Margaret Atwood


Margaret Atwood est peut-être l’un des écrivains canadiens les plus prolifiques. Elle émerge sur la scène internationale grâce à son roman féministe d’avant-garde écrit en 1972, Surfacing. Depuis, son succès n’a cessé d’augmenter. Ses romans ont été traduits en plusieurs dizaines de langues et ont remporté de nombreux prix littéraires, comme très récemment le Booker Prize, le Giller Prize et le Premio Mondello. Son très célèbre roman The Handmaid’s Tale (1984), a donné naissance a un grand film du cinéma. Margaret Atwood s’est également construit une solide réputation comme critique littéraire, poète et nouvelliste. Elle s’est récemment vu décerner un doctorat honoris causa par la Sorbonne.

Articles de l'auteur


Cycnos | Volume 22 n°2

My Life in science fiction

Margaret Atwood raconte comment Le Dernier homme, a pris forme dans son imagination alors qu’elle était plongée en pleine nature et comment les attentats du 11 septembre ont interrompu pour un temps le processus d’écriture. Elle développe ensuite son idée de la science-fiction et de l’imaginaire dont elle se nourrit. Dès l’enfance, avec son frère elle se plaisait à inventer des mondes extra-terrestres, puis à lire Jules Verne et H.G.Wells. Quelle est la part de « science » et quelle est la part de « fiction », termes a priori incompatibles, dans ce nouveau genre qu’on appelle aussi scientific romance ? Margaret Atwood fait le point sur le récit dit réaliste et celui qui s’évade dans l’irrationnel. Elle souligne les nuances entre la science-fiction et la fiction spéculative (laquelle n’a rien à voir avec la prophétie), puis énumère toutes les limites du roman réaliste que la science-fiction et la fiction spéculative (utopie et dystopie) peuvent franchir. Margaret Atwood parle de son roman La Servante écarlate qu’elle définit comme une dystopie classique, selon le modèle de 1984, du point de vue d’une femme. Par contre elle apparente Le Dernier homme à une satire ménippée dont la question fondamentale serait « mais au fond, qu’est-ce que l’homme ? ». Pour elle, seuls les mythes et les histoires peuvent rendre compte de ce que nous désirons par-dessus tout de la vie. Seule la littérature peut exprimer notre imaginaire. My Life in science fictionow Oryx and Crake took shape in her imagination as she was living in the heart of the Australian bush and how the 11-9 terrorist attacks interrupted her writing of the novel for a while. Then she develops her conception of science fiction and the imaginary material it feeds on. At a very young age, she liked inventing extra-terrestrial worlds with her brother, then reading Jules Verne and H.G.Wells. What is the contribution of « science » and what is the contribution of « fiction», incompatible terms theoretically, to this new genre also called « scientific romance? » Margaret Atwood gives her conclusions about the so-called realistic novel and the one which escapes into the irrational. She underlines the slight differences between science fiction and speculative fiction (the latter having nothing to do with prophecy), then enumerates all the limits of the realistic novel which science fiction and speculative fiction can overstep. Margaret Atwood talks about her novel The Handmaid’s Tale which she defines as a classic dystopia in the manner of 1984, written from a woman’s point of view. On the other hand she likens Oryx and Crake to a Menippean satire whose basic question would be « but, finally, what is man? » To her, only myths and histories can give us an account of what we want above all from life. Literature alone can give expression to our imagination.

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