Karine Hildenbrand


Karine Hildenbrand est maître de conférences à l’Université Nice Sophia Antipolis (laboratoire LIRCES), où elle enseigne le cinéma américain et la traduction audiovisuelle. Elle a soutenu sa thèse sur Joseph L. Mankiewicz à la Sorbonne Nouvelle en 2002 et s’intéresse particulièrement au cinéma américain classique, à l’adaptation filmique d’œuvres littéraires, aux genres et aux procédés narratifs à l’écran. Elle a publié des articles dans Études anglaises, Positif, Ligeia et diverses revues universitaires. Elle a coordonné Figures de Femmes assassines : représentations et idéologies (revue Cycnos, vol. 23 n°2, 2006) et Images of War and War of Images (avec Gérard Hugues, Cambridge Scholars Publishing, 2008).

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 23 n°2

Préface

“À dire vrai, l’idée d’un sujet sur les femmes assassines a germé voici une dizaine d’années. Elle est restée en sommeil puis s’est imposée lorsqu’il a été question de coordonner ce numéro de Cycnos. Deux événements bornent cette lente éclosion. En premier lieu, la soutenance de thèse d’une collègue de lettres classiques sur les femmes assassines dans la tragédie grecque : sujet brillant, limpide, incontournable… et pourtant jamais abordé auparavant. Ensuite, la sortie américaine très médiatisée de Monster au cinéma, où, pour la première fois, un personnage de tueuse en série (inspiré de faits réels)...”

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Cycnos | Volume 23 n°2 | CIN.

L’Assassine et son double : tandems féminins dans le cinéma américain

Curieusement, le personnage de la meurtrière, rare au cinéma, est assez fréquemment accompagné d’une autre femme. Cette utilisation du tandem féminin multiplie les possibilités narratives et esthétiques au travers de thèmes essentiels : l’identité féminine définie par opposition au tiers masculin ; l’instabilité des personnages et des genres ; la transgression des codes, reflétée par les choix du réalisateur. Strangely enough, the character of the murderess – seldom seen on screen – is often represented together with another woman. The use of a female tandem increases narrative and aesthetic possibilities through essential subjects: those of female identity defined in opposition to a male third part; uncertainty of characters and genres and breaking of codes, as mirrored in the director’s choices.

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Cycnos | Volume 25 n° Spécial - 2006

Spectateur vs. Réalisateur : l’écran comme enjeu dans le cinéma de Joseph L. Mankiewicz

Entre 1946 et 1972, Mankiewicz a réalisé 20 films d’une extraordinaire variété : « epic », adaptation respectueuse, comédie de mœurs, film gothique, western... Par-delà ce foisonnement formel et thématique, des signes apparaissent qui créent la cohésion du corpus : structures récurrentes, motifs visuels, situations reproduites, familles de personnages. Pourtant, plus on s’y attarde, plus la filmographie se dérobe. Les scénarios de Mankiewicz invitent à la réinterprétation parce qu’ils se développent entre récurrences et variations. L’écran devient alors l’enjeu de la relation spectateur cinéaste. C’est cette relation duelle (qui tient à la fois de la complicité et du défi) qui fera l’objet de mon étude.  From 1946 to 1972, Mankiewicz directed 20 movies which are extremely varied: epic, faithful adaptation, comedy of manners, gothic or western movie…The generic and thematic profusion is nevertheless contradicted by signs which contribute to the overall cohesion of the corpus: recurring structures, visual motifs, similar situations or characters families; and yet the more you study it, the more the filmography seems to escape you. Mankiewicz’s scenarios demand reinterpretation(s) because they are built upon recurrences and variations. The screen can then be viewed as the privileged place for challenge between director and spectator. This particular relationship (creating both complicity and competition) will be the object of my study.

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Cycnos | Volume 28.2 - 2012 | Du western

Déconstruction des mythes et mythification du mal dans No Country For Old Men des frères Coen

No Country for Old Men (2007) was the Coen brothers’ first literary adaptation and it met with unprecedented commercial and critical success. If the movie takes up the directors’ favorite themes (greed, chase, violence, evil), it is also tempered by Cormac Mc Carthy’s dry and hypnotic writing. The excessive and cynical nature of the previous movies – which triggered as much praise as criticism – gives way to contemplation and nostalgia. The Coen’s artistry reaches a point of equilibrium.My contention is that the success and specific beauty of the film come from its questioning of American myths, be they cinematic or historical. The aim of this paper is to examine the evocation of generic and genetic myths and how they fail to overcome evil in the movie. Similar to retinal persistence, the Coen brothers develop aesthetics relying on what I would call “mythical persistence” – where an image, which has subsisted in the collective psyche, is invalidated by the immediacy of evil.

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