XIXe siècle dans Cycnos


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Cycnos | Volume 23 n°2 | CIV.

Murderesses as Victims in the United States in the Post-Civil War Era

Après la Guerre de Sécession, une partie du mouvement américain pour les droits des femmes s’éloigne des abolitionnistes et entreprend le développement d’un féminisme par et pour les femmes. Deux affaires majeures, celle de Hester Vaughan, accusée en 1868 d’infanticide, et celle de Laura Fair, condamnée en 1871 pour le meurtre de son amant, permirent à Elizabeth Cady Stanton et à Susan B. Anthony d’exprimer une vision spécifique de la société américaine et des relations entre hommes et femmes. Des femmes assassines, Hester Vaughan et Laura Fair devinrent, dans le discours de certaines féministes, des victimes d’une société dominée par les hommes et d’une justice à deux vitesses. Pourtant, malgré cette radicalisation apparente, l’étude du traitement par Elizabeth Cady Stanton et Susan B. Anthony des femmes assassines montre une certaine continuité entre les périodes d’avant et après la Guerre de Sécession. After the Civil War, part of the American women’s rights movement grew away from abolitionists, and engaged in a feminism for and by women. Two major cases, that of Hester Vaughan, indicted for infanticide in 1868, and that of Laura Fair, sentenced to death for the murder of her lover in 1871, enabled Elizabeth Cady Stanton and Susan B. Anthony to express a specific vision of the United States and the relationships between men and women. In some feminists’ discourse, Hester Vaughan and Laura Fair were presented, not as murderesses, but as the victims of a society and justice dominated by male standards. Despite this apparent radicalization, however, the analysis of Elizabeth Cady Stanton’s and Susan B. Anthony’s treatment of murderesses shows some continuity between the antebellum period and the last third of the nineteenth century.

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Cycnos | Volume 25 n° Spécial - 2006

Double et dualité chez Lady Clementina Hawarden, photographe victorienne

De manière aussi bien thématique que graphique, Lady Clementina Hawarden explora à travers son oeuvre photographique la question de la représentation de la féminité dans la société victorienne patriarcale à travers les aspects de la dualité, de la gémellité et du double. Imitant les codes traditionnels de la photographie, elle dépeignit la perte d'identité en tant que condition de la féminité. Duplication et gémellité, soutenues par la géométrie de l'espace, la stéréoscopie et les miroirs, contribuent à la caricature de normes prédominantes, pour dénoncer l'effet de standardisation et la réification de la femme en tant que signe visuel. Subvertissant la dualité quasiment manichéenne de la représentation des femmes, Lady Clementina Hawarden ébranla la conception prédominante de la féminité et en proposa une nouvelle définition : une somme de cette dualité, ambivalente plutôt que dichotomique.Elle employa ainsi les doubles à la fois en tant qu'instruments de dénonciation et d'émancipation et tenta d'atteindre l'unité du moi féminin. Throughout her photographic work, thematically as well as graphically, Lady Clementina Hawarden explored the question of the representation of femininity in patriarchal Victorian society through the aspects of duality, twinship and the double. Imitating the traditional photographic codes, she pictured the loss of identity as a condition of femininity.Duplication and twinnings, sustained by the geometry of space, stereoscopy and mirrors, contribute to the caricature of prevailing norms, to denounce the effect of standardisation and reification of woman as a visual sign. Subverting the almost Manichean duality of the representation of women, Lady Clementina Hawarden undermined the predominant conception of womanhood and proposed a new definition of it: the very sum of this duality, ambivalent rather than dichotomous. Thus, she employed doubles both as instruments of denunciation and emancipation and attempted to attain feminine self-unity. 

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