière. Ainsi, si l’on suit la démarche de Giono, le bien acquis par un travail honnête, même s’il épuise, préserve une certaine harmonie avec la nature, prête à donner à la mesure du travail fourni. C’est en philosophe que Giono va donc dans le sens de Freud pour qui « la base sur laquelle repose la société humaine est, en dernière analyse, de nature économique25 ». Tout se passe comme si le sentiment de la réussite s’offrait non pas comme la récompense finale mais consistait à se laisser emporter dans l’action.

20Cependant, plusieurs types de menaces planent sur les personnages. Avec la première guerre mondiale à laquelle participe Alexis, s’installe un doute persistant sur l’avenir du soldat qui craint pour sa vie : « Aucun de nous ne dort, nous gardons les yeux grands ouverts sur la nuit – peut-être la dernière ?26 » De plus, cette guerre apparaît comme un art militaire où l’intolérance qui demeure dans l’esprit des hommes exprime la technicité, aspiration à une plus grande dévastation. C’est que le XXe siècle impose la guerre comme l’horizon fatal de l’existence humaine. Aussi dans un souci de conservation de sa personne, le qui-vive s’installe-t-il la nuit venue et la vigilance accrue met de côté le sommeil réparateur car il importe d’être prêt à une éventuelle attaque de l’ennemi. De ce fait, la guerre donne ce pouvoir de vie et de mort à l’homme qui dans ces circonstances accélère son propre destin de mortel. Ainsi, pour Alexis et ses camarades de combat, la vie reste suspendue à un fil très mince qui peut se rompre plus vite que prévu.

21 À la différence du Chercheur d’or, notamment pour ce qui est du doute persistant évoqué dans Colline, Jean Giono fait mention de certaines croyances traditionnelles rurales. En parlant de la sorcellerie, il ne veut ni se réfugier dans l’ésotérisme ni décrire une initiation particulière ; il veut plutôt évoquer certaines des croyances sur des liens cachés qui existent dans la nature. Dans cette perspective, Jaume lutte contre le doute persistant des autres hommes des Bastides en ce qui concerne l’implication souterraine néfaste du vieux Janet dans les malheurs qui ont commencé de s’abattre sur eux : « Alors, c’est lui, faut pas douter27. » Pour Jaume, l’attitude et le contentement de Janet qui se réjouit plus que tout des drames que subissent les habitants des Bastides sont la preuve de sa sorcellerie manifeste, même si les autres semblent encore en douter. Mais devant les enquêtes et les faits établis la dissimulation de la vérité entraîne cependant des doutes.

22On en vient à ce qu’on pourrait envisager comme une nature en involution. Le naturel et la recherche d’un accord entre l’homme et la nature passent par ses relations avec les autres. Cependant, la société des classes en mettant au premier plan la domination d’une classe sur une autre fait que l’homme perd le sens même de la vie libre de toute contrainte de pérenniser un quotidien paisible ou d’atteindre des lendemains meilleurs. Ainsi, l’homme en corrompant la nature agit dans la régression de l’espace naturel suivant le mécanisme de l’involution. La corruption de l’espace se situe dans un climat d’altération et de dénaturation. Le problème est que les hommes ne savent pas souvent calculer correctement les moyens de garantir leur félicité future. Ils croient y parvenir en accroissant indéfiniment leur puissance individuelle, alors que cela conduit à la rivalité et à la guerre puisque la puissance d’un individu se définit relativement à celle des autres si l’on retourne à la réalité.

23C’est ainsi que dans Le chercheur d’or, la conception d’Ouma au sujet de l’or dévoile le désir profond très souvent inavouable parce que masqué qui conduit à la guerre : « Vous autres, le grand monde, vous croyez que l’or est la chose la plus forte et la plus désirable, et c’est pour cela que vous faites la guerre 28 ». En vérité, la guerre n’a d’autres desseins réels que des intérêts souvent latents ou manifestes. Aussi Ouma essaie-t-elle de faire comprendre à Alexis que le trésor du Corsaire, loin de lui apporter le bonheur recherché sera une cause de souci. Elle l’invite donc à une prise de conscience et à un retour à la réalité pour qu’au lieu de rechercher le trésor, il apprenne plutôt comme elle à vivre en harmonie avec la nature.

24  En outre, avec Giono se dessine l’impuissance de l’homme à sonder les profondeurs de la nature et de l’âme. C’est pourquoi, dans Colline, il fait découvrir ce qui est caché dans la nature, lorsqu’il finit par accuser, par la bouche de Jaume, le vieux Janet d’être l’instrument du mal. En apportant ainsi cette conclusion Jaume se libère d’un poids énorme sur sa conscience en voulant faire part aux autres de sa découverte à la fois troublante et métaphysique : « Maintenant que la chose énorme et lourde est sortie, Jaume respire mieux29. ». À en juger par l’explication de Jung, l’occultisme se trouve placé dans la situation où l’analyse de la liberté s’exerce à la manière dont « le primitif, lui, a encore conscience de ces propriétés psychiques ; il attribue aux animaux, aux plantes, aux pierres des pouvoirs qui nous paraissent étranges et inacceptables30. »

25Venons-en maintenant à la question de la vie infantile. Une vue de l’esprit entrevoit l’univers féerique tant que l’on reste enfant mais cet univers tend à s’assombrir une fois que  l’âge adulte est arrivé avec son corollaire d’intérêts personnels. En effet, ces derniers sont la caractéristique d’un égocentrisme, lequel tire ses premières manifestations dans l’enfance. En guise d’illustration, l’histoire de Barbe Noire dans Le chercheur d’or, retrace l’intérêt personnel manifeste de ce dernier pour avoir dissimulé son trésor dans un endroit secret et connu de lui seul : « Barbe Noire, qui répondait, quand on lui demandait où il avait caché son or, qu’il n’y avait que lui et le diable qui le sussent…31 » Par une attitude qui dévoile sa source dans un intérêt éloigné en effet d’un échange et d’un partage avec l’autre, Barbe Noire place le détournement de sa richesse à des fins personnelles. Les traits archétypiques de la résurgence du mythe lié à l’enfance se rapportent au désir infantile de Barbe Noire de vouloir tout posséder pour lui tout seul sans aucun partage.

26 De même, certes, dans Colline, l’égoïsme des habitants des Bastides dénie toute autorité à Jaume qui voulait organiser l’approvisionnement en eau en vue d’un intérêt général au bénéfice de la communauté. « Mais cet égoïsme, en les isolant, leur a rendu le souci de la terre, les a séparés de la grande peur et ils ont été sur le point de renaître32» Par cette révélation du narrateur l’on est forcé de reconnaître que l’égoïsme dont il question ici revêt par contrecoup une couleur positive. Ainsi, le sentiment de solitude mène dans une recherche de la nature qui pose le fondement de la terre et des champs qui révèle sa présence. Qui plus est, dans cet égoïsme solitaire, la peur suscitée par la croyance et l’inconscient collectif est même dépassée de manière à accroître la séparation d’avec le groupe.

27On remarque que Giono a placé au seuil de son ouvrage Colline, où il prend congé, le retour à la réalité parce que c’est là qu’il démystifie le fameux chat venu de nulle part qui dans l’inconscient collectif avait été l’augure des malheurs qui avaient commencé de s’abattre sur les Bastides. « Tu te souviens, quand Chabassut m’a apporté une charretée de foin ? Il était couché dedans, paraît ; c’est son chat33. » À partir de ce moment le mystère entourant le chat, présage de malheur, vole en éclats. En procédant de la sorte, Giono entend s’opposer aux croyances sur la sorcellerie qui relèvent plutôt du mensonge. C’est alors que l’imbrication constante de la réalité et de la pensée constructive oblige à un effort de vérité qui conduit sur la voie de l’aspiration à la liberté.

28Ainsi, il est intéressant d’observer l’émotion d’Alexis qui découvre le sens de la liberté : « Aujourd’hui, je suis libéré d’un poids, je peux vivre libre, respirer. À nouveau, comme avec Ouma, je peux marcher, nager, plonger dans l’eau du lagon pour pêcher les oursins34 ». Pour Alexis, la liberté est devenue la valeur suprême. Elle peut même traduire une certaine force. C’est l’aspiration à la liberté qui fait luire l’idée d’une révélation sur l’entendement et l’importance qu’il accorde désormais à la nature entraînant chez lui une approche de vie naturelle. Cette disposition d’Alexis permet de découvrir l’image chatoyante d’un monde où abonde un paysage naturel encore en l’état c’est-à-dire non modifié par le modernisme.

29En fin de compte, les consciences perturbées s’acheminent vers l’apaisement surtout lorsqu’elles s’inscrivent dans une conciliation avec les éléments fondamentaux de la nature. Entre autres, avec la question de l’eau, la vie, les activités des personnages s’exercent sur l’espace pour lui donner une certaine valeur. Ainsi, dans Le chercheur d’or de Le Clézio, le héros, Alexis, est en contact avec la mer même évoquée par lui à la première et à la dernière phrases du livre : « Du plus loin que je me souvienne, j’ai entendu la mer35 » ; « Il fait nuit à présent, j’entends jusqu’au fond de moi le bruit de la mer qui arrive36 ». Cette disposition s’ouvre et se ferme donc sur la mer. De ce fait, Le chercheur d’or à partir de l’évocation de la mer comme une berceuse prépare le sommeil de l’enfant pour ne s’achever que lorsqu’il dort. En effet, c’est de la mer que débutent les pensées de navigation et, c’est également à la suite de sa traversée maritime qu’Alexis pourra rencontrer Ouma qui lui fera comprendre le sens d’un monde éloigné des richesses matérielles. Dès lors, la mer reste donc présente jusqu’à ce que l’initiation s’achève par la compréhension d’un monde naturel et par une réalisation intérieure désormais détachée de l’or.

30Si l’on se penche un instant sur l’évocation de la terre, cette dernière manifeste sa présence chez Giono de la manière la plus évidente qui soit car elle est le support de la source de revenus des habitants des Bastides qui sont foncièrement cultivateurs : « Il [Gondran] se redresse ; appuyé sur le manche de l’outil il regarde la grande terre couverte de cicatrices et de blessures37 ». Mais, dans Colline, là où les choses se compliquent c’est lorsque Giono attribue à la nature et particulièrement à la colline qui abrite les Bastides, des vertus magiques. Ainsi, la colline se personnifie avec Giono pour devenir le bras vengeur de la nature pour laver les exactions des hommes envers elle : « Contre nous, c’est toute la colline qui s’est dressée, le corps immense de la colline ; cette colline ondulée comme un joug et qui va nous écraser la tête38 ». A ce titre, l’intégration de cette dimension tellurique secrète dans la nature comme le pense la société traditionnelle rurale est le fruit de l’imagination collective des habitants des Bastides. C’est qu’ici la colline entretient une image qui donne à la nature une certaine domination sur l’homme et qui fait que les éléments naturels « même lorsqu’ils nous sont familiers dans la vie quotidienne, possèdent néanmoins des implications qui s’ajoutent à leur signification conventionnelle et évidente39» La colline devient le symbole d’une puissance de la nature responsable des malheurs qui se déchaîne sur les Bastides. Mais, « le symbole implique quelque chose de vague, d’inconnu ou de caché pour nous40» Toutefois, l’explication que Jaume donne de l’hostilité de la colline est rattachée à l’action mystique du vieux Janet, au bord de la tombe, qui en ne voulant pas mourir seul excite la colère de la nature contre les habitants des Bastides.

31 Enfin, le feu est la dernière épreuve que subissent les habitants des Bastides avant que tout ne rentre dans l’ordre ; un revirement de situation révélateur de l’irrégularité constamment présente sous la plume de Giono. « … la flamme s’est dressée sur eux, et elle les a écrasés sous ses pieds bleus. Elle a dansé en criant de joie41 ». C’est ainsi qu’un seul périra dans les flammes, Gagou. On peut même concevoir qu’il représente le sacrifice qui arrête la punition de la colline : « Il [Gagou] s’approche, tend la main et, malgré l’étau de feu qui broie ses pieds, il entre dans le pays des mille candélabres d’or42». La mort de l’infortuné Gagou est même rapportée à Ulalie par Jaume à qui Arbaud en avait fait part : « Dis, Ulalie, il y a Arbaud qui vient de trouver Gagou mort. Tout brûlé 43 ». En outre, l’incendie, cette catastrophe qui enlève à l’attachement d’Ulalie, Gagou44, semble restituer l’harmonie après ce sacrifice de l’innocent passé par le supplice des flammes et d’autant plus nécessaire pour que la colère de la terre soit inconsciemment suspendue dans l’entendement des habitants des Bastides. En outre, peu après, Janet le vieillard, supposé être l’instigateur du mal, trépassera de sa belle mort bien avant son exécution programmée45 dans le but de rétablir ainsi l’harmonie dans les Bastides. Mais c’est un sanglier aventuré au village qui permettra aux habitants des Bastides de renouer avec la nécessaire cruauté de la vie en devenant le bouc émissaire, car l’animal sera abattu par une décharge de chevrotines46, puis sera dépecé et partagé. À la fin, Marie se rétablira, la fontaine donnera de son eau à nouveau. En clair, « en tous les cas, ce qu’il faut retenir, c’est que l’espace a subi une inversion de son pouvoir. De terrifiant au départ, il s’est adouci et est devenu accueillant sans pour autant subir la moindre métamorphose car il conserve les éléments de sa constitution47»

32 Mais, toujours est-il que l’air, avec Colline, prend une tournure qui lui confère une puissance, une faculté d’initiation telle que le révèle Janet : « Rien que de l’air ? Tu crois que c’est vide l’air ? Alors, comme ça tu crois que l’air c’est tout vide ?48 » Il soutient ensuite avec opiniâtreté qu’il y a quelque chose derrière l’air, certes invisible au non initié mais bien présent quand même ; ce qui le conduit à révéler comment s’est faite son initiation : « Si tu avais rencontré ce qu’il y a dans l’air, face à face, tout d’un coup, au coin du chemin, un soir, tu les verrais comme moi49 ». En revanche, dans Le Chercheur d’or, Alexis se laisse plutôt bercer par l’air frais : « Le vent passe au-dessus de ma tête en sifflant. Je m’endors aussitôt, épuisé50» Ainsi, la nature de l’île Rodrigues où il s’est réfugié lui donne un exemple exceptionnel de pureté de l’air qui, non surchargé, à la différence du milieu urbain, dispose la nature à marquer un état de stabilité qui dissipe la dépression morale. En l’occurrence ici, l’air, de ce fait, redonne quelque vigueur à l’esprit. Aussi de beaucoup, l’empire que la pureté de l’air a sur la profondeur de l’être dévoile les effets surprenants et bienfaiteurs, qui révèlent à leur tour la nature comme une panacée au mal-être à l’image d’Alexis sur l’île Rodrigues, devenu après un trouble existentiel complètement épanoui : « Aujourd’hui, je suis libéré d’un poids, je peux vivre libre, respirer51»

33Cette étude que nous avons présentée avait pour objectif de traiter de l’examen de conscience dans Colline et Le Chercheur d’or, en rapport avec la nature. Toutefois, Giono ou Le Clézio font une apologie de la nature à travers leurs œuvres respectives. Ainsi, l’opposition entre l’homme et la nature sera finalement suivie d’une réconciliation.

34Si l’action s’exile alors dans un décor de nature sauvage c’est qu’il est un lieu positivement chargé, qui est la destination des aventuriers en quête de calme. C’est pourquoi la nature paysagère symbolise la tranquillité pour devenir une solution de restauration de la personnalité. Il en ressort du reste, de l’examen de conscience des personnages, que la nature s’en trouve valorisée et le bonheur qu’elle génère, non seulement consiste en l’ouverture d’esprit, mais plus encore, en l’épanouissement de la sensibilité dans un climat d’harmonie. En fait, la beauté du paysage dans Le Chercheur d’or où sentiment d’amour, d’amitié et de plénitude se mêlent, procure à l’homme la libération des contraintes matérielles. Mais peut-être faudra-t-il aussi ajouter qu’avec Colline l’être rendu à lui-même perçoit en filigrane le sens d’une harmonie à préserver dans la nature.

35Pour citer cet article :

36Jean Florent Romaric GNAYORO, « Un examen de conscience dans Colline et Le Chercheur d’or »,  Loxias,  Loxias 26,  mis en ligne le 15 septembre 2009, URL: http://revel.unice.fr/loxias/document.html?id=2985

Notes de bas de page numériques

1 Maurice Blanchot, L’Espace littéraire, Paris, Gallimard, 1955, p. 41.
2 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 95.
3 Jean Giono, Colline, [1929], Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, 1994, p. 59.
4 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 329.
5 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 347.
6 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 328.
7 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 187.
8 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 187.
9 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 113.
10 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 103.
11 Carl Gustave Jung, L’homme et ses symboles, Paris, Robert Laffont, 1964, p. 49.
12 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 320
13 Odile Gannier, « Métissage et quête identitaire dans Le Chercheur d’or de Le Clézio », Multiculturalisme et identité en littérature et en art, J. Bessière et S. André (dir.), L’Harmattan, 2002, pp.198-199.
14 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 76.
15 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 63.
16 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 83.
17Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 84.
18 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 269.
19 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 234.
20 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 97.
21 Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot, Petite Bibliothèque, 1970, p. 291.
22 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 350.
23 Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot, Petite Bibliothèque, 1970, p. 291.
24 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 46.
25 Sigmund Freud, Introduction à la psychanalyse, Paris, Payot, Petite Bibliothèque, 1970, p. 291.
26 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 299.
27 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 173.
28 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 269.
29 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 174.
30 Carl Gustave Jung, L’homme et ses symboles, Paris, Robert Laffont, 1964, p. 43.
31 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 106.
32Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 122.
33 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 188.
34 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 336.
35Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 11.
36Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 375.
37Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 51.
38 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, pp. 156, 157.
39 Carl Gustave Jung, L’homme et ses symboles, Paris, Robert Laffont, 1964, p. 20.
40 Carl Gustave Jung, L’homme et ses symboles, Paris, Robert Laffont, 1964, p. 20.
41 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 149.
42 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 155.
43 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 184.
44 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 14 : « Celui-là est arrivé aux Bastides il y a trois ans. […] On l’interrogea ; il répondit seulement Gagou, ga, gou, sur deux tons, comme une bête. Puis il dansa, à la manière des marmottes, en balançant ses mains pendantes. Un simple. »
45 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, 1994, À propos de Gontran qui devait commettre le meurtre, p. 179 : « il fait un saut en arrière pour bien se dégager de la porte, pour bien faire voir qu’il n’y est pour rien, qu’il n’est pas entré, que Janet est mort de la mort, tout simplement. »
46 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 189 : « Déjà Jaume a pris le fusil à l’épaule. Il vise à deux fois, posément avec la volonté de tuer. Le coup déchire les bruits familiers de la fontaine et des maisons […]. Ils courent, les quatre, vers la bête qui se débat en faisant voler les mottes de terre. C’est un gros marcassin, tout hérissé, comme une châtaigne. La chevrotine l’a éventré et le sang gargouille entre ses cuisses. ».
47 Jean-Marie Kouakou, « Regain : Dialogue avec les choses », Annales de la faculté des Lettres et Sciences Humaines n° 32, Dakar, Les Presses Universitaires de Dakar, 2002, p. 260.
48 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 32.
49 Jean Giono, Colline, Paris, Bernard Grasset, Le Livre de Poche, p. 33.
50 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 328.
51 Jean-Marie Gustave Le Clézio, Le Chercheur d’or, Paris, Gallimard, Folio, 1985, p. 336.

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 Corpus

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Pour citer cet article

Jean Florent Romaric Gnayoro, « Un examen de conscience dans Colline et Le Chercheur d’or », paru dans Loxias, Loxias 26, mis en ligne le 16 septembre 2009, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html/lodel/docannexe/file/7601/%20http:/www.lejdd.fr/Politique/index.html?id=2985.


Auteurs

Jean Florent Romaric Gnayoro

Jean Florent Romaric Gnayoro prépare une thèse à l'université de Cocody relative à l’expression de la nature dans quelques cas d'œuvres chez Giono et chez Le Clézio. Il est également auteur d’un livre à sortir aux éditions Edilivre en 2010 et intitulé Culte de la nature rustique et exotique et d’un article intitulé « L'errance dans la nature chez Jean Giono et Jean-Marie Gustave Le Clézio » paru dans Webzine expression libre (http://www.webzinemaker.com/admi/m6/page.php3?num_web=50790&rubr=2&id=360382) Son directeur de thèse est le professeur Jean-Marie Kouakou, Maître de Conférences à l’université de Cocody (auteur de plusieurs œuvres critiques dont La Chose littéraire publiée aux EDUCI, plusieurs articles dont « Regain, dialogue avec les choses » dans la revue Annales de la faculté des Lettres et Sciences Humaines, éditée par les Presses Universitaires de Dakar).