Christel Taillibert


Université Nice Sophia Antipolis
Christel Taillibert est Maître de conférences en cinéma à l’Université Nice Sophia-Antipolis. Elle est membre du Laboratoire de recherche LIRCES (EA 3159), de Nice. Ses champs de recherche portent sur l’histoire de la cinématographie éducative et didactique, la sociologie du cinéma, les festivals de cinéma, l’éducation à l’image. Elle est l’auteur de : Tribulations festivalières – Les festivals de cinéma et audiovisuel en France (Éditions L'Harmattan, collection Logiques sociales, série Etudes culturelles, Paris, 2009, 363 p.) et L'Institut international du cinématographe éducatif. Regards sur le rôle du cinéma éducatif dans la politique international du fascisme italien (Éditions L'Harmattan, collection Champs visuels, Paris, 1999, 412 p.).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 27 n°2 - 2011 | Types et archétypes

De Douglas Fairbanks à Jean-Paul Belmondo : généalogie d’un style

Douglas Fairbanks et Jean-Paul Belmondo offrent un magnifique exemple d’acteurs dont les carrières, au-delà des divergences spatio-temporelles, témoignent de nombreuses résonances. Ces deux acteurs incarnent en effet à l’écran des personnages qui en appellent aux mêmes exigences physiques, narratives et commerciales. Navigant entre les comédies, les films d’aventure et de cape et d’épée, Douglas Fairbanks et Jean-Paul Belmondo partagent ainsi des qualités qui se répondent : sans pouvoir véritablement être gratifiés d’une véritable beauté physique, ni même bénéficier des atouts de la jeunesse, ils sont tous deux parvenus à séduire leur public grâce à leur force physique, leur infatigable sourire, leurs inénarrables acrobaties, leur humour mêlé d’héroïsme, et leur romantisme exacerbé. Ces qualités partagées expliquent qu’ils aient tous deux constitué, à leurs époques respectives, les piliers de productions cinématographiques qui s’appuyaient toutes entières sur l’éloquence de leur jeu scénique, sur leur éternel brio, sur leur énergie sans limite. Et si son inscription dans la période muette « coupa la parole » à Douglas Fairbanks, l’aisance déclamatoire de son jeu lui permit d’égaler – visuellement tout du moins – la verve insatiable de son homologue français. Douglas Fairbanks and Jean-Paul Belmondo are a magnificent example of actors whose careers are still meaningful beyond their time and space. On the screen, they portray characters whose physical, narrative and marketing characteristics are similar. Whatever the genre – comedy, adventure or swashbuckling – Fairbanks and Belmondo share some characteristics : even if they are not classically handsome, nor youthful, they both charmed their audiences thanks to their physical strength, their tireless smile, their hilarious acrobatics, their heroism tinged with humour, and their unashamed romanticism. This likeness is the reason for them being, each in his time, the backbone of film productions entirely based on their eloquence, their brilliance, their unlimited energy. And, even if living in the silent period prevented Douglas Fairbanks from speaking, the declamatory ease of his acting allowed him to equal the unlimited eloquence of his French counterpart.

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Cycnos | Volume 28.2 - 2012 | De quelques figures exemplaires

Hugo Cabret, la tentation du mythe

In his last film released so far, Hugo (2011), Martin Scorsese reiterates the fundamental ambiguity characterizing the relationship between his cinema and the society which has generated it. This article intends to examine this question, through the concept of myth. In fact, this movie was built on two fundamental myths : one the one hand, the technological myth, to whom Scorsese pay tribute here, while showing the scary side of this ideological posture with regards to the future of cinema ; and on the other hand, the myth of the Great Man, that allows him to put in perspective its own destiny, the way he built himself as a cineaste, his present actions in the public arena, but also the memory that he will left behind in the history of cinema. As is generally the case with his work, the relation to the myth is here highly personal, and abounds with the recurrent obsessions of the filmmaker.

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