Nicole Biagioli


Professeur émérite de langue et littérature française au CTEL, à l’université Côte d’Azur. Sémioticienne, elle étudie les transpositions interartiales entre littérature, musique et image. Didacticienne, elle s’intéresse aux savoirs d’expérience des écrivains et à leur transmission par les lectures croisées entre pairs et la pratique des ateliers d’écriture. En 2010 elle a publié un article sur l’opéra de Coli The Tell-tale heart, « опера бруно коли «сердце-обличитель» : как взаимодействуют литература и музыка ? » et co-publié avec Odile Gannier : Edgar Poe et la traduction (Loxias n°28). En 2015, elle a publié avec Marijn Kaplan Le travail du genre dans les échanges épistolaires des écrivains, L’Harmattan, « Le Thyrse ».

Articles de l'auteur


Loxias | Loxias 28 | I.

POEtique et traduction : traducteurs et traductions de Poe dans le domaine français

Éditorial des actes du colloque POEtiques : L’influence de Poe sur les théories et les pratiques des genres dans le domaine français du XIXe au XXIe siècle, tenu les 22 et 23 janvier 2009 à l’université de Nice Sophia-Antipolis (CTEL).

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Loxias | 50. | Travaux et publications

Le travail du genre à travers les échanges épistolaires des écrivains
Épistolarité et généricité

La correspondance d’auteurs y a été étudiée comme genre spécifique, mêlant biographie et professionnalité, et comme lieu privilégié de la construction et de la déconstruction des genres littéraires et artistiques.

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Loxias | 60. | I.

Pour une sémiotique butorienne de la photographie

La photographie a joué dans la vie et l’œuvre de Michel Butor un rôle central que nous analysons d’un point de vue sémiotique. Une sémiotique butorienne de la photographie ne peut être qu’une intersémiotique, Butor n’ayant cessé depuis Les Mots dans la peinture (1969) de revaloriser et de développer l’intermédialité dans la pratique et la théorie artistiques. La photographie sera donc envisagée dans ses différentes fonctions de médiation : reproduction des œuvres, support de correspondances et outil d’exploration du monde. Son rôle dans les collaborations de Butor avec des photographes, des peintres, des graveurs et des écrivains sera mis en valeur, en revenant sur les différentes entrées qu’il a pratiquées, comme modèle, photographe, collagiste et commentateur, et en insistant particulièrement sur les Universos paralelos (2011) parcourus avec sa femme, Marie-Jo. La théorie de la photographie sous-jacente à ces œuvres collaboratives sera ébauchée et comparée à celle, contemporaine, de Roland Barthes. Photography has played a central role in Michel Butor’s life and work, which we analyze from a semiotic point of view. A Butorian semiotics of photography can only be intersemiotic, as Butor, since Les Mots dans la peinture (1969), has continuously reevalued and developed intermediality in artistic practice and theory. Photography will be considered in its various mediating functions : reproduction of works, support of correspondences and tool of exploration of the world. His role in Butor’s collaborations with photographers, painters, engravers and writers will be highlighted, going back to the various entries he experienced, as photographers’model, photographer, collagist and commentator, with special emphasis put on the Universos paralelos (2011), visited together with his wife, Marie-Jo. The theory of photography underlying these collaborative works will be sketched out and compared to the contemporary one of Roland Barthes.

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Loxias | 68. | I.

POEtiques ou les vertus d’un calembour

“Tous les poètes (« poets » en anglais) ne s’appellent pas Poe. Quoique nous n’ayons pas de preuve formelle qu’il ait pesé plus que de raison sur le destin de son propriétaire, on peut supposer que ce patronyme n’a été étranger ni aux choix professionnels de Poe, ni à sa propension à lire les mots sous les mots qu’illustre le célèbre palindrome : « never /raven1 ». Par ailleurs, Baudelaire, en orthographiant « poëte » avec un tréma dans la dédicace de sa traduction des œuvres en prose de Poe à Maria Clemm2 et dans les notices biobliographiques sur Poe de 1852 et de 1...”

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Le canard littéraire d’Edgar Poe à Alphonse Allais : le triomphe d’un genre

« Hoax », traduit par canard en français désigne un genre de mystification visant à convaincre le public de la réalité d’un fait ou d’un objet extraordinaire imaginaire. Pays de progrès et d’innovation technologique, les USA passèrent tout au long du XIXe siècle pour la patrie du hoax dont Poe, avec The Balloon-Hoax (1844) or The Facts in the case of M. Valdemar (1845) fut l’un des maîtres. Une génération plus tard, Alphonse Allais (1854-1905) bâtit toute sa carrière sur ce genre dont relève la plupart de ses contes. Comme Poe, Allais fait du hoax un genre pivot de l’entreprise littéraire, et non un simple amusement. Mais pour se l’approprier, il se voit contraint à la fois de le radicaliser et de le dépasser, ce qu’il fait en retournant l’argumentaire, les procédés et les thèmes de son modèle. Hoax, most often translated in French by canard, is used to denominate a humbugging genre intended to convince people that an extraordinary invented fact or thing is a true one. Country of progress and technical discoveries, USA have been considered, all the 19th century long, as the hoax‘s native land, and Poe with The Balloon-Hoax (1844) or The Facts in the case of M. Valdemar (1845) as one of its masters. A generation later, Alphonse Allais (1854-1905) built his whole career upon this genre to which most of his tales belong. As Poe did in his time, Allais put the hoax at the centre of the literary venture, instead of taking it for a simple joke. But in order to appropriate it, he was forced both to toughen and to exceed it. He succeeded by backfiring arguments, practices and themes of his model.

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