Philippe Ortoli


Philippe Ortoli écrit des articles et participe à des colloques sur le cinéma qu’il enseigne à l’Université (il est maître de conférences à l’Université de Corse, après avoir été enseignant à Paris 7, Poitiers, Aix-en-Provence et Lyon). Pendant longtemps formateur indépendant et rédacteur de documents pédagogiques en Cinéma pour les lycées et collèges de nombreuses régions, il prépare actuellement un ouvrage, Le musée imaginaire de Quentin Tarantino (Cerf), après en avoir publié plusieurs sur le cinéma (le dernier étant Il était une fois dans l’Ouest, la Transparence, 2010).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 27 n°2 - 2011 | Emprises

Figures de l’entre-deux : l’archétype du héros marchalien

En quelques films (MR 73, 36 quai des Orfèvres, Gangsters), et deux séries télévisées (Flics et Braquo), Olivier Marchal a constitué, au sein d’un genre policier en pleine vitalité hexagonale (Mesrine, Les Mauvais joueurs, Truands ou Lady Jane), un univers aux ambitions mythologiques assumées. La première d’entre elles tient dans le souci de proposer une figure héroïque récurrente campée par différents acteurs qui, malgré l’horizon artistique différent d’où ils proviennent (Daniel Auteuil, Frédéric Diefenthal, Richard Anconina, Gérard Depardieu, Jean-Hughes Anglade), paraissent composer les différentes faces de cette même entité. À travers quelques exemples précise et analysés, l’article s’efforce de dresser les diverses phases de cette construction, afin de poser, à travers la question de son origine, celle de la manière dont un acteur devient élément de figuration central de l’œuvre d’un auteur. Through the three films he directed (Gangsters, 36 Quai des Orfèvres, MR 73) and the two television shows he helmed (Flics, Braquo), Olivier Marchal has created an unashamedly mythological body of work within the paradigm of French crime cinema, which has recently been going through a revival with films such as Mesrine, Les Mauvais joueurs or Lady Jane. Marchal's most idiosyncratic trait is the recurring hero figure played over the years by various actors. Despite their very different artistic backgrounds, Daniel Auteuil, Frédéric Diefentahl, Richard Anconina, Gérard Depardieu or Jean-Hughes Anglade, all seem to embody different facets of a single same entity. By analysing specific stages of the development of this persona, this paper will attempt to show how a writer/director gradually elaborates such a construct. Tracing its origins will also lead us to assess the way an actor becomes a key figurative element within the framework of an author's oeuvre.

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