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Cycnos | Volume 23 n°2 | T.

Infanticide et émancipation féminine dans Alan’s Wife d’Elizabeth Robins et de Florence Bell

Cet article étudie une pièce annonciatrice du nouveau théâtre édouardien : à travers la naissance d’un enfant handicapé et la question de l’infanticide (sujet controversé surtout à une époque de vénération de la figure maternelle), Alan’s Wife explore les complexités du statut maternel, et remet en cause toute définition réductrice ou idéaliste de la maternité. En créant un personnage qui refuse de se repentir et de plaider la folie temporaire, la pièce aborde le problème de l’infanticide de façon radicalement nouvelle. Dans quelle mesure la pièce permet-elle de repenser cette transgression absolue d’un point de vue féministe et de proposer un prototype de Nouvelle Femme ? La faute est moins dans la nature de l’acte réel de Jean Creyke que dans la portée symbolique de cet acte, par lequel la femme affirme son autonomie, proclame son droit à redéfinir des valeurs éthiques et à remettre en cause l’hégémonie masculine. This article examines Alan’s Wife, an early and key text of the new drama movement. The birth of a crippled child and the question of infanticide (a highly controversial subject particularly in a period that glorified the mother figure), enable the play to explore the complexities of motherhood, challenging any reductive or simplistic definition of maternity. By creating a character who refuses to repent and to plead puerperal mania, the play offers a radically new interpretation of infanticide. This analysis aims to determine in what way the staging of the ultimate crime, and of the refusal to repent, enable the dramatists to represent infanticide from a feminist perspective and to create a prototype of the New Woman. It becomes clear that Jean Creyke’s transgression lies less in the act itself than in the symbolic value of the act through which she asserts her autonomy, her right to redefine ethical values, and to question the patriarchal, logocentric discourse.

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Cycnos | Volume 23 n°2 | CIN.

Femme fatale / femme assassine dans le film noir : dévier le stéréotype

Les criminelles sont des personnages marginaux dans le film noir qui préfère mettre en scène le pouvoir de manipulation de la femme fatale, pouvoir lié au thème érotique abondamment exploité par le thriller. Le film noir nous emmène au-delà du mythe et de l’archétype lorsqu’il met en scène des assassines. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) et Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) dressent des portraits de femmes dont les actes criminels trahissent les contradictions internes, la déchirure entre idéal de soi et vie quotidienne décevante, humiliante. Women killers are minor characters in films noirs which more often than not relate the stories of femmes fatales who use their sex-appeal to manipulate men in thrillers. Film noir takes us beyond the archetypal and mythical woman while staging women killers. The Postman Always Rings Twice (Tay Garnett, 1945) and Leave Her to Heaven (John M. Stahl, 1945) depict two women whose criminal activities betray the internal dilemmas of the female subject torn between an ideal self and a disappointing, humiliating daily life.

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L’Assassine et son double : tandems féminins dans le cinéma américain

Curieusement, le personnage de la meurtrière, rare au cinéma, est assez fréquemment accompagné d’une autre femme. Cette utilisation du tandem féminin multiplie les possibilités narratives et esthétiques au travers de thèmes essentiels : l’identité féminine définie par opposition au tiers masculin ; l’instabilité des personnages et des genres ; la transgression des codes, reflétée par les choix du réalisateur. Strangely enough, the character of the murderess – seldom seen on screen – is often represented together with another woman. The use of a female tandem increases narrative and aesthetic possibilities through essential subjects: those of female identity defined in opposition to a male third part; uncertainty of characters and genres and breaking of codes, as mirrored in the director’s choices.

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