Yohann Le Moigne


Yohann LE MOIGNE est actuellement doctorant à l’Institut Français de Géopolitique (université Paris 8). Sa thèse aborde la thématique suivante : « concentration spatiale et intégration politique et criminelle des immigrants hispaniques à Compton, ville « noire » de Californie ». Il a obtenu une bourse Fulbright pour l’année 2010/2011 qu’il effectue en tant que « Visiting scholar » à la California State University de Fullerton.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 27 n°1

Du rôle du gangsta rap dans la construction d’une représentation : le cas de Compton, « ghetto noir » à majorité hispanique

Le gangsta rap est né à la fin des années 1980 à Compton, dans la banlieue de Los Angeles. Ce type de rap, se démarquant par son extrême violence, connut un succès retentissant auquel Compton fut largement associée. A l’époque très majoritairement noire et en proie à une violence endémique des gangs, la ville devint un métonyme de la violence si bien que pour l’opinion publique son nom symbolise encore aujourd’hui tout ce que les ghettos noirs américains ont de plus violent. Compton a connu des changements démographiques profonds et rapides durant les années 1990 et 2000. Les Hispaniques, totalement absents de l’âge d’or du gangsta rap, sont désormais largement majoritaires dans la ville. Mais bien qu’ils soient également dominateurs dans la rue par le biais des gangs, la perpétuation dans les esprits de la représentation de Compton comme étant une ville contrôlée par les gangs noirs ne satisfait pas les gangs hispaniques. Ces derniers pourraient-ils utiliser le Sureno rap, version latino du gangsta rap créée au début des années 2000 à l’échelle de la Californie du Sud, dans une optique de réappropriation de la représentation du contrôle du territoire ? Quelles sont les conséquences du développement de ce nouveau type de rap notamment sur les tensions raciales entre gangs noirs et hispaniques ? Le Sureno rap générera-t-il une nouvelle image pour la ville de Compton et l’émergence d’une nouvelle visibilité pour les Hispaniques qui y vivent ?  

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