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Cycnos | Volume 23 n°2 | T.

Du Poison au poignard : la représentation littéraire et théâtrale d’une héroïne meurtrière, Alice Arden

Cet article s’intéresse à une figure de femme assassine importante, celle d’Alice Arden, dans la grande tragédie domestique élisabéthaine, “Arden of Faversham”. L’étude propose quelques rapprochements avec des images de femmes meurtrières, rapportées dans des récits, chroniques ou ballades du début de l’époque moderne. Ensuite on s’intéressera au rôle actif de l’épouse, secondée par son amant, dans l’élaboration du meurtre. Incarnation du diable dans l’imaginaire collectif et figure transgressive totale du code social et moral, la criminelle inverse les schémas traditionnels qui voient dans l’épouse la discrète gardienne du foyer domestique et l’humble auxiliaire du mari, unique chef du logis. La femme assassine utilise la ruse et la dissimulation pour inverser les rôles et s’emparer du pouvoir. Mistress Arden a recours au poison, puis aux services de tueurs à gages avant de poignarder elle-même son mari à la fin de la tragédie. Enfin l’étude se concentrera sur la représentation littéraire de l’assassine, avec notamment l’analyse de la synecdoque théâtrale de la main meurtrière.  This paper focuses on an outstanding female criminal figure, Alice Arden, in the great Elizabethan domestic tragedy, “Arden of Faversham”. The study suggests some comparisons with images of murderous women, related through narratives, chronicles and ballads in early modern times. It will then focus on the active part played by the wife, assisted by her lover in the planning of the murder. In collective imagination, a criminal woman is the devil’s embodiment, a figure which utterly transgresses social and moral codes. She inverts traditional tenets which place the wife in the position of both the unobtrusive guardian of the domestic home and the humble supporter of the sole household head, her husband. Homicidal woman cunningly acts in an underhand way to swap positions and take hold of power. Mistress Arden uses poison, and then resorts to hired murderers before herself stabbing her husband at the end of the tragedy. The study will eventually concentrate on the literary representation of the murderess, namely with the analysis of the theatrical synecdoche of the criminal hand.

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