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Soumaïla Traoré  : 

Écrire, réécrire et subvertir : jeu et enjeux de l’intertexte dans La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils

Résumé

La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils est marquée par l’abondance des allusions et des références à des écrivains (poètes, romanciers ou dramaturges), des peintres, des musiciens, des textes bibliques, etc. Le jeu de l’intertexte auquel se livre le romancier du XIXe siècle est très significatif et de ce fait, peut être le plus intéressant. Dumas fils s’approprie d’autres textes, il les utilise soit pour construire son texte soit pour déconstruire les textes auxquels il fait allusion. Ainsi d’un simple jeu d’intertexte, l’auteur arrive-t-il à faire une réécriture et mieux, il subvertit le récit réécrit. Mais au delà d’être un simple jeu de perturbation textuel, l’intertextualité s’inscrit dans une stratégie discursive et idéologique.

Index

Mots-clés : autotextualité , Dumas (Alexandre), intertextualité, réécriture, subversion

Plan

Texte intégral

Roman d’Alexandre Dumas fils, La Dame aux camélias connaît un énorme succès non seulement au XIXe siècle, époque de sa publication, mais aussi tout au long du XXe siècle en raison des adaptations, notamment théâtrales et cinématographiques, dont elle a fait objet. L’histoire que l’on découvre dans ce récit apparaît comme les confidences d’Armand Duval, un jeune bourgeois, qui raconte son aventure amoureuse avec Marguerite Gautier, une jeune et belle courtisane au grand cœur. Marguerite était une jolie courtisane et très célèbre à Paris. Elle apparaît en public toujours avec des camélias en main, ce qui explique son surnom de dame aux camélias. Elle est connue non seulement pour sa beauté, mais aussi pour la vie luxueuse qu’elle mène et le nombre d’amants ruinés à cause d’elle. Armand Duval est un jeune bourgeois passionné par la beauté de Marguerite. Mais la demi-mondaine Marguerite fait preuve de dévouement et de sacrifice grâce à l’amour, en abandonnant l’homme qu’elle aime, Armand, afin de sauver la réputation de celui-ci.

Au-delà de l’amour sublime et du sacrifice de la courtisane que l’on observe dans ce récit, il est intéressant de relire d’autres textes mais également ce que Dumas fils dit de Manon Lescaut, qui précéda Marguerite Gautier et lui montra le chemin. De ce fait, l’univers romanesque devient pour l’écrivain le lieu du jeu de l’intertexte. Définie comme l’ensemble des textes mis en relation (par le biais par exemple de la citation, de l’allusion, du plagiat, de la référence et du lien hypertexte) dans un texte donné, l’intertextualité est apparue à la fin des années soixante au sein du groupe Tel Quel. Julia Kristeva la définit comme une « interaction textuelle » qui permet de considérer « les différentes séquences (ou codes) d’une structure textuelle précise comme autant de transforms de séquences (codes) prises à d’autres textes1. Si l’intertextualité, vue comme dynamique textuelle, a été conceptualisée à l’origine dans les années 1960 par Julia Kristeva dans Semiotikè et qu’elle fait partie des caractéristiques des nouvelles écritures dites « postmodernes », sa pratique dans la littérature française remonte à des siècles avant sa conceptualisation puisque la Renaissance en France fut marquée par un renouvèlement de la littérature française en se référant aux Anciens et aux Italiens. Mieux, le jeu de l’intertextualité dans La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, roman paru au XIXe siècle, est très significatif. Qu’il soit présent de manière consciente ou non, ce jeu de l’intertexte s’inscrit dans une stratégie discursive. Ainsi l’intertextualité permet-elle de structurer l’œuvre romanesque de Dumas fils au plan de la signification.

Comment se manifeste le jeu de l’intertexte dans le récit dumassien ? Quel sens donne-t-il à ce récit ? Quels en sont ses enjeux ? Cette étude consistera à démontrer toute l’importance et l’intérêt de l’intertextualité dans le roman de Dumas à travers ses différentes manifestations. Une fois que nous aurons établi la présence explicite de l’intertextualité au niveau du contenu formel du texte du romancier, il s’agit pour nous également d’étudier les modes et fonctionnements de cette intertextualité en démontrant qu’elle referme des enjeux esthétiques et idéologiques.

Une intertextualité protéiforme : du jeu de l’intertexte à l’autotextualité

Le concept d’intertextualité, lancé par Mikhaïl Bakhtine et conceptualisé par Julia Kristeva dans Semiotikè, occupe une place importante dans la théorie littéraire actuelle. Que ce soit Tzvetan Todorov, Michel Butor, Lucien Dällenbach ou Roland Barthes, tous ont contribué à définir cette notion. Mais les théoriciens distinguant souvent entre une intertextualité générale (rapports intertextuels entre textes d’auteurs différents), une intertextualité restreinte (rapports intertextuels entre textes du même auteur), une intertextualité externe (rapport d’un texte à un autre texte) et une intertextualité interne ou autotextualité (rapport d’un texte à lui-même), une étude de l’intertextualité ne peut nécessairement que porter sur quelques aspects de cette intertextualité.

Les manifestations de l’intertextualité

L’intertextualité, vue comme dynamique textuelle est, selon Julia Kristeva, essentiellement « une perturbation de textes2 », c’est-à-dire que le texte est le lieu d’un échange constant entre des fragments que l’écrivain redistribue en construisant un texte nouveau à partir de textes antérieurs. Ainsi l’intertextualité est-elle la présence plus ou moins perceptible selon le degré de culture du lecteur, dans un texte nouveau, d’allusions, de références ou de citations extraits de textes anciens ou environnants. En effet, qui parcourt l’œuvre romanesque de Dumas fils aura sans nul doute été frappé par l’abondance même des allusions et des références à des écrivains (poètes, romanciers ou dramaturges), des peintres, des musiciens, des textes bibliques, etc.

Le jeu de l’intertexte auquel se livre le romancier du XIXe siècle est véritablement significatif et de ce fait, peut être le plus intéressant. Le roman recèle en son sein toute une série de références et d’allusions fort hétérogènes qui font intervenir des auteurs littéraires tels que Alfred de Musset (« elle était toute petite, et sa mère, comme dirait de Musset, semblait l’avoir faite ainsi pour la faire avec soin3 »), l’Abbé Prévost (« Manon reconnaissait-elle dans Marguerite par l’opinion de ce M. Duval, une supériorité de débauche ou de cœur ?4 »), Voltaire (« c’est à ma génération que je m’adresse, à ceux pour qui les théories de Voltaire n’existent heureusement plus5 »), Hugo et Dumas père (« Hugo a fait "Marion Delorme" […] Alexandre Dumas a fait "Fernande", les penseurs et les poètes de tous les temps ont porté à la courtisane l’offrande de leur miséricorde, et quelquefois un grand homme les a réhabilitées de son amour et même de son nom6 »), Lamartine (« nous nous promenions tous deux dans ces charmants endroits qui semblaient faits exprès pour rappeler les vers de Lamartine7 ») et Homère (« je n’avais pas le droit de lui demander autre chose ; que bien des gens seraient heureux à ma place, et que, comme le berger de Virgile, je n’avais qu’à jouir des loisirs qu’un dieu ou plutôt une déesse me faisait8 »). En outre, l’auteur fait référence ou allusion à des auteurs de productions artistiques à savoir la peinture avec Vidal (« Marguerite avait d’elle un merveilleux portrait fait par Vidal, le seul homme dont le crayon pouvait la reproduire9 ») et la musique avec Weber (« Gaston se leva, se mit au piano et commença cette merveilleuse mélodie de Weber, dont la musique était ouverte sur le pupitre10 ».) Comme on peut le remarquer, ces éléments intertextuels sont le lieu pour l’auteur d’exprimer son admiration pour les œuvres artistiques et littéraires de certains auteurs comme Lamartine, Vidal, Weber et Musset, de justifier le choix et l’intérêt du sujet de son récit en se référent aux grands auteurs comme Hugo et Dumas père et de manifester sa volonté de subvertir ou de bouleverser le récit de Prévost et même la théorie de Voltaire.

Au-delà des références et allusions, l’auteur cite souvent des maximes bibliques à l’instar de celle-ci :

Le christianisme est là avec sa merveilleuse parabole de l’enfant prodige pour nous conseiller l’indulgence et le pardon. Jésus était plein d’amour pour ces âmes blessées par les passions des hommes, et dont il aimait à panser les plaies en tirant le baume qui devait les guérir d’elles-mêmes. Ainsi, il disait à Madeleine : « Il te sera beaucoup remis parce que tu as beaucoup aimé », sublime pardon qui devait éveiller une foi sublime11.

Ce recours à la Bible permet à l’auteur de partager sa connaissance avec le lecteur, ce qui confère à l’écriture romanesque de Dumas fils un caractère didactique.

L’autotextualité comme stratégie narrative

L’autotextualité est une forme d’intertextualité qui s’exerce uniquement à l’intérieur de l’œuvre d’un écrivain. Il s’agit d’une intertextualité implicite puisqu’il n’existe pas nécessairement d’indices formels montrant cette opération au lecteur. Selon Lucien Dällenbach, il s’agit d’une intertextualité autarcique et elle résume toutes les relations d’un texte à lui-même. C’est le fait qu’un récit montre de façon spéculaire le mécanisme de son agencement12. Pour Ricardou, il s’agit plutôt d’une intertextualité interne qui est le rapport d’un texte à lui-même ; c’est un repli du texte sur lui-même13. Considéré comme une technique d’agencement du récit, le mécanisme d’autotextualité est effectivement présent dans le roman dumassien.

En effet, ce roman se caractérise par un enfermement autotextuel, à savoir une sorte de repli du texte romanesque sur soi-même. Le récit s’inscrit dans la dynamique des textes qui produisent en eux-mêmes l’effet spéculaire, mettant en scène leur propre mécanisme de construction et d’agencement. Ainsi, observe-t-on dès les premières pages du roman comment Alexandre Dumas fils s’est procuré le sujet de son œuvre. Dumas fils fut l’amant de Marie quelques années avant la mort de cette dernière. Le fait que l’auteur soit le confident de Marie lui a fourni des détails sur la vie de cette courtisane devenue le sujet de son roman.

En outre, l’activité créatrice de l’auteur en matière d’autotextualité s’illustre par le mécanisme de dédoublement au niveau du narrateur. De ce fait, le narrateur principal devient la figure d’un écrivain écrivant. Ainsi, cet écrivain écrivant, personnage intradiégétique, révèle-t-il tout au long du récit comment chaque partie du récit est parvenue en sa possession. D’abord, c’est Armand Duval qui lui apporte des détails sur la vie de Marguerite. Ensuite, c’est au tour de Marguerite, elle-même, de prendre la relève et de donner d’autres détails à travers ces lettres : « Armand fatigué de ce long récit souvent interrompu par des larmes, posa ses deux mains sur le front et ferma ses yeux, soit pour penser, soit pour essayer de dormir après avoir donné les pages écrites de la main de Marguerite14 ». Enfin, lorsque « les quelques caractères que Marguerite avait essayé de tracer étaient illisibles, c’était Julie Duprat qui avait continué15 ». Cette succession de narrateurs montre non seulement le mécanisme de construction du récit de Dumas fils, mais aussi elle permet de dégager une nouvelle stratégie narrative chez l’auteur.

De l’intertextualité à la réécriture

La réécriture, selon Georges Molinié, ne se pense qu’en termes fonctionnels, « elle définit une activité scripturaire qui s’établit forcément sur une corrélation suivie entre deux éléments. L’un des éléments est évidemment stable, qu’il s’agisse d’un discours littéraire de base réalisé sous la forme d’un texte, ou de tout un style. L’autre élément peut être présenté comme l’écriture d’un nouveau style16 ». La réécriture, nouveau concept formellement étudié dans les années 80 – même s’il a été abondamment pratiqué avant – et semblant succéder à l’intertextualité est donc « l’action de réécrire », c’est-à-dire « de donner une nouvelle version d’un texte déjà écrit » ou « de réinventer, donner une nouvelle version de quelque chose17 ».

Dans ce contexte, le parallélisme qui s’observe entre l’histoire de Marguerite Gautier et celle de Manon Lescaut laisse entrevoir de façon remarquable la volonté de Dumas fils de réécrire le texte de Prévost. En effet, l’histoire de La Dame aux camélias est celle de la relation entre un jeune bourgeois nommé Armand Duval et d’une jeune et belle courtisane Marguerite Gautier. Armand est impressionné par la beauté et le charme de la courtisane. Il en tombe éperdument amoureux et leur aventure se termine de façon tragique avec la mort de Marguerite. Dans Manon Lescaut, le chevalier Des Grieux est aussi aliéné par la beauté de la courtisane Manon. Il en tombe profondément amoureux et leur relation se termine de façon tragique avec la mort de Manon18.

Ainsi existe-t-il un parallélisme entre l’histoire racontée par Dumas et celle racontée par Prévost, parallélisme que l’auteur lui-même évoque clairement à travers la prépondérance des allusions à l’œuvre de Prévost et des comparaisons entre Marguerite et Manon :

Certes, Manon Lescaut est une touchante histoire dont pas un détail ne m’est pas connu, et cependant lorsque je trouve ce volume (le roman de l’Abbé Prévost) sous ma main, ma sympathie pour lui m’attire toujours, je l’ouvre et pour la centième fois je revis avec l’héroïne de l’Abbé Prévost. Or cette héroïne est tellement vraie qu’il me semble l’avoir connue. Dans ces circonstances nouvelles [la mort de Marguerite], l’espèce de comparaison faite entre elle et Marguerite donnait pour moi un attrait inattendu à cette lecture19.

Il ressort de cet extrait que la comparaison faite par le narrateur entre Marguerite et Manon exprime de façon explicite la réécriture faite par Dumas fils.

De la réécriture à la subversion

Les courtisanes sont parfois représentées dans la littérature française comme des êtres sans morale. Très machiavéliques, elles sont capables de toutes sortes de bassesses pour obtenir un luxe matériel. Comme dans Manon Lescaut, œuvre à laquelle Dumas fils fait référence tout au long de son roman, la courtisane est perçue comme une personne qui ne peut ressentir de l’amour. Cependant, en ennoblissant Marguerite, Dumas tente de renverser cette conception littéraire qui condamne la courtisane. Lorsque le narrateur pose la question : « Manon reconnaissait-elle dans Marguerite par l’opinion de M. Armand Duval, une supériorité de débauche ou de cœur », il met en évidence son intention de déconstruire le récit de Prévost.

En effet, tout au long de son récit, Alexandre Dumas fils démontre la différence entre les deux courtisanes. Bien que les deux femmes soient entretenues, Marguerite semble supérieure à Manon. Tout d’abord Marguerite sacrifie tout au profit de l’amour. Contrairement à Manon, Marguerite est sincère, humble et incorruptible ; elle refuse d’abandonner son amour propre pour les richesses du Duc et du Comte : « je ne quitterai pas Armand et je ne me cacherai pas pour vivre avec lui. C’est peut- être une folie, mais je l’aime […] je n’ai pas tant de temps à vivre pour me rendre malheureuse et faire les volontés d’un vieillard dont la vue seule me fait vieillir. Qu’il garde son argent ; je m’en passerai20 ». Marguerite décide de renaître, d’abandonner toute sa vie passée pour entamer une nouvelle vie avec l’élu de son cœur n’eût été l’intervention du père Duval.

Contrairement donc à Manon, Marguerite s’ennoblit par l’amour qu’elle a pour Armand, c’est pourquoi elle est fortement indignée par les actions de Manon : « lorsqu’une femme aime, elle ne peut pas faire ce que faisait Manon » ; car Manon trahit à plusieurs reprises le chevalier Des Grieux qui avait renoncé à sa fortune et aux douceurs de la maison pour satisfaire les petites humeurs et caprices de sa bien-aimée. En outre, Manon est morte dans un désert dans les bras de l’homme qui l’aimait avec toute l’énergie de son âme alors que Marguerite, pécheresse comme Manon, est morte dans un désert bien plus aride, bien plus vaste, bien plus impitoyable que celui dans lequel avait été enterrée Manon. Marguerite meurt dans la solitude, abandonnée par l’amour et la société.

Au total, l’histoire de Marguerite Gautier donne un nouveau sens à l’amour de la courtisane car « contrairement à Manon Lescaut à laquelle Armand ne cesse de la comparer à tort, Marguerite doit mourir non pas parce qu’elle ne peut réprimer ses instincts (comme Manon), mais parce qu’elle est en passe de démontrer qu’une femme entretenue peut être vertueuse et autonome sur le plan sexuel21 ». C’est pourquoi, considérée comme une apologie du vice par certains critiques, La Dame aux camélias laisse contempler la pureté du cœur de la courtisane, vivement critiquée au XIXe siècle.

Les enjeux de l’intertextualité

La relation entre valeurs sociales et institution littéraire est étudiée selon une double perspective. D’une part, la façon dont la littérature pèse sur les valeurs sociales car les textes littéraires, par leur diffusion, influent sur les mentalités. D’autre part, la façon dont les valeurs sociales pèsent sur la littérature puisque les sujets littéraires sont modelés, définis par les valeurs d’un groupe social à un moment donné de l’histoire22. Les circuits sociaux sont les générateurs principaux de la production littéraire ; c’est pourquoi il importe d’établir un lien fondamental entre le texte littéraire et le contexte sociopolitique, en dégageant la façon dont le texte peut présenter, mettre en scène et hiérarchiser des valeurs sociales défendues par l’écrivain. Que ce soit par son contenu ou par sa forme, l’œuvre littéraire n’a jamais cessé d’agir sur la société.

Ainsi de façon significative, le jeu de l’intertexte auquel se donne l’auteur n’a-t-il rien d’anodin dans la mesure où il s’inscrit dans une véritable stratégie discursive et idéologique de l’écrivain. En effet, les éléments intertextuels en présence dans La Dame aux camélias, qui sont une appropriation rusée du romancier, représentent pour celui-ci et pour le lecteur un enjeu capital puisque les fragments élus par l’auteur se convertissent eux-mêmes en texte car comme le dit Michel Boyer « l’objet le plus partiel, l’emprunt le plus parcellaire, le plus parcellé fait aussitôt fonction aux yeux du lecteur d’objet total, de texte retotalisé par la force de la mémoire, si bien qu’il renvoie en réalité à l’ensemble du texte ou du contexte d’où il a été retiré23 ». Au delà d’être un simple jeu, l’intertextualité s’inscrit dans une stratégie discursive, esthétique et idéologique de l’auteur.

De la polyphonie narrative à un récit protéiforme

L’autotextualité qui caractérise l’écriture romanesque dumassienne confère au récit une dimension plurivoque. En effet, l’histoire qu’offre Dumas fils est le fruit de plusieurs narrateurs dans la mesure où la narration n’est pas assurée par un seul narrateur mais plutôt par de multiples narrateurs. C’est ainsi que l’on dénombre quatre narrateurs qui assurent l’élaboration progressive du récit dans un relais narratif. En effet, dès les premières pages du roman, la narration est faite par le narrateur principal, personnage intradiégétique. Il introduit le récit en nous plongeant dans l’univers parisien. Il raconte la visite des « femmes du monde » dans l’appartement de la défunte courtisane Marguerite Gautier. Le lecteur est donc déjà prévenu de la mort du personnage principal dès le début du récit. À ce stade, le narrateur principal fournit des informations sur Marguerite qu’il tente de constituer par le biais de ses souvenirs.

Ayant assisté à la vente des articles de Marguerite, le narrateur achète un livre qu’Armand avait offert à la courtisane lorsqu’elle était sa maîtresse. Ce livre favorise le rapprochement entre le narrateur et Armand, qui veut racheter « le volume ». Le narrateur le remet gratuitement à Armand et celui-ci décide de raconter les derniers détails de sa relation avec la jeune courtisane. Dès cet instant, le rôle du narrateur est assuré par le personnage d’Armand et le narrateur principal devient narrataire. Cette seconde narration assurée par Armand constitue un récit dans le récit et les événements sont racontés selon les souvenirs d’Armand. C’est pourquoi ils ne suivent pas un ordre chronologique et sont marqués par des moments de pause durant lesquels le narrateur principal reprend en main la narration.

En fin de compte, Armand est épuisé par le long récit de son aventure avec Marguerite et les émotions émanant de ce récit. Il s’endort tout en remettant les lettres de Marguerite au narrateur premier. Ces lettres constituent une autre narration assurée par Marguerite elle-même. Elle raconte les derniers moments de sa vie et le sacrifice qu’elle a fait pour Armand. Mais elle est de plus en plus terrassée par la maladie et n’arrive plus à écrire. C’est à cet instant précis que le personnage de Julie Duprat prend en main la narration à travers ses lettres. Elle raconte la fin tragique de Marguerite. Après ces dernières lettres, le narrateur principal reprend la narration. Cette reprise est, en fait, une conclusion de l’histoire racontée : « je ne tire pas de ce récit la conclusion que toutes les filles comme Marguerite sont capables de faire ce qu’elle a fait ; loin de là, mais j’ai eu connaissance qu’une d’elle avait éprouvé dans sa vie un amour sérieux, qu’elle en avait souffert et qu’elle en était morte24 ».

Le récit de La Dame aux camélias est donc un récit plurivoque avec la présence de plusieurs voix narratives. Aussi Dumas fils, en tant qu’auteur, narrateur et personnage de son roman met-il en lumière ses propres ressentiments et cherche à les partager avec ses lecteurs ce qui implique un récit profondément lyrique. Enfin, l’histoire qu’il raconte est fortement imprégnée de réalisme, dans la mesure où le narrateur démontre sa volonté de représenter ou de raconter les faits avec objectivité en ayant recours aux éclairages de certains personnages, souvent apportés par des lettres. Ainsi, le roman dumassien se distingue comme un mélange de formes romanesques qui cohabitent et s’intègrent harmonieusement dans l’univers du roman.

De la réhabilitation de la courtisane au bouleversement des valeurs morales et sociales

À travers son œuvre, l’écrivain « crée ou ressuscite25 », il retrace l’histoire de la figure historique et légendaire d’Alphonsine Plessis, devenue dans le Paris romantique des années 1820, l’une des courtisanes les plus célèbres et les plus convoitées. Elle ne cesse de féconder l’imaginaire des créateurs car elle incarne la beauté sacrifiée, détruite très tôt par la maladie et la mort. Par le biais de son roman, Dumas fait naître sous sa plume la belle Marie Duplessis qui devient Marguerite Gautier, la dame aux camélias. Cette résurrection de la courtisane s’effectue dans la perspective d’un drame sentimental puisque le narrateur montre son admiration pour la demi-mondaine en la rendant plus noble et plus vertueuse que Manon. En effet, le récit se concentre sur le sacrifice de la courtisane au grand cœur. Marguerite est donc de ces héroïnes qui se meurent doucement, mais en souffrant. Elle souffre le martyre dans la tragédie de l’amour qu’offre l’écrivain. Avec une douleur atroce, elle quitte son amour, sans lui expliquer les raisons, pour répondre aux exigences du père de ce dernier. De cette façon, elle attise en lui une haine sans égal, ce qui fait qu’il se fait vil et cruel envers la courtisane détruite par la phtisie. Elle meurt dans la solitude après une longue agonie durant laquelle elle ne rêve que d’Armand, celui pour qui elle s’est sacrifiée.

Ainsi, selon Maryse Bédard Verreault, la courtisane apparaît dans le roman de Dumas fils comme « une Sainte qui a enduré tout le mal du monde pour sauver l’être aimé, et qui peut distinguer ceux qui sont digne de son pardon comme la Vierge Marie peut le faire dans la religion catholique26 ». Mieux, les souffrances causées par la maladie et le sacrifice qu’elle a fait pour favoriser le bonheur et la liberté de l’homme qu’elle aime « la purgent donc de toute trace de vice, la rendant ainsi pure et intacte pour le seigneur qui l’accueille à la fin de son tumultueux parcours terrestre27 ». Dumas fils effectue à travers cette œuvre un véritable travail de revalorisation de la courtisane. C’est pourquoi, selon Hans-Jörg Neuschäfer, « La Dame aux camélias peut être interprétée comme un document de la mauvaise conscience de son auteur, y compris dans le domaine social ; [et] on peut même aller jusqu’à dire que c’est cette mauvaise conscience qui a été le ressort puissant qui a créé [le mythe de la dame aux camélias]28 ». Cette mauvaise conscience se traduit par le fait qu’en 1842, Alexandre Dumas fils rencontre une des courtisanes les plus célèbres de Paris nommée Marie Duplessis. Cette beauté, dont Dumas fils devient l’amant jusqu’à l’été 1845, est morte en février 1847 de la tuberculose. Le roman se présente comme l’expression du regret et de la nostalgie de l’écrivain qui, ému par cette mort, s’enferme dans une auberge pour écrire leur histoire.

Cependant, cette réhabilitation de la courtisane ne va pas sans un bouleversement des valeurs morales et sociales. En effet, dans la société française du XIXe siècle, les femmes financièrement indépendantes ne cadraient pas avec le système de la société bourgeoise. Dans cette société, l’homme s’occupe seul des affaires, tandis que la femme s’occupe du foyer. Pourtant « il est curieux de constater chez Dumas fils, que c’est sur une femme, et de surcroît une fille entretenue, que sont projetées des idées d’indépendance qui restaient, dans une large mesure interdites aux femmes29 ». Marguerite apparaît comme le symbole de l’émancipation et de la révolution de la femme. La courtisane, contrairement à Manon, arrive à s’imposer contre la volonté de son amant parce qu’elle veut financer leur séjour à la campagne. De ce fait, le rôle protecteur qu’Armand voudrait jouer auprès de sa maîtresse, faible et malade, n’est qu’illusoire. « En vérité, c’est Armand qui est protégé, et pour ainsi dire, entretenu par Marguerite30 ». Durant leur séjour à Bougival, la courtisane se détache de sa vie antérieure et les deux amants vivent en commun sur son acquis financier. Cette situation fait du jeune Armand la femme et de la belle Marguerite l’homme, vu que le jeune bourgeois est économiquement faible et la demie mondaine économiquement forte.

La magnificence et l’universalisation de l’amour

Nonobstant la fin tragique du personnage principal dans ce roman, l’on voit briller durant tout le récit un amour sublime, et c’est ce que l’auteur veut justement chanter. En effet, selon Dumas fils « l’amour est un sentiment […], un besoin. C’est une force de la nature, c’est la plus grande et la plus nécessaire, et, comme la foudre, la vapeur et l’électricité, elle peut diriger, utiliser, perfectionner31 ». L’amour peut changer totalement une personne, même « ennoblir » les courtisanes comme Marguerite. Par amour, elle a tout sacrifié, jusqu’à son propre bonheur, en s’éloignant de son amant. Mieux, en découvrant l’amour sincère d’Armand, elle abandonne les richesses du duc et du comte pour lui. Grâce à cet amour, elle devient une femme amoureuse et non plus une femme entretenue. L’amour de Marguerite est si grand qu’elle accepte la pauvreté pour pouvoir vivre paisiblement à coté de celui qu’elle aime. Face à cette métamorphose de la courtisane, le narrateur, loue les bienfaits de l’amour : « comme l’amour rend bon32 ».

En plus de sa volonté de chanter l’amour, l’auteur veut réclamer le droit d’aimer et d’être aimé pour tout le monde, sans aucune distinction car même les femmes comme Marguerite sont digne de l’amour. De ce fait, il rompt avec cette image de l’amour qui a longtemps habité les romantiques ; l’image d’un bonheur pur, sans tâche, un amour où la virginité est souvent obligatoire. Dumas fils réclame que l’amour soit universel ; il ne doit pas avoir de limite concernant l’amour : riche, pauvre, vierge ou entretenue, tout le monde mérite l’amour et a droit à l’amour dans la mesure où l’amour rend toujours meilleur, quelle que soit la femme qui l’inspire. Alors Dumas fils trouve qu’il « faut reconstituer l’amour en France et par conséquent, dans le monde33 ».

Conclusion

En somme, l’étude de l’intertextualité dans le roman de Dumas fils montre la créativité de cet auteur. À travers le jeu de l’intertexte, Dumas fils exprime son admiration pour les œuvres artistiques et littéraires des certains auteurs comme Lamartine, Vidal, Weber et Musset, justifie le choix du sujet de son récit en faisant allusion à Hugo et Dumas père qui abordent également le sujet de la courtisane et manifeste sa volonté de subvertir ou de bouleverser le récit de Prévost. D’un simple jeu d’intertexte, l’auteur arrive à faire une réécriture et mieux, il subvertit le récit de l’Abbé Prévost en donnant un sens nouveau à l’amour de la courtisane. Ainsi, au delà d’un simple jeu de perturbation textuelle, l’intertextualité s’inscrit-t-elle dans une stratégie discursive et idéologique, ce qui explique que le recours à l’intertexte dans l’élaboration d’un nouveau texte peut être le lieu d’un enjeu capital pour l’écrivain. Laissant entrevoir le plus souvent une certaine volonté didactique, le jeu de l’intertexte joue aussi sur la lisibilité et l’interprétation du texte romanesque de Dumas fils puisqu’il semble orienter le lecteur vers les éléments clefs du message véhiculé par l’écrivain. Ainsi s’inscrit-il dans une visée à la fois esthétique et idéologique en rapport avec le contexte sociopolitique et littéraire de l’écrivain.

Par ailleurs, cette étude est, à notre sens, significative dans la mesure où le jeu d’intertexte, récurrent dans l’écriture postmoderne, s’observe déjà dans le roman du XIXe siècle. Mieux, cette étude de l’intertextualité nous permet de recentrer le débat sur la production littéraire. Que ce soit en critique, en théorie littéraire ou encore en production d’œuvre d’imagination, tout a été dit ou écrit et nous ne faisons que ressasser ce qui a été déjà fait, dit ou écrit. En effet, Roland Barthes revenant sur la définition de l’intertextualité dans l’Encyclopaedia Universalis faisait savoir que tout texte est un intertexte et que d’autres textes sont présents en lui à des niveaux variables, sous des formes plus ou moins reconnaissables34.

Notes de bas de page numériques

1 Julia Kristeva, « Discours et texte. Le texte comme pratique signifiante » dans Linguistique et littérature : Colloque de Cluny, Paris, La nouvelle critique, 1969, p. 61.

2 Julia Kristeva, Semiotikè, recherches pour une sémanalyse, Paris, Le Seuil, 1969, p. 145.

3 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, Paris, Charpentier Étampes, 1962, p. 9.

4 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 15.

5 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 18.

6 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 17.

7 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 115.

8 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 91.

9 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 10.

10 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 59.

11 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., pp. 17-18.

12 Lucien Dällenbach, « Intertexte et autotexte », Poétique 27, septembre 1976, pp. 282-296.

13 Jean Ricardou, Pour une théorie du nouveau roman, Paris, Le Seuil, 1971, p. 162.

14 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 171.

15 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 186.

16 Georges Molinié, « Le lieu du discours littéraire », in Christian Plantin (dir.), Lieux communs, topoï, stéréotypes, clichés, Paris, Kimé, 1993, p. 92-100.

17 Anne-Claire Gignoux, « De l’intertextualité à l’écriture », Cahier de narratologie, n°13, mis en ligne le 1er septembre 2006, http://narratologie.revues.org/329 .

18 Abbé Prévost, Manon Lescaut, édition de Frédéric Deloffre et de Raymond Picard, Paris, Classique Garnier, 1990, 338 p.

19 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 16.

20 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., pp. 120-121.

21 Hans-Jörg Neuschäfer, « De La Dame aux camélias à La Traviata : l’évolution d’une image bourgeoise de la femme », préface de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, Paris, GF Flammarion, 1999, 192 p.

22 Vincent Jouve, « Voix et valeurs », in Marc Marti (dir.), Une nouvelle approche de la voix narrative, Paris, L’Harmattan, 2003, p. 79.

23 Alain-Michel Boyer, « Les ciseaux savent lire », Revue des Sciences Humaines, Lille III, Presses Universitaires de Lille III, nº 196, pp. 107-117.

24 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 191.

25 Alexandre Dumas (fils), « À propos de la Dame aux camélias », préface à La Dame aux camélias, [Théâtre complet I, Calmann-Lévy, 1868], Paris, GF Flammarion, 1999, pp. 497-498.

26 Maryse Bédard-Verreault, La virginité de la courtisane dans l’œuvre d’Alexandre Dumas fils : la dame aux camélias, [en ligne] http://www.etudier.com/dissertations/La-DameAuxCam %C3 %A9lias , consulté le12 mars 2014.

27 Maryse Bédard-Verreault, La virginité de la courtisane dans l’œuvre d’Alexandre Dumas fils : la dame aux camélias, [en ligne] http://www.etudier.com/dissertations/La-DameAuxCam %C3 %A9lias , consulté le 12 mars 2014.

28 Hans-Jörg Neuschafer, « De La Dame aux camélias à La Traviata : l’évolution d’une image bourgeoise de la femme », préface de La dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, Paris, GF Flammarion, Paris, 1999, p. 42.

29 Hans-Jörg Neuschafer, « De La Dame aux camélias à La Traviata : l’évolution d’une image bourgeoise de la femme », préface de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, op.cit., p. 26.

30 Hans-Jörg Neuschafer, « De La Dame aux camélias à La Traviata : l’évolution d’une image bourgeoise de la femme », préface de La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils, op.cit, p. 27.

31 Alexandre Dumas fils, « À propos de La Dame aux camélias », La Dame aux camélias, op. cit., p. 519.

32 Alexandre Dumas (fils), La Dame aux camélias, op. cit., p. 74.

33 Alexandre Dumas (fils), « À propos de La Dame aux camélias », La Dame aux camélias, op. cit., p. 519.

34 Roland Barthes, « Texte (Théorie du) », Encyclopaedia Universalis, vol. XV, 1973, p. 1015.

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BÉDARD-VERREAULT Maryse, « La virginité de la courtisane dans l’œuvre d’Alexandre Dumas fils : La Dame aux Camélias » [En ligne], http://www.etudier.com/dissertations/LaDameAuxCam %C3 %A9lias, cons. 12 mars 2014.

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Pour citer cet article

Soumaïla Traoré, « Écrire, réécrire et subvertir : jeu et enjeux de l’intertexte dans La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils », paru dans Loxias, Loxias 46., mis en ligne le 08 septembre 2014, URL : http://revel.unice.fr/loxias/index.html/index.html?id=7884.

Auteurs

Soumaïla Traoré

Soumaïla Traoré est doctorant en Lettres Modernes à l’Université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan-Cocody. Spécialisé sur le roman français, il s’intéresse aux questions liées à l’esthétique du roman français et aux mutations qu’a connues ce genre depuis le XVIIIe siècle jusqu’à nos jours. Inscrit sous la direction du professeur Traoré François Bruno, il prépare actuellement une thèse de doctorat en littérature française.