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Cycnos | Volume 25 n°1 - 2007

The Gross, the Trivial, and the Grotesque in Graham Greene’s The Power and the Glory

« L’obscène, le dérisoire et le grotesque » ? On peut à juste titre s’interroger sur la manière dont rendre le terme « trivial » en français, et sur le calque commis par la traductrice du livre en 1948. Une réflexion préliminaire sur le sens à donner à ces trois notions – directement empruntées au texte du roman (p. 94) – nous conduit dans un premier temps à mettre en relation la faute sans conséquence et le concept catholique de péché véniel. La démarche de Greene consiste à désamorcer d’une part toute utilisation étroitement doctrinaire du « péché mortel » tel qu’il est défini par la Bible, et d’autre part à démystifier l’interprétation tragique que les êtres humains ont souvent tendance à donner à leur histoire personnelle, au fond insignifiante. Dans un deuxième temps, la célèbre définition du « réalisme sérieux » que propose E. Auerbach dans la postface de Mimésis établit des rapports complexes, d’abord entre la peinture du vulgaire ou du répugnant et celle d’une réalité plus noble, ensuite entre les niveaux stylistiques, que les tenants du réalisme refusent de hiérarchiser selon des critères éthiques et sociaux. Dans The Power and the Glory, la stylisation relative de la langue et des pensées des personnages n’est pas tant le signe d’un retour à une esthétique conservatrice que la résolution d’une tension entre réalité quotidienne et tragique sublime. Enfin, le goût de Greene pour le paradoxe ne s’exprime jamais aussi bien que dans la vision d’un péché mortel « nécessaire », dans la mesure où seul le caractère en apparence irrémédiable de la faute commise (l’adultère, ou ici l’enfant illégitime) nous place au plus près de l’amour du prochain… n’en déplaise au Vatican.

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