Proust dans Loxias


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Loxias | Loxias 18 | Doctoriales

Les avatars du Littéraire chez Jean Lorrain

A travers les nombreuses représentations que propose Jean Lorrain du monde des lettres à la Belle Epoque, l’article interroge leurs rapports ambigus. L’étude des critiques parus dans les quotidiens de l’époque, l’analyse de l’œuvre fictionnelle, mais aussi divers épitextes mettent au jour les tensions paradoxales qui travaillent l’écriture lorrainienne. Outre une évocation particulièrement haute en couleur de ses contemporains, le foisonnement des mises en abyme et des doublons romanesques permet d’une part de dessiner certains principes esthétiques, mais aussi d’élaborer une image romanesque de lui-même.

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Loxias | Loxias 28 | I.

Baudelaire et Proust traducteurs : les limites de l’étrangeté

Nous examinons en quelle mesure la prise en possession de Poe par Baudelaire peut être comparée à l’influence des traductions ruskiniennes de Marcel Proust sur la Recherche du temps perdu. Si Baudelaire peut articuler, grâce à la traduction, une réflexion sur la poétique de la prose et une conception moderne sur la mise en rapport des langues, l’anglais devient une sorte de langue seconde du roman proustien et la pensée de la langue anglaise s’y reflète par un effet de mémoire de Babel, ressuscitant l’« étrangeté » des langues et leur féconde incompréhension. Dans le rapport des écrivains/traducteurs à leur(s) langue(s), Mallarmé joue un rôle de charnière : se trouvant obsédé par une sorte de sous-sol de la langue, où les mots circulent sous les mots, Mallarmé « creuse le vers » en tachant de retrouver cette langue seconde à l’aide du passage par l’anglais. Baudelaire and Proust as translators : the bounds of strangeness. We are investigating to what extent Baudelaire’s appropriation of Poe’s work can be compared to the influence of Marcel Proust’s translations of Ruskin on the Recherche du temps perdu. Through his translations Baudelaire reflects on the poetics of prose and develops a modern idea of how languages relate to each other, whereas English becomes a sort of second language of the Proustian novel – resuscitating the “strangeness” of languages and their fertile incomprehension. A writer/translator himself, Mallarmé plays a pivotal role: obsessed with a sort of substratum of language where words circulate beneath words, the poet “hones the verse” and uses English to unveil this second language.

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Loxias | Loxias 29 | I. | 1. Eros

Le désir de ne pas traduire. Quelques réflexions sur l’amour pour une langue étrangère

Certains écrivains éprouvent, non le désir de traduire, mais le désir de ne pas traduire : ils choisissent de conserver des mots étrangers dans leur propre texte. À travers les exemples de Stendhal, d’Alfieri et de Proust, on étudie quelques modalités de ce rapport à la langue étrangère. Some writers feel, instead of the wish of translation, the wish of not translating: they choose to keep foreign words in their own texts. After the example of Stendhal, Alfieri and Proust, the paper examines different modes of this relation to foreign language and of writing as a translation.

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« Une volonté explosive de bonheur » : Walter Benjamin et l’Eros de la traduction

Érotisme et traduction sont indissolublement liés pour Walter Benjamin. Parce que l’Eros est synonyme de quête de l’absolu et de la totalité, et parce qu’il a aussi été un traducteur, de Baudelaire, de Saint-John Perse, de Proust. Il était profondément convaincu de la force du désir qui circule dans ces textes. Nous nous intéresserons d’abord à la traduction utilisée comme un dispositif d’accréditation et comme un système thaumaturgique, dans le cadre d’une grande déception amoureuse. Puis nous relirons le texte essentiel qu’est ‘Die Aufgabe des Übersetzers’–‘La Tâche du traducteur’ en étant attentif à ce qui, en lui, relève d’une pensée de l’Eros. Peut-être est-ce ce qui le structure tout entier. Enfin nous évoquerons cette première actualisation de la théorie que représenta en 1923, la traduction des Tableaux parisiens de Baudelaire. L’un de ces poèmes célèbres, « À une Passante », indiscutablement « érotique », préfigure la pensée sur l’Histoire de Benjamin.

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