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ERIEP | Number 4 | Selected Papers

FLOSS in an industrial economics perspective

Ces dernières années, la diffusion du logiciel libre, ou open source, représente une des évolutions les plus importantes de l’industrie des technologies de l’information. Dans un contexte d’une économie basée sur la connaissance, ce modèle apparaît comme exemplaire pour de nombreuses industries, où la quantité de connaissance qu’il faut maîtriser est trop grande pour être maîtrisée par un seul agent, même puissant. Considérer la connaissance comme une ressource partagée implique de repenser le concept de chaîne de valeur, car la richesse est générée par les usages de cette base de connaissance (services, produits complémentaires) et non plus de la connaissance par elle-même. Si l’on se place dans une perspective d’économie industrielle « classique », cette restructuration de la valeur doit être étudiée au niveau de l’écosystème global (qui produit quoi entre les entreprises et les universités, entre les utilisateurs et les producteurs, etc.), mais aussi au niveau industriel (une fois que le rôle de l’industrie est compris, comment celle-ci s’organise). De nombreuses explications ont été proposées, mais, la plupart du temps, les chercheurs étudient soit l’implication des entreprises dans les communautés, soit l’intégration du logiciel libre dans leurs stratégies commerciales, rarement les deux. Dans cet article, nous défendons l’idée d’une approche plus structurée et globale, partant des conditions initiales du marché de l’informatique et des compétences des acheteurs en terme de développement logiciel (les compétences de l’utilisateur « représentatif »). Ce cadre conceptuel permet d’éclairer les différents comportements des entreprises que l’on constate dans l’écosystème libre, et spécifiquement la variation de leur implication. The spread of free/libre open source software (FLOSS) represents one of the most important developments in the Information Technology (IT) industry in recent years. Within the context of a knowledge-based economy, this sort of approach appears exemplary for a growing number of industrial activities in which the amount of knowledge that has to be mastered is too large for a single agent, however powerful. Considering knowledge as a mutual resource requires a rethinking of the value chain concept, since cash flow is derived from use of the knowledge base (services, complementary products), not from the knowledge itself. In a classical industrial economics perspective, this reshaping of the value chain must be analyzed not only at the global ecosystem level (who produces what, between firms and universities, users and producers, etc.), but also at the industrial level (once the industry’s role has been identified, how does it organize itself?). Various points of view have been proposed, but researchers have generally studied either the involvement of firms in a community or the integration of FLOSS into their market strategy, but not both. In this article, we argue for a more structured and global analysis, based on the tools of industrial economics, and thus starting from the basic conditions of the computer market and of the buyers’ competence in software development (the “dominant user’s skill”). This conceptual framework helps to distinguish the different types of corporate behavior we see in the FLOSS ecosystem and more specifically their varying degrees of involvement.

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