Hélène Quanquin


Hélène Quanquin est Maître de Conférences de civilisation américaine à l’Université Paris 3-Sorbonne Nouvelle. En 2001, elle a soutenu une thèse portant sur le débat sur l’avortement aux États-unis et au Canada depuis la fin des années 1960. Sa recherche actuelle comprend deux axes principaux : le mouvement féministe nord-américain aux XIXème et XX ème siècles, notamment l’analyse de ses relations avec les hommes, et l’analyse comparée des États-unis et du Canada. Elle a bénéficié en septembre 2005 d’une bourse de recherche à la Schlesinger Library, Radcliffe Institute for Advanced Study (Harvard University).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 23 n°2 | CIV.

Murderesses as Victims in the United States in the Post-Civil War Era

Après la Guerre de Sécession, une partie du mouvement américain pour les droits des femmes s’éloigne des abolitionnistes et entreprend le développement d’un féminisme par et pour les femmes. Deux affaires majeures, celle de Hester Vaughan, accusée en 1868 d’infanticide, et celle de Laura Fair, condamnée en 1871 pour le meurtre de son amant, permirent à Elizabeth Cady Stanton et à Susan B. Anthony d’exprimer une vision spécifique de la société américaine et des relations entre hommes et femmes. Des femmes assassines, Hester Vaughan et Laura Fair devinrent, dans le discours de certaines féministes, des victimes d’une société dominée par les hommes et d’une justice à deux vitesses. Pourtant, malgré cette radicalisation apparente, l’étude du traitement par Elizabeth Cady Stanton et Susan B. Anthony des femmes assassines montre une certaine continuité entre les périodes d’avant et après la Guerre de Sécession. After the Civil War, part of the American women’s rights movement grew away from abolitionists, and engaged in a feminism for and by women. Two major cases, that of Hester Vaughan, indicted for infanticide in 1868, and that of Laura Fair, sentenced to death for the murder of her lover in 1871, enabled Elizabeth Cady Stanton and Susan B. Anthony to express a specific vision of the United States and the relationships between men and women. In some feminists’ discourse, Hester Vaughan and Laura Fair were presented, not as murderesses, but as the victims of a society and justice dominated by male standards. Despite this apparent radicalization, however, the analysis of Elizabeth Cady Stanton’s and Susan B. Anthony’s treatment of murderesses shows some continuity between the antebellum period and the last third of the nineteenth century.

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