Géraldine Veysseyre


Géraldine Veysseyre est maître de conférences habilitée à diriger les recherches à Sorbonne-Université (Lettres, UFR de langue française). Philologue et spécialiste des textes du Moyen Âge central et tardif, en particulier les chroniques historiques et les traités religieux, notamment traduits du latin, elle s’intéresse à leur diffusion par les copistes à l’ère du manuscrit. Plus récemment, elle a élargi ses recherches aux imprimés anciens et à la périodisation du moyen français en sondant l’évolution de la langue d’oïl dans les années 1480-1520.

Articles de l'auteur


Loxias | Loxias 7 (déc. 2004) | Langue et littérature françaises

Agrégations de Lettres 2004-2005 - La Queste del saint Graal Bibliographie

“AvertissementDans la partie de cette bibliographie consacrée à l’ancien français et aux études linguistiques de la Queste del saint Graal, vous trouverez des indications pour utiliser au mieux les ouvrages cités. Dans la partie de cette bibliographie consacrée aux approches littéraires de la Queste del saint Graal, les références sont classées en trois sections : 1. Œuvres médiévales à connaître ; 2. Études ; 3. Outils bibliographiques. Ces sections sont à leur tour subdivisées : nous avons notamment pris soin de distinguer dans la masse des travaux critiques disponibles les études qui nous paraissent ...”

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Loxias | 75. | I.

La Mort Artu éditée par David Hult : entre respect du manuscrit
et quête du texte (perdu)

L’édition de La Mort Artu qu’a publiée Jean Frappier en 1936 a fait date. Immédiatement saluée par la critique et plusieurs fois rééditée, cette édition a fourni le texte traduit en français moderne non seulement par Monique Santucci en 1991, mais encore par Patrick Moran en 2021. C’est d’abord parce qu’elle s’appuie sur une étude approfondie de l’abondante tradition manuscrite du roman (Étude sur « La Mort le roi Artu », 1936) que cette édition de Jean Frappier fait autorité depuis si longtemps. C’est aussi parce qu’elle illustre une méthode d’édition rarement employée pour les textes français : Frappier publie l’œuvre non pas d’après un témoin spécifique, mais en tentant de reconstruire un état du texte qui, sans être attesté par aucun des témoins survivants, cherche à se rapprocher de l’original perdu. À partir des années 1990, ce choix méthodologique a été discuté par plusieurs spécialistes, linguistes ou philologues. Dans le sillage de ces débats, trois nouvelles éditions ont paru : deux fondées sur un témoin précis du texte (Baumgartner et de Medeiros, 2007 ; Walter, 2009), et celle de David Hult (2009), cherchant un compromis entre respect du document et quête du texte originel. Ces nouvelles publications ont suscité peu de comptes rendus critiques. Nous nous proposons donc d’examiner à nouveaux frais le travail éditorial de David Hult, à l’aune des éditions précédentes, en mesurant non seulement ses apports, notamment au plan linguistique et en termes d’apparat critique, mais aussi ses limites. The Mort Artu in David Hult’s edition, or how to find a middle ground between following the best manuscript and rebuild the (lost) textIn 1936, when Jean Frappier published his edition of the Mort Artu, he set an important milestone in the field of philology and medieval literature. Immediately praised by multiple reviews, his edition has provided the text translated into modern French not only by Monique Santucci in 1991, but also by Patrick Moran in 2021. Frappier’s edition has been considered a reference book in the long run for two main reasons: it is based on an ambitious study of the large manuscript tradition of the text (Étude sur « La Mort le roi Artu », 1936), and it illustrates a philological method often shunned by specialists of French literature. Indeed, Frappier does not rely on a chosen manuscript witness, but he tries to rebuild a version that is closer from the original text than any extant manuscript. From 1990 onwards, objections have been raised against this method of his, launching scientific discussion. In the wake of these debates, three new editions have been published: on the one hand, Baumgartner /de Medeiros and Walter based theirs on specific manuscripts (respectively in 2007 and 2009). On the other hand, Hult positions his edition (in 2009) on a middle ground between observing one chosen manuscript (especially its linguistic features) and approaching the original version above it in the stemma codicum. These new books have not inspired many reviews. In this paper, we intend to try and fill this gap by comparing David Hult’s editorial work with the previous editions of the same texts. Our goal is to measure on the one hand the novelties it has introduced (especially as regards the linguistic features of the text and the critical apparatus added to it), and on the other hand its limits.

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