mutisme dans Cycnos


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Cycnos | Volume 23 n°2 | T.

Infanticide et émancipation féminine dans Alan’s Wife d’Elizabeth Robins et de Florence Bell

Cet article étudie une pièce annonciatrice du nouveau théâtre édouardien : à travers la naissance d’un enfant handicapé et la question de l’infanticide (sujet controversé surtout à une époque de vénération de la figure maternelle), Alan’s Wife explore les complexités du statut maternel, et remet en cause toute définition réductrice ou idéaliste de la maternité. En créant un personnage qui refuse de se repentir et de plaider la folie temporaire, la pièce aborde le problème de l’infanticide de façon radicalement nouvelle. Dans quelle mesure la pièce permet-elle de repenser cette transgression absolue d’un point de vue féministe et de proposer un prototype de Nouvelle Femme ? La faute est moins dans la nature de l’acte réel de Jean Creyke que dans la portée symbolique de cet acte, par lequel la femme affirme son autonomie, proclame son droit à redéfinir des valeurs éthiques et à remettre en cause l’hégémonie masculine. This article examines Alan’s Wife, an early and key text of the new drama movement. The birth of a crippled child and the question of infanticide (a highly controversial subject particularly in a period that glorified the mother figure), enable the play to explore the complexities of motherhood, challenging any reductive or simplistic definition of maternity. By creating a character who refuses to repent and to plead puerperal mania, the play offers a radically new interpretation of infanticide. This analysis aims to determine in what way the staging of the ultimate crime, and of the refusal to repent, enable the dramatists to represent infanticide from a feminist perspective and to create a prototype of the New Woman. It becomes clear that Jean Creyke’s transgression lies less in the act itself than in the symbolic value of the act through which she asserts her autonomy, her right to redefine ethical values, and to question the patriarchal, logocentric discourse.

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Cycnos | Volume 23 n°2 | R.

La Loi du silence : écrire le crime dans Man and Wife de Wilkie Collins

Si le roman à sensation des années 1860 est célèbre pour ses personnages féminins atypiques, ses héroïnes passionnelles et souvent criminelles, les « sensation novels » ne traitent pas tous de la même manière les meurtrières. Dans Man and Wife (1870), de Wilkie Collins, en particulier, le manuscrit d'Hester Dethridge, personnage muet depuis l'assassinat de son époux violent et alcoolique, nous conte les pulsions meurtrières d'une femme prise au piège par l'institution maritale. Emblème de la parole bâillonnée, le manuscrit de la femme muette vient narrer l'impuissance de la femme dans une société patriarcale, créant un bruit à la marge d'un roman où les femmes sont à la merci d'hommes sans scrupules. À travers cette étude du mutisme de la femme assassine, cet article se propose d'analyser comment Collins retravaille le stéréotype gothique de l'héroïne impuissante enfermée dans sa tour, pour mettre à jour l'idéologie meurtrière qui pousse le personnage féminin au crime. Tandis que le corps de la femme se fait pierre tombale, enterrant vivant la parole assassine, le mutisme féminin bascule dans la subversion et resémiotise l'image d'un idéal féminin qui tait sa souffrance. If the sensation novels of the 1860 were famous for their improper and criminal female protagonists, they did not all deal with murderesses in the same way. In Wilkie Collins's Man and Wife (1870), Hester Dethridge, who has been dumb since she murdered her violent husband, recalls the story of her crime in her diary. Telling about the powerlessness of a working-class wife in a patriarchal society, her manuscript illuminates the fate of all the women in the novel subjected to heartless men. In this study of female dumbness, this article analyses how Collins revisits the literary cliché of the voiceless and powerless heroine locked up in a gothic castle, and unveils the ideology which drives the woman to kill. While the character fashions her body into a crypt, burying deadly secrets, female dumbness becomes subversive in order to rework the image of the woman unable to phrase her sufferings

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