Loxias | Loxias 44. Romain Gary – La littérature au pluriel | I. Romain Gary – La littérature au pluriel 

Edith Perry  : 

Lady L. et Pygmalion

Résumé

Le roman Lady L. propose le récit d’une métamorphose, celle d’une prostituée en aristocrate distinguée. Il n’est pas sans éveiller le souvenir de Pygmalion, celui d’Ovide comme celui de Bernard Shaw. Ce mythe a servi de fil conducteur à notre réflexion. Annette s’apparente en effet à Galatée mais se distingue également d’elle puisque tirant profit des leçons du maître, elle conquiert sa liberté. Femme libérée, féminine sans être féministe, elle triomphe de Pygmalion qui cesse d’être, conformément au mythe, un créateur et un éducateur, pour devenir un destructeur et se pétrifier sous l’effet des idéologies mortifères. Ainsi par un remarquable renversement carnavalesque Galatée devient la figure essentielle du vieux mythe ovidien.

Index

Mots-clés : femme , Gary (Romain), liberté, mythe, soumission

Plan

Texte intégral

1L, la douzième lettre de l’alphabet est aussi la première du nom porté par l’héroïne de Gary, comme si dans le titre déjàs’inscrivaient la dissimulation et l’incomplétude. L comme Liberté ou Love, L comme Lesley mais surtout L comme Elle : l’initiale conjugue dans sa calligraphie altière l’excès de visibilité au néant, la densité au vide et le presque rien du lisible à la pléthore de l’imaginaire. L’onduleuse majuscule avec ses pleins et ses déliés s’incline vers un imperceptible point qui déjà clôt le nom. Un titre accrocheur, certes, car il maîtrise l’art de l’effeuillage qui ne dévoile que pour mieux voiler. Un titre qui accueille un titre de noblesse et dans lequel bruisse, pour guider ou peut-être tromper les attentes du lecteur, l’écho lointain d’autres titres, L’Amant de lady Chatterley ou encore My Fair lady.

2En 1957, alors qu’il vient de prendre la direction du consulat général de France à Los Angeles, Romain Gary commence deux livres, L’Homme à la colombe, satire contre l’Organisation des Nations Unies et Lady L., son premier roman écrit directement en anglais. Ce dernier fait un triomphe lorsqu’il paraît aux États-Unis en 1958 tandis que sa sortie en France en 1963, dans une traduction de Jean Rosenthal supervisée par l’auteur1, ne retient pas l’attention de la critique. Elle se contente de célébrer l’habileté technique du romancier et de qualifier l’œuvre de divertissante. Lady L. s’apparente en effet au roman d’apprentissage et propose de surcroît, dès le premier chapitre, une énigme dont la résolution sera repoussée au dernier paragraphe du roman. Conformément à une méthode bien éprouvée, le récit principal s’enchâsse dans un récit cadre2. L’héroïne éponyme, âgée de quatre-vingts ans confie ses tribulations passées à Sir Percy Rodiner afin qu’il l’aide à débarrasser un pavillon oriental d’objets compromettants. Elle lui offre une histoire en échange d’un coup de main. Douze chapitres, soient huit cents mètres, séparent le début du récit de sa fin, le château du pavillon où la révélation aura lieu avant que le silence ne se referme sur elle et que la vie ne reprenne son cours. La structure enchâssée reflète au niveau de la forme l’amant qu’on enferme dans le coffre de Madras et la femme retenue par ce pavillon qui est aussi un temple3, consacré comme il se doit à une divinité.

3Le récit écrit à la troisième personne privilégie le point de vue de Lady L., il tient parfois de la confession et du plaidoyer pro domo puisqu’il vise à convaincre et à persuader l’auditeur dont la narratrice attend l’assistance mais accueille aussi d’autres discours, d’autres regards de sorte que le lecteur doit de forger sa propre opinion sur le personnage qui s’avère composite et complexe. Amoureuse et criminelle, soumise et rebelle, conformiste et terroriste, la vieille dame indigne n’hésite pas à se ranger parmi les premières féministes d’Angleterre ; souvent provocatrice, elle suscite les réactions du récepteur mais sait gagner, par son franc-parler et son ironie, la sympathie du lecteur. Bien qu’improbable, ce personnage arrimé à un décor imaginaire n’est pas une pure fantaisie, il nous propose une représentation de la femme telle qu’elle est perçue par un homme. Les familiers de Romain Gary ne s’y sont pas trompés et ont vu en Lady L. un avatar de Lesley Blanch, son épouse entre 1945 et 1960. Sylvia Agid, interprétant le dénouement du roman, écrit dans une lettre à Christel Kriland : « Lady L, c’est Lesley. Et Romain veut dire qu’elle, Lesley, l’a enfermé, lui, Romain, dans un coffre où il moisit. Lesley n’a pas démenti. Elle riait, assez contente4 ». Si l’on en croit ce commentaire, il faudrait voir en Armand Denis un double de Gary et dans ce roman une mise en intrigue des rapports conflictuels qui se nouent entre l’homme et la femme ainsi que la dénonciation de la féminité destructrice. Mais avant de le détruire, la femme n’a-elle pas été construite par cet homme qu’elle a au demeurant passionnément aimé ? En « Elle » alors se superposent et se mêlent trois visages, celui de Galatée, celui d’Annette l’amoureuse et enfin celui de la femme libérée et du coup exemplaire.

Galatée

4Le célèbre mythe de Pygmalion nous a été rapporté par Ovide dans Les Métamorphoses5. Le récit qui n’occupe qu’une cinquantaine de vers dans le recueilse construit sur un schéma très simple : Pygmalion épris de la statue d’ivoire qu’il a sculptée obtient grâce à l’intercession de Vénus que sa création prenne vie. Une fois réalisée la métamorphose, il épouse la jeune fille qui lui donne une fille nommée Paphos. Les émotions et les sentiments du personnage féminin ne sont pas rapportés, son corps n’est pas décrit, elle n’a même pas de nom6 et s’impose comme objet du désir et non comme sujet pensant et agissant. Entièrement dépendante de l’homme qui l’a taillée puis grâce à lui, animée, elle est dépourvue de toute volonté personnelle et tout aussi ignorante qu’innocente : « levant vers la lumière un timide regard, elle a vu en même temps le ciel et son amant7 ». Dans le roman de Romain Gary, l’intrigue se complexifie puisque Diane est née de l’imagination de deux créateurs : Armand Denis et Lord Glendale. Le roman d’amour reprend un scénario récurrent dans la tragédie racinienne : Glendale aime Diane qui aime Armand qui n’aime que l’Humanité. La jeune femme éprouve des sentiments personnels et doit négocier avec la réalité hostile. Enceinte d’Armand, elle épouse Glendale puis Lord L. avant de tuer le père de son enfant parce qu’il exerce sur elle un odieux chantage. La femme d’abord objet façonné par l’homme, manipulée par lui pour servir ses desseins accède au statut de sujet, elle recourt à son tour à la métamorphose en faisant passer l’amant de la vie au trépas. Les Pygmalion disparaissent de sorte que le vieux mythe d’Ovide se revivifie en mythe de Galatée.

5La femme n’est d’abord qu’un objet construit par l’homme dont la première tâche est d’ordre linguistique : tel Dieu, il est celui qui nomme. Ainsi la jeune prostituée Annette acquiert grâce à Glendale un prénom plus aristocratique, Diane : « C’était un nom qui lui allait bien… Dicky l’avait choisi lui-même, après avoir longtemps hésité entre Éléonore et Isabelle […]. Il avait finalement opté pour Diane, parce que cela faisait très blanc8 ». Ce prénom doit sa blancheur éburnéenne à son étymologie dies9, « jour » et fait écho à Galatée qui puise son origine dans la blancheur du lait. Par ailleurs, Diane connote la pureté ce qui permet de dissimuler le passé douteux de la créature. Ce prénom évoque la déesse Diane et suscite le souvenir d’Artémis, la vierge vindicative qui métamorphosa Actéon en cerf et lança sa meute à la curée aussi bien que celui de la divinité de la végétation, de la terre, de la naissance et des morts. Il remplit la fonction de masque dans la mesure où il dissimule tout en donnant à voir. Au prénom enfantin et populaire et au patronyme carnavalesque et trivial de Boudin, les Pygmalion vont substituer une nouvelle identité plus valorisante.

6« Vous êtes née Diane de Boisérignier, vous avez épousé en premières noces le comte de Camoëns, un de vos ancêtres était à la bataille de Crécy10… », rappelle Percy à Lady L. parce qu’il refuse de croire qu’elle pourrait avoir porté un autre nom. Cette identité qu’il vient de décliner avec emphase, résulte du croisement des différentes identités qui se sont succédé dans la vie de la narratrice. Le langage n’a-t-il pas une fonction performative et en littérature ne suffit-il pas de dire pour que cela soit ? Armand et Glendale s’imposent comme des romanciers puisque, non seulement ils créent des noms dont la puissance poétique transforme le sujet qui le porte, mais encore ils enrichissent leur personnage d’une généalogie prestigieuse en inventant un véritable roman des origines. Ils rendent incertaine la limite qui sépare réalité et fiction, mimant à leur insu les pouvoirs du romancier Gary quand il insère dans son roman noms propres, documents, notes et bibliographie dont le statut reste problématique tant que le lecteur ne s’est pas donné la peine d’en vérifier le caractère fictif ou factuel11. Armand a lui aussi contribué à l’élaboration de l’œuvre. Il installe la jeune fille dans un petit appartement et non seulement la dote d’un nom aristocratique : Mlle de Boisérignier mais encore la leste d’une origine fictive qui la transforme en « nièce du général comte de Servigny et petite-fille du célèbre cavalier du même nom tombé glorieusement à Marengo12 ». Par la suite, il la métamorphose encore en veuve inconsolable d’un comte de Camoëns tandis que Glendale, effaçant toute trace de son identité originelle, conforte la fiction à l’aide de tableaux et de portraits qui constitueront la galerie de ses ancêtres. Le mythe de Pygmalion s’impose d’abord dans ce roman comme un mythe de l’artiste et de la création bien plus que comme un mythe de l’amour.

7Cependant Pygmalion désigne aussi par antonomase un homme qui façonne par ses leçons un individu afin qu’il trouve une place dans la société si bien que le mythe s’infléchit en mythe de formation, comme le rappelle encore la pièce de Bernard Shaw Pygmalion, représentée pour la première fois en 1912 puis adaptée au cinéma par George Cukor en 1963, sous le titre de My Fair Lady. Lesley Blanch, amie du réalisateur, fut engagée par lui en tant que conseillère technique. Dans la pièce de Shaw, le phonéticien Higgings parie à son ami Pickering qu’il parviendra en six mois à faire de la vendeuse de fleurs Liza une duchesse : « Je vais faire une duchesse de ce traîne-jupon, de cette petite piaf des rues13 ». C’est bien le même projet qui anime Armand Denis quand il rencontre la belle Annette. Il s’agira de faire de cette petite prostituée une dame « comme il faut » susceptible de susciter l’intérêt du Gotha qui villégiature en Suisse. Certes, on ne naît pas femme, on le devient, ainsi que l’a affirmé Simone de Beauvoir et toute l’éducation offerte à Annette est censée la préparer à ce devenir, c'est-à-dire à la rendre conforme aux attentes des hommes appartenant aux classes sociales privilégiées, à lui apprendre à coïncider avec leurs rêves et leurs désirs, à se laisser enfermer dans cet « être pour autrui ».

8Dans sa relation aux hommes, elle n’est jamais qu’un instrument au service d’une cause. Naguère son père l’endoctrinait en lui faisant réciter les Principes d’anarchie, quelques années plus tard Armand la forme à sa convenance, la transforme au point de la rendre méconnaissable, comme il le constate non sans surprise :

Il la regardait avec étonnement : une jeune femme ravissante, élégante, assurée, qui se promenait dans un champ de narcisses en jouant avec son ombrelle. On était vraiment loin de la fille affolée et meurtrie qu’il avait ramassée dans la rue, il y avait de cela à peine dix-huit mois14.

9Un éprouvant dressage du corps et de la parole a fait d’elle une véritable incarnation du mythe de la femme, elle devient l’Autre par excellence, l’indéfinissable féminité, conjuguant à la fois la nature, l’Absolu, la sensualité et surtout le mystère. Pâle Elvire au bord du lac Léman, femme fleur dans les jardins du grand-duc Alexis ou aristocratique princesse de Clèves dans la bijouterie où elle essaie des boucles d’oreilles, elle multiplie des représentations poétiques d’elle-même, offrant son corps au regard tout en se maintenant dans une inaccessibilité génératrice de désir. Armand loue ses progrès et remarque qu’elle possède « cette qualité naturelle de “mystère” grâce à laquelle certaines femmes savent si bien cacher ce qui leur manque, permettant ainsi aux hommes de deviner en elles toutes les vertus qu’ils leurs prêtent15 ». La blancheur de Diane se confond avec celle d’un écran sur lequel se projette une réalisation masculine. Aucun portrait détaillé n’est au demeurant proposé au lecteur qui peut, lui aussi, nourrir de ses rêves ces figures féminines imprécises. Des maîtres divers se sont succédé auprès d’Annette pour lui enseigner l’art de parler, de s’habiller, de s’asseoir, de marcher, de devenir une « vraie femme » c'est-à-dire « une poupée vivante16 » réunissant toutes les vertus féminines comme la distinction, le goût de la parure et des bijoux pétrificateurs17 et le maintien modeste.

10Dicky, le second Pygmalion s’attache pour sa part à son éducation intellectuelle. Avec lui, elle apprend l’anglais et le dessin mais surtout découvre l’art : la musique et la peinture, Giotto et Verdi. Alors que ce duc fait d’elle une semblable et la rend digne de devenir son épouse, Armand l’anarchiste en la dotant de toutes les qualités vénérées par les classes supérieures la transforme en ennemie. Manipulée par l’un qui n’a d’autre dessein que de l’éloigner de son rival afin de l’épouser et de faire d’elle son héritière, elle l’est aussi par l’autre qui l’utilise pour espionner les puissants de ce monde à des fins politiques. L’homme dans les deux cas se présente comme un maître, il modèle la femme selon son désir et celle-ci, sous sa férule, se montre d’une remarquable docilité. Annette n’est pas loin de déifier Glendale. Il lui arrivait d’imaginer « Dieu comme une sorte de Dicky tout-puissant18 » alors qu’Armand attend d’elle qu’elle soit « un instrument sûr, docile et facile à manier19 ». Le roman nous offre donc un portrait de la femme en Galatée ou pour le dire autrement en poupée, en marionnette dont les fils sont actionnés par les hommes. Mais Diane n’est-elle pas déesse lunaire qui, privée de lumière propre et dépendante du soleil, change de forme pour symboliserla dépendance et le principe féminin ?

Annette

11La lectrice actuelle peut s’étonner, voire s’indigner face à une telle docilité. Comment peut-on se laisser asservir à ce point ? N’ayant pas étudié (l’intrigue se situe dans la dernière décennie du XIXe siècle), Annette a peu de chances de se faire une place enviable dans la société, elle est destinée à reproduire le modèle maternel, à devenir blanchisseuse et à se tuer au travail quatorze heures par jour, à moins qu’elle ne se prostitue en attendant un sort meilleur, une opportunité qui ne peut avoir qu’un visage masculin. Armand sera cette opportunité qui s’offre à elle. Elle se dispose donc à accepter de devenir son élève et à jouer le personnage qu’il désire voir advenir en elle. Sa condition sociale la rend dépendante de l’homme, l’oblige à feindre et à dissimuler puisque aucune autre alternative n’est possible. Quand bien même elle désavoue la pensée de son père, elle feint d’être anarchiste pour plaire à Armand. Elle met « toute son habileté féminine et son intelligence intuitive à paraître à ses yeux telle qu’il l’imaginait, telle qu’il la voulait : une victime de la société pourrie20 ». L’habileté apparaît ici comme constitutive de la féminité et montre en la femme un être malléable, naturellement disposé, quand son intérêt le demande, à mentir et à tromper. Mais la petite prostituée n’est-elle pas réellement une victime de cette société pourrie ?

12Dans le mythe de Pygmalion tel que le rapporte Ovide, le créateur s’éprend de sa créature et l’épouse. L’histoire se déroule à la convenance du personnage masculin sans que soit pris en compte le point de vue féminin. Il n’en allait pas autrement dans le mythe biblique puisque la femme fut créée à partir d’une côte d’Adam, après lui et pour lui. Dans cette nouvelle version du mythe que nous propose Gary, la femme s’éprend de qui n’aime en elle qu’un instrument docile. D’abord, il la regarde à peine, tout occupé qu’il est à surveiller le pianiste qu’il menace de son pistolet tandis qu’elle se repaît de sa personne qui comble ses attentes de petite midinette. Armand est une incarnation du mâle, à la fois guerrier et protecteur, comme en témoignent le retour des vocables « viril », « virilité » et « mâle » aussi bien que les tableaux et gravures que Lady L. a accumulés dans le pavillon oriental21 et qui révèlent ses fantasmes. La couleur fauve de sa chevelure, son nez animal, la puissance de ses épaules dessinent l’image du prédateur dont elle se dispose à devenir la proie. Dominateur, il subjugue non seulement la femme mais aussi son auditoire qui tombe sous son charme. Maître du jeu, il transforme un chef d’orchestre en « marionnette gesticulante22 ». Il est l’Homme investi d’une mission, il saisit à bras le corps le monde qu’il veut transformer et modifier à sa guise, il agit, il invente alors qu’elle obéit, se soumet et s’aliène.

13La société assujettit la femme à l’homme comme en témoigne la mère d’Annette contrainte à un dur labeur pour subvenir aux besoins de la famille délaissée par l’époux qui rêve d’un monde meilleur où les femmes seront sexuellement libérées. Une libération avant tout profitable aux hommes. La passion amoureuse est une autre forme de l’aliénation féminine : » son besoin de possession venait de s’éveiller en elle d’une manière qui lui faisait d’avance accepter toutes les soumissions23 ». La vie d’Annette devient tributaire de la présence de l’être aimé24 car sans sa tendresse elle retombe dans le monde de l’inanimé, devenant comme « un de ces automates qui tournent en rond25 ». Armand peut alors lui dicter sa conduite, lui faire perdre tout discernement et annihiler sa volonté, la disposer à mettre en jeu sa propre vie, à perdre sa situation dans le monde ainsi que tous les avantages que son mariage avec Glendale puis avec Lord L. lui ont donnés. Elle dérive de la figure emblématique de « l’amoureuse » décrite par Simone de Beauvoir dans le chapitre du Deuxième Sexe qui porte ce titre. Si l’amour n’est en effet pour l’homme qu’une occupation et s’il n’y a pas de « grand amoureux », pour la femme au contraire, l’amour est « une totale démission au profit d’un maître26 » qu’elle sert et idolâtre tel un dieu. Lady L. n’a-t-elle pas découpé un dessin représentant Armand pour le coller sur l’image de saint Cyrille, dans une icône russe ? La relation d’Annette et d’Armand s’inscrit dans cette situation à la fois sociale et psychologique qui fait de l’un, le maître et de l’autre, l’esclave. Être inessentiel, voué à l’immanence, la femme ne peut selon Beauvoir se réaliser qu’en s’investissant dans un projet personnel. Annette qui n’existe qu’en fonction d’Armand n’a pas d’autre projet que celui qu’il lui impose.

14Cependant Annette, avatar de la femme évoquée par Simone de Beauvoir, ne tarde pas à prendre conscience de la dissymétrie de leur situation : s’il est tout pour elle, elle n’est pas grand-chose pour lui qui lui préfère l’Humanité. Elle n’aura donc de cesse de le changer, de le détourner de la mission qu’il s’est donnée, de lui enseigner le bonheur égoïste et les plaisirs du voyage. Galatée veut devenir Pygmalion. D’abord soumise à lui, elle s’efforce de le rendre dépendant d’elle et n’est jamais aussi heureuse que lorsque caché à Milan, il a besoin de son aide. Plus tard, elle envisage même de l’entretenir et de l’aider à se faire élire député ! Son dévouement a pour revers le désir de posséder, d’annexer. Elle court vers lui dès qu’elle le peut, elle ne supporte pas son absence ni même sans doute, à l’instar de l’amoureuse étudiée par Simone de Beauvoir, son sommeil. « elle le réveille » écrit la philosophe, « simplement pour qu’il ne dorme pas, qu’il ne s’éloigne pas, qu’il ne pense qu’à elle, qu’il soit là, enfermé dans la chambre, dans le lit, dans ses bras, – comme Dieu dans le tabernacle – c’est ce que souhaite la femme : c’est une geôlière27 ». Il n’est pas de plus belle explication du dénouement du roman : l’amoureuse a enfermé dans le coffre tabernacle l’être aimé qui désormais lui appartient totalement28. En parodiant l’aviateur du Petit Prince on pourrait dire que l’homme qu’elle veut est dans la caisse. Il se confond avec le personnage du galant qui dans une attitude câline se penche vers la jeune fille dans quelques tableaux de Fragonard. Elle n’a plus rien à désirer, elle le possède et désormais commence l’ennui. Il n’y a en effet plus rien à raconter après la mort d’Armand que cette vie rangée et comme il faut que seule trouble parfois, peut-être, la crainte d’être dénoncée.

15Armand souligne d’ailleurs le paradoxe dans lequel s’enferme Annette en voulant changer l’anarchiste qu’elle aime : « Comment peux-tu aimer quelqu’un sans l’aimer tel qu’il est ? Comment peux-tu m’aimer et me demander en même temps de changer complètement, de devenir quelqu’un d’autre29 ? » Mais n’est-ce pas ce qu’a fait Pygmalion, ne l’a-t-il pas transformée pour en faire une autre répondant aux critères de son désir ? La métamorphose acceptable au féminin s’avère impensable au masculin. Annette au demeurant acquiesce, consciente d’être attirée par cette flamme qui dévore l’homme et qui s’éteindrait s’il renonçait à ses projets30. Simone de Beauvoir résume avec finesse ce paradoxe : « Le chevalier qui part vers de nouvelles prouesses offense sa dame ; mais elle le méprise s’il demeure assis à ses pieds31 ».

16Le roman évoque ainsi le malentendu qui sépare l’homme de la femme, leur divergence sur le sens qu’ils prêtent au mot « amour ». Dans le cas présent chacun cherche à asservir l’autre au lieu de lui reconnaître sa liberté. « L’homme n’a pas besoin du dévouement inconditionné qu’il réclame, ni de l’amour idolâtre qui flatte sa vanité ; il ne les accueille qu’à condition de ne pas satisfaire aux exigences que réciproquement ces attitudes impliquent32 ».

17Annette n’est en somme dominée et soumise à l’homme que pour mieux le dominer, le posséder, le réduire dans les deux sens du terme puisqu’il gaspille son énergie dans ses bras. Galatée, soumise et victime constitue ainsi une menace pour Pygmalion qui n’a d’autre issue que la fuite. Le nouveau mythe donne alors toute sa place à Galatée qui, création de l’homme, tente à son tour de le créer.

Galatée libérée

18Dans le dernier chapitre du roman, Lady L. façonne elle-même dans l’épaisseur des mots sa propre image, celle d’une nouvelle Judith délivrant, grâce à un habile artifice, son peuple d’un ennemi sanguinaire. Le roman prend soudain une dimension morale et s’inscrit dans le contexte féministe de la troisième république, celui des premières suffragettes :

Si les femmes de mon temps avaient su se révolter comme moi, Percy, je crois que nous aurions pu éviter au siècle qui venait ses plus beaux massacres. Il me semblait que j’allais mener la révolte des femmes contre les temples de l’abstrait, où l’on adore l’intelligence parmi les têtes coupées, et où les plus nobles élans de l’âme deviennent seulement les derniers soubresauts de l’agonie33

19Lady L. recourt au registre oratoire pour s’affirmer, en tant que femme, comme soutien de la vie contre les forces mortifères des idéologies défendues par des hommes. L’analogie entre le Pygmalion d’Ovide qui obtient grâce à Vénus que sa statue devienne femme et l’anarchiste qui transforme la prostituée en aristocrate reste imparfaite, car le premier fait de la femme sa compagne tandis que le second l’oblige à devenir un instrument de mort. Docile d’abord, Annette ne tarde pas à protester, elle accepte le vol mais rechigne à gaspiller l’argent en déraillements de trains et explosions de ponts : elle veut tout simplement profiter des plaisirs de la vie, voyager, être heureuse.

20Des champs lexicaux antithétiques s’affrontent, organisés autour des deux principes féminin et masculin. La configuration de l’espace qui oppose le château au pavillon annonce dès le deuxième chapitre cette tension. Écrasante chape de pierre, l’imposante construction de Vanbrugh évacue la joie, le plaisir, la légèreté et la lumière pour imposer la grandeur, la majesté et la solidité, soit l’esprit de sérieux et de gravité. Il se dresse dans un parc où la végétation s’aligne au cordeau, où tout est maîtrisé, ordonné. Au contraire, le pavillon d’été dont la coupole d’or resplendit dans une nature ensauvagée accueille un bric-à-brac insensé, objets aimés et accumulés en dépit du bon sens par un esprit ludique et léger. Les séries de noms propres se distribuent également selon deux catégories distinctes, à Tiepolo, Fragonard, Boucher et Renoir répondent Bakounine, Kropotkine et Ravachol. Le lexique de la violence avec ses déraillements, ses explosions, ses assassinats et ses pillages contraste avec celui qui relève de la beauté, celle des fleurs et des fêtes.

21Armand, et dans ce nom nous entendons non seulement « amant » mais aussi « armant » (pourvoir d’armes) et encore « ment » (mentir), représente le principe destructeur dans le couple de sorte que s’inverse le mythe de Pygmalion : l’artiste qu’on croyait est en fait ennemi de l’art qu’il considère comme l’opium du peuple. Annette en revanche se montre sensible à la beauté, celle des tableaux, des paysages, de la musique au point de manifester à Milan les symptômes de ce qu’on appelle le syndrome de Stendhal. Quand l’un prétend sauver le monde, l’autre se contente plus modestement de rendre la vie agréable.

22Si elle envoie l’homme aimé en prison, si elle l’enferme dans un coffre où elle le laisse mourir, le lecteur lui trouvera aisément des circonstances atténuantes qu’au demeurant fournit également Armand. Ne lui a-t-il pas enseigné que l’oppression et l’exploitation généraient le crime ? Elle a bénéficié d’un si bon maître qu’elle a fini par le dépasser pour lui donner à son tour une leçon de terrorisme. Par ailleurs, ses deux crimes sont accomplis afin que triomphe la vie : celle de l’enfant qu’elle porte. Alors qu’Armand reste semblable à lui-même, la femme ne cesse de se transformer, prostituée, amoureuse, lady, elle devient aussi mère. Mouvante et protéiforme, elle s’oppose à l’immobilité de l’anarchiste qu’aucun événement ne parvient à entamer. Elle est vivante. Il est pétrifié. Par un époustouflant renversement carnavalesque, elle fera de ce vivant, endurci par une idéologie, une poupée habillée en courtisan et nous le montrera dans son coffre (à jouets), replié comme un polichinelle, une rose à la main, rose artificielle, évidemment. L’animation a pour pendant comique la réification.

23Bien des énoncés du roman disqualifient Armand pour mieux l’opposer à son amante. Alors que le texte relève du skaz34 et accueille la langue parfois colorée de l’héroïne, les quelques interventions de l’amant mettent en évidence une langue pauvre, chargée de clichés éculés35. De fait, il ne doit son pouvoir sur les foules qu’à sa voix, à ce qu’en rhétorique on désigne sous le nom d’actio, ce facteur essentiel de la persuasion comme l’ont démontré quelques dictateurs tristement célèbres. Glendale ne manque pas de perspicacité quand, s’adressant à son rival, il formule ce diagnostic : « je soupçonne fort, du reste, que vous lancez vos bombes pour vous exprimer, à défaut sans doute d’autres moyens d’expression – faute de talent, en vérité36 ». Triste Pygmalion qui détruit faute de pouvoir créer !

24La créativité relève peut-être de cette composante féminine qui en tout être se mêle à une composante masculine et que la plupart des hommes suppriment et nient. Annette non seulement dessine mais encore lit et s’amuse à peindre des visages d’animaux sur les portraits ancestraux de Lord L. Son récit mêle l’humour à l’ironie, registre plus libérateur qu’une bombe si l’on en croit Proudhon : « Ironie, vraie liberté ! […] c’est toi qui me délivres de l’ambition du pouvoir, de la servitude des partis, du respect de la routine, du pédantisme de la science, de l’admiration des grand personnages, des mystifications de la politique, du fanatisme des réformateurs37 ». Et puisque Gary se définit lui-même comme « un terroriste de l’humour38 », on trouvera entre son héroïne et lui comme un air de famille.

25Par son action, Annette remet en question principes et convenances, désamorce les clichés, brouille les liens entre les signes et les référents. Plus rien ne va de soi. Ce beau profil aristocratique qu’elle présente à ses invités sort d’un moule populaire et ces dignes descendants que chacun reconnaît comme Glendale sont nés de l’union d’une prostituée et d’un anarchiste. Fustigeant tous les -ismes, ceux de l’anarchisme et du conformisme, elle ne peut être féministe puisque toute idéologie mutile la vie et participe de cet esprit de sérieux qu’elle récuse : « Plus une logique est rigoureuse et plus elle devient prison, et la vie est faite de contradictions, de compromis, d’arrangements provisoires et les grands principes pouvaient aussi bien éclairer le monde que le brûler39 ». À l’instar du romancier, elle s’amuse, tout lui est jeu mais n’a-t-elle pas appris que la liberté est, de tous les biens, le plus précieux ? Son passage d’un monde à un autre aussi bien que le métissage qui en découle entre les classes et les registres, les langues et les styles laisse refléter, dans les avatars de sa transformation, une image du roman selon Gary. Comme le valet de l’essai intitulé Pour Sganarelle, Lady L., grâce à son sens de la liberté, son amour de la vie et son goût de la provocation tributaire de son humour, débarrasse le monde de ses fausses valeurs.

26Armand peut, ainsi que le prétendait Sylvia Agid, représenter Romain Gary enfermé dans le coffre par Lesley, la sorcière, dédicataire du roman. Lady L. s’apparente sans doute à l’épouse dont le patronyme Blanch se dissémine tout au long du texte, de la blanchisseuse, au prénom blanc de Diane, en passant par la duchesse d’Albe (alba) et la blancheur d’une robe ou d’un costume. La possessivité de la femme superpose également à l’image de l’amante devenue goule et mante religieuse, celle de la mère, Nina Kacew, car Annette « aimait le (Armand) sentir en elle », c'est-à-dire l’intégrer tel un enfant dans son sein. Elle le confond même avec le fils qu’elle a eu de lui40 et en le remisant dans le coffre de Madras, toponyme qui évoque le nom « mère », elle le garde à jamais à sa disposition. Une relecture du premier chapitre permet d’apprécier toute la richesse polysémique de la phrase : « Quelques-unes de ses amitiés les plus satisfaisantes, elle les avait vécues avec des choses : au moins, elles ne vous quittaient pas41 » et d’entendre rétroactivement dans le mot « choses », en italiques dans le texte, le mot « coffre ». Lady L. incarne encore l’absolu des sentiments face à l’absolu des idées mais aussi la légèreté et la féminité qui participe de l’essence de la femme. Car chez Gary, on naît femme, l’adjectif « féminine » faisant retour à l’instar de l’adjectif « viril » qui s’y oppose. On ajoutera que Lady L. est aussi une figure de l’écrivain et que Gary est dans ce roman « tour à tour déguisé en femme passionnée, en gentleman cambrioleur et même en poète-lauréat42 ». Lady L. par sa polysémie symbolise ainsi la métamorphose sans fin, autrement dit la vie.

27Romain Gary n’écrit pas un roman à thèse, il évacue le manichéisme de son récit pour nous proposer un personnage complexe et riche en contradictions. Si l’on entend la voix de Lady L., l’emploi de la troisième personne qui se substitue soudain à la première fait émerger aussi un narrateur de sorte que le sujet de l’énoncé se dédouble. Le prêt à penser, le prêt à parler et la logique binaire sont mises à mal pour laisser place à l’ambiguïté et mettre en péril nos confortables certitudes. Le titre désigne aussi bien la protagoniste que l’Humanité, le pronom « elle » du poème placé en épigraphe les remplace également l’une et l’autre. Quant au prénom Diane, certains l’ont rapproché de duana pour souligner la dualité de la déesse43 porteuse de lumière et avide de sang et pour faire d’elle un archétype féminin primordial. Le lecteur expérimente la perméabilité des contraires mais découvre également le raisonnement aporétique. Pour se venger d’Armand, Diane a fait de ses descendants de dignes représentants de l’ordre et du conformisme mais en même temps elle se réjouit à l’idée que l’un de ses arrière-petits-fils ressemble à son aïeul et espère qu’il deviendra un autre Hitler. Elle veut à la fois se venger du terrorisme par le conformisme et du conformisme par le terrorisme, comme autrefois Armand voulait à la fois défendre l’idée de liberté tout en se faisant l’esclave de cette idée. Par ailleurs, elle-même ne puisait-elle pas le plus clair de sa force dans sa faiblesse ? Son tyrannique désir de posséder ne passait-il pas par la soumission ? Un hymne à la liberté monte de ce roman : « si l’homme devait être vraiment libre, il devait se comporter librement avec ses idées, ne pas se laisser entraîner complètement par la logique, pas même par la vérité, laisser une marge humaine à toute chose, autour de toute pensée44 ». Le mythe de Galatée ne dit pas autre chose que le refus de la lapidification dans le carcan de la logique comme dans celui des codes esthétiques. Lady L. doit en effet beaucoup au roman populaire, au conte de fées (la bergère épouse le prince) et même à la bande dessinée avec son trio anarchiste tout droit sorti des Pieds nickelés.Si certains ont voulu pétrifier le genre, le soumettre à un engagement, à une morale ou à une philosophie, Gary-Galatée lui insuffle la vie et le rend à ce qu’il a toujours été, un genre libre.

Notes de bas de page numériques

1  Romain Gary précise : « Je considère les versions françaises – ce ne sont pas des traductions, j’ai tout réécrit – comme supérieures aux originaux, parce que le temps m’a permis de mieux développer mes thèmes. Les  “translations” sont des martyres. J’ai mis six semaines en anglais pour Lady L. et neuf mois pour la version française, cinq ans plus tard… ». La Nuit sera calme, Gallimard, folio, 1974, p. 222. Nous utilisons la version française du roman, Gallimard, « folio », 1963.

2  Pour une étude de la construction du roman, on lira avec profit l’article de Jacques Le Gall, « Le coffre-fort de l’Idéal » in Romain Gary, dirigé par Paul Audi et Jean-François Hangouët, Éditions de l’Herne, « Cahiers de l’Herne », 2005, pp. 101-106.

3  Pierre Loti avait été admis dans « le temple » Lady L., p. 12.

4  Cité par Myriam Anissimov dans Romain Gary, le caméléon, Denoël, 2004, p. 302-303.

5  Au livre X, v 243-297.

6  C’est Rousseau qui dans son mélodrame Pygmalion la nommera Galatée. Celle-ci est une néréide qui fut aimée d’Acis.

7  Les Métamorphoses, trad. Georges Lafaye, Gallimard, « folioplus », 2005, p. 22.

8 Lady L., p. 18.

9  C’est dans le De natura deorum de Cicéron que se lit cette explication mythologique du nom de Diane.

10 Lady L., p. 69.

11  Myriam Anissimov précise que la critique ne remarqua pas que la bibliographie proposée à la fin du roman était fictive. Elle loua en effet les sérieuses références historiques de l’auteur. In Romain Gary, le caméléon, p. 304.

12  Lady L., p. 94.

13  Pygmalion, texte français de Michel Habart, L’Arche, 1983, p. 30.

14 Lady L., p. 127.

15  Lady L., p. 89.

16  Expressions utilisées par S. de Beauvoir dans Le Deuxième Sexe.

17  Simone de Beauvoir écrit que « Le maquillage, les bijoux servent aussi à cette pétrification du corps et du visage ». Le Deuxième Sexe, Gallimard, « idées », 1949, I, p. 218.

18  Lady L., p. 178.

19 Lady L., p. 66.

20 Lady L., pp. 81-81.

21 Lady L., p. 219.

22 Lady L., p. 76.

23 Lady L., p. 77.

24  « Tu es, ma vie, Armand. Je ferai tout ce que tu voudras », Lady L., p. 128.

25  Lady L., p. 206.

26  Le Deuxième Sexe, Gallimard, « idées », 1949, II, p. 377.

27  Le Deuxième Sexe, II, p. 399.

28  N’est ce pas le visage d’Armand qu’elle a substitué à celui d’un saint sur une icône ? p. 197.

29 Lady L., p. 128.

30 Lady L., p. 168.

31  Le Deuxième Sexe, II, p. 400.

32  Le Deuxième Sexe, II, p. 415.

33  Lady L., p. 240.

34  Le skaz, tradition littéraire typiquement russe est un récit à la troisième personne conté dans le langage propre au protagoniste.

35  Lire par exemple sa critique du paradoxe, Lady L., p. 146.

36  Lady L., p. 144.

37  Vladimir Jankélévitch, L’Ironie, Flammarion, « Champs », 1964, p. 182.

38  Cité par M. Assinimov, Romain Gary, le caméléon, p. 302.

39  Lady L., p. 164.

40  « C’était presque mon fils qui me regardait » dit-elle à propos d’Armand. Lady L., p. 234.

41  Lady L., p. 17.

42  «  Le coffre-fort de l’idéal », Jacques Le Gall, in Romain Gary, L’Herne, p. 106.

43  Voir Mythographe du Vatican I, traduction et commentaire de Philippe Dain, Les Belles Lettres, Annales littéraires de l’Université de Besançon, 1995, p 112.

44  Lady L., p. 163.

Pour citer cet article

Edith Perry, « Lady L. et Pygmalion », paru dans Loxias, Loxias 44., mis en ligne le 02 mars 2014, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html/lodel/docannexe/file/7601/%20http:/www.lefigaro.fr/flash-eco/2015/06/02/index.html?id=7707.


Auteurs

Edith Perry

Edith Perry, chercheuse indépendante est agrégée de lettres modernes et docteure en littérature. Elle a soutenu en 2000 une thèse intitulée « Oppression et liberté dans l’œuvre romanesque de Julien Green ». Sa recherche porte sur le roman du XXe et du XXIe siècle. Ses derniers travaux sont consacrés à André Dhôtel, Pierre Mac Orlan et Andreï Makine.