Emily Eells


Emily EELLS est professeur d’anglais à l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et spécialiste de la littérature et de l’art britanniques du 19ème siècle. Son livre Proust’s Cup of Tea: Homoeroticism and Victorian Culture (Ashgate, 2002) contient une étude approfondie de la place qu’A la recherche du temps perdu accorde à Thomas Hardy. Elle travaille actuellement sur Oscar Wilde et la France, et vient de publier une édition bilingue de l’adaptation théâtrale de son roman par Jean Cocteau ainsi que le texte d’une étude de l’esthétique wildéenne par un ami de Cocteau, écrite au début du vingtième siècle et passée sous silence depuis (Two Tombeaux to Oscar Wilde : Jean Cocteau’s Le portrait surnaturel de Dorian Gray et Raymond Laurent’s Essay on Wildean Aesthetics, Rivendale Press 2010). Elle s’intéresse tout particulièrement aux questions de ‘l’interlinguistique’, c’est-à-dire l’emprunt et l’empreinte d’une langue étrangère dans un texte d’une autre langue. Cette problématique constitue le champ d’investigation de son groupe de recherche Les Mots étrangers, qui dépend du Centre de Recherches anglophones à l’Université de Paris Ouest-Nanterre.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 26 n°2

“The noiseless tenor of their way”: quotations, inscriptions and the words of others in Far from the Madding Crowd

Cet article analyse la fonction du langage et des textes de seconde main qui émaillent le roman de Hardy. En commençant par le titre extrait du célèbre poème de Thomas Gray ‘Elegy Written in a Country Churchyard’, Emily Eells étudie la pratique intertextuelle de Hardy qui creuse le décalage entre le texte original et le contexte dans lequel la citation s’insère. Les nombreuses inscriptions dans Far from the Madding Crowd (telles que le ‘Marry Me’ sur le sceau de la lettre que Bathsheba envoie à Boldwood et la phrase en Latin gravée sur la montre de Troy Cedit amor rebus) revêtent une qualité quasi oraculaire tout en remettant en question la valeur même du texte écrit. Ce questionnement du langage se poursuit dans l’étude du langage qu’emprunte Bathsheba pour s’exprimer, ayant recours à celui des autres car, comme elle le dit à Boldwood : ‘it is difficult for a woman to define her feelings in language which is chiefly made by men to express theirs’. Par son emploi d’un langage préfabriqué et de seconde main, Hardy inscrit la problématique de la relation entre signifiant et signifié dans le texte de son roman qui annonce ainsi son statut  de précurseur du modernisme.

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