XIXe siècle dans Loxias


Articles


Loxias | Loxias 1 (2003) | articles

Nord contre Sud. Visages de l'antiméridionalisme dans la littérature française de la fin du XIXe siècle

Les idiomes se dressent alors les uns contre les autres, sur le terrain littéraire, dans la France des années 1890. Nord et Midi s'y sont constitués en deux camps que la Loire sépare comme un limes. De chaque côté, le propre de l'autre est jugé « hideux » – le nom « Huysmans » est, pour Maurras, intolérable dans la littérature française comme un barbarisme ; on s'accuse mutuellement de dénaturer le génie français en y introduisant des ferments exogènes. L'idiome et la race doivent être gardés purs, sans lézardes et sans mélanges ; mais qu'est-ce que ce pur ? L'exemple du roman Jean Révolte, de Gaston Méry, témoignage de la haine anti-méridionale, montre à quelles aberrations conduit la recherche du propre quand elle croit, en construisant des mythes historiques et géographiques, trouver la « fleur » de la race, ce qui n'a jamais pu pousser que « chez nous », sur notre sol, ce qui est notre « nature » et n'est déparé par aucune défroque exotique, aucune greffe culturelle.

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Mise en scène critique d’un texte-phare de la thématique de la femme-pays : « La Coumtesso » de Frédéric Mistral

Claude Alranq, en provençal et en français, a mis en scène, joué et « commenté » « La Comtesse », le célèbre poème des Îles d'or, de Mistral (la comtesse provençale a une sœur – France – qui enferme Provence dans un couvent...). Le texte ici proposé est la transcription, sans l'impressionnante présence physique, du spectacle que Claude Alranq a donné et qui faisait voir – par l'interprétation virulente et nostalgique du comédien en « petaçoun » vêtu de la toison rafistolée – la langue et la culture d'oc entre agonie et farandole, asservissement et antique enracinement populaire, réalité nue et vérité masquée, et le comédien déchiré entre le sentiment de la chance perdue, et l'espérance, la fête.

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As Curious (Aux Curieux)

Sonnet prononcé en clôture de colloque

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Éloge de l’onomatopée ou Comment la langue hongroise fait entendre sa différence

Une langue nationale est jugée (par le linguiste Antoine Meillet) obscurément et comme scandaleusement locale : le hongrois. Mais on peut montrer, en prenant des exemples sonores ou « anschaulich » (« parlants », « stimulant l'imagination »), non seulement qu'il n'y a pas de « petites » langues auxquelles on pourrait reprocher leur faible diffusion, mais encore que le hongrois doit nous intéresser par la façon unique dont il s'est réformé au XIXe siècle. Si le hongrois est « concret » en effet, ce n'est pas par attachement chauvin au sang et au sol : les réformateurs hongrois ont enrichi leur langue en puisant, certes, dans le fonds historique et dialectal, mais aussi par l'emprunt, le calque, et surtout l'invention de mots cherchant à entendre et faire entendre leur référent. Voici, donc, un idiome dont le territoire est ouvert à tous, puisqu'il va de l'oreille à la bouche, ouvert comme la plaine hongroise et, dans la néologisation, sans limite autre que la justesse musicale de l'impression.

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Loxias | Loxias 4 (mars 2004) | Identité générique: le dialogue

Identité générique et contraintes éditoriales : l’exemple de l’interview littéraire à la fin du XIXe siècle

“Parmi les multiples façons d’aborder la notion de genre, il en est une, empirique, qui repose sur les contraintes d’ordre éditorial. Préparer pour un éditeur un recueil de textes choisis en fonction de leur commune identité générique suppose que l’on ait dressé d’abord avec un peu de rigueur la liste de critères définitionnels permettant de décider quel texte entrera dans le volume et quel autre en sera écarté. Or cette procédure, en particulier quand il s’agit d’un genre émergent, se révèle à l’usage infiniment plus difficile et hasardeuse qu’il n’y paraît en l’énonçant. C’est ce qui ressort du travail d’édition des Interview...”

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Ecriture de soi et récit de voyage : Chateaubriand et Rousseau à Venise

Chateaubriand s’est cru plus grand par la pose moralisatrice, par le sermon. A Venise il fait la leçon à Rousseau et à Byron. Heureusement, il laisse au lecteur des Mémoires d’outre-tombe, texte avant tout autobiographique, la possibilité d¹entrevoir la déréliction et la contingence de l’homme attaché à une cause perdue et peu enthousiasmante. René devient le fidèle paladin de ce qu’il sait être une chimère. Il offre ainsi la figure paradoxale du perdant de génie. Par cette posture le Vicomte séduira la jeune génération romantique. Il devient par l’écriture de soi le semblable d'autres voyageurs autobiographes, leur frère, même s’il feint de les ignorer par affectation.

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Loxias | Loxias 14 | Doctoriales

Lautréamont et l’hybridation générique dans Les Chants de Maldoror : dévorations, aberrations et tératologies

Cet article examine l’un des aspects les plus singuliers des Chants de Maldoror : leur inépuisable intertextualité, la capacité du texte à renvoyer dans un mouvement infini à d’autres textes. La modalité sous laquelle se déploie cette intertextualité endémique est essentiellement organique : animale et végétale, elle assure au texte sa vie, son évolution permanente. D’un texte fondé sur une série de processus organiques, Les Chants deviennent un monstre textuel. C’est ce parcours tératologique qui est ici interrogé, ses étapes (absorption dévoratrice, assimilation, aberration générique) et la portée de ce mouvement : devenu monstre, le texte semble doté d’une capacité démiurgique qui lui permet de réinventer en l’absorbant l’univers. La dimension tératologique du texte rejoint ainsi le projet de Maldoror : voler sa place à Dieu, usurper le Verbe divin. Cela en inventant littéralement un Verbe infini, puisqu’en renvoyant sans cesse à d’autre textes, le texte « ébranle, sans le savoir, une infinité d'analogies et d'images apparentées, un passé monumental de mots tutélaires avec lesquels il se conduit, sans le savoir, comme un homme cautionné par une éternité de fables » ; Les Chants « [rejoignent] les grandes constellations dont les œuvres gardent l'influence, faisceaux d'imagination impersonnelle que nul volume d'auteur ne peut immobiliser ni confisquer à son profit. », pour reprendre Blanchot. Le texte, c’est là sa force la plus belle, a vocation à faire entrer l’univers dans un Livre infini. Où le projet de Lautréamont rejoint fortuitement celui, inachevé, de Mallarmé.

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Loxias | Loxias 15 | II. | Naissance du roman moderne: Rabelais, le Tiers Livre, Cervantès, Don Quichotte, Sterne, Tristram Shandy

Le Voyage selon Laurence Sterne et Chateaubriand : le héros et le bouffon (Tristram Shandy, Voyage sentimental, Itinéraire de Paris à Jérusalem)

Sterne effectue deux séjours en France, au cours desquels il expédie des lettres à ses amis. Le récit de ses voyages se distribue ensuite, pour le premier, dans le livre VII de Tristram Shandy, paru en janvier 1765 ; pour le second, en une page, au livre IX, chapitre 24, sorti en janvier 1767 puis dans A sentimental Journey, publié en février 1768. Chateaubriand, partant pour l’Orient en juillet 1806 et de retour à Paris en juin 1807, publie son Itinéraire de Paris à Jérusalem à partir de son journal de voyage. Ces deux voyages révèlent des façons de voyage pratiquement aux antipodes l’une de l’autre : Chateaubriand donne de lui l’image du grand voyageur, cultivé, attentif à l’écriture d’une œuvre littéraire, Sterne propose précisément la satire de ce genre de relation, se moquant des conventions, de l’érudition, et de tout ce qui compose ordinairement les relations de voyages de son époque.

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Loxias | Loxias 15 | I. | 4.

Les leçons du Saint-Sépulcre dans l’Itinéraire de Paris à Jérusalem de Chateaubriand

Le pèlerinage à Jérusalem, en particulier au tombeau du Christ, le Saint-Sépulcre, représente, aux dires de l’auteur lui-même, l’un des buts majeurs – sinon le principal – du voyage en Orient, et l’un des intérêts primordiaux de l’Itinéraire de Paris à Jérusalem. Si cette dimension se présente de manière relativement discrète dans les préfaces, elle apparaît clairement dès les premières lignes du récit proprement dit. De fait, le Saint-Sépulcre présente, aux yeux de l’écrivain-voyageur du début du XIXe siècle, un intérêt multiple, qui correspond pleinement à la polyvalence des postures énonciatives qu’il adopte tour à tour.

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Loxias | Loxias 16

Le bijou et la chauve-souris : deux enveloppes de Robert de Montesquiou

Dans le somptueux bric-à-brac des archives de Robert de Montesquiou deux petites enveloppes de couleur, semblables à celle où l’on glisse des cartes de visite, ne se signalent à l’attention que par leur discrétion et la perfection de leur inutilité. En regardant de plus près les deux enveloppes, on remarque que l’une d’elles, faite d’un papier jaune strié donnant l’illusion des lignes du bois n’est utilisée que sur le recto. A la place habituellement réservée à l’adresse se trouve un dessin à l’encre noire représentant une chauve-souris recroquevillée.

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Loxias | Loxias 17 | I.

Dénouement et stéréotypes dans quelques romans populaires français du XIXe siècle

La fin du récit – le roman populaire est majoritairement narratif –, donc la sortie de l'univers fictionnel, est un moment de l'écriture et de la lecture du roman populaire particulièrement riche d'enseignements. A travers ses règles propres, liées à la nécessité de la clôture narrative (le récit « complet en un volume »), mais aussi, très fréquemment et de manière paradoxale, à la continuité sérielle, le dénouement du roman populaire du 19ème siècle apparaît comme un lieu privilégié d'étude des formes répétitives figées, dans les différents domaines du stéréotype narratif (motifs obligés et thèmes identiques, péripéties finales attendues), des idées reçues (contenu moral, politique, idéologique en général, lourdement souligné), des clichés (épithètes de nature, « langue de bois » avec métaphores convenues). L’analyse s’appuiera sur quelques grands romans populaires français de 1830 à 1914.

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Loxias | Loxias 20

Le paratexte face au texte dans Les SSurs Vatard de Joris-Karl Huysmans

Le paratexte ayant trait aux Sœurs Vatard (essentiellement de nature épitextuelle, mais aussi présence d’un court péritexte) s’étend de la génèse du roman à son accueil par le public, c’est-à-dire de décembre 1876 à octobre 1879. Ces différentes données paratextuelles mettent au jour une piste de lecture d’ordre naturaliste confirmée par nombreux éléments textuels. Pourtant, les indices paratextuels s’avèrent insuffisants à rendre compte avec exhaustivité des Sœurs Vatard au point de remettre en question l’exclusivité de la piste naturaliste qu’ils soumettent. L’émergence de cette tension, parfois synonyme de contradiction entre piste paratextuelle et contenu textuel, est à nos yeux révélatrice de la poétique huysmansienne fondée sur le dédoublement d’une crise romanesque : tout d’abord remise en cause des conventions génériques traditionnelles, elle s’étend rapidement à la « formule » zolienne, c’est-à-dire au naturalisme positiviste. Calculée ou non, cette divergence entre paratexte et texte impose une relecture des Sœurs Vatard annonciatrice des bouleversements génériques à venir.  

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Loxias | Loxias 22 | Doctoriales V

Objets en devenir et devenirs-objets dans Les Malavoglia de Giovanni Verga et Jude l’Obscur de Thomas Hardy

Une étude comparée de la fonction des objets et de leurs rapports avec les personnages dans I Malavoglia (1881) de Giovanni Verga et Jude the Obscure (1895) de Thomas Hardy nous invite à revisiter la notion de « devenir » formulée par Deleuze et Guattari dans Mille Plateaux. Notre lecture croisée fait apparaître l’importance des dynamiques d’abandon et de dépossession, et nous conduit à nous intéresser aux itinérances et migrations d’objets. Par l’expression «  objets en devenir », nous désignons tous ces objets délaissés, perdus ou désertés, qui conservent l’empreinte de celui qui les a possédés. Malgré leur silence apparent, ces objets à la dérive parlent. Paradoxalement, ce n’est qu’à l’instant où ils cessent de fonctionner qu’ils peuvent commencer à exprimer. Aux « objets en devenir » font écho des « devenirs-objets », déplacements inverses des personnages vers les objets. Selon nous, la formidable ascension des devenirs-objets dans le roman du XIXe siècle est intimement liée à la montée en puissance du capitalisme, au culte croissant de la propriété privée et du profit. Chez Verga et Hardy, les objets itinérants permettent de traduire en fiction une position sceptique à l’égard des valeurs et idéologies dominant la société occidentale de cette seconde moitié du XIXe siècle. Through a comparative study of the objects’ functions and their relations to the characters of the novels I Malavoglia (1881), by Giovanni Verga, and Jude the Obscure (1895), by Thomas Hardy, I intend to enlarge the notion of “becoming” as stated by Deleuze and Guattari in A Thousand Plateaus. This analysis underlines the dynamics of abandonment and dispossession and leads me to explore itinerant and migrant objects.I use the expression “objects to become” to refer to abandoned or lost things, that are still marked with the identity of their former owner. In spite of their apparent silence, these objects do speak. Strangely enough, they begin to tell from the moment they stop being used. These “objects to become” are associated with “becoming objects”, defined as movements from characters towards objects.To me, the tremendous rise of those becoming objects in 19th century novel is deeply linked with the powerful ascent of capitalism and private property. In the works of Verga and Hardy, itinerant objects are used to dramatize a sceptical point of view towards social values and ideologies prevailing upon the western society of the second half of the century.

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Loxias | Loxias 23 | Programmes de littérature des concours 2009

Lorenzo, un enfant du siècle à la Renaissance

Le personnage de Lorenzo hérite de nombreux symptômes du « mal du siècle » romantique vécu et analysé par Musset : désœuvré et désenchanté, Lorenzo se perd dans la débauche et se dévoie dans un assassinat politique qui n’est qu’un meurtre crapuleux. On peut ainsi considérer la Florence de 1537 comme une métaphore transparente du Paris de 1830 : le déplacement d’époque et de lieu permet de mettre en perspective une maladie morale qui dépasse son temps et préfigure le nihilisme.

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Loxias | Loxias 25 | Littératures du Pacifique

Contes des Mers du Sud de Robert Louis Stevenson : une approche littéraire et anthropologique

South Sea Tales de Robert Louis Stevenson est un recueil de récits de genres divers, tous écrits et situés dans les Mers du Sud à la fin du XIXe siècle. Riche d’un véritable savoir anthropologique, l’auteur y pose des questions fondamentales sur la Polynésie. Ici, il interroge le passé, tranchant dans le vif d’une vigoureuse tradition littéraire des Mers du Sud. Mythologue, il entraîne le lecteur à la fois à la source des fantasmes collectifs de l’Occidental, et au cœur des mythes polynésiens. Pour la première fois dans la littérature se tissent, en un palimpseste métis, les récits fondateurs des civilisations occidentale et polynésienne. Là, il examine le présent : ses îles sont le terrain de conflits pour une hégémonie occidentale, et le héros polynésien, loin du cliché du Bon sauvage, y est acculturé, s’est défaussé de son identité indigène. Écrivain postcolonial avant la lettre, Stevenson annonce la décadence de l’impérialisme, dénonce toute exclusion de l’Autre et, relevant avant l’heure la gageure de Genette, donne la parole au « Vendredi » de la fin du XIXe siècle. Là, il se tourne vers l’avenir : que sera la Polynésie de demain ? Stevenson clame qu’elle ne pourra se bâtir sans la femme polynésienne, mais ne conclut pas, car ses prédictions ne volent pas la parole à l’Autre. Au contraire, précurseur du postmodernisme, l’écrivain s’interroge sur la voix du narrateur, le statut de l’auteur, il questionne la relation entre réel et fiction. Les Mers du Sud deviennent un espace de rencontre où l’Autre est entrevu dans sa diversité, et où de nouvelles littératures, anthropologique, postcoloniale, postmoderne, sont esquissées. Robert Louis Stevenson’s South Sea Tales is a motley collection of stories written and set in Polynesia at the end of the 19th century. Deeply versed in anthropology, the author asks fundamental questions about the region. He revisits the past, hacking away at traditional South Sea literature. As a mythologist, he travels back both to the origins of Western myths of idyllic South Seas, and to the core of Polynesian myths. He interweaves the founding tales of both Western and Polynesian civilisations into a pioneering palimpsest. Stevenson also faces the present: he fiercely denounces the fight for a Western hegemony over the islands, and depicts the islanders’ acculturation. The natives prove to be neither noble nor ignoble savages, but hybrids who have lost touch with their indigenous identities. As a postcolonial writer-to-be, Stevenson proclaims the fall of imperialism and stands up against any kind of ostracising. He hands over to Genette’s « Vendredi », endeavouring to present things from the viewpoint of native islanders at the fin de siècle. The author also wonders about the future of the South Seas. Although he stakes Polynesian women will play a leading role, he provides no clear-cut foresight: typically, he steps back to let the Other have the last word. Instead of prophesising, as a forerunner of postmodernism he questions everything, including the boundaries between reality and fiction, the narrator’s status and the author’s authority. Stevenson’s South Sea Tales are a daring opening up onto Otherness in people and in literature.

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Loxias | Loxias 26 | Travaux et publications

Huysmans : politique et religion

“Paris, Éditions Classiques Garnier Coll. "Études romantiques et dix-neuviémistes", 4, 2009, 440 p. ISBN : 978-2-8124-0053-7 - Prix : 68 € « La démocratie fait croire en Dieu » (Huysmans, Carnet vert, p. 32, vers 1890) « On est vraiment mieux sous le régime républicain, tout de même ! 89 et 93 ont servi à quelque chose !… » (Huysmans, interview à la Petite République, 31 janvier 1905) ...”

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Loxias | Loxias 27 | I.

Images idiotes de Rimbaud

Il s’agit ici, à titre « récréatif » et sous forme de lettre à une jeune lectrice, de feuilleter l’album rimbaldien. De nous arrêter sur quelques unes des images (littéraires, picturales, photographiques, cinématographiques) que le « mythe de Rimbaud » a suscitées en abondance. À l’origine de toutes sans doute, cette « mandorle » – le mot est de Pierre Michon – qu’est le fameux « portrait ovale » d’Étienne Carjat, lequel a sans doute puissamment aidé à la séduction que n’a cessé d’exercer, sur les lecteurs et sur les artistes, le génie adolescent.

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Loxias | Loxias 28 | I.

Les traducteurs des histoires d’Edgar Allan Poe

Le lecteur français n’a longtemps eu accès aux contes de Poe que grâce au choix effectué par Baudelaire dans ses trois recueils de traduction. Pourtant Baudelaire n’était pas le premier traducteur de ces histoires. Les premières traductions étaient souvent des adaptations très libres,  parfois publiées sous des pseudonymes. Au total, Baudelaire a  choisi de traduire quarante-six contes et en a  laissé vingt-six. Il a  surtout choisi d’écarter une grande partie des histoires purement humoristiques et satiriques. Ces contes non traduits par Baudelaire confirment les facettes les plus connues  de l’auteur. The Translators of Edgar Poe’s Tales. For long, French readers only had access to Poe’s tales through Baudelaire’s three volumes of translation. Yet, Baudelaire was not the first translator of those stories. The early translations were often free adaptations, sometimes published anonymously. As a whole, Baudelaire chose to translate forty-six tales and left out twenty-six. He decided to leave out the tales that were purely humorous and satirical. The stories not translated by Baudelaire confirm the most-known facets of the author : stories of detection, of mystification and commentaries on his own craftsmanship. Thus novelists have found a new way of writing sea voyage narratives after Pym’s adventures, on a scientific basis. But they scarcely mixed fantasy and realism with the same talent.

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Poe-pourri : le sommeil du traducteur

Se pourrait-il que Baudelaire ait tiré de sa lecture de Poe une conception fantomatique de la traduction, une allégorie funèbre ? Rappelons les faits : ils sont troublants. Poe meurt en 1849, à un moment où Baudelaire vient à peine de se pencher sur son œuvre. Il en ira de même pour De Quincey, dont la mort, en 1859, intervient alors que son traducteur français est encore en pleine besogne – à croire que le fait de traduire implique la disparition de celui dont on se met à recopier l’œuvre en une autre langue, comme s’il devenait infiniment plus facile de faire « revenir » la langue vivante d’un mort. Is it possible that Baudelaire derived a ghostly allegory of translation from his reading of Poe’s work? The facts are indeed troubling: Poe dies in 1849, when Baudelaire has just started to translate him; the same happens in 1859 when he translates De Quincey’s work: it would appear that Baudelaire’s conception of translation implies the death of the original author, whose ghostwriter he then becomes.

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Baudelaire et Proust traducteurs : les limites de l’étrangeté

Nous examinons en quelle mesure la prise en possession de Poe par Baudelaire peut être comparée à l’influence des traductions ruskiniennes de Marcel Proust sur la Recherche du temps perdu. Si Baudelaire peut articuler, grâce à la traduction, une réflexion sur la poétique de la prose et une conception moderne sur la mise en rapport des langues, l’anglais devient une sorte de langue seconde du roman proustien et la pensée de la langue anglaise s’y reflète par un effet de mémoire de Babel, ressuscitant l’« étrangeté » des langues et leur féconde incompréhension. Dans le rapport des écrivains/traducteurs à leur(s) langue(s), Mallarmé joue un rôle de charnière : se trouvant obsédé par une sorte de sous-sol de la langue, où les mots circulent sous les mots, Mallarmé « creuse le vers » en tachant de retrouver cette langue seconde à l’aide du passage par l’anglais. Baudelaire and Proust as translators : the bounds of strangeness. We are investigating to what extent Baudelaire’s appropriation of Poe’s work can be compared to the influence of Marcel Proust’s translations of Ruskin on the Recherche du temps perdu. Through his translations Baudelaire reflects on the poetics of prose and develops a modern idea of how languages relate to each other, whereas English becomes a sort of second language of the Proustian novel – resuscitating the “strangeness” of languages and their fertile incomprehension. A writer/translator himself, Mallarmé plays a pivotal role: obsessed with a sort of substratum of language where words circulate beneath words, the poet “hones the verse” and uses English to unveil this second language.

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Baudelaire, traducteur des « contes » de Poe ou auteur d’« histoires extraordinaires » ?

Poe par ses contes a créé, dans un medium à vocation référentielle (la prose), des textes clos sur leur propre espace. Baudelaire y a réintroduit d'instinct une dose de transitivité, offrant à son « frère » américain le cadeau empoisonné d'une lisibilité accrue. De cela, j’offre des illustrations commentées. Il me semble que le moment est venu de donner aux traductions françaises le tour d'écrou dont Baudelaire a libéré l’original. Is Baudelaire the translator of “tales” by Poe or the author of “extraordinary stories” ? In composing his tales, Poe created, in a medium devoted to referentiality (prose), texts bound within their own space. With his translations, Baudelaire instinctively reintroduced a measure of transitivity, making the texts more immediately accessible. Of this, I give commented illustrations. It seems to me the time has come to give the French translations of Poe’s tales the turn of the screw from which Baudelaire has freed the original.

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Lost in Translation: Poe, Baudelaire and “The Purloined Letter”

Perdu dans la traduction. En revisitant les lectures de “The Purloined Letter” d'Edgar Allan Poe par Bonaparte, Lacan, Derrida, Johnson et Irwin, cet article soutient qu'une erreur mineure dans la traduction de Baudelaire peut aider à recadrer le contexte critique pour l'histoire comme un modèle de signification. Plutôt que voir la lettre comme un symbole d'une signification absente ou différée, nous partons du principe que la lettre fonctionne comme une carte marquée dans un système de signification clos ou truqué. Lost in Translation: Poe, Baudelaire and “The Purloined Letter”. Revisiting the readings of Edgar Allan Poe’s “The Purloined Letter” by Bonaparte, Lacan, Derrida, Johnson, and Irwin, this paper argues that a minor error in Baudelaire’s translation can help to reframe the critical context for the tale as a model of signification. Rather than seeing the letter as a symbol of an absent or deferred signifier, the paper argues that the letter function as a marked card in a closed or rigged system of signification.

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Loxias | Loxias 30 | Doctoriales VII

Les répercussions du voyage de retour sur la représentation du Nouveau Monde entre 1890 et 1945, ou Comment un non-lieu déréalise un lieu

En 1890, le front de colonisation s’achève et le visage de l’Amérique se métamorphose. À partir de cette date-là jusqu’en 1945, les écrivains européens en profitent pour redécouvrir l’Amérique. Ce nouvel exotisme est fortement influencé par le retour sur l’océan Atlantique en paquebot qui les pousse à évoquer ce « nouveau » Nouveau Monde et à le symboliser avant même de l’écrire. Cette sublimation est primordiale pour mieux comprendre la vision qu’imposeront ensuite ces voyageurs lettrés. In 1890, the frontier had been tamed and the face of America was transforming. From this date on, up to 1945, European writers took advantage of the phenomenon to rediscover America. This new exoticism was heightened by the return to the Atlantic in Ocean liner; a crossing which urged them to evoke this “new” New World and to symbolise it before writing. This sublimation is of primary importance to better understand the vision which these well-read travellers will then imposed.

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L’Ève Future ou le manifeste symbolique du mythe de l’éternel retour

Dans la fabrication de l’Andréïde, une Ève nouvelle décalque de la vivante Alicia Clary dont la perfection n’égale que la bêtise, Thomas Edison s’emploie à rectifier et même à surpasser la Nature. Ce désir de reproduction des apparences du modèle vivant pour atteindre l’œuvre idéale ancre au cœur du roman une réflexion sur les problèmes éthiques et artistiques liés à l’imitation. En croisant le sujet de l’œuvre et le projet artistique recherché par Villiers de l’Isle-Adam, l’analyse se donne pour objectif d’offrir une relecture de L’Ève Future en tant que manifeste symbolique du mythe de l’éternel retour tel qu’il est défini par Mircea Eliade. Avec comme thèmes abordés, la problématique du double et de l’unité rompue, de l’imitation au sens de pure reproduction de la Nature, de l’illusion qu’elle engendre comme du châtiment qu’elle appelle, cet article se propose d’étudier comment, à travers la création d’une Ève nouvelle, Villiers de l’Isle-Adam s’interroge sur la réelle possibilité d’une œuvre nouvelle.

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À propos du film Éclipse totale (Rimbaud Verlaine) : auctor in fabula

Le présent article est issu d’un exposé préparé à l’occasion du séminaire de Master 2 de M. Paul Léon, à l’Université de Nice Sophia Antiplois, autour du film d’Agnieszka Holland : Éclipse Totale (Rimbaud-Verlaine). Autour de trois lieux communs : le poète vagabond, le poète « génial » et le poète prophète, cette étude tente d’approcher la complexité des connexions entre les « mythographèmes » semés plus ou moins consciemment dans l’œuvre et la biographie des deux poètes, subjectivement relayés par les lecteurs, et ici par l’écriture cinématographique.

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Loxias | Loxias 33 | I.

« Être c’est dire », le silence dans l’œuvre dramatique d’Edmond Rostand

Dans l’œuvre d’Edmond Rostand, comme dans celle de ses contemporains, la mise en scène du silence est remarquable. Afin de comprendre le rôle que cette thématique y revêt, la présente étude remonte aux sources du silence dans l’imaginaire rostandien. À la base, le silence présent dans l’œuvre évoque les peurs secrètes d’un jeune auteur dramatique. Le mutisme revêt alors un aspect peu rassurant chez Edmond Rostand. Il semble être la preuve d’une montée de l’aveuglement et de l’ignorance chez les personnages. Le goût de l’auteur pour le théâtre, médium de l’éloquence, s’explique lorsque l’on comprend que, pour Edmond Rostand, le fait de dire permet d’appréhender l’univers et d’exister. In Edmond Rostand’s work, like that of his contemporaries, the staging of silence is remarkable. In order to understand the role this theme takes on in his work, the present article goes back to the origins of silence in Rostand’s imagination. The notion of silence present in his theatre, is reminiscent of the secret fears of a young playwright. It is thus not a very reassuring theme and seems to represent blindness and ignorance in the part of the characters. The author’s natural taste for the stage, medium of eloquence, can be explained when understanding that, for Edmond Rostand, speech enables man to comprehend the internal mechanism of the universe and to exist.

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Le Silence du faune – note sur L’Après-midi d’un faune

Cet article cherche à analyser l’itinéraire d’écriture de L’Après-midi d’un faune, de Stéphane Mallarmé, de 1865 à 1876. Il s’agit en particulier de s’interroger sur la disparition de la scène qui, dans la première version de 1865, faisait paraître les deux nymphes poursuivies par les assiduités du faune – et qui finissent par lui échapper puisqu’il s’interroge sur leur existence. Cette disparition a une double conséquence : la première est la radicalisation du doute du faune quant à l’existence des nymphes (puisqu’elles ne font littéralement plus partie du texte, du moins comme personnages), la seconde est la transformation du monologue faunesque originel en un discours accueillant des séquences dialogiques. Notre hypothèse est que cette transformation affecte le genre même dans lequel le poème se produit, en altérant la forme classique de la parole lyrique, en direction, peut-être, de ce qu’il faudrait appeler (avec Alain Badiou, mais aussi avec Mallarmé lui-même) une « prose » incluse au poème. The aim of this article is to analyse the literary itinerary of L'Après-midi d'un faune, by Stéphane Mallarmé, between 1865 and 1876. It involves, among other things, discussing the disappearance of the scene in which, in the first version of 1865, the faun forces his attentions on the two nymphs – and they eventually escape from him. He's left alone, questioning their existence. This disappearance has a double consequence: the first one is the radicalization of the faun's uncertainty about the existence of the nymphs (since they literally no longer belong to the text, at least as characters), the second one is the transformation of the original monologue of the faun into a discourse that includes dialogical sequences. Our hypothesis is that this transformation affects the very genre in which the poem is written by altering the classical formal aspects of the lyric speech, thus maybe leading towards what should be called (with Alain Badiou but also with Mallarmé himself) a "prose" included in the poem.

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Loxias | Loxias 34 | Doctoriales VIII

Le non-dit dans Point de Lendemain

Le « Non-dit dans Point de Lendemain de Vivant Denon » se propose d’étudier le jeu herméneutique auquel l’œuvre nous invite dès l’épigraphe empruntée à la Seconde épître aux Corinthiens de Saint Paul : « La lettre tue et l’esprit vivifie ». Cette épigraphe se présente comme le modèle interprétatif du texte, dont les significations multiples sont moins à rechercher dans ce que la « lettre » exprime que dans les silences qu’il appartient à « l’esprit » du lecteur de combler. Une énonciation subtile se met en place où le narrateur désolidarisé du personnage ingénu laisse des indices qu’il appartient au lecteur de retrouver. L’article étudiera tout particulièrement le rôle de la Comtesse de…, rôle voilé mais néanmoins central puisque son absence dans l’action du récit est contrebalancée par son omniprésence dans le discours des protagonistes, de sorte qu’elle apparaît comme le lien érotique indispensable entre eux. Et si le secret du jeu libertin était moins à rechercher dans le verbe séducteur que dans les silences du texte ? « The Unspoken in Point de Lendemain by Vivant Denon » examines the hermeneutic game that the story invites us to play from its very epigraph, taken from the Second Epistle of Paul to the Corinthians: « The letter kills, but the Spirit gives life ». This article advances the claim that the epigraph id a reader’s guide to the text, whose multiple meanings are to be sought not in what the text means, but rather in the textual silences the reader must interpret. By dissociating himself from the naïve protagonist, the narrator provides subtle clues that the reader must find. In particular, the article focuses on the role played by « la Comtesse de… » – a role at once veiled and nevertheless central – since her absence in the story’s action is counterbalanced by her omnipresence in the characters’ dialogues, in such a way that she becomes the necessary erotic link between them. What if the secret to the libertine game were to be sought not in its seductive discourse but rather in the silences of the text?

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L’horizon de l’expérience: « Coming of Age » dans les contes The Princess and the Goblin et The Princess and Curdie de George MacDonald

Cet article analyse le concept d’expérience et de passage à l’âge adulte, crucial au conte de fées, dans le diptyque de l’auteur écossais George MacDonald, The Princess and the Goblin et The Princess and Curdie. Le destin des deux personnages principaux nous amène à envisager le passage à l’âge adulte en termes d’acquisition d’une expérience, sexuelle d’un côté et spirituelle de l’autre, et nous permet de lire les deux contes à la lumière des convictions humanistes et chrétiennes de l’auteur. This article analyses the concept of experience and of coming of age, which is central to any fairy tale, in George MacDonald’s two tales: The Princess and the Goblin and The Princess and Curdie. The adventures of the two main characters and their evolution allow us to see this concept of coming of age as the gaining of experience – a sexual experience on the one hand, and a spiritual experience on the other – and to read the two tales as the expression of the author’s humanist and Christian beliefs.

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« Travailler fatigue », mais flâner est impossible : échos whitmaniens dans la poésie de Cesare Pavese

Nous étudions dans cet article l’empreinte laissée par le poète américain Walt Whitman et son recueil Feuilles d’herbe (Leaves of Grass) sur l’écriture poétique de Cesare Pavese, notamment dans le premier cycle de poèmes de Travailler fatigue (Lavorare stanca), écrits de 1930 à 1935. Il s’agit d’examiner non pas tant la présence de certains thèmes whitmaniens chez Pavese ou l’influence stylistique de Whitman sur sa poésie, que la façon dont Pavese s’éloigne du modèle des Feuilles d’herbe – ou, plus exactement, y renonce, admet l’impossibilité de le suivre. Si Whitman est au fondement de l’écriture poétique de Pavese, c’est moins comme une présence que comme une absence : Pavese poète échoue, en toute conscience, à être whitmanien, et c’est sur cet échec que se construit son écriture poétique. Là où la poésie de Whitman est flânerie exaltante, celle de Pavese est ainsi condamnée à rester fatigue du travail. Our goal in this article is to study the trace that American poet Walt Whitman and his collection Leaves of Grass has left on the poetic writing of Cesare Pavese, especially on the first-period poems of Hard Labor (Lavorare stanca) from 1930-1935. We will examine not so much the presence of certain Whitmanian themes in Pavese, or the stylistic influence of the American writer on the Italian one, as the way Pavese veers away from his American model – or rather renounces him as he understands the impossibility of following him. We can certainly find Whitman at the foundations of Pavese’s poetic writing, but more as an absence than a presence: Pavese as a poet fails, in complete awareness, to be Whitmanian, and builds his poetic style on this failure. If Whitman’s poetry is a magnificent idleness, Pavese’s then is condemned to remain a “hard labor”.

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Loxias | Loxias 35 | II.

Le Roman idéaliste dans le second XIXe siècle. Littérature ou « bouillon de veau » ?

“Garnier, collection « Études romantiques et dix-neuviémistes », 2012, 323 p.  ISBN : 978-2-8124-0353-8 Le naturalisme a assis son succès éditorial en combattant les romanciers idéalistes qui occupaient alors une solide position institutionnelle, et en les présentant comme des marchands de « bouillon de veau ». Curieux de juger sur pièces, l’auteur de ce livre s’est appliqué à relire les romans oubliés de Feuillet, de Cherbuliez ou de Delpit. Il définit leur place dans le champ littéraire, étudie la sociologie et les intrigues favorites de leurs fictions; il examine leurs positions morales, religieuses et politiques avant de s’interroger sur les contradict...”

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Loxias | Loxias 38. | Doctoriales IX

Rouge, blanc, noir dans La Fille Elisa : entre artifice architectural et mélancolie poétique

La Fille Elisa est le premier roman qu’Edmond de Goncourt rédige seul. L’on se propose de relire ici cette œuvre longtemps mise de côté par la critique, à travers le prisme des couleurs. Cet ouvrage souvent jugé mineur, où Edmond s’essaie seul à la fois comme architecte et coloriste, révèle une sémiotique des couleurs principalement organisée autour du rouge, du blanc et du noir. Ces trois couleurs participent pleinement à la composition poétique du roman et viennent à la fois confirmer et complexifier l’architecture binaire rigoureuse souvent soulignée par la critique, dans sa mise en regard symétrique de l’univers prostitutionnel et de l’univers carcéral. Nous montrerons comment le rouge, le noir et le blanc soutiennent la tentative de mise à mort du personnage romanesque opérée ici par l’aîné des Goncourt, en tant que romancier, mais aussi en tant qu’individu devant affronter la perte douloureuse de son cadet. La Fille Elisa is the first novel Edmond de Goncourt wrote alone. We intend to focus on the colours used in this novel criticism has kept aside for a long time. This book, often referred to as a minor piece of work and in which Edmond is for the first time both the architect and the colourist, reveals a colour semiotics mainly organized around red, white and black. The three colours greatly contribute to the poetical composition of the book. They confirm and at the same time enrich the rigorous binary architecture criticism often enhanced, by the symmetrical treatment of the prostitution and prison environments. Our analysis will focus on how red, black and white help with the attempt to kill the fictional character, that the elder of the Goncourt planned, as a novelist but also as a man who has just painfully lost his younger brother.

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Verne lecteur de Zola : entre dégoût, rivalité et admiration

Malgré un certain nombre de points communs, Verne et Zola ne se sont jamais fréquentés. Verne n’ayant jamais vraiment appartenu à la sphère littéraire, Zola n’avait aucune raison de le rencontrer ou, plus simplement, de le considérer. Si les jugements de Zola sur Verne dévoilent beaucoup de dédain, ceux de Verne sont beaucoup plus nuancés. Confessant être un lecteur régulier des Rougon-Macquart, Verne attaque Zola dans les Voyages extraordinaires pour sa vulgarité. Pourtant, il montre dans sa correspondance une admiration pour Zola et, plus particulièrement, pour ses qualités de romancier réaliste. L’opinion de Verne oscille entre une rivalité naturelle à l’encontre d’un auteur qui le concurrence dans les librairies voire pour l’Académie, un dégoût tout bourgeois pour cet auteur qui traite de sujets bas et une admiration littéraire pour les « photographies défendues » que révèlent les Rougon-Macquart.

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Le secret chez George Sand

Dans l’œuvre de George Sand figurent des secrets différents par leur nature individuelle ou collective, notamment dans le cadre d’une société secrète. Le secret est à analyser en fonction de plusieurs niveaux, celui du lecteur et celui des personnages, qui connaissent ou ignorent le secret. L’exemple du secret de Jeanne est un cas à part dans la mesure où le personnage est attaché à son secret. Ce dernier est par définition ce qui est caché. Le secret a son histoire dans Jeanne et Le Péché de monsieur Antoine. Selon la permanence du secret, par exemple dans La Comtesse de Rudolstadt, un personnage tel que Consuelo souffre. Par opposition, dans Gabriel, c’est le dévoilement de son secret individuel, à savoir son identité féminine, qui est facteur de souffrance. On saisira à quel point George Sand effectue des variations sur le thème du secret.

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Morales de la faim et stratégies d’écriture

La nourriture, vitale ou métaphorique, est un thème essentiel dans les Fables de La Fontaine, La Faim de Knut Hamsun, Si c’est un homme de Primo Levi, Mangeclous et Les Valeureux d’Albert Cohen. À travers ces œuvres, nous proposons de mettre au jour différentes problématiques du rapport entre faim, morale et écriture. Morals of hunger and writing strategies. Food, be it vital or metaphorical, is a key theme in the Fables of La Fontaine, Hunger by Knut Hamsun, Primo Levi’s If This is a Man, and Nailcruncher by Albert Cohen. Through these works, we shall bring to light various issues concerning the relationship between hunger, moral and writing.

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Loxias | Loxias 39. | Autour des programmes d'agrégation 2013

Histoires dans A Tale of Two Cities (1859) de Charles Dickens

Dans la préface d’A Tale of Two Cities (Un Conte de deux villes), Dickens informe ses lecteurs qu’il conçut l’idée centrale de cette « histoire » (story) en jouant avec ses enfants et ses amis une pièce de Wilkie Collins, The Frozen Deep (L’Abîme glacé). Le mot « story » ici attire l’attention car le titre même de l’œuvre parle de conte (tale) et non d’histoire. A Tale of Two Cities est aussi une évocation fictionnelle de la révolution française et donc de l’histoire nationale, inspirée, nous dit Dickens, toujours dans sa préface, « de la philosophie du merveilleux livre de M. Carlyle ». Le romancier ajoute qu’il n’a pas la prétention d’ajouter quoi que ce soit à cette philosophie, mais est-ce bien le cas ? Histoire, histoire, conte, philosophie : que souhaitait faire Dickens en proposant une telle combinaison ? Cet article se propose de montrer que répondre à cette question permet de mieux saisir ce que Dickens ajoute à ce qu’il appelle les « moyens pittoresques et populaires » de comprendre la Révolution française. In his preface to A Tale of Two Cities, Dickens informs his readers that he thought of a rough outline of a plot for his book as he and his children were performing in Wilkie Collins’s play The Frozen Deep. The word “story” which he uses here is puzzling in that the title of the work mentions a “tale” and not a “story”. A Tale of Two Cities is also a fictional rendering of the French Revolution, inspired, still according to Dickens in his preface, from “Mr. CARLYLE’s wonderful book.” The novelist adds that he nevertheless was not so presumptuous as to try and vie with Thomas Carlyle’s philosophy, but should this claim be taken at face value? History, story, tale, philosophy: what was Dickens trying to achieve in using such a combination? This article will show that the answer to this question provides an insight into what Dickens added to what he called “the popular and picturesque means” of understanding the French Revolution.

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Loxias | Loxias 42 | Doctoriales X

Tieck et Hoffmann lecteurs de la fiction encadrée renaissante : du Décaméron aux contes nocturnes romantiques

Cet article propose de se pencher sur un aspect typique de la Novelle allemande romantique, à savoir que beaucoup des textes de l’époque se présentent comme enchâssés dans un cadre nocturne. Les prosateurs de l’Allemagne romantique empruntent ce dispositif à une tradition extrêmement ancienne, celle de la fiction à récit-cadre, très fréquente dans la littérature antique et tout particulièrement renaissante, et dont les deux matrices sont Les Mille et une nuits et Le Décaméron (qui ne se déroule pas dans un cadre nocturne, mais s’y apparente structurellement). La communication se concentre sur le modèle renaissant, et cherche à montrer, à travers l’étude d’Eckbert le Blond [Der Blonde Eckbert, 1797] de Ludwig Tieck et de La Maison déserte [Das Öde Haus, 1817] d’E. T. A. Hoffmann, comment certains auteurs déconstruisent le protocole renaissant du récit nocturne pour mieux souligner la spécificité de la nuit romantique, qui repose sur l’envahissement du monde humain par la « face nocturne de l’existence » (Gotthilf Heinrich von Schubert). Chez Tieck et chez Hoffmann, il ne s’agit pas de séparer des ordres pour témoigner de la puissance d’organisation du discours, mais au contraire de mélanger les niveaux du récit et des sphères de la réalité que le lecteur pensait séparés, et que les narrateurs croyaient séparer par leur art de la parole, afin de souligner l’activité de ce monde nocturne qui ne laisse pas domestiquer.

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La Carioca rencontre La Source : Pedro Américo dans l’atelier d’Ingres ?

Pedro Américo de Figueiredo e Mello a légué en tant que peintre et romancier brésilien du XIXe siècle une riche documentation qui témoigne de sa préoccupation à participer à la construction et au développement de la modernité de son pays. Enfant prodige, il est parti en Europe à l’âge de 16 ans pour y faire ses études. Élève de L’École des Beaux-Arts et de la Sorbonne, il va trouver au Brésil une forte résistance à son tableau nommé La Carioca peint à Paris. Cette œuvre chargée de mystère et de modernité serait-elle une sorte de personnage ingresque à la brésilienne ? Pedro Américo de Figueiredo e Mello is a Brazilian painter and novelist of the 19th century. He bequeathed rich documentation which demonstrates his concern for his participation in the construction and development of the modernity of his country. Child prodigy, he went to Europe at the age of 16 to study at the École des Beaux-Arts and the Sorbonne. Later in Brazil he encountered a strong resistance to his painting named The Carioca, painted in Paris. Could this work, loaded with mystery and modernity, be considered an Ingres-like character in a Brazilian style?

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Loxias | Loxias 43. | II.

Les Œuvres nissardes de Louis Andrioli (1766-1838)

“Édition avec introduction, traduction française et notes, Acadèmia Nissarda, Nice, 2013. 500 pages sur papier ivoire 130 grammes, 80 reproductions en quadrichromie, format 24 x 16,5 cm, à la française. 35 € (+ 5 € de frais de port), Acadèmia nissarda, Villa Mauresque, 30 avenue André-Theuriet, 06100 Nice * Louis Andrioli est cité par les historiens de la littérature occitane, une rue de Nice porte son nom, mais son œuvre et sa destinée peu commune sont généralement méconnues d’un père venu des Grisons et d’une mère niçoise originaire d’Utelle, il naquit à Sospel en 176...”

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Loxias | Loxias 46. | Doctoriales

Jeux de bouffons, jeux d’optique chez Sarraute et Dostoïevski

Bakhtine attribue à l’aspect carnavalesque du récit de Dostoïevski un pouvoir bouleversant sur le je et sa parole. La logique « de la parodie » à travers un je éclaté en mille morceaux chez Dostoïevski semble être en rapport avec le projet de la destruction de l’identité monolithique formulé par Nathalie Sarraute. En endossant le masque de bouffons, les sujets de ces deux auteurs, si différents au premier abord, saisissent et montrent aux autres la réalité dans son processus de transformation. Une métamorphose s’opère également entre les bouffonneries du diable d’Ivan dans Les Frères Karamazov (1880) et celles inscrites dans la parole du je diffus de Tu ne t’aimes pas (1989). According to Bakhtine, carnival is a creative opportunity for renewal of the hero’s identity and discourse in Dostoevsky’s work. By drawing an unreliable source of identity through carnival devices, Dostoevsky seems to lead Nathalie Sarraute to question the nature and the identity of her own characters. The court jester or the circus clown appears in the works of these two authors as an instrumental figure, which unmasks the truth and presents the reality as a continuous process of metamorphoses. Therefore, I try to establish a parallel between the clownish antics of Ivan’s devil in Brothers Karamazov (1880) and the textual strategies employed by Sarraute to renew, according to a carnivalesque principle, the traditional conception of the hero’s identity in her novel Tu ne t’aimes pas (1989).

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L’idéal perdu à la fin du XIXe siècle : étude sur la colère dans Monsieur de Phocas (1900) de Jean Lorrain et Bruges-la-Morte (1892) de Georges Rodenbach

Infatigable chercheur d’idéal mais exténué par l’environnement délétère, l’esthète fin-de-siècle ne perçoit plus la beauté suprasensible. Certains dandys, comme Monsieur de Phocas, le héros éponyme du roman de Jean Lorrain (1900), se lancent alors dans la quête du beau qu’ils croient parfois déceler dans l’œil d’une femme, « car c’est le seul œil qui voit la grande beauté » (Plotin, Ennéades, I – IV). De même, Hugues Viane, dans Bruges-la-Morte (1892) de Rodenbach, pense reconnaître sous les traits d’une danseuse sa défunte épouse dont il est toujours religieusement épris. Mais l’un comme l’autre seront finalement déçus par ces trompeuses correspondances terrestres d’une beauté supérieure. L’idéal évanescent qu’ils poursuivent ne fait place, finalement, qu’à la laideur morale de ces femmes entraînant un sentiment mêlé de frustration et de colère. L’animosité soudaine dont ils font preuve rompt, dès lors, avec leur posture mélancolique et raffinée du début des deux romans. Et, par haine de ce succédané perverti de l’idéal amoureux, tous deux sombrent dans la violence grossière.

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Loxias | 47. | I.

Le Spleen de Paris sous le masque de la pantomime

Dans De l’essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques, Baudelaire se souvient de la représentation d’une pantomime au théâtre des Variétés : au Pierrot français, discret et muet, s’oppose l’excentrique Pierrot anglais, dont le rire qui « ressemblait à un joyeux tonnerre », fit « trembler la salle ». Par sa gestuelle et son masque démesurément outrés, le Pierrot anglais provoque « une ivresse de rire, quelque chose de terrible et d’irrésistible ». D’emblée, la caricature est placée sous le signe de la violence. Violence de l’exagération, d’une part, qui vient déformer les traits des personnages ; violence de la réception, d’autre part, qui laisse le spectateur sous « le vertige de l’hyperbole ». C’est la violence de l’exagération qui vient faire grimacer la représentation à la fois du corps et du texte, qui nous intéressera dans cet article.

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Loxias | 48. | I.

L’identité polynésienne au contact de l’Occident : une étude comparative de la nouvelle « La Bouteille Endiablée » de Robert Louis Stevenson et du roman The Bone People de Keri Hulme

En écrivant « La Bouteille Endiablée », Stevenson dresse le portrait d’une société polynésienne fragilisée, dont les autochtones sont tour à tour attirés par le faste occidental et mus par un désir de conserver leurs coutumes. Cette quête d’harmonie, notamment illustrée par le motif de la construction d’un foyer véritablement accueillant, voit également s’opérer un changement dans la représentation des personnages féminins. Hulme, dans un contexte forcément plus moderne, décrit elle aussi les errements d’une société biculturelle et bouleverse la figure de la femme en littérature. Un intérêt tout particulier sera accordé aux connaissances anthropologiques et mythologiques de Stevenson, qui profite d’un retour aux sources de ses protagonistes pour notamment réhabiliter le principe du don / contre-don. Hulme fait de même en reproduisant le mythe de création maori, depuis Te Kore jusqu’à Te Ao Mārama. Enfin, l’existence même de ces deux œuvres mêlant l’Europe et la Polynésie nous semble témoigner de la possibilité pour la culture occidentale de s’intégrer à la société océanienne. In “The Bottle Imp”, Stevenson describes a vulnerable Polynesian society, its autochthonous population being both enthralled by the opulence of the West and resolute to keep their traditions alive. This quest for stability, which is symbolised by the construction of a welcoming home, also allows female characters to be assigned a more critical role. Hulme, a contemporary author, writes too at length about the turmoil of a bicultural country while revolutionising the traditional depiction of women in literature. Some light will be shed upon Stevenson’s knowledge of anthropology and mythology as he rehabilitates the gift / counter-gift principle when he has his characters return to their roots. As for Hulme, she chooses to repeat the Maori creation myth, from Te Kore to Te Ao Mārama. This will lead us to conclude that both pieces of literature, as hybrids of European and Polynesian cultures, seem to indicate that there is a possibility for the West to be assimilated into the Pacific.

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Ballades de la mer salée : fictions du Pacifique chez Robert Louis Stevenson et Hugo Pratt

L’objectif de cet article est de rapprocher Robert Louis Stevenson et Hugo Pratt par le biais de leur relation au Pacifique. Nous ferons l’hypothèse que la culture polynésienne, dont chacun d’eux a une connaissance extrêmement précise, a tendance à s’exprimer, dans leur œuvre fictionnelle, de manière particulière lorsqu’elle est liée à la navigation ou à l’expérience de la mer : elle prend alors la forme du mythe, de la pause poétique ou fantastique, où le récit se détache de la représentation historique pour s’inscrire dans le temps long du conte.

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In the South Seas: Robert L. Stevenson’s Anglo-Southern Relations, or Orientalisms denied

In the history of British culture, few authors have distanced themselves from the otherising discourse that has informed its imperial master narrative. Thanks to his Polynesian works, he has been appropriately considered a sort of avant-la-lettre postcolonial author. If at that time there was an exoticism reminiscent of colonialism (Pierre Loti, Rudyard Kipling), there also was an exoticism which tried to distance itself from the colonial project and endeavoured to come to terms with alterity rather than identity. The aim of this essay is to survey his In the South Seas and see in what ways he resisted the deculturing British action, as far as sex/gender and race are concerned. Dans l’histoire de la culture anglaise, peu d’auteurs ont pris leurs distances vis-à-vis du discours sur l’autre qui a caractérisé les romans de l’empire britannique. Grâce à ses œuvres polynésiennes, il a été considéré comme une sorte d’auteur postcolonial avant la lettre. Si à cette époque-là existait un exotisme qui rappelait le colonialisme (Pierre Loti, Rudyard Kipling), il y avait aussi un exotisme qui tentait de se distancier du projet colonial et tentait de parvenir à un accord avec l’altérité plutôt qu’avec l’identité. Le but de cet article est d’examiner son In the South Seas et de voir comment il a résisté à l’action britannique en vue de déculturer l’autre en ce qui concerne le sexe/genre et la race.

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Loxias | 49. | I.

L’invention de Charlot : corps politique, corps poétique

Le personnage de Charlot, mi-gentleman, mi-clochard, consacre à sa manière l’importance dérisoire du moi, un moi capricieux qui résiste à l’entreprise d’uniformisation que lui fait subir le réel. Tirant sa force des jeux de l’enfance et de la pantomime, son art du muet sert un humour « vagabond » qui procède d’un processus d’irréalisation poétique servi par le burlesque. Portée par une conjonction d’influences, la figure de Charlot est une figure mixte qui cristallise à la fois une spiritualité poétique proche du « Witz » romantique et la modernité de l’humour. Son jeu est une invite à préserver l’élan originel de la conscience, et par là-même, à échapper au conditionnement industriel, en particulier dans Les Temps modernes, où ses vagabondages cinématographiques sont autant de figurations poétiques de la résistance.

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Loxias | 50. | Doctoriales

Le motif des voyages de l’âme chez Baudelaire et Yavorov

La poésie bulgare du début du XXe siècle s’inspire largement des œuvres des poètes français du siècle précédent, parmi lesquels Baudelaire est l’un des plus cités et des plus admirés. Ainsi, l’une des figures emblématiques du « modernisme » bulgare, le poète Péio Yavorov, né en 1878 et mort en 1914, qui pratique le français et effectue plusieurs séjours en France, porte le projet, resté malheureusement irréalisé, de traduction des Fleurs du mal. De plus, Yavorov occupe, dans son pays, une place proche de celle qu’occupe Baudelaire en France. Tous les deux apportent « un frisson nouveau », celui de l’« âme », déchirée entre l’idéal et le dégoût, la beauté et l’ennui métaphysique. Cette proximité pourrait être illustrée par le commentaire comparé des poèmes « Les foules » et « Chanson à ma chanson » qui abordent le même thème, celui des pérégrinations de l’âme dans des intériorités étrangères. Sur ce point, les deux poètes se rencontrent de manière confondante car leurs textes expriment les mêmes entrelacements de contradictions éthiques, d’érotisme et de métaphysique. De cette proximité naissent également les nuances, dues à la spécificité de l’évolution de la poésie française et de la poésie bulgare, montrant à quel point la différente « éducation esthétique », reçue par les générations précédentes, peut éloigner des sensibilités originellement fraternelles.

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Loxias | 51 | II.

Poétiques du descriptif dans le roman français du XIXe siècle

Cet ouvrage envisage la description comme un discours muet qui parvient à inscrire dans un texte une éthique ou des récits sous-jacents que l’herméneute seul peut décrypter. Cette étude livre les résultats d’une enquête sur les enjeux éthiques et esthétiques qui se nouent au cœur des descriptions romanesques. This work considers description as a mute discourse which succeeds in inscribing an ethic or underling narrative into a text which can only be deciphered by the hermeneute. This study reveals the results of an enquiry into the ethical and aesthetic stakes which lie at the heart of novelistic description.

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Loxias | 52. | I.

« Alexander von Humboldt : un précurseur de l’écopoétique ? »

L’analyse de la littérature par la place qu’y occupe la Nature ou l’étude du rôle de la littérature dans la conception et la préservation des espaces naturels ne sont pas choses nouvelles. Elles dictaient déjà l’écriture des histoires du « sentiment » de la nature qui ont fleuri en Europe dans la seconde moitié du XIXe siècle. Ce « sentiment de la nature » préside aussi à la composition du Kosmos d’Alexander von Humboldt qui, dès 1845, inscrivait au sein d’une description physique du monde l’histoire des effets de la Nature sur l’art et, corrélativement, l’histoire de la littérature descriptive. Il peut être tentant de faire du naturaliste allemand l’un des précurseurs des études contemporaines d’écocritique. Cela suppose de mesurer alors les enjeux scientifiques et politiques de la définition, par Humboldt, de ce fameux « sentiment de la nature » et de l’analyse de ses manifestations, pour éviter autant que possible l’illusion rétrospective et pouvoir, en retour, mettre en évidence les présupposés de la nouvelle école critique. La recherche d’un modèle historique ne laisse indemnes ni la source décrétée, ni l’avenir des textes qui pourraient s’inscrire dans sa lignée. Ainsi, l’hypothèse suivant laquelle Alexander von Humboldt serait non seulement l’un des inventeurs de l’écologie scientifique mais aussi l’un des précurseurs de l’écocritique conduit à observer, à l’œuvre, l’élaboration de plusieurs voies critiques possibles, touchant autant à l’histoire littéraire qu’au renouvellement des principes poétiques.

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Loxias | 53. | I.

La théorie queer : de ses origines aux débats actuels

Depuis son entrée dans la langue au XVIe siècle, le terme queer en anglais signifiait « étrange » ou « bizarre », mais il n’a pas eu de connotation sexuelle avant le début du XXe siècle, où il a commencé à servir d’insulte contre les hommes efféminés. Pendant les années 1980, le terme aura été repris par la communauté gaie et par les universitaires dans le but de retourner le stigmate pour développer une praxis de résistance contre ce qu’ils appellent « la tyrannie du genre ». C’est un panorama du mot et du concept que propose la présente étude.

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Loxias | 54 | I.

Suivre « le char d’une femme célèbre » : Benjamin Constant et Germaine de Staël face à la question du genre

S’appuyant sur les Journaux intimes de Benjamin Constant et la littérature critique à leur propos, le présent article se penche sur la façon dont cet adepte de l’introspection perçoit les conventions genrées de son temps et, à l’aune de cette norme, la lecture qu’il fait de son propre rôle dans sa relation avec Germaine de Staël, relation qu’il n’hésite pas à qualifier d’exceptionnelle. Le propos se centre sur la façon dont l’écrivain exprime cette perception dans l’intimité absolue de ses Journaux intimes, lieu privilégié d’une quête identitaire et d’une construction de soi qui culminent dans Amélie et Germaine, son premier journal, où Constant procède à une auto-analyse à la lumière de ses rapports avec les deux femmes. L’article cherche à montrer comment Constant, déchiré entre un désir d’émancipation qui est aussi une aspiration à la gloire et une peur du changement qui le paralyse, tente, dans cet espace de l’intime, de définir son identité et d’agir sur son être profond, afin de pouvoir envisager l’avenir.

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Earth of Dark Names. Adventure and adventurers, narration and narrators in Stevenson and Conrad

Cet article est une étude de l’aventure de la narration dans la narration d’aventure, à travers l’analyse du rôle de noms et voix ambiguës dans The Master of Ballantrae et The Ebb-Tide de Robert Louis Stevenson, et dans Heart of Darkness et les récits de Joseph Conrad. Les ombres qui couvrent les noms et les voix des personnages et des narrateurs dans ces œuvres, en effet, contribuent au mystère à la fois de l’aventure et de la narration, et voilent non seulement les identités de ces personnages, mais aussi leurs histoires. À travers une lecture approfondie de ces œuvres, nous verrons comment dans ces « histoires impossibles » d’îles et de terres « douteuses » dont les noms sont aussi perdus, l’impossibilité de raconter devient elle-même un conte. The article intends to investigate the adventure of narration in the narration of adventure, through the analysis of the role of ambiguous names and voices in Robert Louis Stevenson’s The Master of Ballantrae and The Ebb-Tide, and Joseph Conrad’s short stories and Heart of Darkness. The shadows covering the names and voices of characters and narrators in these works, in fact, contribute both to the mystery of adventure and the mysteries of narration, veiling not only the identities of these characters but also their whole tales. Through a close readings of these works, we will see how these “impossible tales” on “doubtful” islands and lands whose names are also lost, so that the impossibility of telling tales becomes itself a tale.

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La figure de la fée électricité dans L’Ève Future de Villiers de L’Isle Adam : une illustration des utopies technologiques de la fin de siècle

Notre étude analyse la manière dont le merveilleux scientifique utilise les conventions du conte pour illustrer une utopie, celle du scientisme de la fin du dix-neuvième. La critique littéraire a jusqu’ici accordé peu d’importance au merveilleux scientifique, le confondant bien souvent avec la science-fiction. Ainsi, L’Ève Future de Villiers de l’Isle Adam (1886) est souvent considérée à tort comme un roman de science-fiction. Le récit traite en effet de la création d’une femme machine par le célèbre savant Edison. En tournant les pages, le lecteur s’évade pourtant à travers un récit peuplé de fées, d’esprits, de châteaux brumeux, et de magie, caractéristiques du registre merveilleux. Nous nous concentrerons sur la représentation, dans le roman, de la fée électricité. Nous examinerons la manière dont cette figure de la fée illustre la fonction magique souvent attribuée à la technique et analysée en philosophie par Ernst Bloch. This article points out the rupture that occurred at the end of the 19th century in the utopian tradition: no longer representing a new land, it is now science that creates enchantment and that can lead human beings to happiness in a perfect place. Paradoxically, this technological utopia is not described in the language of science, but in terms of its seeming contrary: the fairy tale. Relying on the work of Ernst Bloch, who established the relationship between utopia and fairy tales, this article examines the fairy tale elements in an overlooked novel by Villiers de l’Isle-Adam, L’Ève Future [The Future Eve], that I analyze as a techno-utopia in which a machine is to bring love and bliss to the protagonists. The story takes place in Edison’s laboratory, where, thanks to his experiments on electricity, he creates a machine-woman, an android, to replace his friend’s imperfect fiancée. On the first page, the author classifies the story as a “legend” in which the hero is considered “a magician” and “a sorcerer”. The reader then penetrates into a scientific fairy tale full of fairies, spirits, castles and magic. Rather than interpret the work as a science fiction novel, as most criticism does, I instead provide a close textual analysis showing how a new form of utopia is established through a curious union of science and magic.

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La querelle du romantisme vue par le prisme satirique (1820-1864)

En 1820, quand paraissent les Méditations poétiques, le succès est considérable. Depuis près de deux décennies, ceux qu’on nommait alors les réformateurs attendaient le chef-d’œuvre qui leur manquait pour légitimer le renouveau poétique qu’ils appelaient de leurs vœux : les Romantiques, avec Lamartine, avaient enfin trouvé leur champion. La résistance classique s’organisait cependant : depuis les premiers écrits de Mme de Staël et la popularisation en France des œuvres d’auteurs septentrionaux (anglais et allemands principalement), on n’avait cessé de dénoncer la détérioration des lettres, on n’avait cessé de porter des accusations douteuses sur le manque de patriotisme des thuriféraires de Staël et Schlegel, on n’avait cessé de fustiger la poétique de la nouvelle école. Mais après 1820, alors que les « régénérateurs » s’emparent progressivement du Pinde, la « querelle des classiques et des romantiques », ultime avatar de la querelle des Anciens et des Modernes inaugurée sous Louis XIV et promise à une longue postérité, s’intensifie. Le prisme satirique est un excellent biais pour en appréhender les enjeux.

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Loxias | 56. | I.

Crèvecœur, Chateaubriand, and the Twilight of Native American Civilizations

Cet article compare la représentation des peuples amérindiens dans l’œuvre de deux auteurs français ayant voyagé en Amérique à la fin du dix-huitième siècle : Saint-John de Crèvecœur et Chateaubriand. Ces deux auteurs partagent une même conviction : bientôt, les civilisations amérindiennes seront anéanties. L’article analyse les stratégies adoptées par ces deux auteurs afin de collecter et transmettre à la postérité des fragments appartenant aux cultures amérindiennes. Dans la lignée de L’Écriture de l’histoire de Michel de Certeau, il s’interroge également sur le « logocentrisme » dont cette entreprise témoigne et sur les rapports conflictuels entre cultures de l’oralité et cultures de l’écrit. This article compares the representation of Native American people in the works of two French writers who visited America at the end of the eighteenth century: Saint-John de Crèvecœur and Chateaubriand. These two writers share a similar conviction: soon, Native American civilizations will be destroyed. This article studies the strategies adopted by Crèvecœur and Chateaubriand in order to collect and pass on to posterity cultural fragments of Native American civilizations. In line with the The Writing of History by Michel de Certeau, it questions the “loogocentrism” inherent in this undertaking as well as the conflictual relations between oral and written cultures.

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L’identification des Américains aux peuples premiers : une stratégie géo-politique

Cet article veut montrer la nature de la relation entre les peuples premiers et les colons euro-américains au début du XIXe siècle. Il s’agit de mettre avant la stratégie d’identification révélée dans Les Expéditions de Zebulon Pike, un militaire missionné par le gouvernement de Jefferson pour recenser les tribus amérindiennes ainsi que les territoires de la vallée mississippienne. Par extension, la construction de l’identité de la nation américaine semble donc être conditionnée par cette identification calculée, mais par ailleurs nécessaire, aux peuples premiers. Il s’agit également de souligner la réciprocité « forcée » de cette identification afin d’assimiler les peuples premiers et de négocier l’acquisition de leurs territoires. L’analyse de certains éléments du récit d’exploration de Zebulon Pike permettra enfin de comprendre le point de vue que les Américains prêtent aux Amérindiens et comment ce point de vue légitime les choix politiques du gouvernement américain. This article studies the nature of the relationship between the first American peoples and the Euro-American settlers. I will try to highlight the strategy of identification revealed in Zebulon Pike’s Expeditions. President Thomas Jefferson commissioned Pike, a soldier, to survey the territories of the Mississippi Valley and to document the Native American tribes. A residual benefit of the calculated but also necessary identification of the Amerindians was the shaping of the identity of the American nation. The "forced" reciprocity of this identification process aimed at assimilating the first peoples and negotiating the acquisition of their territories. An analysis of Pike’s narrative provides additional perspectives on the Amerindians in the early years of Euro-American expansionism and how those perspectives worked to legitimate the political choices of the American government.

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Emily Dickinson et les Indiens d’Amérique

Emily Dickinson est connue pour son style précurseur de la poésie moderne américaine, mais certaines origines de son inspiration restent encore méconnues. Elle avait une vision transcendantaliste de la vie. Ainsi, la question de l’impact des Indiens d’Amérique sur les écrits et la vie du poète se pose. Dans cette étude, en observant et en analysant des événements de sa vie, son choix très sélectif d’amis, ses lectures et ses poèmes, une réponse peut être apportée quant à la vision qu’Emily Dickinson porta sur cette ethnicité. Emily Dickinson is known for her pre-modern poetry, but the origins of her inspiration have not yet been entirely established. She had a transcendentalist vision of life. Therefore, one may wonder if Native Americans had an impact on her life and her work, and if so, to what extent? In this study, by leaning on and analyzing some events of her life, her selective group of friends, her readings and her poetry, a frame to Emily Dickinson’s vision of this ethnicity will be offered.

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Loxias | 58. | I.

L’amour et la souffrance dans les romans de Léon Bloy : un écrivain contre son temps

Dans les romans de Léon Bloy, la prostituée et la sainte femme (pauvre) sont les représentantes privilégiées de la doctrine hétérodoxe de l’auteur sur l’Amour chrétien. Ainsi que l’explique Léon Bloy dans une lettre à Georges Landry en 1873, « un cœur sans afflictions est comme un monde sans révélation ». Dans cet article, il s’agira d’étudier les deux personnages féminins majeurs présents dans l’œuvre bloyenne : Véronique Cheminot et Clotilde Maréchal. L’étude de ces figures féminines montrera que c’est à travers elles que l’auteur critique le rationalisme et le matérialisme (scientifique et littéraire) de la Troisième République naissante. Devenant grâce à leur souffrance consentie de véritables saintes, Véronique et Clotilde traduisent la pensée de la souffrance « féminine » chère à Léon Bloy. In the novels of Léon Bloy, the prostitute and the holy woman (who is poor) are privileged representatives of the author’s heterodox doctrine regarding Christian love. As Léon Bloy explains in his letter to Georges Landry in 1873, « a heart without affliction is like a world without revelation ». In this article, we shall study the two major female characters in the novels of Léon Bloy: Véronique Cheminot and Clotilde Maréchal. We will show that it is through them that the author criticizes the Third Republic’s rationalism and scientific and literary materialism.

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L’univers des « chinoiseries »

Les Français déçus par ces maudits produits made in China aujourd’hui en raffolaient il y a un siècle. Au XIXe siècle, en effet, le made in China de la langue commerciale porte un autre nom, celui de la jolie « chinoiserie », dont la définition brouille les frontières géographiques, théoriques et pose la question de son mode de production, de sa valeur. Le plus étonnant reste son omniprésence dans la littérature française de l’époque. Romantisme, réalisme, naturalisme : ces objets traversent tous les mouvements littéraires jusqu’à la littérature fin-de-siècle. Pourquoi cette présence ? Quels sont les objets de Chine les plus décrits par les écrivains français de cette époque ? Quels rôles jouent-ils dans les œuvres françaises ? Ces objets, bien plus que de simples symboles d’un luxe passé, se transforment en matériaux poétiques contemporains chargés d’histoire et permettent d’aborder sous un angle nouveau un débat sur l’art et une réflexion profonde sur sa conception moderne.

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Catégories du « féminin » dans le Yaohua zhuan : relations remarquables entre un esprit-renard princesse et des femmes marginales dans un roman chinois fantastique de la dynastie Qing

Cet article étudie la relation spécifique entre la protagoniste esprit-renard et des femmes remarquables dans le roman fantastique ancien en chinois vernaculaire Yaohua zhuan 瑤華傳 [L’Histoire de Gloire de Jaspe] de 1803 de Ding Bingren. Selon moi l’esprit-renard se fait, dans ce texte et dans plusieurs romans en vernaculaire de l’époque, « signifiant » du discours refoulé de ces femmes, caractérisées à la fois par leur talent et leur marginalité, et d’autres personnages hybrides qu’on peut qualifier de féminins, au sens du concept anthropologique de « féminin polluant », véhicule d’hétérodoxie et de subversion. Cette « voix dissonante » est cruciale pour comprendre celle qui est selon moi la véritable portée du personnage d’esprit-renard dans ce contexte romanesque fantastique et en vernaculaire : non seulement de transgression sexuelle, comme les études en chinois classique le montrent bien, mais aussi de subversion sociopolitique. This paper enquires the specific relationship between the fox-spirit protagonist and many remarkable women in the ancient fantasy vernacular Chinese novel Yaohua zhuan 瑤華傳 [The Story of Jasper’s Glory] written in 1803 by Ding Bingren. In my opinion, in this text and in other vernacular novels of this period, the fox-spirit becomes a « signifier » in the psychoanalytical sense: it carries the repressed discourse of these women, connoted by their talent and by their marginality at the same time, and of other hybrid characters, which can be called feminine in the sense of « pollutant feminine » anthropological concept expressing heterodoxy and subversion. This « dissonant voice » is crucial to get what’s for me the truly scope of the fox-spirit character in this kind of fantasy vernacular novels: not just sexual transgression – as classical Chinese studies have already shown – but also sociopolitical subversion.

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De quoi la philanthropie était-elle le nom ?

À quoi renvoie le terme de philanthropie si souvent utilisé par les romanciers du XIXe siècle ? Est-ce la même notion qui est invoquée sous la plume d’un Dumas, d’un Zola ou d’un Stendhal ? Cet article tentera de montrer la mutation du sens du mot philanthropie tout au long du XIXe siècle, de voir les deux âges qu’il a connus et qui correspondent à deux sensibilités du XIXe siècle : le temps des utopies aux élans révolutionnaires et l’âge de la rationalité scientifique, féru de statistique et d’enquête sociale.

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Loxias | 62. | I.

Pierre Gringore dans et hors de Notre-Dame de Paris

Dans Notre-Dame de Paris, Victor Hugo fait découvrir la fin du Moyen Âge à ses lecteurs. C’est en 1482, dernière année de règne de Louis XI, qu’ont lieu les aventures de la Esmeralda, de Quasimodo, mais aussi de Pierre Gringoire. Dans cette atmosphère de mutation historique et politique qui fait écho à celle des années 1830, Gringoire est le seul des protagonistes principaux à avoir un alter ego clairement identifiable dans la réalité. Pour créer ce poète ridicule mais talentueux, pauvre mais prétentieux, lâche mais ingénieux, Victor Hugo s’inspire librement de Pierre Gringore. Également actif durant une période de transition, entre Moyen Âge et Renaissance, il a de nombreux points communs avec son homologue fictionnel. Ainsi, le fait de s’intéresser aux activités, à la vie et aux textes du poète Gringore permet d’enrichir l’analyse du personnage Gringoire, analyse qui nourrit à son tour l’étude de l’œuvre du poète authentique. In « Notre-Dame de Paris », Victor Hugo helps his readers discover the end of the Middle Ages. In 1482, during the last year of Louis XI’s reign, la Esmeralda’s and Quasimodo’s adventures take place, but also those of Pierre Gringoire. In this atmosphere of historical and political changes – echoing that of the 1830s, Gringoire is the only one among the main characters, to have an alter ego, clearly identified in real life. To create this ridiculous but talented poet, poor but pretentious, coward but inventive, Victor Hugo freely drew his inspiration from Pierre Gringore. Active during a transition period, between the Middle Ages and the Renaissance, Pierre Gringore has a lot in common with his fictional double, so that the poet’s activities, life and literary works provide as much information on the character’s as the character does on the analysis of the author’s work.

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