Philippe Ortoli


Université de Corse
Philippe Ortoli, né à Marseille en 1970, docteur en lettres en arts en 1996, écrit des articles et participe à des colloques sur le cinéma qu’il enseigne à l’Université : il est maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’Université de Corse, après avoir été enseignant à Paris VII, Poitiers, Aix-Marseille I et Lyon-2, mais effectue sa recherche, qui porte essentiellement sur les questions esthétiques du classicisme et de la modernité dans le cinéma de genre, ainsi que sur la conception d’une bâtardise cinématographique, au sein du Lesa (AMU, Aix-en-Provence). Pendant longtemps formateur indépendant et rédacteur de documents pédagogiques en Cinéma pour les lycées et collèges de nombreuses régions, il a publié récemment Le musée imaginaire de Quentin Tarantino (Corlet/Cerf, 2012), après plusieurs ouvrages sur le cinéma, dont Il était une fois dans l’Ouest (la Transparence, 2010).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 27 n°2 - 2011 | Emprises

Figures de l’entre-deux : l’archétype du héros marchalien

En quelques films (MR 73, 36 quai des Orfèvres, Gangsters), et deux séries télévisées (Flics et Braquo), Olivier Marchal a constitué, au sein d’un genre policier en pleine vitalité hexagonale (Mesrine, Les Mauvais joueurs, Truands ou Lady Jane), un univers aux ambitions mythologiques assumées. La première d’entre elles tient dans le souci de proposer une figure héroïque récurrente campée par différents acteurs qui, malgré l’horizon artistique différent d’où ils proviennent (Daniel Auteuil, Frédéric Diefenthal, Richard Anconina, Gérard Depardieu, Jean-Hughes Anglade), paraissent composer les différentes faces de cette même entité. À travers quelques exemples précise et analysés, l’article s’efforce de dresser les diverses phases de cette construction, afin de poser, à travers la question de son origine, celle de la manière dont un acteur devient élément de figuration central de l’œuvre d’un auteur. Through the three films he directed (Gangsters, 36 Quai des Orfèvres, MR 73) and the two television shows he helmed (Flics, Braquo), Olivier Marchal has created an unashamedly mythological body of work within the paradigm of French crime cinema, which has recently been going through a revival with films such as Mesrine, Les Mauvais joueurs or Lady Jane. Marchal's most idiosyncratic trait is the recurring hero figure played over the years by various actors. Despite their very different artistic backgrounds, Daniel Auteuil, Frédéric Diefentahl, Richard Anconina, Gérard Depardieu or Jean-Hughes Anglade, all seem to embody different facets of a single same entity. By analysing specific stages of the development of this persona, this paper will attempt to show how a writer/director gradually elaborates such a construct. Tracing its origins will also lead us to assess the way an actor becomes a key figurative element within the framework of an author's oeuvre.

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Cycnos | Volume 29.2 - 2013 | II Esthétique et idéologie du mal contemporain

Profit : être au-delà

Broadcast in the USA in 1996, Profit is a provocative series whose poor ratings account for its very short life. The main character upon which it is based is Jim Profit, a yuppie whose goal is to try and become the focal point of the company he works in, whatever the – legally and morally reprehensible – means. This increasing control is made possible through a fiction utterly devoted to the villain ; he masters the series' meaning because he stands at the chore of each of its units (from a single shot to an entire episode). The subversive vision of the social order is in fact paralleled with the body of laws that govern the moving images and their significance/content (that is the power struggles within a powerful corporation). The metaphorical use of this specular scheme within the universe it informs prompts us to reflect upon the ontological status of the series (as a mutant, novelistic version of the movie) and then, by mimetic extension, upon its political dimension.

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