mer dans Loxias


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Loxias | Loxias 12 | I.

« "Que diable allait-il faire dans cette galère ?" Récit de mer et heureux naufrage au théâtre : d’Eschyle à Wilkie Collins »

On sait depuis les pièces de Racine que la mer est un ingrédient narratif essentiel, un décor signifiant qui confère à la tragédie plus d’acuité : battant de ses flots les bases du palais, elle fournit l’espoir d’un secours ou la menace, métonymie des forces qui environnent et enferment les personnages dans leur destin. La mer est-elle condamnée à rester un cadre, simple objet de récit dans le théâtre, puisque matériellement irreprésentable ?On pourrait penser que la situation d’un équipage enfermé à bord d’un navire – sans espoir d’évasion avant l’escale – constitue un huis-clos d’une remarquable efficacité théâtrale : resserrement des acteurs et de la temporalité, enjeu vital… Or l’examen des pièces de théâtre liées de quelque manière à la mer ne rend pas compte de cette hypothèse. Les pièces tirées de romans maritimes cessent en quelque sorte d’être maritimes. Au contraire, les tragi-comédies en particulier font la part belle à de longs récits de naufrage, qui deviennent un topos aux motifs récurrents. La force tragique y perd de sa vigueur au profit d’autres desseins.

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Loxias | Loxias 30 | Doctoriales VII

Où l’on (s’)échoue : quand l’homme en échec prend la mer

Les passions soulevées par les destins victorieux et par les succès inoubliables n’ont d’égales que celles sourdement engendrées par les médiocres gorgés d’insuccès. Les ratés. Une fascination étrange – inquiétante – pour ces personnages qui passent, ou souffrent du sentiment de passer à côté de leur histoire. Et parmi eux, la poignée de ceux qui, prenant acte de leur échec, choisissent de s’exiler en mer. Une manière, peut-être, de se soustraire à la communauté victorieuse, de taire le ratage et, pourquoi pas, le conduire au naufrage. Est-ce condamner le raté ou le ratage que de porter le raté à la mer ? Il importe surtout de questionner ici la stratégie auctoriale que suppose l’usage de l’échec. Car couronner de succès un personnage de raté constituerait pour l’écrivain l’idéale entreprise en vue d’exorciser l’échec ; mais sans doute l’échec lui-même exerce-t-il une fascination telle qu’il soumet nécessairement celui qui s’en approche. Passions raised by victorious destinies and unforgivable success are equals to those generated by below-average men and failure. By duds. An odd and frightening subjugation for these characters who have the feeling of seeing their life pass them by. Some of them acknowledge their failure and decide to go into exile on the sea. Perhaps it is a way to draw themselves back from the victorious community; a way to hush the failure up and, why not to conduct it until the sinking. What do we condemn in leading the failure on the sea: the failure or the man who failed? Moreover, we have to call into question the author’s strategy supposed by the use of failure. As the author turns the dud into a literary success, does it find a way to exorcize the defeat? But failure exerts such subjugation that it submits anyway the ones who approach it.

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Loxias | Loxias 34 | Travaux et publications

Le roman maritime

“Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago Mundi, 2011 612 p. ISBN : 978-2-84050-652-2 « Il y a dans la vie du marin quelque chose d’aventureux qui nous plaît et qui nous attache. Ce passage continuel du calme à l’orage, ce changement rapide des terres et des cieux, tiennent éveillée l’imagination du navigateur. Il est lui-même, dans ses destinées, l’image de l’homme ici-bas : toujours se promettant de rester au port, et toujours déployant ses voiles ; cherchant des îles enchantées où il n’arrive presque jamais, et dans lesquelles il s’ennuie s’il y touche ; ne parlant que de repos, et n’aimant que les tempêtes ; pér...”

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