Fabien Maheu


Fabien MAHEU est metteur en scène, réalisateur, artiste numérique et multimédia. Il possède un Master II (DEA) de Lettres et un Doctorat en Histoire et Sémiologie du Texte et de l’Image (Université de Paris 7). Il est spécialiste de Peter Greenaway (auquel il a consacré de nombreux articles et un ouvrage), ainsi que des questions d’hybridité scène / écran, de dispositifs et de mixité spectacle vivant / art numérique. Son champ critique s’étend également au cinéma asiatique. Fabien Maheu enseigne tour à tour à l’université (Paris 7, Paris 8) et en école d’art (Ecole Européenne Supérieure de l’Image).Fondateur de la structure de création ANIMO PLEX, il réalise une quinzaine de spectacles joués en France et à l’étranger (Pologne, Tchéquie, Portugal, Finlande), pour lesquels il écrit le texte, la mise en scène et la scénographie, réalise la vidéo, la bande son et la musique. Ses domaines d’activité recouvrent le théâtre, la poésie sonore, l’art numérique, la production radiophonique et la réalisation filmique.Les derniers travaux réalisés par ANIMO PLEX / Fabien Maheu sont tournés vers la mixité art numérique, images mouvantes, narration scénique. Depuis Que du Blanc (2009), le « poème performance numérique » tente d’estomper la barrière formelle entre la scène et les écrans du cinéma expansé, entre la récitation et le jeu d’acteur, entre la narration, la performance et l’installation.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 26 n°1

Cinema, painting and digital technology: Peter Greenaway’s hybrid images

Depuis le début des années quatre-vingt, Peter Greenaway n’a cessé de naviguer d’un monde à l’autre : de la pratique industrielle du cinéma au marché élitiste des arts plastiques. Cette réalité contextuelle se double d’une ambition esthétique, qui est de nourrir le cinéma, compris comme un art mineur n’ayant pas trouvé son langage propre, des immenses richesses formelles explorées par la peinture depuis plus d’un millénaire. De toute évidence, cette recherche d’un cinéma plastique, déjà sensible dans ses courts métrages et parfois dans les longs, trouve dans l’avènement du numérique un terrain d’épanouissement sans précédent. Le réalisateur est-il un précurseur qui n’attendait que l’outil approprié à de visionnaires projets, ou appartient-il simplement à une génération d’artistes qui, plus que jamais au courant des dernières innovations et profitant de l’accessibilité accrue des matériels de pointe percevait intuitivement les directions à venir que la technologie allait imprimer à l’esthétique ? From the early 1980s onward Peter Greenaway  has ceaselessly shifted between two worlds, the industrial world of cinema and the elitist world of plastic arts. This personal itinerary can be explained by the artist's aesthetic ambitions which consist in enriching the cinema – understood as a minor form of art which has not yet found its own language – with the immense formal resources which painting has been exploring for more than a millenium. Quite manifestly, this quest for a plastic cinema, already perceptible in his shorts and feature films, has found in the advent of digital technology an extraordinarily fertile ground. Is then the film-maker a precursor who was merely waiting for the appropriate tool in order to fulfil his visonary projects or else does he simply belong to a generation of artists who took advantage of their knowledge of the latest technical innovations and the increased accessibility of high-tech material to foresee the new directions in which technology would inevitably guide the arts?

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